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 The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)

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Yûki
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MessageSujet: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:41

Il y a des airs de piano qui résonnent autour de moi. Je reconnais les notes : ce sont celles que je ne cesse de répéter, pour le prochain tremplin. Elles sont vagues, floues, se fondent dans la masse de bruits de la galerie marchande. Il y a des odeurs de chocolats chauds qui me mettent l'eau à la bouche, d'autres effluves plus sucrées aussi, qui n'arrangent rien. Je sens des beignets à la baie fraive, là, quelque part sur l'un des stands. Il y a de la neige qui tombe du ciel et recouvre tout d'un manteau blanc que personne ne semble remarquer ; il ne fait pas tout à fait froid. Mon reflet, dans une des vitrines illuminées, porte cette tenue que je hais tant ; chemise, veston, tout de noir et de blanc et trop formel. Il y a une petite fleur accrochée là, à mon col. J'y porte la main, elle disparaît, et une voix m'interpelle dans mon dos. Je me retourne, vivement, et il y a ce petit être à l'air enfantin, à l'identité incertaine devant moi. 

—  J’ai décidé de te montrer ton âme sœur ! Tu le trouveras rapidement devant toi ! Bien que je ne suis qu’un stagiaire ! Mais je t’assure, j’ai bien visé… Je crois ! Bonne chance mon cher et bonne Saint Valentin !
— Euh... Hein ?
Mais il s'est déjà dissipé, et la rue s'est métamorphosée ; il neige toujours, mais les devantures des boutiques sont pleines de boîtes de chocolats en forme de cœur, de roses rougeoyantes dont le parfum emplit l'air, et d'autres niaiseries du genre. Mon âme sœur ? Il y a comme deux sentiments étranges qui se fondent en moi ; l'un est vif, haletant, piquant sur les bords et se dessine telles deux prunelles nocturnes accompagnées d'un sourire sarcastique, l'autre est glacial mais à la douceur infinie et je l'appelle splendeur. Je secoue la tête, tourne sur moi-même, comme à la recherche de cet amour que l'on m'a promis ; c'est stupide, je ne crois pas en toutes ces choses là, et pourtant mon cœur bat un peu plus fort. Je tourne, je marche, j'avance au milieu de ces êtres au visage trouble et inconnu qui ne m'attirent pas.

Et puis, tout à coup, un autre visage, moins imprécis, plus distinct. Pâle, encadré de cheveux d'ébène ; deux iris sanguins, effrayants et fascinants tout à la fois. Je reste silencieux en m'avançant vers lui, comme sans trop savoir ce que ce petit manège signifie. Une part de moi comprend, mais je l'ignore, j'ignore aussi mon cœur qui bat fort jusque dans mes tempes, jusqu'au bout de mes doigts. J'esquisse un sourire, enfin à portée de voix, et pourtant pas décidé à briser cette distance pourtant déjà rompue mille fois entre nous.

— Erm... Ze...phiriel ?
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Yûki
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:43

C'est étrange, tu ne te souviens pas particulièrement t'être endormi. Pourtant Cresselia t'a récupéré, là au creux de son bras, et tu aurais pu – si tu avais eu plus tard la possibilité de t'en souvenir (ce qui n'aurait pas été simple à vivre disons le clairement) – avoir un autre argument t'éloignant de l'envie de t'endormir. Ce petit chérubin ridicule néanmoins avait immédiatement nourri ce pressentiment dictant que tu n'allais pas spécialement apprécier cette nuit-là non plus. Pourtant, ce n'était pas aussi désagréable qu'à l'accoutumée.

T'es dans cette rue avec tout ce monde quand tu ouvres les yeux ; ton regard parcourt les environs, incertain. Puis tu tombes sur ce sourire débile et fronces des sourcils sceptiques. Cet espèce de guignol te parle de ton âme sœur ou quelque chose comme ça – tu n'as pensé à personne, tu n'as pensé à personne, tu n'as pensé à personne – en te spécifiant être un stagiaire, et immédiatement, tu sens la catastrophe arriver. Ou le sale quart d'heure. Tu te mords la langue machinalement, alors qu'une espèce d'envie de sauter à la gorge de cet imbécile – t'as tes règles quand tu dors ou bien ? - te prend, avant de repartir immédiatement avec l'individu. Alors tu clignes des yeux et le cherches un très court instant, avant de te dire pour tu ne sais quelle raison mystérieuse qu'il serait cool de trouver cette « âme sœur ». Tu ne sais pas vraiment si ce qui t'entoure est réel, c'est trop... étrange. Mais ce besoin s'empare soudain de toi, alors t'avances, moins méfiant qu'à l'ordinaire sans pouvoir te l'expliquer, et cherche du regard. Jusqu'à ce que tu cherches ne se trouve sous tes yeux ; t'en es persuadé, tu connais trop bien ce visage pour que ce ne soit qu'un hasard. Mais c'est... impossible. Non, c'est juste pas...

« Erm... Ze...phiriel ? »

Wait no. Si si, te dis ton cœur qui bat à tout rompre dans ta poitrine. C'est là, dans ton torse, et tu ne comprends pas vraiment ; ou plutôt, si, mais c'est pas normal. C'est comme si l'univers entier était là, sous tes yeux, alors tu clignes exagérément des paupières en croyant vainement que ça va partir. Sauf que non, ça part pas. T'as la gorge qui te sert et tu le fixes sans la moindre gêne, sans réaliser qu'encore une fois, c'est ce regard de rapace que tu poses sur lui. Faut se rendre à l'évidence, Zephiriel. Ton « âme sœur » est devant toi. Même si ce n'est pas vraiment ce visage là que tu lui aurais donné...

« Rhapsodie... ? Qu'est-ce que tu... ? »

Son regard t'indique qu'il est à peu près aussi paumé que toi et tu es obligé d'inspirer, de fermer les yeux, compter jusqu'à trois, avant d'expirer un bon coup. C'est pas possible c'est juste pas possible. Et pourtant...

« Dis moi, t'aurais pas vu un chérubin ridicule à l'instant... ? »

Ta voix s'est brisée, tu l'as distinctement entendue partir en cacahuètes sur la fin. C'est ridicule, c'est horriblement ridicule ; pourquoi est-ce que tu te sens aussi vulnérable, tout à coup... ?
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Yûki
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:43

Difficilement, je déglutis. Je n’ose pas m’approcher, quand bien même une part de moi le désire, un peu trop fortement sans doute. Mes doigts, par réflexe, crochètent les extrémités de mes manches. Une façon comme une autre d’évacuer… quoi ? Le stress ? Le trouble ? Une façon de faire taire un peu ce coeur qui bat trop fort pour que ce soit raisonnable, pour que ce soit normal ? Ça l’est clairement pas, mais rien n’est réglo depuis les quelques instants qui ont précédé l’apparition soudaine de l’imbécile heureux au carcan plein de flèches. Un stagiaire, qu’il disait… Oh. Oh. Non. Non, d’accord ?

Je n’arrive pas à soutenir vraiment son regard, aussi j’essaie de le détourner, mais je me rends compte un instant trop tard que je me suis attardé sur les détails de son visage, de ses cheveux, j’ai glissé jusqu’à ses mains, et il y a eu comme des flash, des images dans ma tête. Elles ont fait cogner mon coeur un peu plus fort encore, et mes joues picotent, maintenant. Pourquoi ? Ça n’est pas lui, pas lui… C’est la nuit et la splendeur, le double et la complémentaire, alors… Alors quoi ?
— Rhapsodie... ? Qu'est-ce que tu... ?
— Qu’est-ce que… euh, je… euh. Erm.
Productif, argumenté, réfléchi, intelligent. Tout ce qu’il manque à ce dialogue, très précisément. Autour de nous, la foule passe, aveugle, sourde et muette, et pourtant une rumeur monte de toute l’allée, imprécise, comme des conversations étouffées dont on ne peut rien saisir. J’entends toujours les airs de piano, mais ils ont changé, et je ne reconnais plus la mélodie cette fois-ci. J’esquisse un pas en avant, un deuxième, un peu hésitant. Presque comme si, à trop m’approcher, j’allais finir par m’y brûler. Mais un ange, ça ne brûle pas, n’est-ce pas ? Je frémis de ma pensée ; un ange ?...
— Dis moi, t'aurais pas vu un chérubin ridicule à l'instant... ?
Je me fige, j’écarquille les yeux. Non. Non, surtout pas, surtout pas un chérubin ridicule, surtout pas un qui souhaitait la bonne… Saint Valentin ? Surtout pas un qui racontait des choses bizarres, qui parlait d’âme soeur et de… Oh, putain.
— C’est… grave… bizarre, Zeph. M’dis pas que...
Je déglutis, encore, et un rire nerveux m’échappe. A nouveau, je m’acharne sur les boutons de manchette de ma veste. Un instant, je songe que ma mère me tuera si je l’abîme, mais très vite, l’idée passe parmi les dernières de mes préoccupations. Il y a Zephiriel, et ça suffit à détourner ma pensée. Je panique, et mes yeux cherchent la moindre des distractions. Dans élan soudain, je me rapproche, plus près que je ne l’aurais dû, et je tends la main vers lui, sans oser le toucher, et pour la baisser presque aussitôt.
— On… euh… on bouge ? Je… crois qu’il faut qu’on parle un peu, là, et, j’ai… comment dire, pas trop envie d’rester planté là. Comme un con, ahah...
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Yûki
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:43

C'est ridicule, c'est ridicule, c'est n'importe quoi, c'est juste pas possible. Tu te répètes ça et pourtant, pourtant il est sous tes yeux, pourtant, t'arrives pas à détourner le regard, pourtant, tu sens chaque molécule de ton être se faire attirer comme un insecte le serait par une lumière. Ce qui ne t'empêche en rien de trouver cette situation tout bonnement ridicule et insensée – ce qu'elle est par ailleurs, d'une certaine façon. Il est là, tel un aimant, ton centre de gravité en cet instant, et t'as beau comprendre la situation, en gros, ça ne t'empêche pas d'être complètement perdu en même temps. Puis une impulsion ; un désir, voire un besoin incontrôlé que tu ne réprimes qu'au prix d'un effort qui te semble presque monumental. Le désir, le besoin, de l'approcher, de prendre sa main dans la tienne ; et c'est de plus en plus ridicule et incroyablement... anormal. Même si sa répartie absolument fine à souhait face à ta question première semble plus ou moins – surtout moins mais penchons vers le plus – te détendre tandis qu'un léger sourire se dessine sur tes lèvres. Tandis qu'enfin tu l'interroges, alors même que ta voix par en vrille, sur une espèce de chérubin, tu vois ses yeux s'écarquiller un peu ; immédiatement, t'as le désir ardent d'enfoncer ta tête dans un mur. Et ton cœur avec, en prime. Le sortir de ta poitrine, ce con qui fait n'importe quoi tout à coup, juste à cause d'un imbécile rondelet qui a décidé que t'allais être amoureux... de Rhapsodie. C'est un cauchemar c'est pas possible.

Parce que tu n'es pas stupide, Zephiriel ; tu sais reconnaître ce sentiment qui te fait te sentir atrocement vivant en cet instant. Et tu sais pas si t'aurais pas préféré ne pas comprendre, à la limite.

« C’est… grave… bizarre, Zeph. M’dis pas que... »

Tu le vois approcher et tu ne sais même pas comment tu t'empêches de reculer ; peut être que tu te sens trop attiré, aimanté, pour faire un pas en arrière. Pourtant, ce n'était pas ces yeux là, ce bleu là, qui te gardait prisonnier de leur douceur ; pourtant, ce n'était pas... ce n'était pas lui auquel tu aurais songé en premier. Et tu veux pas y réfléchir, c'est trop compliqué, c'est trop... surréaliste. Tu te mords juste la lèvre, tes billes se baissent enfin et tu arrêtes de le dévorer ainsi du regard sans la moindre retenue. Tu te mets à toussoter, histoire de reprendre contenance ou parce que tu sais réellement plus où te mettre, avant de relever les yeux. Il s'est encore rapproché, comme mu d'une impulsion qu'il n'a pas réussi à réprimer, lui, et tu le fixes. T'as une boule dans la gorge, et t'arrives même pas à trouver ça désagréable, et ça c'est pas agréable. Ou perturbant ou dépaysant ou... trop de mots collent, ou pas assez. Sa main s'est baissée, sa voix est quelque peu éteinte, mais il y arrive, il y arrive enfin, tu l'entends. Il est plus courageux que toi, faut croire.

« On… euh… on bouge ? Je… crois qu’il faut qu’on parle un peu, là, et, j’ai… comment dire, pas trop envie d’rester planté là. Comme un con, ahah... »

Tu partages son sentiment, pour le coup. Sauf que tu restes là, « comme un con », à imiter un magicarpe hors de l'eau, à ouvrir la bouche, la refermer, réitérer, une fois, deux, trois. Puis t'inspires à nouveau. Allez, ouvre la et dis quelque chose de constructif, Zephiriel. Allez. Fais abstraction du fait que rien n'est normal et tout est parfaitement absurde. Ça va aller, tu verras.

« Ouais. T'as raison. J'suis amoureux de toi. Tout va bien. »

Ceci était la déclaration la plus bancale, la plus ridicule, la plus imprévisible au monde. T'as profondément envie d'aller le rejoindre, ton mur, histoire de fusionner avec, et ce le plus promptement possible. Tu ne fermes même pas les yeux sous l'exaspération envers ta propre personne qui t'accable, tu te contentes d'avaler piteusement ta salive. Et de rougir, mais tu fais comme si c'était pas le cas, évidemment.

« ...Allons faire un tour pour discuter, ouais... »
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:44

Il est là, juste devant moi, et je cherche son regard, une fois de plus, alors que ça ébranle chaque fois quelque chose —mon coeur, mon bide, je ne sais pas trop, ça vient par vague et ça cogne dans chaque parcelle de mon être. Je ne comprends pas ; un instant, deux prunelles bleues comme la nuit se superposent aux siennes, mais les éclats rougeoyants finissent par en avoir raison. C’est dans ses yeux que je me perds, que je me noie, alors qu’ils m’effrayaient tant au début. Je ne les trouve que fascinants et… attirants ? Au possible. A vrai dire, j’ai du mal à m’en détacher, et son trouble trouve le moyen de venir m’amuser, de m’arracher un sourire inattendu, presque un léger rire. Je ne sais pas d’où ça me vient, mais je me sens bien. Entier, et moi-même, d’une certaine façon. Vivant, on dit, il paraît.

A grands renforts d’une volonté puisée je ne sais trop où dans les tréfonds de mon esprit, je parviens à me détacher de son regard, à nouveau, mais c’est pour que le mien vienne s’égarer sur ma main, qui tremble et picote, frémit d’une envie irrépressible d’aller se saisir de celle de Zephiriel. Pourtant pas si loin, mais à l’air inaccessible. Pourquoi ? Pourquoi j’espère, pourquoi j’attends, pourquoi j’hésite, pourquoi ? Je le redis et je le redirai tant qu’il faudra : ça n’est pas normal.
— Ouais. T'as raison. J'suis amoureux de toi. Tout va bien.
Je me fige : ça non plus, ça n’est pas normal. C’est encore moins normal que mon coeur se mette à battre plus fort que jamais, et que ça tonne jusqu’à mes oreilles, jusqu’à mes doigts, jusqu’à ma gorge d’où s’est échappé un oh muet. Je devine le rouge qui me monte aux joues, parce que j’y sens comme un feu que je ne sais pas éteindre. Non, non. Non, pourquoi ? Pourquoi ça me fait cet effet-là, pourquoi c’est comme un boum dans mon ventre, un boum dans ma poitrine ? Pourquoi tout à coup, le monde vacille et se trouble, pourquoi est-ce qu’il n’y a plus que lui, lui, lui et seulement lui ? Ça n’est pas l’ordre des choses. Pourtant, ça semble être devenu l’ordre de mon monde, sans que je ne sache me l’expliquer. Pourquoi, comment ?
— Zephiriel...
— ...Allons faire un tour pour discuter, ouais...
Je me mords la lèvre, et j'y sens bientôt le goût du métallique du sang. C’est répugnant, et la petite plaie ouverte à coups de dents est douloureuse, mais je l’ignore. Inspire, expire. Je cède, cette fois-ci, et ma main vient chercher la sienne. Cette fois, elle n’est pas froide contre la mienne, et ce simple contact, aussi soudain soit-il, m’électrise tout entier —et je suis persuadé que ça n’a rien à voir avec sa condition de Luxray. J’esquisse un sourire, timide et hésitant, peut-être parce que je ne sais pas que répondre à la déclaration, inattendue, maladroite et… et pourtant, tellement… touchante, et tellement troublante. Les boum de mon coeur ne se sont pas tus.

D’un vague signe de tête, je l’incite à me suivre, en espérant ne pas sentir sa main se dérober à la mienne. C’est comme rendre son j’suis amoureux de toi tangible et réel. Et je ne sais même pas pourquoi j’en ai tant besoin, et pourquoi ça me fait ça à l’intérieur. Mais je m’en fous, j’arrête de penser, j’arrête de demander ; c’est ce stupide volatile à flèches roses, j’en suis certain. Mais je m’en fous encore, si c’est ça, l’amour : se sentir vivant, et peu importe si c’est avec lui, puisque c’est sa voix qui me fait trembler.

La rue change, alors que l’on a à peine avancé, elle est moins pleine de monde, moins agitée, il ne reste que quelques passants qui coulent indistinctement sous les lumières vives des vitrines décorées de coeurs et de mots d’amour. La neige tombe toujours, et cette fois-ci je sens le froid qui fond sur mes mains, sur mon visage, dans ma nuque lorsqu’un flocon s’y fraie un passage. Je frissonne, et mon regard rencontre la devanture d’un restaurant d’où s’échappe des odeurs alléchantes, et qui paraît pourtant bien peu rempli. Je lève les yeux, vers Zephiriel et puis vers le ciel d’où chutent les milles étoiles glaciales.
— Tu sais quoi Zephiriel ? Je… J’crois bien que moi aussi. Je m'l'explique pas mais… Moi aussi j’crois que j’suis amoureux d’toi. Foutu chérubin, bon à déplumer, hein ? Je ris, doucement, mal à l'aise, et puis lui lance un coup d’oeil. Tu… T’as pas faim ? On pourrait… J’sais pas, s’arrêter. Se poser. Un peu.
Parce qu’aujourd’hui, personne ne fuit, personne ne fugue.
Parce qu’aujourd’hui, on ne fait que s’aimer, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:44

Sous tes yeux, l'adolescent a le visage qui s'enflamme, peut être encore plus que le tien – quoique toi, tu fais mine d'être digne. Tu fais mine. Tu sais pas trop pourquoi, mais cette observation te retourne les tripes ; c'est ridicule, c'est ridicule, juste ridicule. Pourtant, petit à petit, cette pensée commence à s'envoler, comme des rubans de fumées qui s'évaporent entre tes doigts. Parce que même si c'est surréaliste, même si c'est ridicule et anormal, tu te sens plus vivant que jamais, plus brûlant plus vrai ; t'as la sensation d'être là à ta place – ou presque, il te manque un quelque chose, sans doute - ; t'as la sensation qu'ainsi, le monde tourne correctement et qu'avant, rien n'avait réellement de sens. Et peut être, peut être, te laisses-tu aller, lentement, à ces sentiments qui s'emparent de toi sans la moindre vergogne ; peut être, peut être, que tu commences à accuser le coup et à mettre de côté – sans l'oublier pour autant – que tout ça n'est pas normal.

« Zephiriel... »

Oh no. Pourquoi, pourquoi ça te fait autant d'effet ? C'est ton prénom, juste ton prénom, rien qu'un pauvre prénom qui marque ton identité. C'est ton prénom, juste ton prénom, et tu l'as entendu des milliards de fois dans la bouche de milliers de personnes, sans que ça ne te fasse un effet similaire avant ; il t'avait déjà appelé ainsi, alors pourquoi cette fois tu te sens... fébrile ? T'essaies de prendre sur toi, t'essaies de pas y penser – c'est mieux de pas penser c'est plus pratique de pas penser c'est vraiment vraiment plus simple de pas penser – mais voilà que ton regard dérape et que tu sens ton être entier s'électriser. C'est l'écarlate qui pare légèrement sa lèvre, et tu sais pas pourquoi ça t'fout dans cet état là ; il s'est mordu à en saigner, à s'en faire mal, à cause de toi, de toi ; c'est pas très saint d'être ainsi tu sais ? Tu l'as vu saigner, oh oui tu l'as vu saigner ; tu as déjà vu cet écarlate là, alors pourquoi, là, maintenant, ça te fait déglutir difficilement ? C'est quoi, ses lèvres, finalement, ou que ta présence le brusque tellement qu'il s'en ouvre la chaire ? T'es tordu, un peu, non ?

Penser à autre chose, penser à autre chose, penser à autre chose. Exercice relativement compliqué quand ton être entier semble hurler vers une même direction, vers un même visage qu'il est impossible de quitter des yeux. Et puis, comme si ce n'était pas déjà assez, comme si tu ne te sentais pas déjà complètement dépossédé de toi-même, c'est un contact chaud contre ta main, un contact qui te fait frémir imperceptiblement, un contact qui achève de te déboussoler. T'es paumé, voilà, t'es paumé ; t'as l'impression d'être un gamin fragile, et c'est encore plus perturbant de l'être devant lui que tu t'es pourtant mis en tête de protéger. Et maintenant, tu le laisses te guider ; un hochement de tête, et t'as dans la tête que tu le suivrais n'importe où, jusqu'où il le désirera ; et c'est bizarre et ça te prend aux tripes et tu le suis. Ton regard se baisse jusqu'à vos mains enlacées et tu clignes plusieurs fois des yeux, difficilement, comme pour te remettre les idées en place. Ok, vous marchez main dans la main, et en plus, c'est lui qui t'entraîne à sa suite. Absolument tout est bizarre dans cette situation. Tout. Tout.

Tu sais pas si c'est parce que chaque neurone était monopolisé par sa chaleur dans le creux de ta main, mais quand son regard croise de nouveau le tien, tu te rends (enfin) compte que le paysage à quelque peu changé autour de vous. Moins de monde, toujours ces quelques flocons indolents qui vous caressent, mais tu le remarques enfin réellement alors qu'ils se déposent sur sa chevelure ébène, puis des devantures différentes, une ambiance différente. Son regard est planté au dessus de vos têtes, mais le tien n'arrive pas à lâcher son visage, c'en est presque insupportable. Insupportable mais pas désagréable. Trop de contradictions.

« Tu sais quoi Zephiriel ? Je… J’crois bien que moi aussi. Je m'l'explique pas mais… Moi aussi j’crois que j’suis amoureux d’toi. Foutu chérubin, bon à déplumer, hein ? » Tu déglutis tandis qu'un rire lui échappe, tandis que son regard replonge dans le tien et que tu t'y perds immédiatement. « Tu… T’as pas faim ? On pourrait… J’sais pas, s’arrêter. Se poser. Un peu. »

Tu hoches positivement la tête, lentement, tandis qu'un sourire apparaît doucement sur tes lèvres. Alors t'arrêtes de réfléchir, réellement cette fois, et tu le tires à l'intérieur. Rapidement, vous voilà installés face à face à une table, légèrement à l'écart, et tu écartes immédiatement ce détail de ton esprit. Tu te racles la gorge, pose ton coude sur la table et appuie ta joue dans ta main, avant de triturer une pauvre serviette qui n'avait rien demandé à personne.

« OK. Et donc. Tu veux quoi... ? »

Non, c'était pas la question, de base. Inspiiiire.

« Doonc... on est amoureux, normal, tout à fait, normal... »
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:44

Il sourit. Il sourit, et ça vient cogner de plus belle, encore. C’est comme si j’avais l’infini sous les yeux, comme si, rien qu’en un sourire, il venait de recoller tous les morceaux éparpillés de moi-même, que j’ai égarés au fil du temps. C’est pas normal. Non, non, c’est pas normal, d’éprouver ça. Pas envers lui, pas envers un type qu’il y a tout juste, quoi, quelques… minutes ? heures ? jusqu’à croiser un espèce de piaf à carcan ? je n’aurais jamais vu autrement que comme… un frère, sans doute ? Y songer, ça rend les choses trop malsaines pour que je m’y attarde de trop. Pense pas, Rhap, pense pas. C’est toujours la même chanson, après tout, n’est-ce pas ? Ne pas penser, parce que c’est trop compliqué d’essayer de comprendre l’incompréhensible.

Alors je préfère m’attarder sur ce sourire, sur ces lèvres qui, chaque fois, parviennent à faire revenir mon regard, sans trop que je réalise —ou peut-être que si, mais c’est bizarre. Ça lui va bien, en vérité, et je crois que je ne l’ai jamais pensé si fort que maintenant. Ça lui va bien, et ça me fait un truc. Je me mords la lèvre, encore, et je réprime une grimace. J’avais oublié qu’elle était douloureuse, à force de m’acharner dessus. J’arrête, sagement ; j’y passe juste brièvement ma langue, mais le goût du sang me dissuade d’insister. C’est répugnant.

Il me tire à l’intérieur et, sur le palier, je passe les doigts de ma main libre entre les mèches de mes cheveux, pour en retirer les quelques flocons qui s’y attardent. Ceux qui ne tombent pas achèvent d’y fondre, la faute à la chaleur ambiante de l’intérieur. Là aussi, les décorations sont à l’honneur ; du rose, du blanc, du rouge : il y en a jusque sur les nappes et les bordures des assiettes en porcelaine. Et il y a des confettis, brillants, en tantôt en forme de coeur —oh, Arceus, je vais en faire une overdose de ceux-là—, tantôt de Cupidon —ceux-là aussi, notons bien, overdose prévue.

Peu importe.

Notre table est un peu éloignée des autres, dans un renfoncement près d’une fenêtre. Dehors, la neige tombe, et je suis comme pris de fascination pour celle-ci —parce que c’est plus facile que de regarder Zephiriel, que d’affronter ce qu’il me fait. Sous la table, j’ai croisé mes chevilles, et ma main s’amuse nonchalamment avec ma fourchette, tandis que l’autre est sagement posée sur mon bras. Je sens toujours sa chaleur qui s’éternise sur mes doigts.
— OK. Et donc. Tu veux quoi... ?
Je sursaute, clairement pas préparé à ce que sa voix me tire tout à coup de mon grand intérêt pour la rue, par delà la fenêtre. C’est étrange, d’ailleurs, je ne sais pas s’il y fait nuit ou si l’on est encore en plein jour. C’est indéfinissable. Une hésitation, et mon regard se repose à nouveau sur lui. Ce que je veux…? Je mets un instant de trop à comprendre. Oh. Le repas, c’est vrai. Je n’y ai pas réfléchi, et… et quoi ? Je suis censé répondre quoi, à ça, moi ? Ça va, ça n’est qu’un menu, pas une demande en mariage. Et mes pensées déraillent. Wait. Pourquoi ?
— Doonc... on est amoureux, normal, tout à fait, normal...
J’allais répondre —au moins essayer— mais il m’a pris de court. Je cligne des yeux. On est amoureux. Dit comme ça, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire, malgré le fait que j’ai recommencé à me mordre la lèvre. Elle saigne, encore. Je grimace légèrement, et puis secoue la tête. Tant pis.
— … Y’a… rien d’normal à tout ça. Mais… ouais. Faut croire. Et faut pas chercher. Parce que c'est trop compliqué. Inspire, expire. Enfin… Pour le repas, je… J’suis pas vraiment familier aux restaurants, ahah… Alors. Euh. J’ai pas regardé c’que c’est, mais… on va dire, j'sais pas, plat du jour ?
Grossière erreur, un jour pareil. Pas un seul instant je ne me suis douté de ce qui allait être posé sur notre table, lorsque l’on a commandé. Non, je ne m’attendais pas à ce que l’on ne pose qu’une seule assiette, bien entre nous, et que l’on nous annonce le plat du chef, offert pour les couples en cette sainte journée d’amour. Attendez, attendez. On reprends.

Des. putains. de pâtes bolognaise ?
Mais d’où il sort, encore, cet affreux cliché ?
— Ehhh… Erm.
Constructif, encore une fois. Je déglutis, presque difficilement. Je n’ose pas toucher à mes couverts. Mon regard, il passe de l’assiette à Zephiriel, et puis de Zephiriel à l’assiette. Finalement, c’est sur le Luxray qu’il choisit d’arrêter sa course. Je panique, un peu. Je sens la brûlure de mes joues qui se parent encore de teintes cramoisies clairement gênantes. A quand, la fin de ce grand n’importe quoi ? Ce n'importe quoi pas si désagréable, finalement, je songe.
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:44

Son sursaut t'arrache un nouveau sourire. T'es tellement focalisé sur l'adolescent – notons donc qu'en plus d'avoir un crush inattendu sur un gosse que tu considères comme un protégé, faut que ce soit justement un gosse ; tout est très saint dans cette situation – que tu ne prêtes guère attention à la décoration rendue la plus niaise possible, ni l'éclatant paysage qui se dessine de l'autre côté de la vitre et que le noctali détaillait quelques instants plus tôt. Elle était puissante, la flèche de ce con, sérieusement...

Il semble être réellement pris de cours, et tu penches légèrement la tête ; il n'a peut être pas trop compris où tu voulais en venir. Et puis, le fait que t'en remettes une couche sur vos tous nouveaux sentiments respectifs ne semble pas trop l'aider, le pauvre ; quoique cela n'empêche pas un sourire de poindre sur ses lèvres. Le pire ? T'as envie de sourire aussi. Niaisement, de préférence. Et donc tu t'appliques le plus sérieusement possible à rester stoïque – ce qui, concrètement, se traduit seulement par une attitude maladroite. Très efficace. C'est horrible, t'as l'impression que de seconde en seconde, ça cogne plus fort à tes tympans, et même si tu fais mine de l'ignorer, c'est toujours là. T'as déjà mis au placard ton cerveau, certes ; n'empêche que c'est perturbant quand même. Tout comme le fait qu'il retourne à l'assaut de sa pauvre lèvre, et que tu dois te retenir pour ne pas y porter la main. Ou les tiennes, de lèvres.

Oxygène oxygène oxygène oh merde t'as failli t'étouffer avec ta propre salive. On va dire que c'est passé inaperçu.

« … Y’a… rien d’normal à tout ça. Mais… ouais. Faut croire. Et faut pas chercher. »

Pas chercher. C'est sûr que c'est plus simple, c'est sûr que vous pouvez difficilement faire autrement. Pas chercher. Ouais, tu vas t'y mettre ; juste oublier, c'est beaucoup trop absurde pour être décrypté par une raison quelconque. Puis tu vas t'autoriser à tousser peut être, parce que ça fait un peu mal à la gorge, là. Non ? Non.

« Enfin… Pour le repas, je… J’suis pas vraiment familier aux restaurants, ahah… Alors. Euh. J’ai pas regardé c’que c’est, mais… on va dire, j'sais pas, plat du jour ? »

Tu finis par porter ta main à ton visage, tousser légèrement. Puis tu lui offres un sourire, et songes soudain que t'es plus rentré dans un resto' depuis belle lurette ; t'acquiesces d'un mouvement de tête. Plat du jour. Plat du jour. Honnêtement, quand un serveur l'apporte un peu plus tard, alors que ton regard s'était à son tour perdu sur l'extérieur – enfin t'avais réussi à détacher tes billes de la silhouette de ton vis-à-vis – tu te contentes de cligner bêtement des yeux. Et face au cliché absolument incroyable qui te rappelle ton enfance – La Belle et le Clochard, le film qui avait le don de t'endormir en cinq secondes top chrono – tu n'as qu'une seule réaction : tu éclates de rire.

T'entends même pas la voix de Rhapsodie, dans ton éclat de rire aussi soudain que vif, que vrai et authentique, un rire qui ne t'avait plus secoué depuis au moins un an – voire plus. Tout est tellement absurde que tes nerfs lâchent peut être, t'en sais rien ; mais tu ris, jusqu'à essuyer une larme au coin de ton œil et au point d'en avoir le teint rosé. Tu souffles un peu pour te calmer, puis toussotes, alors que ton visage est devenu rayonnant, vestige de ce rire qui t'a secoué. T'as le regard rieur, toujours incrusté de ce souvenir volatile et tu penches la tête, soudain taquin un peu, amusé peut être par cette situation ridicule et cette réaction emprunte d'un malaise de la part du jeune homme. Il est écarlate, sous tes yeux, paré de sa gêne et t'arrives même plus à être dans le même état que lui. Quelque chose a craqué dans ta tronche, faut croire.

Alors tu te saisis presque joyeusement d'une fourchette et lâches un « bon bah, bon appétit » avant de commencer à manger sans la moindre gêne – t'as disjoncté un peu. Et tu le démontres rapidement quand, alors que Rhapsodie a attaqué l'assiette unique aussi, vous vous retrouvez avec la même pâte et que le Disney te revient en tête. Tu croques pour la séparer et te retiens de rire à nouveau, parce que c'est n'importe quoi cette situation, et que décidément, t'as complètement pété les plombs. Pourtant ton regard vrille, dérape, s'accroche à son vissage et le rouge sur ses lèvres ; la bolognaise a remplacé le sang, depuis. Puis, comme les clichés c'est cool en fait – et comme t'as carrément plus la force de résister à la moindre impulsion dans l'immédiat – tu te redresses, te penches légèrement ; de l'indexe tu caresses sa lèvres pour ramener ton doigt rougi de la sauce à ta bouche, et c'est fulgurant, immédiat ; t'as besoin de plus. Rappelons que tu as foutu ton cerveau au placard, et que tu ne réalises même pas vraiment ce que tu fais avant de sentir son souffle si près, avant de sentir ses lèvres sur les tiennes. L'air autour de vous devient électrique et quelque chose fond dans ton bide ; avant de reculer et de cligner des yeux, plusieurs fois. T'as complètement pété les plombs, ouais.
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:45

Il éclate de rire, et je me fige. Il rit à un tel point que je ne sais pas si j’ai déjà été capable d’en faire de même, il rit et je crois que je ne l’ai jamais vu aussi, quoi, expressif ? détendu ? vivant ? Mes doigts se referment sur la serviette innocente sous mon bras, et j’essaie de réprimer les frissons qui remontent le long de ma colonne vertébrale. Un instant, et par la faute de cet éclat de rire soudain, j’ai l’impression d’être hors de tout, hors du temps, hors de danger. Il rit et c’est tellement beau que ça pourrait avoir raison de mon coeur dans la seconde —il bat fort, trop fort, il va me lâcher, putain. Une part de moi a envie de se laisser entraîner, et de rire à son tour, de rire comme si c’était la dernière fois, le dernier jour, mais cette étrange fusion entre la gêne, le trouble, l’ensorcellement, et cette putain d’impression que mon bide va imploser fait que je reste muet. Hypnotisé, enchanté, éblouis. Et attiré comme un aimant par ses lèvres qui ne se défont pas des restes d’un bonheur entraperçu.
— bon bah, bon appétit, qu’il lâche, avant d’entamer l’assiette.
— … Bon… appétit ? je réponds, l’air toujours aussi paumé.
Et puis, finalement, c’est comme si je sentais à nouveau la vie courir dans mes veines, plus brûlante qu’avant, comme si les battements de mon coeur retrouvaient un rythme un peu moins risqué pour ma survie dans les prochaines minutes, comme si tout ça devenait un peu plus normal, un peu plus acceptable. Je me saisis finalement de ma fourchette et, à l’instant où j’enroule soigneusement les spaghettis autour des branches, mon regard s’attarde sur mon vis-à-vis, et j’esquisse un sourire. Finalement, qu’est-ce qu’on s’en fout que ce soit trop étrange, tout ça ? Au moment où je me décide à arrêter de faire indéfiniment tourner ma fourchette pour manger enfin, je décide aussi de laisser tomber pour de bon les doutes, les peurs, les réflexions trop compliquées. On s’en fout, on s’en fout, c’est pas anormal d’aimer. Alors, ouais, on s’en fout.

Je me lèche les lèvres, encore et toujours, une énième fois, mais cette fois-ci c’est pour y récolter la sauce bolognaise plutôt que du sang. Je retourne à l’attaque de l’assiette et, alors, le cliché romantique revient, à son paroxysme. C’est la même pâte que l’on tient entre nos lèvres, et mon attention est irrémédiablement portée sur les siennes. J’essaie de ne pas les regarder, j’essaie, mais il y a cette chose dans mon bide, cette voix dans ma tête, qui me dis fais-le, fais-le, craque, fais-le, et pourtant je ne cède pas. Il croque, et je récupère le morceau rescapé. J’ai à peine le temps de déglutir que sa main s’est approchée, que son doigt est venu récupérer les restes de sauce sur ma lèvre quelque peu douloureuse encore, d’avoir été trop malmenée par mes dents.

Un instant de plus, et c’est son visage qui s’approche dangereusement. Je ne recule pas, je ne bouge pas ; je sais et je ne veux pas, ne peux pas m’y dérober. Je l’ai trop voulu pour désirer maintenant y échapper. Je sens son souffle sur ma peau, et j’en frémis tout entier. Et puis, tout à coup, ses lèvres, contre les miennes. Le contact est brûlant, et, ça y est, j’implose intérieurement. C’est juste un boum, là, quelque part, je ne sais même pas où. Juste un boum, et il se détache, s’écarte. J’ai le souffle court.

Dans l’espoir de reprendre contenance, rien qu’un peu, je retire ma veste, et la pose là, sur la banquette à côté de moi. Je remonte les manches de ma chemise, je passe une main dans mes cheveux, j’esquive son regard. Et puis, le serveur revient, sourire aux lèvres ; a-t-il vu ? Etrangement, même cette idée ne parviens pas à me déranger, à me perturber. Je m’en fous, j’ai envie de recommencer.
— Que désirez-vous boire ?
— … Euh… pas d’alcool hein, et euh… du sucré, n’importe quoi. S’il vous plaît ?
Il ne paraît même pas dérangé par cette commande des plus imprécises. Il se tourne vers Zephiriel, moi aussi ; je souris, légèrement. Je mange un peu pendant qu’il commande, plus pour occuper mes mains qu'autre chose. Enfin, le serveur s’éloigne. Je me lèche les lèvres quand il disparaît dans les cuisines. Et puis, je me penche : j’ai besoin de m’en assurer. Je fais attention à ma chemise quand je m’avance au dessus de l’assiette, je glisse ma main dans son cou, dans une impulsion soudaine, et je reviens chercher ses lèvres. Mon souffle se coupe, et c’est une nouvelle implosion entre mes cotes. Putain, cet effet. Ca ne dure que quelques secondes, et pourtant j'y perds totalement la tête. Je recule, lentement, et je n’arrive pas à réprimer ce sourire qui s'accroche et s'obstine à ne pas s'effacer. Du coin de l’œil, je vois le serveur qui revient. Je suis à bout de souffle, et je m'en fous.
— Non… J’avais pas halluciné. J’vais clamser au prochain baiser, je crois, vu l’effet qu’ça m'fait.
Et j’éclate de rire, cette fois. Pour de bon. J'éclate de rire, parce qu'il y a cette chaleur dans ma poitrine, parce que je me sens bien, parce que je me sens heureux. J'éclate de rire, et cette fois-ci plus rien ne pourra m'arracher à cette bulle faite d'un bonheur providentiel.
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MessageSujet: Re: The Dream of an Hour ; Zephiriel (évent St Valentin)   Dim 30 Juil - 3:45

T'as craqué complet. Ceci explique tes lèvres sur les siennes, que tu te sois calmement réinstallé, que t’aies envie de recommencer. T'es assis là, le regard posé sur lui, le regard qui le dévore, qui le dévore comme tes lèvres voudraient avidement dévorer les siennes, et tu tousses légèrement. Pas par gêne ; mais plus pour atterrir, mettre les pieds sur Terre, vu que visiblement, tu sembles t'être merveilleusement bien accommodé de ce rêve. Rêve, oh qu'on te laisse rêver ainsi, c'est si agréable, si bon – et qu'importe à présent si c'est étrange. Ce n'est qu'un rêve, qu'un doux rêve, un songe aussi doux qu'un nuage. Le plus agréable de tous, aussi, assurément. T'as plus envie de faire avaler ton semi-automatique à l'imbécile de Cupidon, ça va. Son espérance de vie vient d'augmenter de façon non négligeable.

Le serveur revient, et Rhapsodie passe une commande qui te laisse quelque peu sceptique – ou du moins, d'avantage que le serveur, qui lui, semble parfaitement comprendre la demande. Un sourire revient sur tes lèvres, un sourire amusé et peut être toujours quelque peu désolé, ou sceptique, ou t'en sais rien qu'importe. T'avais oublié à quel point sourire ainsi, simplement, doucement, tendrement est une chose agréable. Puis le serveur se tourne vers toi, et t'as un petit temps de réaction. Ah, oui, la commande. Curieux, tu penches imperceptiblement la tête et demande la même chose que l'adolescent. En fait, tu te demandes si vous aurez la même commande avec des critères aussi vagues. Ou en fait tu t'en fous, t'as juste l'esprit super volatile, c'est impressionnant. Puis ton regard se repose sur ton vis-à-vis, son léger sourire, et t'aimerais te transformer en guimauve. Preuve que les flèches de l'autre type étaient sacrément puissantes.

T'avais pas remarqué sa tenue, te dis-tu soudain. Ou si. Mais ça t'a pas sauté à la figure – ou pas autant que ton crush aussi soudain qu'inattendu. Tu te fais la réflexion que ça lui va bien, et en même temps, c'est peut être pas tout à fait lui. Puis tu relèves les yeux et tu le vois se pencher au dessus de la table, et tu t'approches, comme attiré par la lumière. Et vos lèvres se rencontrent, encore, dans une décharge qui t'électrise, qui rend les couleurs plus vives et la vie plus brûlante et délicieuse. C'est chaud, c'est agréable et bon, ça te prend aux tripes, encore ; et quand ça s'arrête, tu te dis que c'était pas assez – ton regard le dit sans doute aussi. Il s'éloigne, il s'éloigne et t'as qu'une envie, c'est de tendre la main, d'oser juste, tendre les doigts, caresser sa joue, et le ramener à toi, encore. Sauf que tu le fais pas, et tu sens immédiatement la frustration te gagner. Le serveur revient vous ramener vos boissons et t'y fais à peine attention, alors que ton attention est de nouveau dirigée toute entière sur l'objet de tes désirs.

« Non… J’avais pas halluciné. J’vais clamser au prochain baiser, je crois, vu l’effet qu’ça m'fait. »

Il a un éclat de rire, et tu l'imites. Heureux de voir que t'es pas le seul que ça secoue à ce point. Vos boissons sont déposés et tu baisses les yeux, constatant que vous n'avez en effet pas la même chose – mais savoir qu'est-ce qui est à qui... t'as un léger sourire alors que tu t'empares d'un des verres au hasard, trempes les lèvres ; baie pêcha. C'est un smoothie. Un smoothie à la baie – truc dont t'es pas des masses habitué. Et c'est pas mal bon comme truc. Une ou deux gorgées plus tard, tu reposes ton verre et fixes l'autre verre, constatant qu'il n'y a pas encore trempé les lèvres. Tu te demande ce que c'est, contemplant sa couleur bleutée, et cherche dans ta tête à quelle baie cela peut correspondre. Puis tu tiques en voyant quelque chose bouger dans le coin de l'oeil, et tu écarquilles les yeux quand sa main s'empare de ton verre. Il doit pas faire attention, et t'as pas le temps de dire quoique ce soit qu'il boit. Dans le même verre que toi. Et vu que tu ne vois aucune marque tu peux en déduire que...

« Bon, visiblement les baisers involontaires ça passe par contre. »

Tu te retiens d'exploser de rire, mais franchement, c'est dur.
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