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 My Meautiful Mess ; Jude

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Yûki
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Messages : 680
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MessageSujet: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:33

T'es affalé sur le canapé, tête en bas, pieds sur le dossier. Clope entre les lèvres —et ça n'est pas vraiment du tabac—, t'observes tes compagnons de canap' qui roulent les leurs et font tourner l'alcool. C'est un spectacle qui te fascine depuis presque vingt minutes. T'as même pas remarqué que depuis le temps, ton joint s'est éteint. C'est une petite brunette qui attire ton attention sur ce détail, en venant y donner une pichenette pour la faire tomber par terre. Tu lèves les yeux, et esquisses un sourire. « Beh alors, l'est passé où l'aut' qui t'suivait comme un clebs en rut depuis le début d'la soirée ? » Elle te bouscule, te pousse pour que tu te redresses, et tu t'exécutes bien sagement. Elle est toujours silencieuse, alors tu approches ton visage du sien, avec ce petit air quémandeur qu'elle te connaît trop bien pour être dupe. C'est sa main que tu rencontres, tandis qu'elle t'éloigne d'elle à la seule force de son bras. « Mec, t'es lourd. C'est mon ex depuis précisément... » Elle regarde sa montre, et tu poses ton menton sur son épaule pour lui souffler à l'oreille. Elle te repousse encore. « ...dix-sept minutes. Et arrête, putain, Rom ! T'es chiant ! » Tu hausses les épaules, d'un geste nonchalant. « Il paraît ! »

Tu attrapes deux verres qui traînent là, sur la table, entre l'herbe et les restes de poudre, et tu en tends un des deux à la gonzesse que tu ennuies tant. Comme pour ne rien arranger, tu t'aventures presque à quatre pattes vers elle, pour poser tes lèvres contre les siennes. C'est juste un smack, qui ne dure qu'une seconde, pas assez pour qu'elle puisse entendre quoique ce soit de tes pensées rendues floues par l'éthanol. « ROM PUTAIN ! » T'éclates de rire, et puis tu lèves ton verre, non sans manquer d'en renverser le contenu sur toi et la nana, ton ex aussi, soit dit en passant. « Au célibat, à la liberté, au droit de s'offrir toutes les belles donzelles —ou tous les beaux mecs— que l'on veut ! » Tes mots sont accueillis par une espèce d'ovation, des rires et les tintements des verres que l'on entrechoque. Tu vides le tien d'une traite, avant de venir ronronner contre ta voisine, dont t'as même oublié le nom, en vérité. Delphine, Daphné... Ce devait être quelque chose comme ça, mais tu ne sais plus trop. T'as pas le courage de le lui redemander.

Tu cales sans permission aucune ta tête sur les cuisses de la D-inconnue, et elle t'adresse un regard las avant de venir s'amuser avec tes cheveux. Du coin de l’œil, t'aperçois les pilules colorées que l'on vient de déverser en petite quantité sur la table. Tu roules, juste assez pour qu'en tendant le bras, tu puisses en atteindre une. Tu l'observes, sous toutes ses coutures : toute jaune, avec un smiley qui te sourit jusqu'aux oreilles. Comme pour te narguer. Tu réclames un verre, t'es pas vraiment certain qu'il n'y ait que de l'alcool dedans mais, au point où t'en es, ça ne t'inquiète même plus. Tu te redresses, t'avales le cachet, tout en te souvenant que t'as même pas pris les tiens, et en sachant que demain t'auras la tête dans le brouillard, t'y penseras pas non plus. Tant pis. Ca fonctionne pas, ces merdes, de toute façon. Ca ne répare pas les cœurs cassés, encore moins les âmes brisées. « Tu devrais arrêter, j'ai pas trop envie d'devoir t'emmener à l'hosto, tu sais. » Tu ris, te rallonges sur ses jambes. « Alors m'y emmène pas. » Tu fermes les yeux, même pas décidé à affronter son regard. Le même que tous les autres, quand ils comprennent que t'en as rien à foutre de crever la gueule ouverte.

Tu déconnectes, un long moment. Quand t'atterris un peu, tu sais même pas combien de temps s'est écoulé. T'entends que ça joue à je n'ai jamais, ou quelque chose comme ça. En tout cas, ça rit, ça siffle et ça boit. La D-inconnue s'est endormie. Tu t'inquiètes vaguement, de très loin, rien qu'une seconde, mais sa poitrine se soulève régulièrement et sans difficulté, son sommeil paraît paisible. Et puis, tu mettrais ta main au feu qu'elle a moins bu que toi, qu'elle n'a rien consommé d'étrange. Pas comme toi.Tu soupires, te redresses et décides de faire quelques pas. Seulement, les bras et les jambes forment un enchevêtrement terrible, un barrage humain qu'il est difficile de franchir. En t'y essayant, tu trébuches, heurtes un type adossé à la porte. Il t'insulte, te bouscule, tu lui lances un regard noir avant de t'enfoncer dans l'autre pièce. Il ne reste pas grand chose dans les bouteilles présentes, mais ça te suffit.

Tu remplis un verre, tu le descends d'un quart avant d'être pris de vertige. Le verre t'échappe, vient s'exploser sur le sol. Tu grimaces, et recules jusqu'à t'appuyer à la table tout en essayant de respirer profondément, malgré l'air trop chaud, trop lourd de l'intérieur. « Eh merde... » T'as l'habitude, pourtant. Mais c'est toujours aussi désagréable, d'y voir flou, d'avoir ce poids sur la poitrine, la tête nauséeuse et tous ces désagréments dus à ta consommation. Inspire, expire. T'es presque certain que tu vas finir par t'écrouler, à ce rythme. Et pourtant, dieu sait à quel point tu serais bien capable d'en reprendre une dose, là, maintenant, tout de suite.
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Yûki
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MessageSujet: Re: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:34

« ▬ Sérieux, Jude, tu sais que t'as l'air con ? »

Un éclat de rire et il se redresse, hausse les épaules et récupère le verre de son voisin, alors même qu'il allait boire. Cul sec ; qu'il est con. Il sait déjà avec certitude que le lendemain, il ne se souviendra de rien ; et ça aide sûrement à aggraver son cas. Même sobre il fait le con, alors ivre, on entre carrément dans la quatrième dimension parfois ; on pourrait sans doute l'interner, des fois... comme celle où il avait fait la polka danse, en calbut' sur une table. Il s'en souvenait pas de celle-là, et c'était sans doute mieux pour sa santé mentale.

Quoiqu'il ne serait peut être pas là, entre deux mecs bourrés et une autre portable en main qui film les paris débiles de ses compères. Il faut immortaliser ça ; ouais, immortaliser la décadence d'une nouvelle génération plus totalement innocente, qui cherche juste à s'éloigner et frôle de s'égarer, un peu plus loin à chaque fois. Faut immortaliser cette image d'un jeune homme regard perdu et au sourire béat, qui croit aller mieux juste le temps d'une soirée ; qui s'enfuit juste un peu plus. Un jeune homme qui oublie juste, oublie ce qui l'attend dehors, la gamine paumée qui pionce chez lui et les souvenirs planqués dans les placards, la douleur qui vous guette à chaque instant, chaque moment d'une solitude un peu trop pesante. Il pensait qu'il allait mieux, Jude, il pensait que Yufei l'avait en quelque sorte « guéri », mais il ne savait finalement rien de plus le concernant. Sa situation n'avait peut être pas réellement changé ; il avait juste un poids en plus.

C'est à cette pensée qu'il écarquille les yeux et se redresse, comme un réflexe ; il aimerait beaucoup s'en foutre une si possible. Yufei n'est pas un fardeau, Yufei est sa protégée, son amie, sa... fille ou sœur de cœur ? Physiquement sœur, psychologiquement fille ; elle n'est pas un poids, elle est sa bouée. Il n'a pas le droit d'être égoïste avec elle, elle qui n'a en plus rien demandé ; il a promis qu'il la protégerait. Il percute, il baisse les yeux, regarde les verres, les bouteilles empilées dans un coin, voit ses potes le regarder avec de grands yeux plein d'incompréhension et le tournis lui prend. Son cul retourne à sa petite place, sur ce canapé en vrac dans cette pièce mal éclairée, et un rire lui échappe. Et encore, ils sont pas à l'étage. À l'étage c'est les camés, pas de ceux que Jude fréquente réellement. 

La soirée est finie pour lui, elle était déjà bien trop entamée ; il arrive encore à marcher droit et c'est déjà ça. Quelques excuses, des éclats de rire et quelques minutes plus tard, Jude récupère sa veste, sort de la pièce et observe les lieux – autant que faire se peut dans son état du moins. Encore une fête, encore un moment ou deux d'égarement pour des jeunes largués. Il lui arrivait de fréquenter ce genre d'environnements, quoique ce ne fut que très épisodique ; et cela le deviendrait sans doute de plus en plus. Il ne situait que rarement des noms sur des visages, et ce malgré tous les efforts qu'il y mettait, mais ce n'étaient que quelques relations amicales passagères qui ne lui apporteraient rien, rien de plus que quelques emmerdes. Et niveau emmerdes, il était déjà suffisamment servi. Il lui arrivait de songer que cette ambiance là lui manquerait, quand il cesserait d'avoir le moindre lien avec ces connaissances, ces potes parfois, ces soirées embrumées qui n'apportaient que des souvenirs très vagues – voire inexistants. Mais là n'est pas le sujet.

Jude a l'alcool joyeux d'habitude, mais vraisemblablement, pas trop, ce soir. Il a juste la tête dans le cul et l'envie de rentrer, mais en même temps, il aurait trop honte de rentrer chez lui dans pareil état – pas pour qu'elle le voit. Putaiiiin qu'il est con... il se prendra un hôtel au pire. Ouais, il se prendra un hôtel. Et il va faire comment pour pas la laisser trop longtemps toute seule... ? Il va pas prendre d'hôtel finalement. Il va prendre ses couilles et... espérer qu'elle dorme. Et qu'il n'essaie pas de, chais pas, manger une éponge par exemple. Il est actuellement capable de tout, je crois...

Sans doute. Mais même en étant ivre, Jude parvient à garder un côté super-héro exagérément développé. C'est sûrement pour ça que son regard s'accroche à cette tête blonde, ces yeux dans le vide et cette démarche qui zigzag même plus à ce stade là ; pour ça aussi qu'il change de direction et s'approche, cesse et penche la tête en l'observant faire. Il vide les fonds de verres, se ramasse, sous le regard caramel du jeune homme qui reste calme. Il sait pas comment il fait son compte, mais il arrive à rester calme. Alors qu'il est bourré, qu'il serait capable d'aller faire l'avion dans la rue en calbut' nounours (non il a pas un calbut' nounours), il arrive à observer la déchéance dans toute sa splendeur, et ce en silence et avec beaucoup d'application. Il le voit vaciller, prendre un verre en plus, un verre en trop, frôler la chute, se retenir sans doute de gerber. Et Jude reste là, silencieux. Il le regard vaciller mais ne réagit pas plus que ça, dans un premier temps. Et puis il fait un pas en avant.

Juste quelques pas, quelques poignées de secondes et sa main vient le taper dans le dos, le redresser un peu. Il a l'air vraiment, vraiment mal ; au bout de sa vie, presque. Après, s'il est déchiré, il est sans doute pas trop loin de cet état là... enfin il l'est déjà – il s'embrouille d'accord. Pas besoin d'ouvrir les lèvres, son regard croise celui du type et il comprend qu'il faut le faire sortir d'ici ; alors fuck la politesse et même la civilité, il l'agrippe par le bras ; il faut le faire sortir d'ici. 

« ▬ Lève toi, j'te sors d'ici t'es assez torché pour cette nuit. »

Il est plutôt réfractaire mais Jude s'en branle ; il se débat un peu, mais Jude le redresse promptement, et au moment où il lâche un « calme-toi tu vas m'gerber d'ssus », l'inconnu devient bien sage – tout est relatif – et se laisse – à peu près – traîner. Ils arrivent dehors, une bouffée d'air froid témoignant de l'époque hivernale l'accueille à coup de bonne claques glacées, et il a un léger tournis. C'est contre le mur qu'il finit, son nouveau pote faisant pareil, disons, et rejoignant cette surface en brique particulièrement accueillante quand on a besoin d'un peu de stabilité. Un regard vers le ciel pollué qui ne dévoile aucune étoile, Jude songe un bref instant qu'il est ailleurs, qu'il n'a pas un léger début de mal de crâne et qu'il n'est pas complètement bourré. Et qu'il fait pas un peu pitié. Puis il se redresse bien, voit la loque qu'il a traîné dehors, et le redresse aussi. Sauf qu'il semble un peu dans son trip et que Jude a beau être patient d'ordinaire, là, il est bourré, donc il est pas comme d'ordinaire, donc il est pas patient. Et donc il a un moyen efficace et parfaitement courant pour ramener les gens à la réalité.

Il lui roule une pelle.

Efficace et expéditif, comme méthode, disons. Sauf que... y a un truc bizarre qui se passe. Déjà c'est dégueulasse et Jude se demande ce qu'il a bien pu bouffer et boire, et s'il allait profiter des effets négatifs (autre que l'haleine épouvantable et ce goût aussi agréable que de l'acide) en l'embrassant. Et ensuite, c'est comme... disons qu'il reçoit pleins de, quoi, pensées ? dans la poire. Comme une sensation, cette voix qui s'exprime quand tu réfléchis, mais fois deux : lui et quelqu'un d'autre. Et là, Jude se demande si c'est ça la schizophrénie. Il le lâche immédiatement bien sûr, cligne des yeux.

« ▬ Euh... une touche ? »

Il fronce les sourcils, comprend rien. Et comme toute personne qui ne comprend pas ce qu'il se passe, il fait ce qui est logique dans pareille situation : il réitère ! Puis, comme il revit la même chose (jusqu'au goût affreux, évidemment), il le lâche et... redeviens à peu près normal. 

« ▬ Ah ouais j'avais pas rêvé. C'était quoi ? Ah et non c'était pas spécialement agréable t'as un goût dégueulasse dans la bouche, je recommencerais pas là. »

Il le fixe, a un instant de réflexion et, oh miracle, il ouvre la bouche sous la compréhension. Il vient d'entendre ses pensées. Le truc trop pratique dans la vie de tous les jours.


Dernière édition par Yûki le Lun 7 Aoû - 10:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:35

T'es seul. Il n'y a toujours que quand il s'agit de trinquer, de boire à s'en exploser le foie que les mains se tendent, se serrent, que l'on rit et que l'on s'acclame, qu'on se soutient dans notre connerie. Mais les contrecoups, les nausées, les bad trips, les comas éthyliques qu'on laisse s'entamer sans appeler les urgences ; tout ça c'est trop commun, tout ça t'as l'habitude. Tu te demandes combien de temps ils mettraient à réaliser, D-inconnu et les autres, si tu t'écroulais, si t'étais un peu trop long à revenir, s'ils ne te voyaient plus au milieu des autres. Peut-être que ce serait déjà trop tard ; c'est peut-être bien le bon plan. Crever seul, histoire que l'on n'essaie pas de te ramener à la lumière, cette putain de lumière qui te force à fermer les yeux de toute façon. T'as souvent songé que tu crèverais d'une overdose, de drogue ou d'alcool, c'est pareil. Tu t'es jamais imaginé quand, ceci dit. Tu pensais que ce serait plutôt enfermé dans ton appart, pas avec une musique battante et des rires suraiguës en fond sonore. Mais ça te dérange pas, ça te dérange pas. Ce que t'attendais, c'est peut-être arrivé, peut-être... Quoi ?

Ton regard accroche celui d'un type en face de toi ; tu l'as jamais vu, tu crois. Tu sais pas trop, en fait, t'as pas vraiment de mémoire dés qu'il s'agit des soirées passées -tu consommes trop pour ça. T'arrives pas vraiment à lire dans ses yeux ce qu'il te veut, mais pour sûr c'est à toi qu'il s'intéresse ; t'es le seul putain d'être vivant dans la pièce à part lui. C'est droit dans tes prunelles dilatées qu'il est plongé. T'arrives pas à soutenir les siennes, mais il ne te laisse même pas l'occasion de te prendre d'intérêt pour quelque chose d'autre dans la pièce que ses iris caramélisés. Il t'agrippe le bras, et toi tu sursautes comme un con. « Lève toi, j'te sors d'ici t'es assez torché pour cette nuit. » Sortir ? Il te tire, tu te débats ; tu ne le connais pas, tu ne sais ce qu'il pourrait te faire, tu ne sais pas... Tu ne sais pas. Un peu, si, quand même : il te l'a dit. « calme-toi tu vas m'gerber d'ssus » Tu t'agites un peu moins. C'est vrai, t'as la nausée qui monte, le goût de la bile dans la bouche, une brûlure dans la gorge. Tu sais qu'il suffirait de peu pour que tu te plies en deux et que tu rendes ton repas. T'essaies quand même de réprimer cette envie de vomir immonde.

Le froid t'aide bien, faut l'avouer ; il te claque à la gueule, c'est violent, mais au moins t'étouffes plus autant qu'avant. Le bruit de l'intérieur s'entend moins, il n'y a que le froid et les sons lointains de la circulation sur les routes. Et puis ton souffle, et puis celui du type qui t'a tiré de là. Peut-être que tu lui en dois une bonne, tu sais pas trop. L'idée t'a tout juste traversé l'esprit qu'elle est déjà remplacée par une autre, et t'esquisses un mouvement vers la porte. Il n'y a qu'un vacillement qui te retient, t'oblige à rester contre le mur pour ne pas perdre l'équilibre. « c'est bon, ça va mieux, j'peux y... euh, retourner ? » Tu ris, et ça sonne faux. « J'suis sûr que Daph-euh, Delphi... euh... Ouais bon, j'suis sûr que mon ex va s'inquiéter, faut que... » que quoi ? T'as pas le temps d'y songer ; t'as juste tourné la tête vers le mec à côté de toi, comme pour réclamer une permission que tu n'auras pas. Tu t'attendais pas vraiment à ce que ses lèvres viennent soudainement rencontrer les tiennes, encore moins à ce que sa langue se fraie un passage dans ta bouche. T'écarquilles les yeux, sur le coup ; tu prêtes pas trop attention au fil de ses pensées qui est venu s'incruster au milieu des tiennes. C'est dégueulasse ; qu'est-ce que, quoi ? ; il me... hein ? ; mec reprends-toi ; j'ai... une touche ou quoi ? C'est à peine si t'arrives à dissocier celles de ton assaillant de celles de ta propre conscience, avec tout cet alcool.

Il ne te laisse pas l'occasion d'y réfléchir, pas non plus celle de le repousser, il se contente de reculer, vivement. Ca aussi, t'as l'habitude. Les gens ne s'attendent jamais à être rattrapés par ce qui te passe par la tête à ce moment-là, ça surprend toujours, et tout le monde ne comprends pas forcément. Tu peux pas t'empêcher d'esquisser un sourire face à son air surpris. « Euh... une touche ? » C'est donc toi qui l'as pensé, pour le coup. T'es même pas sûr de savoir pourquoi. Ah, si : il t'a un peu violé la bouche, langue comprise. C'était quoi, le but ? Peut-être te faire atterrir. Si ça a fonctionné ? T'es toujours à dix mille, juste que cette fois, c'est de lui que tu ris plutôt que de toi. T'as envie de te marrer un bon coup, mais il recommence, comme s'il n'en avait pas assez. T'es pris au dépourvu, encore, mais tu te prêtes au jeu -sans doute à cause de l'alcool et de son effet désinhibant- de répondre au baiser, même s'il ne dure qu'un instant et qu'il ne paraît pas apprécier -faut dire, avec ce que t'as consommé, tu dois pas lui laisser le meilleur des goûts dans la bouche.

Il ne s'en cache même pas, d'ailleurs, en s'écartant. « Ah ouais j'avais pas rêvé. C'était quoi ? Ah et non c'était pas spécialement agréable t'as un goût dégueulasse dans la bouche, je recommencerais pas là. » Tu hausses un sourcil, te recales contre le mur, pousses le vice jusqu'à te laisser glisser jusqu'au sol. Tu ne réponds pas, tu le laisses chercher jusqu'à voir l'illumination dans son regard. Ca y est, il y est. Tu tousses, t'éclaircis la gorge, même si la soirée n'a pas épargnée ta voix, rendue plus rauque. « C'était mon pouvoir. Un truc un peu à la con, tu trouves pas ? » T'éclates de rire, et c'est toi qui as l'air con. « Estime toi heureux que j'aie pas gerbé avant que tu viennes me rouler le patin du siècle. T'as pas idée d'embrasser un type sans savoir où il a traîné. » Tu ricanes ; t'es retombé dans l'autodérision parce que c'est plus facile que les lamentations. T'inclines la tête, tu lui lances un regard bourré de sous-entendus. « Puis ceci dit, moi j'recommencerais bien, t'embrasses pas si mal. Habitué, peut-être ? » Tu ne sais même pas ce que tu dis ; totalement ivre et drogué que t'es.

Un frisson t'agite, et tu baisses les yeux sur tes bras dénudés, couverts de cicatrices, datant tout juste de la veille pour les plus récentes, mais rendues peu discernables par l'obscurité. Il te manque un truc, tu te souviens plus vraiment quoi. Il te faut un temps, avant de réaliser, de prendre conscience. T'essaies de te redresser, on dirait un pantin mal agencé dont on tente tout de même de tirer les ficelles pour le faire s'animer. « Merde, ma veste, l'est d'dans... » Tu jettes un coup d’œil à la porte ; rien que de songer à l'idée d'entrer de nouveau, ta nausée revient. « Oh puis merde, D-truc me la ramènera, c'pas la première fois. Quoique j'ai pas terminé mon verre... J'crois que c'était un mélange chelou. Dégueulasse. Mais j'le terminerais bien, en vrai... » T'es con, Romeo ; putain ce que t'es con.
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MessageSujet: Re: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:35

Jude n'a strictement rien à carrer, malheureusement pour le concerné, des dires fouillis de son nouvel acolyte. L'alcool occulte sa patience pourtant quasi légendaire, le froid lui donne presque le tournis, et l'entendre – plus qu'il ne l'écoute – évoquer une ex dont il ne connaît même pas le prénom l'intéresse au moins autant que la couleur de ses chaussettes. Lui, tout ce qu'il veut, c'est qu'il atterrisse, parce qu'il se sent seul un peu, peut être, parce qu'il faudrait qu'il se réveille, sûrement. Dans tous les cas, Jude en a marre d'attendre que le blondinet n'émerge de lui même, il en a marre d'entendre des excuses qu'il sait être parfaitement fausses – sixième sens sans doute – et il en a marre de ce froid qui lui mord la peau pendant qu'il patiente. Alors sa logique unique et bien à lui le pousse à lui empoigner le col, et à lui violer littéralement la bouche.

En même temps, il s'en branle, de rouler un patin au premier inconnu – dans cet état du moins, ça ne le dérange absolument pas. Est-ce que c'est l'éthanol qui fait tomber toutes ses barrières, ou est-ce juste son état naturel qui se voit être exacerbé, il en sait rien ; encore est-il qu'il s'en fout. Un baiser c'est rien, fondamentalement. Ça ne veut rien dire, et il n'y a souvent pas grand chose de réel derrière. Pas avec lui, du moins. La différence entre un baiser lambda et celui-là réside principalement en ce qu'il se passe dans sa tronche à ce moment précis. C'est à dire qu'il n'était pas spécialement préparé à ce que sa boîte crânienne se transforme en champs de bataille où des songes s'emmêlent, le tout en ayant énormément de mal à associer ses pensées à sa personne. Quand il lâche ses lèvres, c'est pour le fixer avec étonnement. Au vu du sourire presque carnassier qui se dessine sur les lèvres précédemment assaillies, Jude – et ce malgré son état un peu pitoyable – comprend que ce n'est nullement une première. Sauf que le brun, pour percuter que non, ce n'était pas une impression, il a sa logique personnelle qui revient et... et il réitère. À la différence près que cette fois, le baiser est partagé – ce qui ne le rend pas spécialement plus agréable, au passage.

Lentement mais sûrement – plus encore que d'ordinaire au vu des grammes d'alcool qu'il doit avoir dans les veines – il arrive tout de même à saisir ce qu'il vient de se passer. S'il peut trouver la télépathie cool – quoique franchement flippante – la nécessité de passer par un baiser, et donc de rendre moyennement agréable ces derniers, lui semble simplement... risible ? Ce qui ne veut pas vraiment dire qu'un quelconque sourire n'apparaît sur ses lèvres par ailleurs ; ses yeux s'écarquillent, se baissent tandis que le blond glisse jusqu'à poser son cul par terre, à la limite. Puis vient l'explication tant attendue – ou pas – sur ce qui vient de se dérouler. « C'était mon pouvoir. Un truc un peu à la con, tu trouves pas ? » Un peu ? Doux euphémisme... « Estime toi heureux que j'aie pas gerbé avant que tu viennes me rouler le patin du siècle. T'as pas idée d'embrasser un type sans savoir où il a traîné. » C'est pas con comme réflexion. En même temps, Jude réfléchit déjà rarement de base, mais alors ivre... il croit au père noël en face ou... ? Un haussement d'épaule tandis que devant ça ricane, un sourcil qui se hausse tandis que devant ça se descend en bloc. Il n'y songe pas vraiment, mais il continue de le fixer, jusqu'à froncer les sourcils quand soudain l'individu lui lance un regard équivoque. « Puis ceci dit, moi j'recommencerais bien, t'embrasses pas si mal. Habitué, peut-être ? » « Non merci. » Dégueulasse j'ai dit. Il a un petit rire tandis que sa tête se secoue un peu, tête qu'il penche sur le côté, sourire aux lèvres et yeux baissés plantés dans ceux du camé. « Merci merci. Je te retourne le compliment. Même si j'éviterais à l'avenir, j'ai toujours ce goût immonde sur la langue. » Faut croire qu'ils ont oublié leur cerveau quelque part dans un recoin mal éclairé ou sur un canapé défoncé ; ou que les substances qui ont circulé dans les locaux ont aussi visité leurs veines. Pour ce qui est de l'éthanol c'est vrai pour Jude. Seulement. 

Le jeune homme se redresse alors que Jude sort son portable – qu'il a miraculeusement toujours dans sa poche, alors que la veste a passablement voyagé – pour essayer de composer un numéro. Au bout de la troisième tentative, il abandonne, réalisant qu'il a le numéro des taxis déjà enregistré dans son répertoire – pratique dans ce genre de circonstances. Sa mémoire doit actuellement ressembler à du gruyère quand on y pense – chose qu'il ne fait présentement pas. Ou peu. « Merde, ma veste, l'est d'dans... » La tête du brun se relève, doigt sur le point d'appuyer sur « appeler ». « Oh puis merde, D-truc me la ramènera, c'pas la première fois. Quoique j'ai pas terminé mon verre... J'crois que c'était un mélange chelou. Dégueulasse. Mais j'le terminerais bien, en vrai... » Sans répondre quoique ce soit, Jude passe son appel, les yeux plantés dans ceux de son vis-à-vis. Il ne connaît absolument pas l'adresse et donne une indication de lieu où venir les chercher, un peu plus bas de la rue, avant de raccrocher, les billes toujours vrillées dans celles dilatées et rougies de son confrère. Le bip retentit et d'une main distraite il remet son téléphone dans sa poche. « 'T'appelle comment ? Moi c'est Jude. » Toujours mieux pour converser avec autrui – chose que l'on fait avant d'embrasser le dit autrui d'ailleurs – et arrêter de ne l'assimiler qu'à « blond – goût dégueulasse – shooté complet ». Puis il le chope par le bras, sans même porter un seul regard au dit-bras – sûrement aurait-il réagi aux marques blanches et difformes, à ces blessures de guerre que l'on mène contre soi-même, s'il y avait porté la moindre attention – avant de le traîner à sa suite. Se faisant, il ne lui répond pas grand chose, disant clairement ainsi que non, il ne boirait pas son mélange chelou – et qui lui avait sans doute, en partie, valu cette haleine affreuse.

Ne prêtant guère attention aux protestations – si protestations il y a, pour dire à quel point il y fait attention – il le traîne ainsi tout du long, ayant tout de même légèrement des difficultés à marcher correctement, jusqu'à arriver devant une supérette fermée depuis belle lurette. Son regard se porte sur un kiosque, de l'autre côté de la route, et Jude souffle. Le taxi ne devrait donc plus trop tarder, ce qui lui laisse le temps de reporter son attention sur celui qu'il traîne depuis quelque bonnes – laborieuses – minutes. « Non tu me gerbes pas dessus mec. » Ça serait gentil. N'ajoutant rien d'autre sur le moment, il se retrouve comme happé par quelques pensées agitées – du genre qu'il n'aime pas vraiment les taxis. Cela date d'une certaine incartade qui lui avait été... fort peu agréable. Une grimace se dessine sur son visage. Il fait vraiment de son mieux pour éloigner ces pensées, mais ces dernières ne semblent pas bien dociles avec un esprit aussi embrumé qu'il l'est. À tel point, en fin de compte, que le véhicule sombre n'arrive avant même qu'il y soit parvenu. Sans retenue aucune, il agrippe son camarade et ouvre la portière, le force à rentrer – ou le jette dedans au choix – avant de s'y engouffrer à son tour. Balbutiant un nom d'hôtel, c'est presque triomphant qu'il se tourne vers son voisin avec un air de conquérant – c'est dire si cette situation est ridicule. « Je paye l'hôtel c'bon. T'as besoin de dormir mec. Moi aussi p'tain. » Et atterrir.
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MessageSujet: Re: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:36

Il t’ignore. Il te laisse parler sans réagir, il te regarde à peine, ne te répond pas ; il ne t’écoute sûrement pas. C’est mieux ainsi, certainement : tes mots n’ont plus aucun sens, ils meublent le vide d’un creux pire encore. T’es démonté, Romeo, n’essaie pas de tenir une conversation qui fasse sens. Tu n’y parviens jamais, dans cet état. Il a son téléphone contre son oreille, il parle, et toi tu tentes de saisir ce qu’il raconte, sans trop comprendre. Tout t’échappe un peu trop, ce soir. Tout te fait regretter d’avoir bu, de t’être drogué ; ta nausée, l’impression que le moindre de tes gestes te conduira à rendre tout ce qui te pèse sur l’estomac, la chaleur désagréable qui te fait tourner la tête, malgré le froid ambiant, le coton qui étouffe les bruits et les voix tout autour de toi, en même temps qu’il dissipe le sens du plus précis des sons. Pour peu, tu douterais presque que le rouquin en face de toi parle anglais — une part de toi comprend, les mots que tu entends s’accrochent à leur définition sans mal aucun, mais c’est le sens global de ce qu’il est en train d’exprimer qui te file entre les doigts, tant que tu finis par abandonner l’idée de savoir ce qu’il dicte à son interlocuteur. Tu détournes le regard, comme si les deux billes d’un caramel plus vif encore que tes ambres allaient finir par avoir ta peau  — t’as trop peur d’y lire ne serait-ce qu’une seule lueur de jugement pour t’y attarder de trop.

« 'T'appelle comment ? Moi c'est Jude. » Tu n’as pas réagi — parce qu’il faut le rappeler : plus rien ne fait tout à fait sens dans ton esprit. Tu ne réalises qu’il s’adressait à toi que parce que ton bras est tout à coup saisi, tiré — tu te lèves tant bien que mal, secoué d’une énième bouffée de chaleur qui te fait apercevoir quelques tâches de couleur vive. « Wow... » Le froid te mord les doigts, te mord la peau, tu claques des dents un instant avant que le feu de tes veines — l’alcool, l’abus d’alcool — ne te réchauffe de nouveau. « Putain sérieux, préviens... » Tu vas lui gerber dessus, et il n’aura plus que ses yeux pour pleurer. Tu inspires, profondément, pour faire passer le malaise, le trouble qui te tord les boyaux et de donne des haut-le-coeur, tout en tâchant de rester à la hauteur de — il a dit quoi, déjà ? Ju… ne ? Ju-truc ? Eh merde. « Tu pouvais pas m’fiche la paix, nan ? » Ça n’est pas vraiment un reproche ; plus une complainte. Tu la tenais peut-être, ton occasion de crever. Sans trop morfler, avec un peu de chance — c’était le bon bail, pas vrai ? Mais il est arrivé, avec ses billes couleur caramel et sa poigne de fer — en vérité, c’est juste toi qui te retrouves vidé de tes forces — et tu n’as rien pu faire. Abruti.


Il te lâche, et tu recules. Tu t’appuies contre la vitre de la devanture de la supérette derrière toi, tu lèves les yeux et c’est au faisceau d’un réverbère que tes yeux se heurte. T’y vois flou, t’es à nouveau saisi d’un vertige — en regardant vers le haut ; plutôt amusant comme concept. Il te demande de ne pas lui gerber dessus — ça se tient, étant donné ton état actuel et ta propre certitude d’être capable de te plier en deux en l’espace d’une seconde. « ’meo » T’as un moment d’absence, de doute ; on aurait presque dit un miaulement parce que ta voix cassée a écorché ton propre nom. La stupidité de ta pensée t’arrache un rire. Tu tousses, tu reprends. « Romeo. » T’aimes pas le dire, mais t’es toujours obligé — l’éducation le veut, les règles de politesse, de bienséance, de vie en société simplement. Avec un peu de chance, demain matin, il aura oublié. « Et toi, c’est, fin… t’as dit… Ju… Ju-quoi ? » T’es démonté, ça te fait une excuse ; tu ne te souviens déjà pas de l’emplacement de l’immeuble dans lequel tu vis depuis un peu plus d’un an, l’oubli d’un prénom entendu une seule fois peut bien être toléré ?


Il y a le son des pneus qui crissent sur la route, les phares qui viennent vous éclairer à mesure que le véhicule ralentit, et tu baisses les yeux sur l’engin au moteur ronronnant. Un taxi ? C’était ça, alors, qu’il mijotait ? Tu grimaces, sans pouvoir t’en empêcher. « Mec tu déconnes ? » T’es malade, en transports. Si, parfois, tu sais gérer — regarder la route, tout le temps, tout le temps, tout le temps — ça n’est que quand tu es sobre. Quid de l’état dans lequel tu te trouves, à l’instant précis ? Mais il ne te laisse pas l’occasion de refuser, ni celle de te justifier — pourtant, là, t’aurais des arguments béton — avant de te pousser dans l’habitacle. Tu te sens déjà mal, alors même que le chauffeur n’a pas encore démarré. « Je paye l'hôtel c'bon. T'as besoin de dormir mec. Moi aussi p'tain. » Cool. Des tunes en moins à dépenser, et te voilà redevable d’un type que tu connais à peine — t’aimes vraiment pas c’te situation.


Le moteur gronde lorsque la voiture s’engage de nouveau sur l’asphalte, et tes doigts agrippent la poignée de ta portière comme un noyé s’accrocherait à une bouée de sauvetage. T’essaies de ne pas décrocher ton attention de ta route, du paysage qui défile, mais le moindre mouvement que tes yeux discernent fait remonter la bile dans ta gorge. Ça brûle, tu grimaces et, après tout juste quelques minutes — tu es certain que la n’en fait même pas cinq — tu craques. « Arrêtez-vous » C’était plus un gémissement pitoyable qu’un ordre, et ton teint livide doit achever de convaincre le chauffeur, qui décale presque immédiatement pour immobiliser le véhicule. Il ne s’est pas tout à fait arrêté que tu ouvres la portière, sors, esquisses trois pas puis te plies en deux.
La main prise dans un grillage, tu tousses, tu craches tout ce qu’il est possible de cracher — le goût de tous les alcools que tu as ingurgités te revient, en pire ; c’est l’une de ces cuites immondes qui te font haïr leur goût pour le restant de tes jours. Un peu comme ces compotes, goût pomme fraise, dont tu ne peux plus ne serait-ce que parler sans imaginer leur saveur immonde mêlée à celle de ce cachet en poudre que tu n’avalais jamais autrement, plus jeune — rien que d’y songer, tu tousses un peu plus fort. Ça brûle, t’as la gorge en feu et le charmant bouquet d’éthanol acide sur la langue. C’est répugnant. « Y’a de l’eau, à l’arrière » t’entends que l’on dit dans ton dos. Tu te redresses, le souffle court, les prunelles luisantes d’un voile piquant. « Merci » tu lâches, la voix tremblante, en te saisissant de la bouteille. Tu l’ouvres, tu bois, tu craches pour rincer, mais tu sais que ce goût ne s’en ira pas de si tôt. Tu finis par abandonner — peine perdue.


L’air penaud, pitoyable, tu viens te rasseoir à ta place, fermes la portière et rattaches ta ceinture. Tu évites soigneusement le regard de ton voisin de siège, les yeux obstinément portés par delà ta vitre. « C’bon. » Il y a comme une seconde de silence pesant qui demeure en suspens à l’intérieur, puis le moteur vient la dissiper, alors que la route reprend. Tu te sens un peu mieux — quand bien même t’as pas tout à fait dégrisé. T’es toujours à dix mille, tu n’as plus d’alcool dans l’estomac mais il t’en reste par grammes dans le sang — pas difficile à comprendre ; tu te mets à ricaner tout seul, peut-être au souvenir d’une vieille anecdote que tu ne raconteras pas, ou simplement parce que l’envie t’en prend. T’es à dix mille, qu’est-ce que tu t’en fous, dans le fond.


Lorsque tu devines l’enseigne clignotante de l’hôtel — au moins, ça n’est pas un bâtiment trop tape à l’oeil ; c’est à l’image du quartier en vérité — tu ne peux t’empêcher de soupirer — soulagé, lassé, désabusé ? Tu ne sais pas tout à fait. « Tu sais si tu m’veux t’as pas besoin de sortir l’grand jeu le premier soir. » Tu minaudes, tu ricanes — tu t’en fous du regard en biais du chauffeur, il a dû en entendre et des pires que les frivolités d’un gosse —parce que c’est ce que t’es, dans le fond, toujours pas majeur— au trop-plein d’alcool dans les veines. Comme si t’étais désirable, dans ton état. Le teint blême, presque olivâtre, les yeux rouges et les pupilles hasardeuses, les mains encore tremblantes et la voix mal assurée, l’haleine fétide — tu peux te toucher, pour d’autres french kiss, ce soir, c’est clair. Tu sors, cette fois-ci l’air frais te fait un bien fou — le même que pourrait faire du sel sur une plaie ouverte, en vérité ; tout est relatif — et tu prends le temps d’inspirer avant d’emboîter le pas — vacillant, plus très droit — au type devant toi. Tu salues l’hôtesse mais te tiens sagement à l’écart pendant que l’autre réserve une chambre pour la nuit — t’écoutes à peine ce qu’il demande, ça te passe au dessus. Tu retiens juste le numéro accordé, et tu files aussitôt en direction de l’ascenseur — ça n’est pas très haut, pourtant, mais les escaliers risqueraient d’avoir ta peau. « Dis mec, tu fumes ? J’crève d’envie d’m’en griller une, mais y’a tout dans ma veste… que t’as pas voulu m’laisser récupérer, j’précise. » Ou alors…? Non, il t’a juste empêché de retourner boire. Oui, non ? C’est pareil ? Tu n’es plus trop sûr. Oh, puis merde. En plus, l’ascenseur te file à nouveau la nausée. Sauf que cette fois, tu n’aurais plus rien à rendre.
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MessageSujet: Re: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:38

État second, je pourrais qualifier ainsi ma situation. C'est plus sympa à l'oreille que « déchiré », avouons. État second, c'est cette impression de flottement, c'est la tête pleine d'écho et de coton, c'est la boîte crânienne aussi lourde que du plomb ; et je perds patience, je perds mes repères avec mes propres paroles. Moi s'effrite ; j'ai des regards piquants mais pas en bien, la lassitude sur les traits et j'écoute même plus l'autre paumé.
Parce que c'est c'qu'on est, deux paumés.
En plein milieu de ce carrefour – vais-je tenter l'image du carrefour de la vie, c'est beaucoup trop galvaudé – sous la lumière vacillante, j'ai l'impression d'être un naufragé. C'est toujours comme ça, atterrir c'est bien trop compliqué. Tu t'éclates, puis tu t'écrases. Là, je m'écrases. Délicieusement.
Peut-être moins violemment que le miaulement.
Attendez... le miaulement ?
Je baisse les yeux – ah, oui, il a le cul par terre, wow comment je fais trop attention à lui c'est merveilleux – et les écarquille. J'essaie de me reconcentrer sur son cas ; après tout, j'ai décidé de le traîner hors de ce bordel sans son accord, ce serait appréciable que je m'intéresse un peu plus à lui. Je crois qu'avant ce son fort étrange, il a proféré une quelconque vulgarité, mais j'ai pas spécialement fait gaffe. Je ne sais donc absolument pas ce qu'il vient de raconter, et maintenant, j'essaie de comprendre c'est quoi son délire. Vraiment, avec sa voix pétée, on dirait qu'il vient de miauler. Ou un truc du genre. De couiner, peut-être... mais pourquoi il couine, dans ce cas ?
Je suis presque sûr qu'il ne couinait pas. Pas plus qu'il ne miaulait.
Je fronce les sourcils, en attente manifeste qu'il répète ce qu'il vient de dire. À la place de quoi il se paye un bon moment de franche rigolade tout seul, et j'me dis que je devrais cesser de chercher à comprendre. Quand on est bourré, on dit rarement des trucs intelligents.
On fait rarement des trucs intelligents, aussi.
Genre rouler des patins en mode random aux gens.
(Ah et non, j'ai même pas honte.)
(En plus il est pas mal et il embrasse bien, si on omet le mode marteau-piqueur et le goût immonde.)
Ah – il tousse, se racle la gorge, et je le fixe, intrigué. Un mec déchiré m'intrigue, ça montre le niveau de mort cérébrale. « Romeo. Et toi, c’est, fin… t’as dit… Ju… Ju-quoi ? » Je ne suis pas spécialement froissé qu'il n'ait pas retenu mon prénom (aussi simple soit-il) ; c'est pas comme si je n'avais pas écouté un strict mot de tout ce qu'il a pu raconter depuis qu'on est arrivé devant la supérette.
Ah, si.
« Jude. »
Argh, je vais devoir répéter. Entre mes pensées qui m'assaillent – alors que je suis censé répondre, question de politesse – et le véhicule qui arrive enfin, je me rends compte que le son de ma voix a du être couvert par celui du crissement des pneus. Enfin qu'importe ; j'ai un sourire un peu bancal sans doute qui fleurit sur mes lèvres, et alors que je l'entends me parler, je l'agrippe et le redresse. Il me semble qu'il est question de déconner, mais j'y fais (encore) pas plus attention que ça ; et je m'empresse de le (balancer) pousser dans l'habitacle du véhicule. Et alors qu'il est blanc comme un linge – je capte pas immédiatement OK – je me tourne vers lui, triomphant, et lui annonce que je paye l'hôtel.

Et, ouah... on dirait tellement que j'ai une idée derrière la tête quand j'y pense. 
(Oui, des fois, je pense. C'est rare, mais ça m'arrive.)
(Enfin c'est moins rare qu'il n'y paraît.)
(Mais en état de sobriété, c'est vraiment rare.)
Et puis subitement, je me réveille de cet état second. Ou du moins, j'ai une sorte d'électrochoc ; mes yeux se plissent et je le fixe s'agripper à la poignée comme si sa vie en dépendait. Le problème étant que maintenant que j'y fais vraiment attention, il est vraiment très pâle. Et je me mets à songer que, finalement, il va p't'être gerber.
Oh gosh no, please no.
« Arrêtez-vous »
Oh si.
Le conducteur obéit – sage décision – et Romeo se précipite à l'extérieur ; j'ai pas le temps de le suivre, je l'entends déjà se vider. Ah bah, j'aurais dû l'emmener aux chiottes avant...
(Non vraiment, y a trop de sous-entendus.)
Le conducteur a l'habitude ; rien de surprenant. Il indique l'emplacement d'une bouteille alors que Romeo semble au bout de sa vie, là, contre le grillage ; et j'ai un moment de profonde compassion. On est tous passés par là bro. Enfin tous ceux qui se payent une cuite un jour dans leur vie. Et quand l'alcool emprunte le chemin inverse, c'est rarement agréable... tiens j'ai envie de l'imiter maintenant. Je préfère le laisser faire, tranquillement, mais je lui tend quand même la bouteille après l'avoir repérée d'un coup d'oeil. Pas un regard et le cœur lourd, j'imagine la honte et la solitude qui doit rester coincée dans sa gorge. J'sais pas, ça me calme, en quelque sorte ; je perds de cette sorte d'énervement, et c'est comme si voir un pauvre type froissé me rendait à moi-même.
Wow j'aurais jamais cru être aussi glauque.
J'ai envie de l'aider ; ça me brûle là de partout, et ça me réveille encore un peu. J'ai besoin de l'aider ; c'est comme si je me noyais et que subitement, une poche d'oxygène me tombait sous la main. Je baisse les yeux sur mes doigts qui me piquent étrangement, je me mords la lèvre et lui lance un regard. J'ai envie de l'aider, mais dans l'état actuel dans lequel je me trouve, je suis au moins aussi utile qu'une affiche publicitaire devant un aveugle. Il se met à ricaner, et j'comprends pas ; je mets ça sur le compte de l'alcool, de la fatigue ou bien encore des souvenirs, de tout ça qui se mélange et se bouscule, de tout ça qui te laisse sur le carreau. J'mets ça sur le compte de l'acide qui reste sur le palais, des douleurs qui pèsent sur la poitrine et des images que l'on veut effacer. Je suis pas dans sa tête, je le regarde simplement à la dérobée puis cesse, je fixe l'extérieur avec une obstination évidente. Pour ne plus le regarder.

Pour ne plus m'y blesser.

C'est peut-être pour ça ; j'ai vu une âme en perdition, j'ai voulu la repêcher. C'est sans doute pour ça, l'hôtel et le baiser, sans doute pour ça que je l'ai traîné sans même chercher à l'écouter. J'avais pas envie qu'il me soit reconnaissant, pas envie de l'aider lui dans l'absolu ; p't'être que j'ai fait ça par égoïsme. P't'être que j'ai fait ça parce que j'ai eu envie de le sauver, moi, sans lui demander son accord.
P't'être que je réfléchis juste trop. Vivement qu'on arrive, avant que j'me jette par la fenêtre.
« Tu sais si tu m’veux t’as pas besoin de sortir l’grand jeu le premier soir. »
Je tourne la tête ; hein, quoi ? L'grand jeu, premier soir ; l'hôtel. On vient d'arriver, je fixe l'enceigne et – ah, j'éclate de rire. Comme quoi, je suis pas le seul à y avoir pensé – après coup certes, mais tout de même. « On en reparlera quand t'auras une gueule potable OK ? » C'est pas vraiment dit méchamment au contraire ; non t'es parfaitement à mon goût même comme ça. Ça prouve mon état, gosh. Je m'avance vers le siège conducteur, arrive à sortir ma carte bleue – wow elle aussi elle est toujours là - ; la transaction s'effectue tandis que Romeo sort. Je baragouine un remerciement, avec une classe infinie. Et puis je sors du véhicule, et je crois – non c'est une affirmation – que je perds l'équilibre ; je me rattrape sur le toit de l'auto et lance un regard à l'autre blond.
Tousse, fais genre il c'est rien passé, fait le tour du véhicule, va vers la porte de l'hôtel. Là, bien. Tu peux le faire Jude, ça va aller. Tout va bien se passer.
(Je crois ?)
J'approche de l'accueil et je le vois distinctement dans le regard de ma vis-à-vis, j'fais pitié. Mais sans doute la réceptionniste est-elle habituée et ne pose pas vraiment de question ; je récupère assez rapidement un numéro de chambre, lui offre un sourire penaud et une fois payée, je peux rejoindre nos quartiers.
Le grand luxe, ouaiiis.
J'arrive au niveau de l'ascenseur, jette un regard à mon acolyte du soir. Acolyte du soir qui se retrouve confronté à un sérieux problème. « Dis mec, tu fumes ? J’crève d’envie d’m’en griller une, mais y’a tout dans ma veste… que t’as pas voulu m’laisser récupérer, j’précise. » Je le fixe, ouvre la bouche, lentement, avec une figure de réalisation lente. « Non. » Et je nique tout, allez bro, violence je sais. J'suis un type grave violent. Je toussote, histoire de reprendre contenance ou une connerie comme ça, et me mords la lèvre. « Désolé, hm. Disons que j'voulais vite te faire sortir, j'ai pas pensé à... à ça, disons. » Trois secondes de silence. « En fait pour être plus précis, j'ai pas pensé tout court. » Là, c'est plus exact. Un son aigu annonce notre arrivée à l'étage et je m'engouffre rapidement dans le couloir – ouais, je fuis le moment de frustration qui va suivre. Stp pas taper. Levant la petite carte qui m'a été donné, je cherche du regard le numéro de la chambre avant de finalement tomber dessus ; un sourire triomphant – le retour – vient illuminer mon visage et j'ouvre la porte. « Après vous très cher. » Je me rends compte que je suis de plus en plus vif et éveillé, même si je me doute être encore pas mal alcoolisé. L'éthanol, ça part pas comme ça, par magie et un tour de tuture. Une fois que Romeo est rentré, je ferme la porte, jette un regard à la chambre – munie d'un seul lit double, histoire de renforcer l'ambiguité, c'est plus rigolo – et relève les yeux.
Et là, j'ai une idée horriblement conne.
(Mais au moins j'ai une idée, ça prouve que je pense. Comment ça c'est pas mieux ??)
Histoire de renforcer l'ambiguïté, et surtout, de le désalcooliser une bonne fois pour toute.
Et parce que c'est vachement plus drôle, j'ai un sourire qui fait très innocent (non) sur la tronche et je m'avance vers lui (t'sais le truc pas suspect). « Te fais pas d'idées mec. Mais viens là stp. » Mauvaise idée. Je lui laisse pas le temps de vraiment percuter quoique ce soit ; je l'attrape (pour changer) et le tire vers la porte que je devine être celle de la salle de bain. Comme souvent dans les petits hôtels comme celui-ci, elle est minuscule et la douche fais la moitié de la pièce.
Oui, la douche. 
Je le tire et le fous sous le pommeau, et j'ai un sourire de, quoi déjà, troll ? Qui naît sur mes lèvres.
« On va te passer l'envie d'une clope t'inquiète. »
(Puis si ça dissipe un peu ses pensées embrumées, c'est encore mieux. Histoire qu'il ait moins l'air sur le point de s'foutre en l'air.)
Prêt... ?
Go !
Eau glacééée !
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MessageSujet: Re: My Meautiful Mess ; Jude   Lun 7 Aoû - 10:38

« Non. »

Vague angoisse, début de panique sous-jacente, je serre les poings, les desserre, en continu, réflexe de type accro en manque de sa dose ; je pense drogue, je pense putain, je compte le temps qui passe et je perds le fil, j’ignore même s’il est tard le soir ou tôt le matin, englué dans les heures souterraines de l’alcool et de la drogue — combien de verres, combien de pilules, combien, combien, combien de démons noyés et pour combien de temps ?
Je pense gerber, je pense déjà fait ; les portes s’ouvrent dans un tintement et j’ai comme un instant de doute, à savoir ce qu’il convient de faire, je pense sortir, je pense bouger. J’avance et je vacille, me rattrape au mur — merde, j’le croyais plus près que ça, j’ai manqué m’écrouler. Tête qui tourne, la lumière façon coucher de soleil du couloir m’file la barre au crâne — ou c’est juste l’alcool, ou c’est juste la came, ou c’est juste moi qui déraille, j’sais pas, j’sais plus. 

Je crois que mes ongles écorchent vaguement la tapisserie — m’en fous, doivent avoir assez de thunes pour la remplacer dès ce soir s’il le faut ; non, faux, à cette heure-ci les grandes surfaces sont fermées, peut-être ? Dans un élan pour avancer d’un pas encore, je manque me heurter à l’autre, j’ai oublié son nom, il a déjà répété en plus, non ? Je l’observe qui ouvre la porte, je pense magie quand le voyant vert s’allume, je fixe la carte avec un intérêt étrange et soudain, je me demande quel maléfice ?

Il me cède la place, j’entre, j’essaie quelques pas minutieux sans appui, j’ai du mal, ça s’en va, ça revient, comme cette putain de chanson française qui te resterait dans la tête d’un Russe ; j’ai l’équilibre en précipice, l’assiette en roue libre.

« Te fais pas d'idées mec. Mais viens là stp.
— ... Gné ? » 

Me faut cinq secondes — ou peut-être vingt, à moins que ça se compte en minutes, j’sais pas trop, mais je m’avance. D’un pas, de deux, je pense connerie mais c’est déjà trop tard, il a la main sur moi et le décor change, la tapisserie devient carrelage, sur le sol, sur les murs, carrelage de bleu et de gris, comme de l’eau, comme du froid, comme de —

« On va te passer l'envie d'une clope t'inquiète.
— ... Eh …? » 

Comme de l’eau froide.
J’sais plus trop c’qui s’passe, j’gueule peut-être, j’crois que j’me casse la figure et que je l’entraîne avec moi, précipitation violente en direction du sol. Pas de casse, je crois, juste le froid — j’me sens trembler, frissonner, grelotter sous l’eau qui s’infiltre partout ; les fringues ne protègent plus rien, j’pourrais tout aussi bien être à poil, putain. 
J’ai le souffle court, je halète sous l’averse glaciale, j’devrais chercher à me dégager, à jarter de la position douteuse dans laquelle on se trouve avec l’autre — les jambes en pêle-mêle, chacun l’une entre celles de l’autre, ma main sur sa cuisse presque ses fesses, nos visages un peu trop proches et les haleines qui se mélangent, la mienne c’est cadeau. Mais c’est autre chose, une réalisation soudaine, un « putain ! » qui m’échappe et je me démène pour sortir mon téléphone de ma poche, j'le balance un peu plus loin sur le sol, avec un peu de chance il survivra mieux au choc qu’à la noyade.

L’instant d’après, c’est une vengeance ; j’agrippe le col du brun — son prénom me reviendra, j’y crois — et l’attire à moi, pose mes lèvres contre les siennes, cherche sa langue pour y déposer le goût immonde qui n’a pas quitté la mienne depuis la pause cracher ses tripes pendant le trajet.
Dans ma tête je ris, dans mon esprit ça claque, la seule pensée qui détonne sur le brouillard, tu l’as cherché, enfoiré.

Je le laisse s’écarter — à moins que ce soit lui qui s’arrache au baiser forcé au goût le plus affreux de l’histoire ((non pas que j’aie déjà testé, mais j’imagine assez)) — le fixe entre les mèches trempées qui me collent au front, tête penchée, bien dégrisé, faut l’avouer, fier de ma connerie, toujours pris de spasmes violent quand l’eau froide se fraie un passage sur ma nuque et dans mon dos, mais j’m’en fous.
J’m’en fous.

J’explose de rire.
C’est incontrôlable, ça fait mal au bide, j’en chiale tellement c’est violent, j’en chiale tellement c’est bon. 
J’pourrais crever comme ça, c’serait tellement beau.
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My Meautiful Mess ; Jude
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