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 Until our hearts get warmer ; Cerise

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Yûki
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Messages : 681
Date d'inscription : 29/06/2012

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random: ici petit poney

MessageSujet: Until our hearts get warmer ; Cerise   Dim 30 Juil - 12:24

Depuis quelques semaines, Cerise avait remarqué qu’elle consacrait de plus en plus de son temps à son métier de mannequin, celui même qu’elle dans lequel elle ne s’était engagée au début que pour arrondir les fins de mois. Fut un temps elle n’aurait jamais pensé prendre goût à ce milieux, plus encore que son emploi principal, la psychanalyse. Oh, elle aimait toujours son premier travail, sans aucun doute, car savoir qu’elle aidait des gens à se débarrasser de leurs troubles était toujours très satisfaisant, mais c’était dur d’être confrontée à leurs ombres, quand bien même elle y était habituée depuis le temps. Le mannequinat à côté, c’était souvent que du fun, elle avait pris soin de signer son contrat dans une petite agence bien réputée sur Féli-cité, et depuis qu’elle s’y était engagée elle avait fait connaissance avec pas mal d’autres employés ; mannequins, agents, photographes, assistants, organisateurs, producteurs, et d’autres encore. L’ambiance y était bien plus légère, bien moins sombre, et c’était tout con, mais ça lui faisait du bien –au point qu’elle commençait sérieusement à songer à réduire ses temps de consultation pour pouvoir s’impliquer un peu plus dans l’agence ; d’autant plus qu’étant toujours considérée comme psychanalyste novice, même après deux ans, elle était loin d’être submergée de demandes.

Et puis ce qu’elle adorait ici aussi, c’est qu’on savait s’y amuser. Régulièrement, les employés s’organisaient de petites soirées dans le bar le plus fréquenté du quartier, où ils réservaient toute une table et assuraient à eux seuls l’ambiance avec leur bonne humeur contagieuse. D’ordinaire, Cerise n’y participaient pas trop, puisqu’avec un enfant à charge, on ne peut plus forcément traîner en soirée jusqu’à cinq heure du matin –comme elle avait pu le faire quelques années plus tôt, après son départ de chez elle mais avant l’adoption de son petit-frère– mais les choses étaient différentes aujourd’hui. Mika était parti pour trois jours avec sa classe à la campagne, non loin de Verchamps, où l’air était plus pur, moins pollué, dans le cadre d’un stage de découverte de la nature, et de fait, elle était libre comme l’air le temps de son absence et pouvait en profiter pour se lâcher un peu et laisser la pression retomber ; car elle s’en mettait beaucoup, de la pression, pour conserver son rôle de grande soeur et de tutrice intact, un peu au prix de sa jeunesse dont elle ne profitait qu’à moitié.

Il était environ dix-sept heures quand sa dernière séance photo prit fin. Après s’être rhabillée au vestiaire, elle salua ses collègues, leur souhaita une bonne soirée pour ceux qu’elle ne reverra pas avant lundi prochain et s’apprêta à rentrer chez elle, se reposer un peu histoire de pouvoir tenir le plus longtemps possible ce soir, quand elle fut interpellée par Hermès, son photographe attitré –un humain qu’on pourrait penser hybride avec ses mèches bleu métallique.

▬ Alors, j’ai appris que tu serais là ce soir finalement ! C’est une première, rappelle-moi de t’offrir un verre pour fêter ça !

▬ Mais non, t’es pas obligé de faire ça, répondit-elle en souriant tout de même devant la proposition –c’était plus la politesse qu’autre chose qui l’avait poussée à dire ça, car en vérité elle n’avait absolument rien contre un verre gratuit.

▬ Mais si va, ça m’fais plaisir, ça faisait un moment que j’avais pas bossé avec une fille aussi cool que toi, il enchaîna presque aussitôt. Tiens d’ailleurs, j’sais pas si t’es au courant mais c’est pas des soirée exclusives aux gens de l’agence hein, on est nombreux à venir accompagné donc si tu veux inviter quelqu’un fais toi plaisir !

Un air fripon éclaira son regard pendant une seconde, comme si une mauvaise blague venait de lui passer par la tête et qu’il n’allait pas se retenir de la dire.

▬ Dis-toi que la dernière fois j’étais venu avec mon copain, alors si jamais tu veux nous présenter quelqu’un pour mettre les points sur les i comme il faut, c’est l’occasion !

Cerise eu un soupir amusé et roula des yeux avant de lui asséner une petite tape sur l’épaule. Elle n’avait personne « de ce genre » à leur présenter, et même si c’était le cas elle ne l’aurait probablement pas fait.
Parce qu’une autre personne s’était invitée dans son esprit quand Hermès lui avait fait part de la possibilité d’amener quelqu’un avec soi ; quelqu’un qui s’était frayé son chemin jusque dans son petit monde il y avait maintenant un peu plus d’un mois et qu’elle avait brièvement revu au QG d’Avalon, mais jamais comme elle l’aurait voulu, jamais suffisamment longtemps, ou suffisamment seuls pour passer du temps ensemble comme ils se l’étaient promis. Et là, l’occasion lui semblait juste parfaite.

Le sourire aux lèvres, elle attendit d’être assise dans le tram qui la ramenait vers Floraville pour dégainer son portable et faire défiler sa liste de contact jusqu’au nom qui l’intéressait. La sonnerie sonna une fois, deux fois, et finalement, elle entendit le déclic caractéristique du téléphone qu’on décroche.

▬ Hey, souffla-t-elle à voix mesurée pour ne pas déranger les autres passagers, comment ça va ?

Elle écouta sagement la réponse en se mordillant machinalement la lèvre inférieure avant de reprendre.

▬ Ouais, ben tout va bien de mon côté, Mika est en classe verte pour trois jours alors j’ai plein de temps pour moi, j’en profite haha. D’ailleurs j’me demandais, tu serais libre dans approximativement quatre heures ? J’ai une soirée avec des amis de l’agence et comme on peut inviter quelqu’un j’ai pensé à toi…Ça te dis ?

Elle lui laissa le temps qu’il lui fallait pour réfléchir à la question, et son léger sourire s’étira plus encore quand la réponse donnée fut positive.

▬ Super, ça me fait vraiment plaisir ! Hmm, t’auras qu’à passer chez moi veeeers, disons 21h ? Je t’enverrais l’adresse et l’itinéraire par sms ! Oh et puis si jamais ça se finit trop tard ou que t’es trop fatigué pour rentrer chez toi j’ai un canapé tout neuf à la maison –Mika s’était amusé à lacérer le tissu de l’ancien de ses ciseaux à bouts ronds pour lui faire croire que le monstre sous son lit était bien réel et qu’il avait de très grosses griffes ; le-dit sofa avait donc malheureusement fini sa vie aux encombrants– alors j’pourrais t'héberger sans souci ! Hmhm ? Ouais. Nickel, à tout à l’heure alors !

Son rythme cardiaque qui s’était un peu emballé au début de l’appel, de peur qu’il ne refuse l’invitation se calmait à mesure que s’égrenaient les secondes, mais son sourire ne délogea pas du coin de ses lippes ; parce que cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas fait un ami comme Akainu, et qu’à l’idée de passer plus de temps avec lui, elle se sentait presque comme une gosse, excitée de recevoir ses amis à la maison pour une soirée d’anniversaire.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Until our hearts get warmer ; Cerise   Dim 30 Juil - 12:24

Une douce odeur sucrée s’élevait dans toute la maisonnette, vestige d’une délicieuse tarte aux fruits dont il ne restait désormais plus rien d’autre qu’un plat humide, occupé à sécher sur le bord de l’évier. En face, Akainu s’essuyait soigneusement les mains sur un torchon, alors même qu’il aurait pu se passer de cette formalité, puisque la chaleur de son corps aurait bientôt eu raison de l’humidité. Qu’importe. Le tissu fut abandonné sur le dossier d’une chaise, et le regard du Pyroli se perdit de l’autre côté de la fenêtre, par laquelle il distinguait une bonne partie de la tour Pokémon, dressée à quelques centaines de mètres de là. Les mains posées sur le bord de l’évier, son esprit vagabondait ailleurs, comme c’était souvent le cas depuis qu’il l’avait revu. Lui, son frère, Fuyuki, cet abruti qui avait fugué, sans une explication claire, sans un au revoir prononcé en face. Il lui en avait voulu, et il lui en voulait toujours — même leur entrevue n’était pas parvenue à dissiper la colère et la rancoeur du coeur de l’adolescent. 
Il n’avait rien dit à sa famille. Pourtant, ça lui avait brûlé les lèvres, une bonne dizaine de fois. Il avait hésité, crevant d’envie de les libérer ne serait-ce qu’un peu de leurs craintes. Il avait failli, mille fois, prononcer un « il va bien » qui aurait changé la donne, qui leur aurait permis à tous de respirer un peu plus facilement, sans plus être rongés par l’angoisse. Mais c’auraient été trop de questions, trop de pourquoi, trop de comment, et lui-même n’en savait pas suffisamment pour pouvoir vraiment les rassurer. Alors, il se taisait, gardant pour lui seul la connaissance d’un Fuyuki en bonne santé, certainement plus fort qu’autrefois, qui avait fui pour quelque égoïste raison. 
Les poings du Pyroli se serrèrent sitôt que la pensée traversa son esprit — s’il en voulait à son frère, c’était lui-même qu’il tenait le plus responsable de sa fugue.

« Oh, tu l’as nettoyé ? éclata tout à coup une voix féminine dans son dos, qui le fit sursauter. Je l’aurais fait.
— En attendant t’as surtout fait des enfants, rétorqua-t-il en se tournant vers sa mère, sourire aux lèvres. Alors exploite-les un peu plus.
— Je prends note de ton conseil avisé. »

Ils échangèrent une oeillade complice, et Akainu esquiva de justesse la main qui voulu ébouriffer ses cheveux tant qu’il ne s’en méfiait pas. Sourire railleur au coin des lèvres, il rasa le mur pour sortir de la pièce en contournant sa mère, et se glissa jusque dans sa chambre sans demander son reste. 
C’était une pièce qui demeurait inchangée depuis longtemps maintenant. La décoration, déjà, n’avait plus été touchée depuis qu’il avait rejoint les rangs d’Avalon, puisque c’était la chambre qu’il avait au quartier général qu’il avait fini par faire à son image, la calquant sur celui qu’il était à l’heure actuelle, tandis que celle-ci, ici à Rosalia, était empreinte de nostalgie. Il restait sur les murs peints en taupe et blanc cassé de vieux posters de groupes de musique ou d’acteurs de séries qu’il avait appréciés, un peu plus jeune, et dont il avait fini par se lasser au fil du temps. Des photographies de lui, de sa famille et de ses amis étaient accrochées, punaisées au dessus de son lit — celles qu’il avait pu prendre avec ses collègues d’Avalon, Lorelei comprise, étaient toutes affichées dans sa chambre à Hoenn —, et des livres s’alignaient soigneusement sur les étagères de sa bibliothèque, tant qu’il avait sans doute oublié l’existence de la moitié d’entre eux. Dans l’air, c’était toujours le même parfum, Farenheit qu’il avait longtemps porté, aujourd’hui mêlé à autre chose, depuis qu’il en avait changé. Sauvage ; conseil avisé des demoiselles qu’il fréquentait — Sélène, en l'occurrence. 

Il se laissa tomber sur son lit, attrapant le livre qui trônait sur sa table de nuit pour le reprendre là où il s’était arrêté, un peu plus tôt dans la journée. C’était l’un de ces répits qu’il appréciait, l’un de ces congés bien mérités desquels il profitait pour revenir chez lui, là où sa famille attendait impatiemment chacun de ses retours. Quelquefois, il les prévenait, d’autres, il leur réservait la surprise ; les accueils étaient, de toutes façons, aussi chaleureux les uns que les autres. Il manquait, il le savait, Alix et Kuro avaient vu leurs enfants partir les uns après les autres, souvent avant l’heure. Ils s’étaient habitués, comme s’habituent tous les parents qui voient leur progéniture s’en aller tracer leur propre route, mais ça ne rendait pas pour autant chaque nouvel au revoir plus faciles que le précédent. Sans doute parce qu’il y avait la crainte que demain n’arrive pas, qu’un jour une mauvaise nouvelle leur tombe dessus, sans qu’ils ne s’y attendent. Le risque zéro n’existait pas, et il ne s’en cachait jamais, mener la guerre entre Chronos et Avalon était dangereux, ça inquiétait, c’était normal. Pourtant, en dépit de l’incertitude quant aux jours à venir, il n’avait jamais songé à abandonner. Chaque défaite qu’il encaissait était une raison de plus de donner le meilleur de lui-même, de se surpasser, pour la transformer en une de ces victoires qui lui donnaient chaque fois la force de continuer. De ne pas laisser tomber. 
Les mots de Fuyuki lui revinrent tout à coup à l’esprit, imprimant une grimace sur ses traits. Monsieur je veux sauver le monde pour une cause futile. N’était-il véritablement que ça ? Quoiqu’il puisse en dire, et malgré les airs qu’il se donnait, son frère était parvenu à le faire douter, comme jamais personne auparavant. On fait vraiment tout ça pour rien ? se demanda-t-il tout à coup, son livre posé, ouvert sur son ventre, son regard égaré au plafond. Et puis, il étouffa un grognement, en tentant de reprendre le fil de sa lecture, tant bien que mal. Bien sûr que non, bordel, puis qu’est-ce qu’il en sait au pire ?

Sonnerie.
Il sursauta vaguement, refermant son livre pour attraper l’appareil au fond de sa poche. En déchiffrant le nom qui s’affichait sur l’écran, puis en acceptant l’appel, il ne pu réprimer le sourire qui revint aussitôt s’installer sur ses lèvres.

« Hey, lança-t-il, sans doute un peu plus jovial qu’il n’aurait voulu le laisser entendre.
— Hey, comment ça va ?
— Plutôt bien, je dirais. Je profite de mon congé pour traîner à Johto, ça fait du bien de revenir chez soi. Et toi, alors ?
— Ouais, ben tout va bien de mon côté, Mika est en classe verte pour trois jours alors j’ai plein de temps pour moi, j’en profite haha. D’ailleurs j’me demandais, tu serais libre dans approximativement quatre heures ? (il cligna des yeux, et se mit aussitôt à réfléchir, alors même qu’il ignorait encore de quoi il retournait — information qui arriva la seconde suivante.) J’ai une soirée avec des amis de l’agence et comme on peut inviter quelqu’un j’ai pensé à toi…Ça te dis ? »

Il eut comme un instant d’hésitation, qui se trahit par un silence si parfait qu’il douta un instant avoir continué à respirer, durant ce laps de temps laissé en suspens. Et puis, il se reprit, se redressa sur son lit pour s’y asseoir en tailleur, le temps que la réflexion fasse son petit bout de chemin dans son esprit. 

« Voyons voir si dans mon emploi du temps de ministre, j’ai moyen d’accorder une soirée à la charmante demoiselle Martell... Il rit, doucement, puis reprit, d’un ton un peu plus sérieux quoique désormais relevé d’une note d’allégresse mêlée d’impatience. Tu me prends un peu de court, mais j’avais rien de prévu pour ce soir. Donc je viens, et plutôt deux fois qu’une !
— Super, ça me fait vraiment plaisir ! Hmm, t’auras qu’à passer chez moi veeeers, disons 21h ?
— Pas de souci !
— Je t’enverrais l’adresse et l’itinéraire par sms ! Oh et puis si jamais ça se finit trop tard ou que t’es trop fatigué pour rentrer chez toi j’ai un canapé tout neuf à la maison alors j’pourrais t'héberger sans souci !
— Ouais, puis au pire...
— Hmhm ?
— Ouais, non, on verra sur le coup je pense.
— Ouais.
— Alors ça marche, on fait comme ça !
— Nickel, à tout à l’heure alors !
— A tout à l’heure, miss Martell. »

L’appel raccroché, il abandonna livre et téléphone sur son lit et se leva, à l’instant même où l’on sonnait à la porte d’entrée. Avant même d’avoir franchi la distance qui séparait sa chambre du palier, il reconnut la voix de l’homme qui saluait chaleureusement sa mère. Lorsqu’il apparut, le regard du Feunard s’illumina aussitôt, de cette lueur familière, traître de la relation complice qu’ils entretenaient depuis des années.

« Eh bien, Akainu, lâcha l’autre hybride feu. Je ne m’attendais pas à te voir ici. Ils t’ont enfin viré, toi et ton sale caractère ?
— Vacances, tu connais pas ? rétorqua le Pyroli, railleur.
— Jeune à temps plein, faut rentabiliser.
— C’est plus de ton âge !
— Surveille ton langage, le mioche, fit le Feunard, simulant l’agacement — sans que sa tentative s’avère convaincante.
— Crois pas, j’ai eu le temps de m’entraîner depuis la dernière fois. C’te fois, juré j’perds pas.
— A bon entendeur ! s’esclaffa-t-il, hilare.
— On dirait des enfants, constata Alix, les yeux levés vers le plafond.
— D’ailleurs, releva tout à coup Akainu. Papa il est toujours à l’agence ?
— Oui, il devrait rentrer vers huit heures, huit heures et demie, par là. Il doit voir quelqu’un sur le retour. Pourquoi ?
— Il va me louper, je sors ce soir. »

Pendant ce temps, le Feunard s’était dangereusement rapproché du Pyroli, qui esquiva de justesse le coup qui vint, pour le rendre presque aussitôt — quoique son genou fut immobilisé en un instant et, quand bien même il parvint à se libérer, au bout de quelques secondes le combat était déjà terminé et avait tourné à son désavantage. Il avait beau s’être entraîné, Akainu ne faisait pas le poids face aux années d’expérience du pactisant de sa mère. Les bras immobilisés dans le dos, il lâcha un grognement agacé, jurant que ce n’était que partie remise.

« Bon sang vous allez finir par casser quelque chose ! Chigiru, montre l’exemple un peu ! (puis, en direction de son fils, le regard ravivé d’une lueur curieuse.) Donc, tu sors ? Avec une fille ?
— Ouais.
— Elle s’appelle comment ?
— Cerise, répondit-il sans l’ombre d’une hésitation, faisant mine de ne pas comprendre le sous-entendu dans ses questions.
— Elle est jolie ? 
— Chigiru... soupira le Pyroli, consterné. Tu vas pas t’y mettre...
— Alors ? insista sa mère.
— ... Oui, elle l’est, lâcha-t-il, d’un ton au bord du désespoir.
— Le charme de son père...
— A qui le dis-tu ?
— Et il trouvera une femme aussi charmante que celle de Kuro, souffla Chigiru, le sourire complice.
— Mais quel flatteur ! »

Levant les yeux au plafond, il les laissa à leurs fantasmes de le voir bientôt marié et deux enfants aux bras pour retourner dans sa chambre, et se préparer à sortir — parce que, s’il avait encore quatre heures devant lui, et même si les transports étaient suffisamment rapides pour réduire considérablement la durée des trajets, il n’en demeurait pas moins que Sinnoh était loin de Johto, et qu’il aurait un bon bout de chemin à parcourir pour retrouver Cerise.




Il était arrivé par Joliberges et, du reste, avait été conduit en taxi au travers de Féli-Cité jusqu’aux alentours de Floraville, là où les chemins étaient certainement plus favorables aux passages des piétons que ceux des engins mécanisés. C’était une ville dans laquelle il ne s’était jamais rendu auparavant, et qui lui plut aussitôt. Devant lui s’étendait un champ de fleurs qui paraissait infini, et l’on avait du mal à croire que cette petite bourgade était directement reliée par une seule route à une ville aussi animée et envahie de bâtiment que pouvait l’être le centre culturel de Sinnoh. Le parfum sucré qui flottait dans l’air était presque entêtant — et devait être écoeurant par temps de fortes chaleurs — mais pas désagréable tant qu’il était encore ténu et balayé par la brise légère qui faisait onduler les fleurs en un superbe ballet.

Il repéra bientôt l’immeuble que lui avait indiqué Cerise, mais profita des quelques minutes qu’il avait d’avance — une vingtaine, tout au plus — pour se permettre un léger détour. Un pâté de maisons plus loin, il avait deviné l’enseigne d’un fleuriste — Un bouquet de couleurs. Il avait déjà vu plus original, comme nom, mais il savait aussi que c’était l’une des petites fiertés locales, et ça n’était sans doute pas pour rien. Il en eut la confirmation quelques instants plus tard lorsque, après avoir franchi l’entrée, il avait suffit de quelques indications, tels que le prénom et l’âge de la destinataire, ainsi que la nature de la relation qu’entretenait Akainu avec elle — il avait lâché meilleure amie sans réfléchir, parce qu’expliquer les choses autrement aurait été trop long, trop compliqué sûrement, et que tout ça n’appartenait qu’à eux deux — pour que le fleuriste lui confectionne le bouquet parfait. Devant l’habile assemblage des fleurs odorantes dont le parfum se mélangeait avec grâce et délicatesse, il resta subjugué. De sublimes pensées blanches au coeur d’un bleu si sombre qu’il tirait sur le noir d’encre, quelques myosotis tout aussi blancs éparpillés, trois oeillets d’un rose pâle réunis à l’arrière du bouquet pour rehausser le tout — des fleurs d’amitié et de loyauté, lui expliqua le professionnel, tandis qu’il lui rendait la monnaie.

Alors, seulement, les mains pleines de fleurs dont les exhalaisons venaient s’additionner à celles qui embaumaient déjà toute la ville, il prit la direction du bâtiment où vivait Martell, et repéra aisément son nom sur l’interphone, au milieu des autres, tous inconnus — ou, du moins, il ne prit pas la peine de les regarder pour savoir s’il en reconnaissait le moindre. Lorsqu’il entendit le grésillement caractéristique qui signifiait que, de l’autre côté, on venait de décrocher, il s’éclaircit la voix avant de parler.

« Demoiselle Martell, votre courtisan est arrivé. »

Il eut du mal à réfréner son hilarité, plus encore lorsqu’elle l’invita à monter jusqu’à son appartement, à défaut d’être prête. A croire que les rumeurs sur le temps que pouvaient bien passer les femmes dans leur salle de bains n’étaient pas que mensonges éhontés. Cela dit il s’exécuta, tirant la porte déverrouillée pour entrer dans la bâtisse. Alors, il gravit les escaliers en comptant les étages, puis s’immobilisa sur un palier, prenant soin de replacer correctement l’ourlet naturel des manches de sa veste sombre — effet costard sans en être, en plus casual aussi — sur ses coudes, lissant vaguement, du plat de la main, le simple haut blanc, léger et aux manches courtes, qu’il avait enfilé par dessous. Et puis, enfin, il toqua trois coups, attendant patiemment qu’on vienne lui ouvrir.
Alors, tout sourire, avisant Cerise de la tête aux pieds dans l’encadrement de la porte, il fit mine d’esquisser une révérence en face d’elle.

« Quand bien même votre toilette n’est pas encore parfaite puisque inachevée, vous n’en êtes pas moins ravissante dans vos parures, Lady Martell. »

Et puis, abandonnant là ce ton un peu trop pompeux sûrement, mais dont il aimait bien user — et qui finirait, tôt ou tard, par pointer de nouveau le bout de son nez, puisque c’était de toute façon l’une de ses plaisanteries récurrentes en compagnie de la Feuforêve — il tendit le bouquet dans la direction, l’air pas moins séducteur qu’il ne l’avait eu jusque là.

« On m’a toujours dit qu’il est mal vu de s’octroyer le droit d’avoir une fille au bras sans avoir jamais pris la peine de lui offrir un bouquet de fleurs. J’espère qu’elles te plaisent. »

Non, il ne laisserait jamais vraiment tomber le ton de la plaisanterie. Pas avec elle, alors qu’elle était certainement sa joueuse préférée, avec qui il partageait volontiers son terrain. Et ce, depuis bien avant qu’ils deviennent quelque chose d’un peu plus intime que deux collègues, vagues camarades qui se connaissaient à peine après des mois à se côtoyer pourtant fréquemment au fil des missions sans jamais avoir pris la peine de s’apprendre, de s’apprivoiser l’un et l’autre avant.
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MessageSujet: Re: Until our hearts get warmer ; Cerise   Dim 30 Juil - 12:26

Cerise n’avait jamais particulièrement été de ces filles qui mettent une éternité à se préparer. Certes, le fait d’avoir été propulsée dans le monde des grands bien plus tôt que prévu avait fait d’elle une personne assez regardante et minutieuse quand à son apparence –et son travail de mannequin n’aidait pas vraiment non plus– mais d’aussi loin qu’elle se souvienne, les disputes pour la salle de bain étaient souvent causées par Saul et sa manie de squatter le miroir de la salle d’eau pendant des plombes et de laisser souvent derrière lui une odeur étouffante de parfum pour homme –le genre que les jeunes ados piquent à leurs pères pour mieux s’affirmer en tant que mâles, quand bien même le manque de subtilité dû à leur jeunesse fait qu’ils en mettent trois fois trop. 
Elle eu un ricanement fugace en y repensant. Au fond, c’était vrai qu’avec le temps les souvenirs devenaient moins douloureux à évoquer ; ça tiraillait toujours au fond de la poitrine, mais pas aussi fort qu’avant, pas au point de faire couler les larmes –et elle aurait été bien embêtée de se mettre à pleurer alors qu’elle venait de passer dix bonnes minutes à s’acharner sur son eye-liner pour que les traits soient égaux de chaque côté.

Le fait était, ceci dit, qu’elle était quand même en retard, et qu’Akainu n’allait pas tarder à débarquer. Mais qu’on lui pardonne, c’était seulement qu’elle s’était mise en tête, peu après avoir raccroché le téléphone, de s’attaquer au rangement de la chambre de Mika. Et sachant qu’elle ne pouvait s’en occuper qu’en l’absence du petit diable qui montrait les dents dès qu’on s’approchait un peu trop de son territoire, il était aisé d’imaginer l’ampleur de la tâche, tâche dont elle était arrivée à bout, après trois bonnes heures et deux cafés. C’était pourquoi, quand l’interphone sonna dans l’entrée, elle en était encore à l’étape du maquillage et n’avait pas encore totalement rassemblé toutes ses affaires pour la soirée ; tant pis, Akainu attendra. Elle doutait qu’il lui fasse un scandale pour si peu de toute manière –pas sérieusement en tout cas.

▬ Demoiselle Martell, votre courtisan est arrivé, fit la voix d’Akainu que l’interphone rendait légèrement grésillante.

▬ Et bien il est invité à monter puisque sa cavalière n’est pas très ponctuelle ce soir, lâcha-t-elle dans un ricanement tout en appuyant sur l’interrupteur qui permettait d’ouvrir la porte. Troisième étage, couloir de gauche, ajoute-t-elle, tu reconnaitras la porte je pense…

Elle avait rien de particulier cette porte, si ce n’est des traces de main d’enfant et des gribouillages faits au feutre –il était décidément mal élevé ce mioche, elle devait être trop laxiste avec lui. C’était difficile de lui résister avec sa bouille d’ange d’un autre côté…
Quelques minutes plus tard, trois coups furent donnés contre la porte, et elle s’empressa d’aller ouvrir, un sourire au coin des lèvres, avant d’écarquiller les yeux de surprise à la vue du bouquet de fleur qu’il avait entre les mains. Un vrai gentleman, à n’en point douter, elle en connaissait d’autres qui n’avaient jamais eu ce genre d’attention à son égard.

▬ Quand bien même votre toilette n’est pas encore parfaite puisque inachevée, vous n’en êtes pas moins ravissante dans vos parures, Lady Martell.

▬ Haha, au prix que m’a coûté cette robe, j’espère bien, plaisanta-t-elle –quoique, elle lui avait effectivement coûté cher cette robe– mais vous n’êtes pas en reste, cher Nishimura, reprit-elle sur le même ton que lui en esquissant une courbette rapide ; il l’avait contaminée avec ses mimiques stupides et bien trop pompeuses, c’était foutu.

▬ On m’a toujours dit qu’il est mal vu de s’octroyer le droit d’avoir une fille au bras sans avoir jamais pris la peine de lui offrir un bouquet de fleurs. J’espère qu’elles te plaisent.

▬ Wow, merci c’est… adorable, elle souffla en récupérant le bouquet –une merveille pour les yeux et un régal pour les narines, elle se sentit presque bête de n’avoir rien de spécial à lui offrir en retour. Elle sont magnifiques, c’est la première fois qu’on m’offre un bouquet comme ça !

On lui avait bien offert quelques roses, achetées à l’unité pour une bouchée de pain à des vendeurs à la sauvette en boîte de nuit, mais jamais un véritable bouquet confectionné en boutique. Et curieusement, elle qui se ne se pensait pas particulièrement sensible au charme des fleurs –à vivre dans la ville florale par excellence, on finissait par s’y habituer après tout– elle se trouva plus contente qu’elle ne l’aurait cru.
Et presque naturellement, elle fit un pas vers lui pour déposer un baiser sur sa joue et se décala ensuite sur le côté pour le laisser entrer à l’intérieur.

▬ Allez entre, tu veux un truc à boire ou à manger avant ? On n’est pas obligés d’y arriver pile à l’heure, de toute façon les connaissant personne sera là à l’heure précise…

Lorsqu’il passa devant elle pour entrer, son regard attrapa un bout de son visage et elle souffla un ricanement avant de s’approcher de lui et porter sa main sur sa joue pour effacer la trace légère du rouge à lèvre qu’elle y avait laissé.

▬ Désolée, d’habitude j’ai Mika sous la main pour tester la qualité de mes rouges à lèvres neufs, railla-t-elle en repensant à sa bouille toute froncée chaque fois qu’elle lui claquait une bise sonore sur les joues pour l’embêter, il se laisse vachement moins faire que toi ceci dit !

Elle fit un pas en arrière, ferma la porte et s’avança en première dans l’appartement pour lui montrer où s’installer en l’attendant, tout en réajustant d’une main les plis de sa robe –un ensemble noir assez simple composé d'un bustier en forme de coeur et qui se finissait en forme évasée, avec une ligne de tissu plus fin au niveau du haut des côtes qui laissait voir la peau, ainsi que l’extrémité du tatouage qu’elle avait dans le dos ; elle avait craqué quelques semaines auparavant et n’avait pas encore eu l’occasion de la mettre, alors l’occasion était parfaite, d’autant plus qu’avec ses amis de l’agence, elle ne pouvait pas vraiment se permettre de se pointer avec une tenue normale, ou pire, démodée. Ce serait un coup à ce qu’Hermès se foute de sa gueule pour le reste du mois, et connaissant le côté insistant du jeune homme, elle préférait éviter.

▬ Oh j’ai de l’alcool si tu veux, ça fait des économies de boire avant de partir, enchaîna-t-elle sur son habituel ton ironique. J’dois avoir un peu de tout, j’sais pas trop ce que t’aime…C'est comme tu veux, tu choisis !

Elle en tout cas, elle se prendra au moins un shot de vodka avant de partir –il lui fallait au moins ça pour oublier la vision de la collection d’insectes morts de Mika qui trainait sous son lit depuis Arceus savait combien de temps…
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