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 A tous nos jours égarés ; Sirius

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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:27

Il est parti ; je suis parti aussi et le temps a passé. Pas tant, au fond, pas assez pour que le vide étrange dans ma poitrine s’en aille, ni même que le feu dans mes veines ne s’apaise —aussi vif que celui qui a couru les ramures et les branches de ces arbres plusieurs fois centenaires et plus encore. Pas assez, non plus, pour que mes attaches ne me manquent pas : cette clairière où il faisait bon vivre, les odeurs des petits plats que ma mère préparaient, et puis surtout, surtout cette forêt, celle qui m’a vu grandir, qui m’a vu respirer d’un souffle nouveau, qui m’a vu vivant comme jamais ailleurs. Surtout après que je l’eus rencontré ; ce garçon, ce double, ce reflet étrange de moi-même. J’ai redécouvert le goût de ce que l’on appelle familièrement amitié, ce à quoi j’avais renoncé jusqu’à récemment encore. Jusqu’à le rencontrer, en vérité. Et puis, l’orage a grondé, et puis, mon enfance a brûlé, et puis, mes espoirs se sont brisés. Le schéma n’a pas changé, finalement. J’y ai cru ; j’avais oublié que la foi ne mène jamais à rien.
Alors j’ai fui, j’ai fui, encore une fois j’ai été lâche ; il n’était plus là quand j’ai voulu le trouver. Il est parti ; je suis parti aussi et le temps n’a pas vraiment passé en vérité. J’ai à peine dit trois mots, tout juste un « j’ai pactisé » qui m’a valu les regards choqués, énervés de mes parents. Inconscient, paraît-il que je suis, un sale gosse, un môme qui ne comprend rien à la vie, un imbécile que sa naïveté perdra. Ils ont failli me faire douter, un instant. Mais l’image de Nithral est revenue me hanter, et puis la sensation étrange de ce qui me lie à lui à présent. C’est tout faible, tout fragile, parce que je suis hésitant et sur ma réserve, parce que c’est encore tout nouveau et que je n’avais jamais connu ça auparavant. Mais je crois que ça ne me déplaît pas. Je ne pensais le suivre que pour savoir m’approcher de Chronos, m’approcher de ma soeur. Sans doute n’est-ce finalement pas l’unique raison qui m’y a poussé.
Je soupire, secoue la tête pour chasser ces pensées de mon esprit. J’avais presque oublié à quel point la solitude est quelque chose qui fini par avoir raison de votre santé mentale. Est-ce que les humains y sont aussi susceptible que nous autres, Pokémons, à cette folie qui ronge certains d’entre nous ? A plonger parfois dans le regard de Nithral, je crois que ça n’est pas étranger aux hommes. Ou bien n’est-ce que parce qu’il a du sang de Persian dans les veines, un peu de nous, un peu de moi ? Je me renfrogne, en prenant conscience de ma profonde ignorance sur leur monde, leur fonctionnement, leur façon de penser. Diffère-t-ils vraiment des nôtres ? Être incapable de trouver une réponse satisfaisante m’arrache un grognement, et je décide de me relever.
Depuis une petite heure, je me suis enfoncé dans la forêt de Vestigion. Je crois qu’un de mes rêves a toujours été de la voir en vrai, de la découvrir de mes propres yeux, de mes propres pattes. Petit Evoli grisonnant déjà, je rêvais du jour où je parcourrai toutes les forêts du monde, celle des Vestigion en tête. Dans les légendes, l’une des plus profondes, des plus épaisses, des plus luxuriantes. Certains racontent qu’il s’y trouve un manoir abandonné, d’autres encore disent y être entrés et y avoir entendu des choses étranges. Un manoir hanté, pour ceux qui osent prononcer le mot capable de vous faire enfermer. Un groupe de Spectrum et autres Fantominus farceurs pour les plus rationnels, qui rôdaient déjà dans l’endroit avant même que mes ancêtres ne quittent leur forme primaire de petit animal à quatre pattes. Il y a toujours une part de mystère et de doute dans leurs récits, les nuances varient, on y rajoute des détails et on exagère. On ne sait jamais vraiment ce qu’il en est tant que l’on ne l’a pas vu de ses propres yeux. Je crois que, me concernant, j’aimerais bien trouver ce manoir… Quoique ?
Je crains de devoir m’enfoncer plus profondément encore dans ces bois dont je peine déjà à trouver la sortie. J’ai bien essayé de grimper à un arbre, et puis à un autre, je suis monté au plus haut que j’ai pu mais, toujours, il n’y avait que la forêt à perte de vue. Dés lors que j’en voyais la fin, j’avançais dans cette direction, j’escaladais à nouveau et la lisère paraissait toujours aussi loin. Même maintenant, je n’ai toujours pas cessé de tourner en rond. Ça n’est pas ma forêt, celle-ci m’est totalement étrangère et, aussi belle soit-elle, je commence presque à être lassé de ne pas savoir m’y retrouver. Ça n’est pas la forêt de Cimetronelle, ça n’est pas chez moi, je m’y sens presque comme indésirable. J’ai un peu le mal du pays, je crois.
Une plainte s’échappe d’entre mes lèvres quand, pour la énième fois, j’ai l’impression de repasser au même endroit, sans être capable de déterminer si c’est réel ou juste moi qui suis trop tendu pour savoir faire la différence entre deux places totalement différentes. Je grince des dents, m’appuie contre un arbre, mains dans les poches de ma veste, après en avoir rabattue la capuche sur ma tête. Il ne pleut pas, mais c’est un réflexe stupide que j’ai pris depuis longtemps. Yeux fermés, j’essaie de ne pas laisser la frustration me gagner. Si j’appelais Nithral, est-ce qu’il viendrait ? Je ne connais ni les capacités ni les limites de ce lien qui nous unit. Je grommelle ; à quoi bon dans ce cas ?
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Yûki
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MessageSujet: Re: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:27

❝ Dans ce paradis immuable que je ne peux changer ❞

Depuis combien de temps n'avais-tu pas laissé tes traces dans cette forêt vierge ? Depuis combien de temps n'avais-tu pas foulé cette terre ? Ton coeur meurtri ne saura te le dire. Malgré cela, tu restais toujours le même. Oui Zekrom. Quoique, il semblerait que ton coeur se serait noirci avec le temps. Il devenait noir, aussi noir que ton pelage d'antan qui donnait l'impression que les ténèbres s'abattait sur le monde. Étrangement, ton apparence semblait paradoxale par rapport à ce que ton existence représentait. Par un sourire en coin, tu répondais toujours de la même façon : « Ma seule liberté est de rêver, alors je rêve de liberté. » Il était difficile de te comprendre, de comprendre ce pour quoi tu disais cela. Tu restes un mystère. 
Depuis cette fracture du temps, tu n'as pas cessé de te chercher, ou plutôt de la chercher. De me chercher ? Regarde toi comme tu es maintenant, errant sans fin dans un monde loin de tes idéaux. N'est-ce pas toi qui me disait que ce n'était pas en pleurant sur mon sort que j'arriverai à accomplir mes rêves ? Sirius... Ou plutôt Zekrom. Tu représentes le rêve, l'idéal.. 

Je te regarde à présent du haut de mon trône comme tu me décris dans ton imaginaire. Je te regarde. Sache que je te regarde. Te voilà à présent, juché e haut d'un arbre, tel un aigle scrutant l'horizon à la recherche d'une proie. Tu réfléchissais, à ta vie, si seulement tu en avais une, ton âme ? Âme hybride, mi-pokémon mi-humaine depuis que tu m'as côtoyé. Petit à petit, tu te rappelais de mes mots, de mes dires, de tout ce que j'avais pu, du moins, t'apporter durant ces dernières années. Je n'étais qu'une simple et frêle humaine, à côté d'un être aussi complexe que toi, et pourtant tu m'as montré à quel point je pouvais être spéciale. Ainsi, tu m'avais longuement écouté et je t'avais enseigné mon expérience humaine. Depuis que je n'étais plus là, tu te mettais à la recherche d'âme égarée pour les remettre sur le droit chemin. Comme ce dernier que tu avais maintenant repéré depuis un laps de temps. 

Protège-le. 


Tu l'observais, sans rien dire, te demandant pour quelles raisons il se trouvait là. Rhapsodie. Son nom t'avait marqué la première fois que tu l'avais rencontré. Il semblait frêle et apeuré. Or il s'avérait être une personne qui avait juste besoin d'un guide et qui cachait énormément de choses surprenantes au fond de lui. Il t'avait impressionné, tu devais l'admettre. Dès lors, tu l'avais pris sous ton aile sans pour être autant un coeur tendre. Finalement, voyant ton petit protégé tourner en boucle incessamment, tu décidas de descendre de ton repère. Tu sautais de cette branche pour atterrir délicatement sur le sol, provoquant une envolé de feuilles tout autour de toi. 

(Sirius) ▬  Tu me fatigues à tourner en rond comme cela.

tes yeux se levèrent vers lui en même temps que tu te redressais et tu lui adressas un léger sourire dans le but de le rassurer un peu. Non tu n'étais pas là pour l'effrayer. Vêtu de ton habituel trench noir que tu laissais toujours ouvert, tu portais une chemise blanche et une pantalon noir. On aurait pu te prendre pour un de ces propriétaires arrogant d'une des plus hautes tours du central business district de Kanto ou d'Unys. Faisant craquer ton cou, tu jetas des regards autour de vous. Personne. 

(Sirius)
 ▬  Salut Rhapsodie. Si tu cherches des baies ce n'est pas ici que tu en trouveras. Les meilleurs sont un peu plus au sud. Mais bon, ton flair t'y aurais déjà guidé non ?

Machinalement, tu fourras ta main dans ta poche pour en sortir une cigarette que tu portas à tes lèvres. Sortant un briquet tu continuas : 

(Sirius) ▬  Vestigion peut être assez hostile seul.  

Décidément Zekrom. Tu étais toujours aussi avenant... Cependant, tu t'approchas de lui pour lui tapoter l'épaule, sans doute pour montrer une quelconque marque d'affection puis tu levas les yeux au ciel tout en soupirant. 

(Sirius) ▬ Tu es chanceux, j'ai du temps à perdre. 

Quand bien même, tu finis par lui sourire.
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Yûki
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MessageSujet: Re: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:27

J’écoute. Le vent qui siffle entre les arbres et fait bruire les quelques feuilles qui tiennent encore bon face à la froide saison. Les rares bêtes des bois qui ne sont pas occupées à hiberner, ni terrées au chaud au fond de leur terrier, celles qui grattent le sol, glapissent, chassent les proies téméraires qui leur filent sous le nez et entre les pattes. J’écoute la forêt, aux sons pas si différents que la mienne, que la nôtre. Mon coeur se serre à la pensée de deux prunelles identiques aux miennes, plus dures, et qui lançaient des éclairs la dernière fois. Oh, mais qu’ai-je fait ? Mes ongles entament la paume de ma main, et je me retiens de serrer plus fort. Arrête de te faire mal, Rhapsodie.
Tout à coup, un bruit. Plus fort, plus proche, différent. Dans un sursaut, je rouvre les yeux, et il me faut un instant avant de réaliser qui se tient face à moi, un sourire aux lèvres, la remarque sensible à la bouche. Je renifle légèrement, presque bougon. « Salut, Sirius. Tu m’espionnais ? » Pourtant, je souris à mon tour, de façon presque imperceptible sans doute, cela dit. Mais ça n’est pas bien grave. « Pour ta gouverne, c’pas des baies que j’cherchais. Mais ça, faut croire que tu l'sais déjà. » Puisqu’il semble être ici depuis un moment, je n’ai pas grand doute qu’il m’ait bel et bien deviné perdu, dans ces bois inconnus. Semblables à Cimetronelle, mais bien plus vastes encore. Je n’y ai pas mes repères, ça n’est pas comme là-bas où j’ai passé des années à crapahuter dés que les adultes tournaient le dos, sans jamais arrêter, même pas maintenant que j’ai atteint l’âge de raisonSurtout pas maintenant.
Il tire une cigarette de sa poche, et je fronce presque aussitôt le nez en le voyant faire. L’immonde odeur de tabac, les animaux des bois la sentiront à des kilomètres à la ronde, et sans doute fileront-ils se cacher sans demander leur reste. Je fronce les sourcils, sans oser un seul commentaire, que ce fut à l’encontre de son bâtonnet nicotiné, ni même de l’évidence de ses paroles. « Vestigion peut être assez hostile seul. » Il paraît, oui. Mais tous les bois sont hostiles si l’on ne les connaît pas, si l’on ne les aime pas, si l’on ne les apprivoise pas. Aucune forêt, aucune pinède n’est sûre si l’on n’est pas capable de s’y abandonner pour en apprendre tous les secrets. Tout jeune, j’ai appris à ne craindre des sylves ni les arbres, ni les ronces, ni les bêtes sauvages, ni les sols accidentés et souvent rendus glissants par les intempéries. Je n’y crains rien, sinon les hommes qui s’y aventurent et la détruisent, détruisent la vie, détruisent les âmes. Je n’y crains rien, sinon ces hommes qui ont détruit ce que nous étions, dans ces bois qui nous aimaient et que nous aimions. Mon sourire se fait plus prononcé, et sans doute amusé, quand je réponds. « Les forêts sont comme nous. Tantôt chaleureuses, tantôt désireuses d’être laissées à leur solitude. Parfois elles aiment les rire des enfants et les amoureux transis qui s’embrassent contre les écorces, mais il y a aussi des moments où seul le silence leur convient tout à fait. » On me prend peut-être pour un fou, à croire que ces étendues boisées possèdent une âme, et ressentent comme nous ressentons, mais le fait est que j’en suis tout à fait certain, et que rien ne m’en fera jamais douter.
Il s’approche, pose sa main sur mon épaule, et le fumet âcre de sa cigarette me prend à la gorge. C’est qu’à jouer les bêtes sauvages, on devient plus sensible encore que d’autres aux odeurs qui nous entourent. Aussi, sans trop pouvoir m’en empêcher, j’esquisse un pas de côté pour lui échapper, nez froncé, et visage tordu en une grimace dégoûtée. « T’as du temps à perdre, et moi j’ai un odorat et des poumons à préserver. Sérieux, éloigne ce truc de moi, c’est infect, ça fouette de dingue. Ça s’accroche aux fringues et c’est grave mauvais pour la santé, en plus, tu sais ? » Qui ne le sait pas ? Je renifle, mais l’affreuse odeur demeure entêtante.
Sur un coup de tête soudain, j’entreprends d’escalader l’arbre contre lequel je me trouvais, un instant plus tôt. J’y grimpe avec aisance, jusqu’à une branche suffisamment stable pour que je m’y avance sans plus pouvoir me tenir au tronc. Mon regard balaie les environs, sans rien voir d’autre qu’une étendue terne d’arbres dénudés par la mauvaise saison, et de quelques sapins résistants, tanguant dans le souffle du vent. Vent qui, d’ailleurs, finit par avoir raison de ma capuche, et la rabat dans mon dos, laissant l’occasion à mes cheveux de s’agiter dans la brise fraîche. « En ta qualité de stalker confirmé, p’t’être que tu sais...  Dis, Sirius, est-ce qu’il existe, le manoir de la légende ? Tu sais, le manoir hanté de la forêt de Vestigion… C’est vraiment possible de l’trouver, ou c’est juste une histoire à dormir debout, l’genre pipeau qu’on raconte aux gosses pas sages ? » Il y a une note de réel intérêt dans ma voix. C’est que je me souviens des histoires que j’ai lues, plus jeune, en me jurant qu’un jour, j’arpenterai l’immense bois de Vestigion, et que je braverai les dangers de ce manoir. Les fantômes… Je n’y crois pas vraiment. Quelques Fantominus et Feuforêve farceurs, tout au plus, à mon sens. « On pourrait aller voir ? » Ta curiosité te perdra, Rhapsodie.
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MessageSujet: Re: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:28

Il te sortait son hymne à la nature, ses louanges à la forêt. Tu l'écoutais d'une oreille assez distraite, bien trop concentré à observer les environs et s'assurer que personne ne se trouvait à proximité. Le danger pouvait surgir de nulle part, et même si habituellement tu ne pensais qu'à ta propre personne, tu te souciais désormais de la sécurité de Rhapsodie. Un garnement puéril selon toi mais qui savait faire preuve de réflexion et de sagesse à ta grande surprise. Non sans te déplaire. 

Ce qu'il énonça à propos des arbres te semblait absurde selon toi. Ce n'était que des plantes après tout. Mais des pokémons prenaient eux-mêmes leurs racines dans ces plantes. La végétation à un coeur Sirius que tu ne voyais pas. Sans doute parce que tu ne t'en préoccupais pas plus que ça. Tu avais tellement vu le monde évoluer que plus rien ne pouvait t'impressionner. Personne ne pouvait réellement comprendre ce que cela faisait que de vivre des milliers d'années, de voir les choses changer et surtout, de voir les gens que tu avais suivi depuis leur naissance, s'éteindre au bout de ce que tu considérais comme quelques années.

Rhapsodie marqua un point, oui, tu avais du temps à perdre. Autre point marqué, la cigarette ne t'allait pas Sirius. C'était infect et dangereux. Et pourtant, tu ne t'en préoccupais pas. Tu ne t'inquiétais pas de ta santé. Un légendaire peut vivre des années mais il peut mourir. Tu le sais pourtant. Je ne sais combien de fois je te l'avais répété. Imbécile. A mon soulagement, tu décidas d'écraser ta cigarette. D'un air agacé, tu avais lâché un soupir puis tu l'avais réduite en miette dans le creux de ta main et non sur le sol pour ne pas pourrir la terre que Rhapsodie et moi, nous chérissons tant. 

▬ C'est bien. Ne t'avise pas d'en prendre une, sinon je t'en mettrai une. Fis-tu d'un air ironique. 

Rhapsodie et sa façon de t'adresser la parole ne te plaisait guère. Mais tu savais pertinemment comment il était. Un simple enfant. Tu te dis alors que la maturité prenait son temps à germer. C'est juste que tu n'avais pas encore tout vu cher Sirius. Fais l'effort de t'intéresser à lui et tu découvriras les couleurs de son coeur. Ces couleurs que tu recherches en chaque être. Ces lumières qui guident leurs rêves. Celui-là avait un voeu à réaliser. C'est ton devoir Sirius, et toi seul pouvait le guider.

▬ Ne me dis pas que tu crois à ces histoires ? Tu es vraiment plus naïf que je ne le pensais... Dis moi, tu n'as pas le vertige, j'espère.

Déployant tes majestueuses ailes, tu levas les yeux au ciel puis un sourire narquois vint se dessiner sur le coin de ta bouche. Qu'il ait le vertige ou non, tu t'en fichais. Voilà ce que cela signifiait. Tu pris ainsi ce que je nommerai ton protégé par le col et t'élanças dans les airs. Tu sentis le vent te fouetter le visage et cette sensation de vide lorsque tu te mis à planer te donnais l'impression que le monde avait disparu. Tu te sentais libre. Libre de ta vie, de tes choix, de tes convictions. Car dans la réalité, Arceus t'avait crée. Parfois, tu te demandais si tu n'étais pas en vérité un mensonge depuis le début. 

Après quelques minutes de vol plané avec quelques turbulences, tu atterris sans encombre en face du fameux manoir de Vestigion dont parlait Rhapsodie. Dire qu'il n'était pas si loin du lieu. Tu savais, juché sur ton arbre que c'était ce qu'il recherchait. Mais pour ton pur plaisir, tu t'étais amusé à le regarder tourner en rond pendant un moment.

▬ Voilà ce que tu cherches depuis un moment. C'était assez drôle de te voir tourner en rond sans jamais tomber dessus, vraiment.Lanças-tu d'un ton moqueur. Et sache que les légendes sont souvent, pour la plupart, réelles. 

Car toi-même pokémon légendaire, tu étais réel. Tu te postas ensuite devant les hautes portes du manoir, l'inspectant de haut en bas. Cela faisait des années que personnes n'y était entré vu la poussière les portières et le bois qui avait noirci. Personne ne l'avait entretenu. Quand était-ce la dernière fois que tu y avais mis les pieds ? Une éternité sans doute. Sans doute avec quelques-uns de tes rares amis légendaires pour l'explorer comme tout bon aventurier. 

▬ Par contre, je te déconseille de faire des mouvements trop brusques une fois à l'intérieur. Cela peut réveiller des esprits malins.

Avec un sourire, tu le pris par l'épaule et le poussas en avant pour le mettre face à la porte. D'un hochement de la tête, tu l'invitas à l'ouvrir. Tu t'occupais d'assurer ses arrières au cas où. Étrangement, tu ne sentais pas trop cette virée dans le manoir. Tu sentais des esprits maléfiques y émaner et rien de cela ne te rassurait. Les légendaires vous étiez certes forts et puissants, mais vous êtes tout aussi vulnérables que les autres. Vous n'êtes pas invincibles alors, abandonnez votre orgueil. Zekrom l'avait compris. Tu l'avais compris. Même les légendaires pouvaient souffrir. Même face à la plus grande des douleurs, personne ne pouvait en être immunisé et en ressortir indemne.  

▬ Allez. On va bien s'amuser.
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MessageSujet: Re: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:28

Je ferme les yeux, j’inspire l’air et savoure le souffle qui agite les feuilles et balaye mon visage derrière les mèches sombres qui s’agitent au gré de la brise. Cimetronelle me manque. Je me souviens de ce temps où je jurais, croix de bois croix de fer, que je ne quitterai jamais ma ville, ma forêt, mon chez moi. Mensonges et balivernes, que j’ai laissé croire à d’autres. A un autre, tout du moins. Je serre les dents, rouvre les paupières. T’es qu’un abruti. Dans certains livres de maman, j’ai quelquefois lu les histoires de ceux qui perdent un être qui leur était cher, et qui s’en vont à l’autre bout du monde refaire leur vie, oublier, se reconstruire, se retrouver. Se retrouver. C’est ce que Nithral m’a dit que voyager, partir permettait de faire. Je n’y croyais pas ; je ne sais pas si j’y crois un peu plus aujourd’hui. J’ai cette impression de m’être bien plus égaré encore que je ne l’étais, avant de partir ; j’ai la sensation d’avoir tourné dos au croisement face auquel je me trouvais pour me perdre dans l’obscurité, là où il n’y a pas la moindre des routes pour me guider.
Je soupire, me laisse glisser au sol sans aucune crainte de la chute. La branche n’est pas suffisamment haute pour que le moindre mal puisse m’arriver, même compte tenu de ma maladresse naturelle. J'ai plus confiance encore en les arbres qu'en n'importe quoi d'autre, et suis trop habitué aussi pour qu’elle m’effraie, sans doute —la hauteur— ; plus encore depuis que c’était devenu monnaie courante en compagnie de Noa. Je chasse la pensée de mon esprit au plus vite, avant qu’elle n’ait le temps de me serrer le cœur ou d’assombrir mon regard. Il a éteint sa cigarette, alors l’air devient plus respirable près de lui —à peu près, puisque j’avais raison : l’odeur s’accroche aux vêtements. Il m’a avisé de ne pas en prendre une, et ça n’est pas dans mes projets. L’odeur me répugne bien trop —alors même que je devrais avoir l’habitude, avec Heiji dans les parages— pour que l’idée d’en connaître le goût m’attire d’une quelconque façon. Il y a ceux qui s’en grillent une pour essayer, et qui passent le restant de leurs jours à se noircir les poumons au goudron, à se les brûler à l’ammoniaque, à se les ronger au plomb et à l’arsenic. Très peu pour moi. Jamais fumé, jamais bu. Coincé, fils à papa disent certains ; d’autres intérêts je répondrais.
« Ne me dis pas que tu crois à ces histoires ? Tu es vraiment plus naïf que je ne le pensais... » Je lui adresse un regard en travers, sourcils froncés. Et si j’y croyais, serait-ce un mal d’avoir un peu de la naïveté qui rend les enfants si heureux ? « Dis moi, tu n'as pas le vertige, j'espère. » Pas plus que je crois aux histoires de fantômes. J’aime les hauteurs, et j’ai bien quelques fois rêvé de voler alors même que c’est des bois que j’adore me rendre soûl —c’est ça, ma dose à moi, loin de la nicotine, loin de l’éthanol et d’autres produits destructeurs ; ma drogue, mon addiction, mon rythme de vie. Je les aime, les hauteurs, et pourtant je ne peux réprimer un sursaut en ne touchant tout à coup plus terre. Mais c’est le vent dans mes cheveux et sur mon visage, c’est la sensation que plus rien ne peut m’atteindre. C’est comme ça, comme les courses sans fin entre les arbres, souffle court et muscles tendus par l’effort ; c’est l’impression d’ivresse et de liberté, envers et contre tout. C’est dans ces moments-là seulement que je me sens exister.
Je lance un regard en direction des ailes de Sirius, toujours avec cette même curiosité qui me prend lorsqu’il dévoile un élément traître de sa nature hybride. Je ne suis toujours pas capable de dire ce qu’il est —peut-être parce que je ne connais que trop peu de mes congénères. Mes connaissances se limitent à mes proches, d’hier et d’aujourd’hui, ainsi qu’aux quelques souvenirs qu’il me reste de mon cursus scolaire inachevé —on pardonne plus aisément leurs travers aux endeuillés qu’à ceux à qui la vie sourit.
Le manoir se dessine, à quelques mètres sous nos pieds, et je laisse tomber mes doutes et interrogations pour le moment, au profit d’une stupéfaction évidente. Jure, il existe vraiment ? Soit. Il faut bien que les mythes trouvent leur origine en quelque chose de tangible. Mais il existe, et il est là, juste devant nous. L’on se pose, je fais quelques pas hésitants sur le sol pour assurer à nouveau mon équilibre sur la terre ferme, puis je lève les yeux pour aviser la hauteur du bâtiment. Deux rangées de fenêtres —un rez-de-chaussée, un étage, rien de bien sorcier. Une allée de pierres brisées sous mes pieds, qui disparaît derrière nous au milieu des hautes herbes à l’air infranchissable pour qui n’est pas muni d’une paire d’ailes pour les survoler. D’autres pierres mal soudées les unes aux autres, couvertes du lierre qui grimpe le long des murs et se faufile jusqu’à l’intérieur par les brèches des vitres brisées, noircies de poussières et par les intempéries. Des tuiles manquantes, venues s’éclater sur le sol maintes et maintes fois. Et, là, d’imposantes portes de bois, solides mais rongées, délabrées, à l’air capable de s’effondrer si l’on se risque à les ouvrir un peu trop brusquement, en même temps aptes à endurer les pires ouragans qui viendraient la heurter. Stéréotype des films d’horreur, je suis sûre qu’elle grincera lorsqu’on la poussera pour entrer. « Voilà ce que tu cherches depuis un moment. C'était assez drôle de te voir tourner en rond sans jamais tomber dessus, vraiment. » Il se moque, et j’ignore, tout entier à mon admiration du bâtiment, qui n’a pourtant rien de très charmant, encore moins d’avenant. « Et sache que les légendes sont souvent, pour la plupart, réelles. » J’arrache mon regard aux détails taillés dans le bois brut, pour lancer un coup d’oeil en direction de Sirius, rictus mauvais aux lèvres. « M’dis pas qu’tu crois à ces histoires ? J’te pensais moins naïf... » Je ricane, et puis je m’avance pour effleurer les feuilles du lierre encore humides des pluies récentes.
Les gouttes froides s’attardent sur mes mains, et je les en chasse en agitant les doigts, puis m’essuie nonchalamment sur mon pantalon —ça n’est toujours que de l’eau de pluie. « Par contre, je te déconseille de faire des mouvements trop brusques une fois à l'intérieur. Cela peut réveiller des esprits malins. » Je ris, doucement, en donnant un petit coup dans l’une des pierres fendue en son milieu du mur. « J’suis sûr qu’on a plus de chances de s’manger l’plafond sur la gueule que d’rencontrer le moindre esprit farceur, si tu veux mon avis. » En haussant les épaules, je m’avance vers l’entrée lorsque Sirius m’y invite, et je pousse la porte sans une seule seconde d’hésitation. Elle oppose un peu de résistance, mais j’en viens vite à bout. Elle s’ouvre en un craquement sinistre —qu’est-ce que j’avais dit ?— et dévoile une pièce immense plongée dans l’obscurité. J’entre, et l’odeur de renfermé me fait froncer le nez. Je n’ai aucune idée du nombre d’années que ce manoir a pu passer, abandonné de la sorte, sans plus personne pour l’entretenir ni même l’aérer. Il y a un haut plafond, duquel pendent quelques lustres, et je me demande bien par quelle sortilège ils ne font pas s’effondrer ce qu’il reste des combles. La tapisserie, qui a dû être riche et décorée à une époque désormais lointaine, est déchirée, décolorée, et l’on a de la chance si l’on devine encore le moindre des motifs çà et là. Il y a une autre porte en face, et puis deux escaliers qui montent de chaque côté du hall. Je ne suis pas bien certain quant au fait que s’aventurer plus loin soit sûr, mais la curiosité est plus forte encore que le pressentiment qu’il vaudrait mieux se tenir éloigné d’ici.
Je m’avance, je me retourne, je marche dos à la direction que j’emprunte, et je détaille le plus longuement possible tout ce que mes yeux accrochent, ne serait-ce qu’une raie de lumière qui parvient à se frayer un passage au delà de la saleté des vitres. « C’est lugubre… C’trop bien. Tu parles qu’les esprits malins ils doivent trop kiffer zoner là. » Je ricane, et me stoppe soudainement dans mon élan lorsque je manque trébucher, mon pied se heurtant à un obstacle. Je recouvre mon équilibre en prenant appui sur la pierre froide sous ma main, et je lève les yeux pour déterminer la nature du fameux obstacle, suffisamment insolent pour s’être placé sur ma trajectoire —certes, sans ça, c’était le mur qui me réceptionnait ; la nuance est faible, finalement. Je m’attarde sur une inscription que je ne parviens pas à déchiffrer, et que j’effleure du doigt, avant de faire face à l’étrange silhouette taillée à même le marbre. Ça n’a rien d’humain, rien d’animal non plus, et mon instinct me souffle que je connais déjà la réponse à la question que je m’apprête à poser. « C’est… un Pokémon ? Un ancêtre ? Sérieux, c’manoir il est assez vieux pour qu’le type qui vivait là ait connu les Pokémons comme ils étaient avant ? » J’en ai déjà vu quelques uns dans les livres d’histoire, ils arboraient leur forme originelle, celle d’avant le bad trip d’Arceus. Mais ça n’a toujours été que des dessins, des schémas, rien de bien concret. C’est étrange, de se retrouver face à une version marbrée d’un congénère —dont, une fois de plus, je ne reconnais pas l’espèce précise.
« Tu t’es jamais d’mandé, j’sais pas… si tout ça c’était pas qu’des conneries ? Fin, j’veux dire, c’est bizarre, j’veux bien qu’on ait des oreilles et des, quoi, super pouvoirs (je ris un peu, je cherche mes mots et m’en moque) mais est-ce que ça veut vraiment dire qu’on a été des bêtes sauvages à quatre pattes en tous points semblables à des animaux… j’sais pas. » Je sais que je n’ai pas de raisons de douter. Parce qu’il y a Daeren pour preuve, parce qu’il les a connus, parce qu’il est l’une des légendes vivantes de ce monde. Mais moi, je n’ai rien connu ; moi, je ne sais que ce que l’on m’a dit, appris, ce qu’on m’a dit de retenir parce que c’était la vérité dictée du monde actuel. Et puis quoi ? « C’est pas facile d’croire en un truc qu’on n’a jamais vraiment connu, j’crois » Et je ne suis pas certain de ne parler que de cette histoire d’hybrides un peu folle.
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MessageSujet: Re: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:29

Tu ne répondis pas, préférant te tenir prpêt à savourer le moment où Rhapsodie se fera surprendre par quelques esprits malins. Oui car il y en avait et peu de personnes le savent ou le croient. Depuis peu, les gens semblaient croire de moins en moins aux mythes qui pour la plupart étaient le plus souvent bien réels. Et tu en savais quelque chose Sirius. Je me rappelle de toutes ces histoires de fantôme que tu me racontais à propos du manoir hanté caché dans la forêt de Vestigion. Cela semblait si vrai de ta bouche que c'en était effrayant. Et tu finissais par te moquer de moi. 

Les mains dans les poches, tu fermas les yeux et inspiras pour mieux ressentir les secrets que cachaient chaque recoin de la pièce. Un mystère dissimulé entre quatre murs. On remarqua que le hall assombrie par les rideaux épais qui empêchaient les rayons du soleil de pénétrer. Alors que Rhapsodie semblait émerveillé par cette découverte, tu inspectas chaque coin de l'entrée afin de rester sur tes gardes et pour intervenir en cas de besoin. Même si Rhapsodie pouvait se montrer casse-pied, au fond de toi, tu ne voulais pas que quelque chose lui arrive. 

(Sirius) ▬ C'est sûr qu'ici ils sont plus tranquilles. 

Soudainement, un bruit te fit sursauter. Tu tournas rapidement la tête vers ton protégé qui bute contre une de ces statues représentant un pokémon, du moins l'apparence qu"'il avait à l'époque. Tu t'arrêtas net, fixant l'allure de la statue avec nostalgie. Parfois on disait qu'avant, c'était mieux : tu le pensas très fort au plus profond de toi. Tu souris légèrement en observant Rhapsodie se poser mille et une questions concernant le passé, il fallait le dire, tu étais titillé par l'idée de lui révéler quelques secrets. S'il savait, te disais-tu, si seulement. Étrangement, tu ressentis l'obligation de ne pas totalement lui dévoiler les secrets du monde, comme pour lui laisser l'envie de le découvrir par lui-même. 

(Sirius) ▬ Ce manoir a plusieurs siècles tu sais. Et...C'est bien un pokémon... Puis d'une voix pratiquement inaudible, tu marmonnas, du moins ce qu'ils étaient auparavant. 

Tu voulais à la fois glisser un indice et laisser le mystère à ton protégé, ainsi tu savais qu'il n'avait réussi qu'à percevoir que quelques mots de la fin de ta phrase, laissant le doute planer.
Rhapsodie poursuivit ses interrogations à voix haute tandis que tu te dirigeas vers les escaliers de gauche à proximité de toi. S'il avait connu le monde d'avant, il aurait vu à quel point le monde était harmonieux et stable. La réalité telle qu'elle était. 
Mais.
Depuis quelques temps, tu avais changé un peu d'avis. Le fait qu'Arceus décide de chambouler le cours du temps t'avait permis de...Me rencontrer. Oui en toute subjectivité, j'ai réussi à faire changer ce Zekrom tête comme une mule en un Zekrom presque aussi doux qu'un agneau. Bon d'accord c'est seulement dans mon imaginaire mais ! Tu avais compris qu'il y avait encore tant de belles choses possibles à accomplir dans le monde actuel et que cette transformation en hybride des pokémons avait permis à certains de s'émanciper.

(Sirius) ▬ Tu trouverais étrange que ton arrière-arrière-arrière-arrière - et j'en passe - grand père soit un petit pokémon à quatre pattes ? Et si c'était vraiment le cas ? Moi je trouve ça plutôt amusant. Tu aurais été un mignon petit noctali, fis-tu en affichant un sourire moqueur.

Tu remarquas que la statue avait les yeux rivés vers eux. Haussant les sourcils, tu inspectas la statue d'un peu plus près. Malgré ton sixième sens, tu refusas de comprendre et détournas ton attention de celle-ci.
Sans plus attendre, tu décidas de prendre les escaliers de droite et d'explorer le premier étage. Le plancher craqua sous chacun de tes pas, le bruit résonna en écho dans les couloirs du haut. Tu balayas de la main la poussière sur la rambarde que tu agrippas en montant les marches. 

Tu arrêtas dans ta montée, retenant ton souffle. Tu te souvins y avoir déjà mis les pieds, il y a des années, quand il était encore plein de vie, quand les gens se bousculaient à l'intérieur. Tu n'étais qu'une à ce moment-là mais les lieux et tes souvenirs qui concordaient confirmaient tant de choses. 

Maintenant tu t'en souvins. Pressant le pas, tu te dirigeas vers la pièce au centre, suivi par Rhapsodie. Tout en faisant irruption dans la pièce, ton corps se glaça lorsque tu remarquas qu'une petite fille se trouvait également là. Elle déposa quelque chose et disparut immédiatement en s'enfuyant. 
Après l'effet de surprise, tu repris tes esprits et plaças une main qui se voulait réconfortante sur l'épaule de Rhapsodie.

(Sirius) ▬ On a éveillé les morts...
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MessageSujet: Re: A tous nos jours égarés ; Sirius   Dim 30 Juil - 3:29

Des doutes, des questions, des interrogations ; je crois n’avoir jamais rien connu d’autre. De toute ma vie, je ne crois pas pouvoir prétendre à plus de certitudes que celles qu’il me serait possible de compter sur les doigts d’une seule de mes mains. Il paraît que c’est triste ; je ne sais pas. Je suppose que l’habitude a pris le pas, n’avoir jamais vraiment de réponses, de point d’accroche… On s’y fait, sans doute. Mes questions, mes hésitations, ce n’est rien de plus qu’une poignée de nouvelles qui rejoignent les autres, mille fois posées, quelquefois sous silence gardées. L’habitude, encore. « Ce manoir a plusieurs siècles tu sais. » Plusieurs siècles ? Jusqu’à quel point encore le temps peut-il s’étirer, se perdre tant et si bien qu’on ne puisse plus le compter ? Autant de questions que d’années qui défilent sans emprise. « Et...C'est bien un pokémon... » La fin est marmonnée, j’entends à peine, j’écoute à moitié. C’était quelque chose comme « enfin ceux d’avant », ou du moins ça y ressemblait, je ne sais pas vraiment. Il y avait « avant », j’en suis certain ; mais le reste ? D’autres questions, qui ne seront jamais posées, aussi anodines semblent-elles être.
« Tu trouverais étrange que ton arrière-arrière-arrière-arrière - et j'en passe - grand père soit un petit pokémon à quatre pattes ? » J’hésite, j’acquiesce. Peut-être bien que oui. Parce que c’est trop étrange d’imaginer ; c’est un peu trop fou de se dire qu’Arceus aurait changé des animaux en êtres plus ou moins humains, en un claquement de doigts. C’était ce qu’on lisait dans les histoires pour enfants, celles qui causent de princesses et dragons, sorcières et rois déchus. « Et si c'était vraiment le cas ? Moi je trouve ça plutôt amusant. Tu aurais été un mignon petit noctali. » Je me fige, et le regard que je pose sur lui doit avoir être amusant à voir de l’extérieur — un mélange entre surprise et agacement passable, si j’en crois les émotions qui m’agitent sur le coup. « Heureusement qu’j’en suis pas un, alors. » je marmonne, plus pour moi-même que pour lui, quand bien même je fais en sorte d’être audible. « Être mignon, manquerait plus qu’ça. » Il n’y a que maman pour me dire ce genre de choses. Sans doute parce qu’aux yeux des mères, leurs enfants sont toujours quelque chose entre le mignon et l’adorable. Aussi frustrant que ce puisse être, d’entendre ça quand on a quinze ans — et qu’on est un garçon, aussi, peut-être.
C’est lorsque j’entends le craquement sinistre des planches sur ma droite que je me détourne enfin de la statue de marbre, pour observer Sirius, qui s’est engagé dans l’un des deux escaliers de la pièce. Un dernier regard alentour, pour graver quelque part dans ma mémoire le souvenir des rayons de lumière perçant les vitres salies de pluie et de poussière humide et s’échouant en tâches vacillantes sur le parquet et la tapisserie passée, les infimes particules valsant dans les rais de clarté peinant à illuminer l’endroit, l’odeur du renfermé, mêlée à celle de la nature qui reprend ses droits, dehors, et jusqu’au travers des verres brisés qui laissent le lierre ramper le long des murs. C’aurait sans doute été un sublime cliché à punaiser sur un mur, mais les souvenirs seuls ont ce quelque chose d’un peu plus volatile que lorsqu’on essaie de les retenir sur papier glacé sans être capable de se souvenir tout à fait de ce que l’on a pu éprouver, quelques années plus tôt, à être dans cet endroit, et à ne reconnaître qu’un inconnu, quelqu’un que l’on est plus, si l’on apparaît dans un coin de la photographie. Je n’aime pas tant l’idée d’essayer d’immortaliser ces moments de plénitude volés — parce qu’ils sont aussi fragiles que nous, et qu’ils s’effaceront quand ceux qui les ont vécus ne seront plus là pour les raconter. Rien n’est infini, et je ne suis pas de ceux qui courent après l’immortalité. L’éternité doit être bien sombre, si l’on est seul pour en sillonner les routes.
Je soupire, j’agite la tête et les mèches corbeau de mes cheveux me tombent devant les yeux pendant que je presse le pas pour rejoindre Sirius dans les marches. Elles craquent moins sous mon poids que sous le sien, et peut-être est-ce aussi parce que je rase le mur, me tiens le plus éloigné possible du centre de chaque planche. Je n’ai pas confiance en ces fondations dont l’entretien a été délaissé depuis longtemps déjà. Je ne plaisantais pas tout à fait, lorsque je sous-entendais que le manoir pourrait s’effondrer sur notre tête — cela dit, j’ose espérer que ça n’arrivera pas. Je laisse ma main courir sur le mur humide, sur les aspérités que le temps y a laissé. C’est lorsque je n’entends plus rien d’autre que mes propres pas que je m’arrête pour jeter un oeil par dessus mon épaule. Sirius s’est immobilisé, lui aussi, quelques marches avant la mienne. « Sirius…? » Un éclat prend tout à coup vie dans son regard, et il se ranime, il presse le pas jusqu’au palier et, après une hésitation pleine d’interrogation, je me lance à sa suite. « Sirius ? » je répète, sans plus de résultats.
Je tousse à cause de la poussière soulevée, de l’air lourd de moisissure et d’humidité, suivant Sirius avec tout juste trois à quatre pas de retard. C’est sur un long couloir que l’on débouche, cinq portes en bois alignées sur toute la rangée ; des chambres ou des bureaux, sans doute. Combien de personnes ont vécu ici, avant que l’endroit soit déserté, et abandonné à la nature, au temps et aux intempéries ? Je suis perdu dans ma contemplation d’un instant lorsque la porte face à nous s’ouvre en trombe sous l’impulsion de Sirius, et qu’un mouvement à l’intérieur attire mon regard. Je me fige, en discernant la silhouette d’une petite fille. Une enfant, plus jeune encore que Soliste, affublée d’une robe légère et d’un noeud dans les cheveux. Je cligne des yeux, le souffle coupé, et un long frisson remonte le long de ma colonne vertébrale, pendant qu’elle bouge, s’agite sans vraiment nous lâcher du regard — et le mien ne se détache pas d’elle non plus. « Qu’est-ce que...» Elle disparaît, se dissipe, se fond dans l’air et c’est comme si elle n’avait jamais été là. Je me rends compte que j’ai cessé de respirer lorsque l’air vient à manquer ; lorsque la main de Sirius vient se poser sur mon épaule, et que j’ai l’inspiration douloureuse. « On a éveillé les morts... » Je lève les yeux vers lui, lentement, parce que je n’ose pas vraiment me détourner de l’endroit où se tenait la fille, un instant plus tôt. « Les morts…? »
Je secoue la tête, je ricane — et ça sonne un peu faux. « N’importe quoi… Juste les farces d’un Pokémon psy. Si ça s’trouve t’en es un. Vrai quoi, tu m’as jamais dit c’que t’étais, donc j’peux t’soupçonner ! » Tu parles un peu trop pour quelqu’un qui n’a pas peur, Rhapsodie.
Je contourne Sirius pour me glisser dans la pièce ; une chambre apparemment. Une décoration sobre, classique, vieille, surtout. Le parquet est rongé par les termites, le papier peint marqué de coulures qui l’assombrissent, les draps du lit dévorés eux aussi, et l’ampoule ne fonctionne sans doute plus depuis longtemps. Au sol, un éclat presque lumineux ; ce qu’elle a déposé, et que je reconnais plus ou moins, sans être capable de me souvenir du nom qu’on leur donne. Une espèce de disquette, de celles qui permettent à un hybride d’apprendre une capacité qu’il n’obtiendrait pas autrement, de naissance ou en grandissant. Je le sais simplement parce que j’en ai une — Attraction, et je n’ai jamais été capable de la maîtriser vraiment, pas plus que je ne me souviens comment je l’ai obtenue. Lentement, j’approche la main de l’objet, je l’effleure avec un peu de méfiance et, instinctivement, ce que la capsule — j’ai le nom sur le bout de la langue, mais je ne le retrouve décidément pas — renferme s’impose à mon esprit. « ... Clonage ? » Je lève les yeux en direction de Sirius, mi-méfiant, mi-hésitant. « C’est commun pour un… mort, de laisser tomber des… capsules-truc là, t’crois ? » Je ne flippe pas vraiment — pas encore — mais j’essaie de lui faire cracher le morceau : lui faire admettre que c’est lui, qu’il essaie juste de me foutre la frousse. Qu’il s’amuse juste un peu, pour m’faire payer mon insolence de quelques fois.
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