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 Prisoner of war ; Neo

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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: Prisoner of war ; Neo   Dim 30 Juil - 12:15

Tu ne te soucis des tiens que tu as laissé de côté.

Tu ne te soucis pas de ton nom que l’on peut appeler.

Tu ne te soucis pas de l’air chargé de l’odeur du sang. Pas le tien, celui d’un autre.

A vrai dire, tu ne te soucis que de l’homme que tu traques.

Ici, les humains se croient de loin supérieur. Ici, les hybrides ne sont vus que comme des animaux. Parfois même comme de simples objets. Juste des armes.

Ça te fait mal quelque part. Parce que tu sais n’avoir été toi-même qu’une arme aux yeux de certains. Aux yeux d’autres hybrides. Ça te fait mal quelque part mais tu n’y penses pas, c’est mieux ainsi.

Pour l’heure, tu es le chasseur et cet humain la proie. Ta proie.

Cette inversion des « rôles » te fait un bien fou, tu en tires une sombre satisfaction qui quelque part n’est pourtant pas la tienne. Pas totalement.

Tu cours Neo.

Tu cours sans faire attention à l’endroit où tu te trouves. Sans te soucier que sous tes pieds, l’herbe a remplacé le béton, sans voir que tu quittes la ville, le village, peu importe. Il n’y a que ta cible qui compte.

Et ta rage, aussi froide qu’aveugle.

Tu veux tuer. Ou plus précisément, tu veux le tuer.

Parce qu’il a blessé l’un des tiens, même si c’est de manière bénigne, même si tu n’es pas particulièrement proche de cette personne. Parce qu’il a proféré insultes et menaces.
Parce qu’il est humain ?

Oui.

C’est suffisant à tes yeux.

Ah, ils t’ont bien élevés ces gens qui se prétendaient de ta famille. Ils t’ont mis sur un chemin que tu suis parfaitement ou presque tout en essayant à moitié d’en trouver un autre.
Parfois.

Tes griffes l’ont écorchée, elles sont déterminées à l’achever.

Il n’est pas particulièrement difficile à suivre. Contrairement à toi, lui n’a visiblement jamais eut besoin d’apprendre à survivre, il n’a jamais connu la nécessité d’apprendre à cacher ses traces ou sa présence. Tu souris.

Facile. Si facile.

Il peut bien te traiter d’animal si ça lui fait plaisir. Ça ne changera rien au fait que celui de vous deux qui a les armes pour continuer de vivre, c’est toi. Et seulement toi.

Quelques minutes seulement suffisent pour que tu le rattrapes définitivement. Quelques secondes seulement sont nécessaires pour le clouer sur le sol.

Et l’herbe verte se teinte de rouge.
Un peu.

Une main qui maintient les siennes dans son dos. Une autre griffe toutes sorties contre la peau tendre de son cou. Ton poids sur son dos, il est à ta merci. Tu affiches un sourire méprisant pour celui qui s’est crut supérieur alors qu’il est incapable de protéger sa vie.

« Alors, ça fait quoi d’être sur le point de mourir de la main d’un ‘animal’ ? » Prononces-tu d’une voix doucereuse.

Ta voix a toujours sut être douce lorsque tu le veux bien. Mais ce n’est souvent pas bon signe.

Une nouvelle insulte fuse, à ton attention. Ton sourire se fait moqueur. Alors comme ça, il ne lui reste que cela. Des mots. Les mots sont une bonne arme et une bonne défense parfois.

Mais ça ne l’aidera pas.

Ça ne le sauvera pas.

Rien ne le sauvera de toi.
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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: Re: Prisoner of war ; Neo   Dim 30 Juil - 12:16

Un échec. C’était son amertume qui glissait sur sa langue, cruelle et viscérale. Parce qu’il avait failli, parce qu’il avait flanché. Face à un humain, qui n’était même pas leur cible. Parce qu’il avait misé sur la mauvaise carte, parce qu’il n’avait pas été à la hauteur. Peut-être bien, aussi, qu’il n’avait rien fait de mal, mais qu’il s’en persuadait parce que c’était plus facile de s’en vouloir à lui-même plutôt qu’à d’autres. Il avait échoué, et le prix à payer était une blessure qui tâchait ses vêtements de sang, là, le long de son bras. Rien de grave, rien d’important, si ça n’avait été que lui ; mais il y avait elle, aussi. Sélène, les yeux emplis de rage, de haine, une plaie entre les côtes. Rien de grave, non plus, il espérait en la soutenant pour l’asseoir au sol. Ils avaient fui, mais ça n’était que quelques instants de gagnés, sans doute. On les rattraperait, on les enfermerait pour les interroger, on apprendrait pourquoiCollabos. Il ne savait même plus pourquoi il s’étonnait des humains, ici, à Unys. Cette région de malheur, qui le répugnait tant.
Déjà, on se lançait à la poursuite des fuyards, dans son dos. Lui ne suivait pas, trop soucieux du cas de Sélène, dont il observait la plaie sous toutes ses coutures. Faible saignement, traitre de la non-gravité de la chose. Elle s’en tirait plutôt bien, il fallait croire. Il fut infiniment soulagé de la constatation, respirant tout à coup bien mieux qu'une seconde auparavant.

« Neo ! lança-t-elle soudain, sans manquer de faire sursauter le Pyroli.
— Laisse, il va les ratt-, tenta-t-il de rétorquer, après que le Zoroark eut disparu dans l’ombre.
— Sérieux t’écoutes jamais rien ? Va le chercher !
— Quoi ? Pour- 
— Va l’chercher j’te dis ! »

Il hésita, une seconde de plus, et finit par lâcher prise face au regard noir qu’elle lui lançait ; alors, il se redressa, et se lança à la poursuite de Neo, dont il parvint sans trop de mal à retrouver la trace. Il ne comprenait pas l’empressement de Sélène, pas plus qu’il n’avait saisi la portée de la peur dans ses yeux. C’était un sentiment qu’il n’y lisait que trop rarement, et ça l’ébranlait. Elle était forte, surtout pas impressionnable. Alors quoi ? Pourquoi était-elle tout à coup effrayée, alors qu’il ne s’agissait que de l’un de ses collègues ? 
Il savait, au fond, parce que les bruits de couloirs trahissaient les rumeurs qu’il tâchait d’écouter le moins possible. Il n’aimait pas les conversations qui se faisaient à voix basse sur le passage de quelqu’un dont on avait quelque chose à dire —surtout lorsque les mots échangés n’étaient emprunts que d’exagération, faute à la colère, faute à la jalousie, faute à la pitié. Les pires vices humaines, qui étaient aussi parfois les siennes —sauf la dernière, la pitié, qu’il évitait comme on éviterait l’être du Chaos et de la Destruction en personne. Il savait que les récits que l’on saisissait dans les allées, des cours d’école, des entreprises ou, ici, de l’organisation, étaient souvent majoritairement faux, affublés d’ornements qui n’existaient pas dans la version originale des faits. On rendait les choses exceptionnelles, plus brillantes ou plus tragiques —les bavardages sur la mort de Lorelei n’y avaient pas échappé, et il avait maudit du plus profond de son être tous ceux qui salissaient sa mémoire en rendant ses derniers instant plus héroïques qu’ils ne l’avaient été, en faisant leurs adieux si beaux alors qu’ils n’avaient été que rancune, culpabilité, vengeance et haine pourrissantes. Elle n’aurait pas voulu, elle non plus, que l’on fasse de sa fin un récit d’aventures qui n’atteint son apogée qu’à la mort du protagoniste principal, de leur romance une mauvaise comédie à la chute seulement écrite pour faire pleurer les âmes les plus sensibles. Non, elle n’aurait pas voulu, mais elle n’aurait pas voulu non plus qu’il laisse la colère parler pour les faire taire. Alors c’était lui qui s’était tu, lui qui avait enfilé des oeillères, lui qui avait ignoré.

Il avait aussi ignoré ce qu’il entendait sur Neo.
Mais il avait tout de même entendu.
Et ça lui faisait froid dans le dos.

Alors, il parvint à se presser plus encore, le souffle court, mais mué d’un désir fou de le sauverL’humain, ou Neo ? Il n’en était pas bien sûr, et moins encore lorsque le son régulier des pas foulant le sol se changea en un bruit sourd, puis en un silence presque pesant, qui ne manqua pas de nouer la gorge du Pyroli. T’arrives trop tard, lui souffla une voix, quelque part dans un coin de son esprit ; et il cru entendre le ton moqueur de Lorelei, qui le défiait chaque fois, le poussait dans ses retranchements. Pour en faire un homme, lorsqu’il n’était encore qu’un gamin. Lui aussi avait ralenti, s’avançant d’un pas mêlant hésitation, appréhension et empressement. Avec l’espoir que ça ne l’était pas, trop tard. Elles étaient là, non loin : deux silhouettes, à même le sol, et il ne lui fallut pas une seule seconde pour deviner qui détenait l’avantage, dans ce qui n’était même pas un combat. C’était perdu d’avance, pour l’humain qui les avait blessés.

Il y avait cette part de lui, cette part un peu plus bestiale, un peu plus haineuse qui lui soufflait de le laisser faire, de le laisser faire s’en aller cette vie humaine qui méprisait celle hybride. Il y avait cette voix qui le narguait, l’incitait à faire preuve du cran de ne pas agir ; après tout, ça n’est pas toi qui auras son sang sur les mains, minaudait le monstre en lui, l’ombre qu’il n’avait laissé s’exprimer qu’une fois. Par vengeance, par justice qui n’aurait pas été rendue autrement

« Alors, ça fait quoi d’être sur le point de mourir de la main d’un ‘animal’ ? »

Le ton emprunté par Neo l’avait fait frissonner d’horreur ; comme si c’était lui, prisonnier entre ses griffes et sur le point de mourir, pour une faute dont il n’était pas trop certain, pour une colère justifiée, peut-être.

C’était si facile, de le laisser faire.
Il aurait pu, fermer les yeux, se taire.
Il ne le fit pas.

Il s’avança tout à coup, laissant un brasier soudain jaillir au milieu du sol, à proximité du Zoroark et de sa victime. C’était une distraction comme une autre, grâce à laquelle il entendait gagner une seconde ou deux d’action. Il n’attendit pas de savoir si ç’avait fonctionné : il se jeta sur Neo, libérant du même coup sa victime alors qu’ils roulaient au sol, dans un mélange d’herbe et de poussière qui le fit tousser, avant qu’il ne toise son collègue, là, sous lui, les prunelles incendiaires et un rictus crispé sur ses lèvres. 

« Putain mais t’es con ou tu le fais exprès ? siffla-t-il, entre ses crocs serrés. Tu réf- »

Il fut interrompu, par un mouvement tout près de lui : l’humain, qui se relevait et tentait de prendre la fuite. Akainu ne lui en laissa pas le loisir, se redressant l’instant d’après pour le rattraper, et l’immobiliser en une clef de bras, alors qu’il le forçait de nouveau à une rencontre avec le sol —qu’il ne quitterait sans doute pas de si tôt. Sans vraiment s’en rendre compte, plus par réflexe —mais était-ce celui du rouquin lui-même, ou bien l’intention de cette voix qui lui sommait de rétablir l’équilibre de la soi-disant suprématie humaine ?— il avait libéré son poignard, à présent placé soigneusement sous la gorge de la victime, face contre terre. Il avait la main sûre, un peu trop peut-être, malgré la colère qui bouillonnait en lui —mais c’était parce qu’il détenait la vie d’un être, et qu’il se refusait à commettre ce qu’il pourrait regretter plus tard, quand bien même il éprouverait certainement la satisfaction d’un instant.

A présent qu’il s’était assuré de ne pas voir l’homme lui échapper, il pu enfin relever les yeux vers Neo. C’étaient deux ambres pleines d’un mélange d’incompréhension et de reproches qu’il posait sur lui, et ses épaules étaient tendues, au point que ça finirait par en devenir douloureux, s’il ne se calmait pas —mais comment, alors que l’on avait failli tuer un presque innocent devant lui ? Il en était incapable.

« Je suppose que t’as oublié les règles ? Pas de morts inutiles, ça te rappelle pas un truc ? (il grondait, la voix sourde et la gorge nouée.) On a besoin d’informateurs. Je pense que je ne t’apprendrai rien, en te disant que les morts ne parlent pas. »

Il sentit le type frissonner, sous lui. Comme si, en une seconde, il venait de comprendre que sa survie actuelle ne découlait pas tout à fait d’un sentiment de pitié ou de compassion quelconque, mais d’un pur intérêt. Et, sans doute, cette constatation n’était-elle pas tout à fait fausse, même lorsqu’il s’agissait d’Akainu. Surtout lorsqu’il s’agissait d’Akainu.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Prisoner of war ; Neo   Dim 30 Juil - 12:17

Tu as ton regard plongé dans le sien alors que ta main est toujours suspendue à quelques centimètres de sa gorge. Certes, lorsque tu trancheras peau, muscles et artère, ce sera salissant. Mais tu lui offriras une mort rapide.

Rubis n’avait pas eut une mort rapide, elle.

Ta mère avait souffert. Jusqu’à la fin.

Pourquoi est-ce que lui n’aurait pas à souffrir ?

Parce qu’il n’était pas responsable de sa mort.
Parce que tu n’as pas la rage suffisante pour ça.
Parce que si l’on t’a apprit à haïr et à tuer, on ne t’a pas apprit à torturer.

Ce n’est pas plus mal.

Dis, que vois-tu dans son regard ? Rubis avait-elle la même inscrit dans les yeux ?

Elle l’avait. Mais pas pour elle.
Pour toi.

Elle était morte pour te sauver. Elle était morte pour toi. Ou à cause de toi ?

Un brasier apparu soudainement juste à côté de toi, te faisant sursauter et légèrement relâcher ta prise sous la surprise.

Tu as à peine le temps de tourner la tête, tu aperçois une forme rouge et noir vaguement humaine, avec pourtant ce malaise propre aux hybrides, te foncer dessus. Les années passées à subir les violences de tes grands parents se rappellent brusquement à toi et tu la réceptionnes comme tu peux, bougeant de sorte à recevoir le moins de dégât possible.

Le monde ne devient que couleurs flous.

Tu sens l’herbe sous ton corps alors que tes mains s’agrippent comme elles peuvent à ce qu’elles trouvent. Soit le corps d’une personne que tu crois reconnaitre sans en être sûr.

Tu tousses la poussière respirée dans la mêlée.

Tu pauses tes yeux sur celui qui t’a empêché de finir ton action commencée précédemment.

Ah, tient.

Akainu.

Surprenant.

Tu ne t’attendais pas à ce qu’il t’arrête.

Mais tu ne t’attendais pas à ce que quelqu’un t’arrête.

Ce n’est peut-être pas plus mal, si ?

« Putain mais t’es con ou tu le fais exprès ? »

Excellente question.

Un jour tu te pencheras dessus.

Bien que la réponse te semble être ni l’une ni l’autre. T’es pas con et tu le fais pas exprès. T’es juste comme ça. T’as juste été élevé pour être comme ça.

« Tu réf- »

Tu ne sauras jamais ce qu’il voulait dire.

Tu le vois simplement tourner la tête, et tu fais de même, avisant l’humain qui tente de s’éloigner.

Bah tiens. Il pouvait pas juste attendre que vous aillez finit de discuter pour le tuer au lieu de fuir ?

Naaaaaaaan. Evidemment.

Ni une ni deux, le pyroli est sur lui et l’a immobilisé.

Eh bien.

C’est quoi son kiffe à lui, pour sauter sur tout ce qui bouge, comme ça ?

Pas que tu vas t’en plaindre, tant que l’humain reste à portée de main.

Toi, tu restes allongé par terre, les yeux tournés vers eux.

Tu essayes encore de comprendre.

Pourquoi t’avoir arrêté ? Ce n’est qu’un humain. Et pas un innocent, comme s’amuse à les défendre Roxanne. Celui-là est pourri. Celui-là ne vaut rien. Celui-là ne manquera à personne.

Sauf à ses enfants, qui perdront un parent comme tu as perdu le tien. Mais ça, tu n’y songes pas. On ne t’a jamais permis de penser jusque là.

Akainu t’envoi un regard que tu ne saurais interpréter avec certitude.

Allons bon.
Jouons aux devinettes.

Reproches ? Autorité ? Mécontentement ?

Joker ?

« Je suppose que t’as oublié les règles ? Pas de morts inutiles, ça te rappelle pas un truc ? On a besoin d’informateurs. Je pense que je ne t’apprendrai rien, en te disant que les morts ne parlent pas. »

Tu clignes des yeux un instant.

C’est marrant. Maintenant qu’il le dit, c’est vrai que tu te rappelle qu’un truc comme ça a été dit par quelqu’un. Roxanne sans doute. Certainement Roxanne, ouais. Si c’était dans les règles, alors c’est de Roxanne.

Tu obliges un large sourire à prendre place sur tes lèvres.

Un sourire qui n’atteint pas tes yeux.

« Bon bah alors j’suis con. »

Il a la réponse à sa question.

Tu te redresses pour te mettre en position assise, toujours dans l’herbe. L’air de rien, tu chasses les brins et la terre qui ont pus trouver ça drôle de s’installer sur ton corps.

L’air de rien. Seulement.

Comment tu te sens, à l’intérieur ? Tu es en colère.

Etrangement, un peu las aussi. Pourquoi ?

T’en sais rien.
Tu veux pas savoir.
Tu veux pas te pencher sur tes émotions.

Trop chiant.

Et puis, qu’est-ce que tu risques d’y trouver, surtout ?

Non. Vraiment. Juste la colère, c’est très bien. C’est cohérent, et tu la connais bien, au moins.

« Mes excuses, j’ai du oublier que certains d’entre eux pouvaient être utiles, parfois. » Dis-tu en te retournant vers eux.

Ceci dit, tu te relèves. Non pas que le sol ne soit pas confortable, mais il va falloir penser à rentrer à un moment.

Une fois sur tes pieds, tu prends la direction d’Akainu et de ta précédente ex-future victime.

« Aller. On le ramène alors ? »

Hey. Pourquoi tu fais comme si tu n’avais pas tenté de le tuer deux minutes plus tôt ?
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Yûki
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MessageSujet: Re: Prisoner of war ; Neo   Dim 30 Juil - 12:17

Akainu n’aimait pas ça. Le sourire de Neo. Parce que son regard ne suivait pas, que ces deux prunelles sanguines le mettaient mal à l’aise chaque fois qu’il les croisait. Comme s’il s’y écoulait tout le sang de ses victimes passées — parce que s’il l’avait laissé faire, ça n’aurait pas été son coup d’essai, pas vrai ? —, preuve des crimes commis, des vies volées, des familles déchirées. Combien ? Le Pyroli n’était pas certain de vouloir connaître la réponse — lui n’avait qu’une mort sur la conscience et, aussi justifiée puisse-t-elle être, c’était déjà une de trop. Mais si lui, si d’autres pouvaient porter la culpabilité d’un seul crime sur leurs épaules pour le restant de leurs jours, pourquoi pas lui, pourquoi ça ne fonctionnait pas de la même façon ? 
Pourquoi est-ce qu’il avait eu la main si assurée, au dessus de la gorge de l’homme ?

« Bon bah alors j’suis con.
— Merci de l’admettre, rétorqua l’autre hybride d’une voix tranchante, le ton cassant. »

Colère, rage. 
Un peu de regrets, de remords, peut-être ?
Il se demandait encore s’il avait bien fait, s’il n’aurait pas mieux valu, pour une fois, s’abstenir, rester en retrait. C’aurait été de bonne guerre ; ou peut-être que la haine l’emportait un peu trop. Peut-être qu’Akainu aussi, commençait à se laisser bouffer de l’intérieur ? Ses traits se firent plus durs, ses lèvres s’étirèrent en un rictus plein d’amertume — à l’égard de lui-même, sans doute — qui découvrit ses crocs, imprégnant chaque ligne de son visage d’une ébauche plus sauvage, plus animale. 
Par la faute d’Arceus, il était un hybride, trop semblable à ceux qu’il méprisait. 
Au demeurant, et parce que sa nature l’avait voulu, il restait un prédateur. Capable de traquer, capable de mordre, de déchiqueter — capable de tuer. Et c’était cette part, précisément, de lui qu’il chérissait autant qu’il pouvait la haïr, l’exécrer ; c’était ce qui le rendait différent des êtres humains, c’était le sang de ses ancêtres qui coulait dans ses veines, c’étaient ses origines, c’était ce qu’il était, quand bien même c’était aussi ce qui animait en lui cette animosité féroce, ce qui mettait le feu aux poudres et s’évertuait à tirer cette espèce d’assassin de l’ombre. 
Il ne voulait pas se réduire à sa condition d’être haineux — et, quand il y songeait, la part humaine qui l’habitait n’y était peut-être pas tout à fait pour rien non plus, le poussant à l’abhorrer un peu plus encore qu’il ne le faisait déjà. L’homme n’était que vices et destruction, à ses yeux. Exceptions faites de sa mère, de son frère. Parce qu’ils étaient de son sang, de son rang.

« Mes excuses, j’ai du oublier que certains d’entre eux pouvaient être utiles, parfois. »

Il laissa échapper un ricanement — à peine audible, acerbe. C’est Roxane et les pacifiques qui le disent, pas moi, songea-t-il, sans que les mots ne franchissent la barrière de ses lèvres. Ils en brûlaient d’envie, pourtant, mais il c’aurait sans doute étaient des mots en trop. Des qui n’avaient pas leur place ici, des qui révélaient des choses qu’Akainu préférait garder sous couvert. 
Menteur ? Peut-être, ou pas tout à fait — il préférait taire ce qui était susceptible de lui nuire, ou de rendre trop réels les démons qu’il tâchait de fuir. Les siens, ceux qui s’enlaçaient autour de son cou et lui soufflaient à l’oreille tout ce qu’il n’était pas — ce qu’il ne devait pas être. Un meurtrier, un assassin, porté par la vengeance plutôt que par les valeurs qui s’évertuait à défendre, corps et âme. 
S’il y tenait vraiment ? Si l’on se risquait à le lui demander, il répondrait oui, sans hésiter. 
S’il le pensait vraiment ? Si l’on lui demandait, peut-être qu’il hésiterait, peut-être qu’ils esquiverait ? 
Il faisait de son mieux, quoiqu’il en soit. Il croyait que le monde changerait, il tâchait d’y contribuer. Quand bien même c’était quelquefois plus difficile que d’autres — aujourd’hui, ou ses missions passées, avec Cerise, ou la soeur de Neo, notamment. Entre autres.

Il y eut du mouvement à ses côtés, et il leva les yeux dans la direction du Zoroark, laissant courir son regard sur le corps de l’hybride. Il ne retint pas le nouveau ricanement qui fila d’entre ses lèvres — il aurait si aisément pu le tuer, ce type qu’il maintenait sous lui, si seulement il avait préféré abattre ses griffes sitôt qu’il l’avait pu plutôt que de parler. Akainu avait eu un coup de chance — ou bien, c’était écrit, allez savoir. Le Pyroli préférait ne pas croire à ces frivoles récits à propos du destin et du rôle qu’il pouvait bien jouer dans la vie d’un être — c’était effrayant, en vérité ; se dire que l’on n’était pas tout à fait libre, s’il y avait une force omnipotente qui décidait pour nous, à l’avance et depuis toujours. 
Non. C’avait simplement été l’affaire de quelques secondes. Deux, trois, quatre ; peu, en tout cas, un seul instant qui avait changé la donne — sauvé une vie.

« Aller. On le ramène alors ?
— Ça dépend, je peux te le laisser cinq minutes sans que t’essaies de l’égorger ? »

Le ton était hargneux, amer, et il n’était pas tout à fait certain que son agressivité passive était dirigée contre Neo. Peut-être contre lui-même, incapable d’être clair à l’égard de ses propres pensées ? En un sens, sans doute, préférait-il ne pas y songer — parce que la réponse risquait d’être plus dérangeante encore que l’aura de doutes palpables qui émanait de l’incendiaire. 
Un soupir, et il se redressa en forçant l’humain à faire de même, le bousculant sans ménagement en direction de son collègue. Une part de lui-même aurait sans doute voulu qu’en brisant tout contact direct avec le type, ce qu’il adviendrait de lui ne le concernerait plus. Qu’il puisse tout aussi bien vivre encore, blesser autrui ou mourir sans que plus rien ne pèse sur ses épaules à lui ; qu’il soit innocent de ce qu’il pourrait bien arriver ensuite, et que ce ne soit jamais l’échec ou la culpabilité qui vienne le ronger à son propos. Mais il était trop fier, trop droit, trop moralisateur sans doute pour s’y risquer — il se pliait aux ordres, aussi.

Il retira la veste sombre qu’il portait, réprimant une grimace lorsque le tissu glissa contre la peau meurtrie de son bras. Là, la chemise, blanche fut un temps, s’était imbibée du carmin qui coulait le long de son bras. Sous les lambeaux déchirés, on devinait la blessure, suppurante, qui vomissait son essentiel vital d’andrinople. Elle nécessiterait sans doute quelques points de suture, mais l’heure n’était pas encore à soigner les plaies ouvertes — qu’il s’agisse de celles du corps ou de celles du coeur, y avait-il véritablement une heure à laquelle panser les blessures infligées par les coups du sort ? Dans un grincement de dents frustré, Akainu acheva de déchirer ce qu’il restait de la manche en loques pour s’en faire un bandage de fortune, semblant de garrot pas suffisamment étroit pour risquer un arrêt de la circulation du sang dans ses veines, qu’il serra entre sa main libre et ses dents. Et puis, sur ce qu’il pouvait bien rester de blanc au vêtement, il essuya le sang qui avait coulé jusque sur son poignet et le long de ses doigts, le fluide poisseux et dérangeant, qui empestait à plein nez et rendait l’air étouffant.
Ceci fait, enfin, il indiqua d’un geste de tête la direction de laquelle il venait, et dont il reprenait la route, Neo et l’informateur potentiel sur les talons.

« Sérieux, Neo, lâcha-t-il finalement, suite à un silence qu’il avait laissé durer, plongé dans ses réflexions, et l’hésitation au bout des lèvres quant à la bombe qu’il craignait de lâcher. Je pensais pas que les rumeurs à ton sujet étaient vraies. J’espérais qu’ils exagéraient, les autres. Ils le font souvent, alors... »

Sa voix avait manqué se briser.
Tout à coup, il se figea, ferma les yeux un instant et prit une profonde inspiration. Lentement, il se tourna en direction de Neo, plongeant son regard dans les sanguines du jeune adulte en face de lui. Les mots brûlaient d’être prononcés, alors même qu’Akainu craignait de les voir confirmés — il s’en doutait, à présent. Il ne voulait simplement pas comprendre qu’il avait raison.

« T’es vraiment du genre assassin extrémiste, comme ils le disent, ou y’a quand même un peu de faux dans leurs ragots ? »

Il ne songeait même plus à leur prisonnier, sans doute bien peu rassuré quant à son sort, lui qui était ce qu’ils détestaient tant, lui qui avait failli mourir un instant auparavant, lui qui ne devait sa survie qu’à un adolescent pas certain d’avoir très bien agi en lui sauvant la mise. Un môme aux airs de grands qui, les ambres posées sur le Zoroark, essayait de trouver dans les yeux de ce dernier un semblant de vérité, pourvu qu’elle conteste ce qu’il entendait, ce qu’il avait vu, ce qu’il avançait.
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MessageSujet: Re: Prisoner of war ; Neo   Dim 30 Juil - 12:19

Le ton est cassant.

Pas le tien bien sûr.

Le tien est trainant, le tien est caressant, le tien est moqueur ou ennuyé, froid ou enjoué, contrit ou ironique, blasé ou colérique. Mais pas cassant.

Ou alors rarement.

Ah, mais ça ne t’étonne pas plus que ça de la part d’Akainu. Faut dire que tu ne le connais pratiquement pas, à l’exception de quelques interactions et les propos de ta sœur. Il est comme une toile neuve qui peut se permettre d’afficher n’importe quelle émotion sans que cela ne te surprenne outres mesures.

Un avantage assurément.

Tu as commencé à les observer, recevant un ricanement en réponse à tes mots. Un simili d’excuse. Celles que l’on ne prononce pas avec un sourire ironique ou moqueur certes, mais dont on n’en pense pas moins.

Comme si tu pouvais oublier réellement.

Tu te relèves, retournes vers eux.

L’hybride et l’humain.

Tes mains se perdent un instant dans tes cheveux, réarrangeant la tresse qui les lie. Elles s’arrêtent un court moment sur la perle turquoise qui l’orne. Un vestige.

Tu es à leurs côtés rapidement, et une nouvelle réponse cingle l’air, aussi vive que la précédente.

« Ça dépend, je peux te le laisser cinq minutes sans que t’essaies de l’égorger ? »

Tu as envie de rire.

Tu te contentes d’une moue faussement blessée.

Sans doute, tu paierais cher pour savoir ce qu’il peut se passer dans la tête du Pyroli. Tu deviens curieux.

« Ton manque cruel de confiance me blesse. »

Comme si.

Ton jeu d’acteur est volontairement mauvais. Plus sarcastique que crédible. Mais que dire.

Tes propres actes jouent contre toi.

Que tu dises que tu sais te tenir, que tu dises que tu n’es pas un sauvage peu civilisé, qui te croirais ? Tu sais te tenir, tu ne te donnes simplement pas la peine de le faire.

Akainu soupire en réponse.

A cause de toi, ou à cause de lui-même ?

Tu récupères l’humain, le maintenant près de toi d’une poigne de fer. Ton visage est lisse, vide de toute expression particulière, loin du sourire psychotique que tu pourrais t’amuser à afficher.

Tu observes sans un mot l’autre hybride se faire un bandage de fortune.

L’odeur du sang emplit l’air ambiant, le rendant lourd.

Contrairement à ce que certains pouvaient penser, tu n’aimes pas l’odeur du sang.

Elle est source de tristes et douloureux souvenirs, et de vengeance factice.

Lorsqu’il se met en route, tu suis, entrainant avec toi votre otage auquel tu ne portes pas plus attention que la pression qui exerce sur ta poigne.

Le silence s’installe entre vous trois, à l’exception de quelques mots de la part de l’humain, que tu fais taire rapidement. Une petite illusion plus tard, et le silence est entier.

Enfin. Pas longtemps.

« Sérieux, Neo. »

Tu portes ton attention sur lui, intrigué par son ton, différent de ce que tu as entendu alors.

« Je pensais pas que les rumeurs à ton sujet étaient vraies. J’espérais qu’ils exagéraient, les autres. Ils le font souvent, alors... »

Tu demeures silencieux. Un peu étonné, tu le reconnais, d’entendre sa voix qui se brise ainsi. Tu te le représentais plus sûr de lui que cela.

Tu pourrais te moquer. Tu te tais.

Après tout, tu sembles avoir une occasion de connaitre le fond de sa pensée, pourquoi la gâcher ?

Les rumeurs, tu les connais. Parce que les gens pensent qu’on ne les voit pas, ils pensent qu’on ne peut pas les entendre non plus. Et tu sais particulièrement bien te rendre invisible.

Vous avez cessé de marcher, toi à sa suite.

L’humain lui n’a pas bronché, toujours plongé dans son illusion tranquille.

« T’es vraiment du genre assassin extrémiste, comme ils le disent, ou y’a quand même un peu de faux dans leurs ragots ? »

Tu le fixes un instant. Et soupires.

« Si par assassin extrémiste tu entends que j’ai tendance à vouloir tuer, et à tuer, la plupart des humains que je rencontre, alors oui. J’ai déjà tué, et je continuerais. »

Ta voix est plate, comme si tu parlais de la météo. Il n’y a ni regret, ni fierté dans tes mots.

Tu énonces un simple fait.

Tu lui passes devant, reprenant la route, avant de te tourner un instant vers lui.

« Je sais, ça ne colle pas vraiment avec Avalon. Ca dérange ? »

Beaucoup se demande ce que tu fais là. Toi-même, tu te poses cette question parfois.

Tu n’es pas pacifique. Tu ne partages pas ce point de vue. Et pourtant tu es là. En mémoire de ta mère. Pour protéger ta sœur.

De bien maigres raisons pour certains. Les seules qui te retiennent.

Et encore.

Honores-tu vraiment ta mère de cette façon ? Honores-tu vraiment sa mémoire, son souvenir en bafouant ses croyances ?

Ta mère serait-elle fière de te voir vivre dans le meurtre ?

Ha ha.

Question stupide. Vraiment.

Bien sûr que non.

Mais comment vivre autrement ?
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