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 Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna

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Yûki
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 10:59

En me rendant au casino, j’avais songé à…pas tout à fait m’amuser, les jeux d’argent ne m’intéressant pas, mais plus simplement à découvrir un univers que les films et les croyances enjolivaient et qui dans la réalité nous décevait. Je n’étais pas déçue, puisque je n’attendais pas grand-chose en réalité. J’avais simplement voulu essayer. Tirer au moins une fois sur le manche d’une machine à sous. Parier au moins une fois sur une roulette. Jouer aux cartes et sans doute me faire plumer telle la totale novice que je suis. Puis rentrer chez moi, retourner dans la chambre que j’occupe dans l’appartement de Tsubaki, cocher la case « casino » dans ma liste de choses à faire, puis ne jamais revenir. C’était aussi simple et aussi ridicule que ça. Cependant, me retrouver à un bar avec un jeune homme que je ne connaissais absolument pas et discuter de personnes que j’aurais put rencontrer mais que j’aurais préféré éviter ? Je ne l’avais jamais envisagé.

Cela faisait partie de ces évènements qui avaient si peu de chance de se réaliser que l’on n’y songeait jamais. Et l’on se retrouvait bien bête lorsque cela se produisait finalement. Ma tirade terminée, je me replongeais dans mon verre. L’alcool me paraissait toujours aussi étrange, ni bon ni mauvais. Juste comme une habitude à laquelle on n’accordait pas beaucoup d’importance, alors même que le goût n’était pas déplaisant. Je ne buvais jamais d’alcool habituellement, sauf pour ce que l’on appelait les grandes occasions. Les fêtes, les anniversaires, ces moments où l’on se retrouvait tous en famille et où l’on sortait une bouteille un peu plus précieuse que celles que l’on vidait la plupart du temps. Un verre n’était rien. Deux verres et cela commençait à devenir dangereux. Dans mon état et avec mes médicaments, combien en fallait-il avant qu’une jeune femme de 19 ans ne fasse une crise cardiaque ? Il serait sans doute plus sage de trouver un moyen de me désister la prochaine fois que mes parents m’inviteront à un grand repas. Le saké de papa pouvait s’avérer particulièrement fort parfois.
« Donc, tes parents traînent dans des affaires miteuses ? Ç’a du charme, dis-moi... »
Je relevais les yeux vers lui, penchant légèrement la tête en arrière. Je posais mon verre sur le comptoir et jouait distraitement avec. Traîner dans des affaires miteuses ? Je ne pus que sourire. He bien. Dis de cette manière, ça différait tant des mots que nous comptais notre mère lorsque Junko ou moi devions demander quel était le métier de nos parents. C’était plus réaliste, aussi. Sans doute.
« Je crois que je ne peux pas dire le contraire… »
Peut-être aurais-je dû ? Ils étaient mes parents après tout. Des parents que je voyais moins, avec qui je m’entendais moins bien qu’avant, mais que j’aimais toujours parce qu’ils étaient justement mes parents. Ils n’étaient pas venus à l’hôpital lorsque Tsubaki avait été blessé. Si je m’effondrais ce soir, viendraient-ils ? Le doute était douloureux.
« Faut pas être très sain, pour côtoyer des types comme celui-là. Ça t’plante un couteau dans le dos et ça t’arrache un œil pendant ton agonie pour jouer avec et qu’tu puisses y voir faire avec celui qu’il te reste. »
Je restais silencieuse, mais je pus sentir un violent frisson me remonter le long du dos. Pourquoi ? A cause des mots en eux-mêmes ou de la façon dont ils étaient prononcés ? Je me sentais soudain mal à l’aise. Presque inquiète. C’était cruel. Je me tenais droite, mes mains quittant mon verre pour venir se poser sagement sur mes genoux, jointes. Je fixais mon regard sur Romeo, mais indéfectiblement, il dérivait vers « l’ami » de mes parents. Et les mots se répétaient en boucle dans ma tête, comme si j’en prenais conscience pour la première fois. Ce n’était pourtant pas le cas. Je savais que mes parents pouvaient mourir et ce à tout moment. Trop de choses m’en avaient fait me rendre compte.

Avaient-ils déjà risqués de se faire tuer ? Sans doute, oui. Qui, de toute façon, ne risquait pas de se faire tuer dans cette ville ? Un gratte-ciel qui explose, un bout de béton qui tombe, et c’est la porte ouverte vers l’au-delà. Mes parents avaient sans doute déjà pris de gros risques. Et je ne m’en étais jamais rendu compte, protégée, puis absente que j’étais. Il n’y avait rien à faire contre cela, que l’on en ait conscience ou non. Je quittais des yeux l’homme pour les reposer sur mon interlocuteur et constatais qu’il était lui-même en train de m’observer. Ce ne fut pas vraiment quelque chose qui m’aida à me détendre.
« Tu ne connais pas son nom, par hasard, ni pour quoi précisément tes parents marchandent avec lui ? »
Je fronçais les sourcils à l’entente de cette question. Pourquoi cela l’intéressait-il ? Pourquoi cet homme qu’il ne connaissait vraisemblablement pas semblait l’intéresser ? Je me sentais de plus en plus mal à l’aise, bien que je tentais de ne pas le montrer. Ma raideur était un indice suffisant. Je pouvais de plus en plus affirmer que je n’aimais pas la direction que prenait cette conversation. Me taire ou répondre, c’étaient bien là les seules solutions qui me venaient. Partir et fuir ? En aurais-je seulement l’occasion ? J’en doutais fortement. Je tentais bien de me calmer.
« Non. C’était des histoires de grands lorsque j’étais une enfant, et je ne côtois plus assez suffisamment mes parents pour qu’ils prennent le temps de parler de ce genre de choses. »
Peu importait la raison, bonne ou mauvaise, peu importaient l’objectif ou la finalité de cette histoire. Je n’avais pas envie d’y être mêlée d’une façon ou d’une autre. Si j’avais su, je n’aurais jamais répondu à cette question. Je me serais tut ou aurait inventé un quelconque mensonge. Hélas, j’avais répondu honnêtement. La sincérité n’avait pas que du bon, malheureusement, et je n’étais pas assez douée pour savoir à quel moment il était bon d’en faire preuve ou non.
« A ton avis, dis-moi,  si ce type crève, combien pleureront la perte d’un homme d’honneur et combien se réjouiront d’y gagner de nouveaux investissements majeurs ? Et donc, à ton avis, ce sera une grande perte s’il tombe ? »
C’était cruel. Quelque chose à laquelle ma vie dorée ne m’avait jamais habituée ou préparée. Discutait-il vraiment aussi simplement de l’hypothétique mort d’un homme ? Etait-elle vraiment hypothétique au fond ? La réponse me terrifiait. Et j’étais bien incapable de dire si je voulais la connaitre. Le besoin d’être sûre et certaine afin de ne pas être rongée par le doute. La crainte de voir ce doute être confirmer. Tout cela semblait l’amuser, il souriait. Et me tendait son verre comme pour trinquer. Trinquer à quoi ? A qui ? Je restais immobile, comme par peur de bouger. Ma gorge était soudainement sèche mais je n’osais prendre mon verre.
« Pourquoi… Pourquoi les conséquences que sa mort pourraient hypothétiquement avoir t’intéressent-elles ? »
Ma voix était tremblante. Affreusement tremblante, et blanche.
« Pourquoi être venu au casino ? »
Pourquoi avais-je posé cette question ? Voulais-je vraiment le savoir ? Oui ou non, quelle était la bonne réponse ? C’était comme jouer à pile ou face.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:00

Les histoires de grands. Les tu comprendras plus tard que disent tous les parents à leur progéniture, lorsqu’ils demandent pourquoi, lorsqu’ils demandent comment, et qu’ils ne savent pas, qu’ils ne peuvent pas le leur expliquer avec des mots d’enfants. Toi, tes premières années ont été vides de questions, peut-être parce que tu craignais les rires moqueurs et les rictus mauvais qui t’annonçaient trop de mauvais quarts d’heure à venir. Celles qui ont suivi en ont été emplies, mais tes pères prenaient soin de combler leur manque de réponses par d’autres choses que de vulgaires « ce n’est pas de ton âge » ou « un jour, tu comprendras ». Peut-être parce qu’ils se disaient que l’amour n’était pas acquis, que la confiance était à gagner, parce que tu n’étais pas leur enfant — pas celui du sang — et qu’il y avait trop d’années vides d’eux deux pour qu’ils prennent le risque de creuser un fossé entre ton coeur de môme et celui de la famille qu’ils essayaient de créer, à vous trois contre les normes.

Ton verre demeure en suspens, sans que Setsuna n’esquisse le moindre geste pour se saisir de nouveau du sien et le heurter contre le tien. Ton sourcil se hausse, interrogateur, dans la direction de la jeune femme, et tu plonges au fond de ses prunelles — deux océans intarissables, insondables à l’instant présent. Pourtant, ce n’est pas faute de chercher à y lire quelque chose, autre chose tout du moins que le trouble que tu devines dans les iris qui te fixent — trouble normal pour le commun des mortels que l’on confronterait à la réalité de la mort sur un ton aussi léger que celui que tu as emprunté. Est-ce de la peur, de la colère, de la méfiance, quelque chose de plus différent encore ? Tu ne saurais le dire. Même les livres ouverts dont les pages défilent sous tes yeux demeurent des énigmes pour ton esprit, des êtres dont tu ne saisis jamais toutes les nuances — peut-être parce que tu ne t’attardes jamais suffisamment sur les lignes d’encre fragiles ; par pudeur ou égocentrisme, va savoir.
Puisque l’initiative ne vient pas, tes épaules se haussent à leur tour, vaguement, et tu portes ton verre à tes lèvres pour y boire une nouvelle fois. Si elle se prive, tu n’es pas de ceux-là — ni de ceux qui font cas d’un manque de réceptivité flagrant face à toi. Si le ridicule tuait — et dieu que c’est ridicule, de se heurter à la non-réaction d’autrui en pareilles circonstances —, tu serais déjà mort mille fois. Parfois, cela dit, t’aimerais bien que ce soit le cas.

C’est au moment où le bruit de ton verre bientôt vide résonne contre le bar que la voix de ton interlocutrice s’élève, et c’est un ton différent, plus distant, un peu tremblant. Serait-ce donc vraiment de la peur, que tu as éveillé chez elle ? « Pourquoi… Pourquoi les conséquences que sa mort pourraient hypothétiquement avoir t’intéressent-elles ? » Tes paupières papillonnent, et tu es comme pris au dépourvu ; t’as l’air con, comme ça, les yeux agrandis par la stupeur, les lèvres entrouvertes comme si tu voulais dire quelque chose mais qu’aucun mot ne sonnait suffisamment juste à ton esprit pour être prononcé. T’as l’air tellement con, à ne pas savoir que répondre, sur un sujet que tu as toi-même lancé. « Pourquoi être venu au casino ? » Ce sont encore quelques secondes suspendues dans le vide qui s’écoulent, avant que tu n’éclates de rire — un de ces rires qui résonnent trop fort, et qui attirent quelques regards sur vous, quoiqu’ils se détournent bien vite pour s’en retourner à leurs occupations frivoles et ô combien plus intéressantes qu’un jeune adulte — adolescent, en vérité, mais t’es passé maître dans l’art du mensonge sous couvert des missions. Même à l’extérieur, en vérité.

D’un geste de la main — et ton poignet bandé te lance, tout à coup, comme pour te narguer et te rappeler que tu n’es que pitoyable —, tu sembles balayer ce qui se trouve entre vous deux — doute, malentendu ? Tes conneries, en tout cas. « Pardon, j’voulais pas t’faire flipper. » Bien sûr que si, ne serait-ce qu’un peu, parce que c’était distrayant, que ça t’occupait l’esprit, que ça te détournait de la vérité, et de sa gravité. Tu voulais juste ne pas trop penser. « J’vais pas t’mentir j’ai déjà un peu bu avant d’venir ici, c’est pas mon premier verre donc j’suis p’t’être pas le plus… logique… non, j’voulais dire rationnel... Fin c'est pareil, j’suis p’t’être pas le plus rationnel dans c’que j’dis. » Tu hausses les épaules, comme si ce n’était rien d’autre qu’un détail. Tu mens comme tu respires, Romeo. « J’suis venu accompagné de base et j’me suis fait lâcher. J’aime pas les casinos, et mes… potes kiffent pas vraiment les rabat-joies. J’me suis réfugié dans les vestiaires, et la suite tu la connais. » Par dessus son épaule, tu devines la silhouette de l’homme qui se lève et s’écarte du groupe des autres costards cravates auquel il s’était mêlé. Tu te fais violence pour ne pas t’y attarder, tu reposes les yeux sur ton verre qui tourne entre tes doigts.
« Enfin, j’suis désolé. C’juste que si j’suis pas friand des casinos, c’est surtout qu’j’aime pas la populace qui y traîne. T’sais, les hommes d’affaires un peu louches, tout ça, j’sais pas j’les aime pas, c’est beaucoup d’bruit pour des types qui peuvent crever sans qu’ça change quoique ce soit sauf d’un point de vue financier pour quelques raclures du même genre. Et l'pire c'est qu'ils s'en vantent, limite, fin... Bref. » Et tu termines ton verre, d’une seule traite, tête renversée en arrière et regard égaré sur les lumières vives du plafond. Tu ne mens que de moitié, finalement. Tu les détestes vraiment, ces types, et la mort de celui-ci précisément ne changera rien sinon que t’auras un bon pactole dans ta poche ce mois-ci — pourvu que ce soit toi qui aies sa tête, et pas l’un des autres vilains sur le coup, quand bien même t’es prêt à renoncer aux tunes pour ne pas avoir ce sang sur les mains en plus d’autres déjà versés.

Tu reposes ton verre, tu le pousses pour l’écarter du bord, et tu relèves les yeux en direction de Setsuna — tu ne sais toujours pas si t’as su la rassurer, ou si le doute demeure encore, suite à ton mensonge éhonté. S’il est crédible, s’il tient la route ? Si elle veut bien croire que t’es ivre, peut-être. Quel type à demi-minable, quelques verres dans le nez peut bien tenir le moindre discours cohérent ? Tu préfères passer pour un ivrogne un peu allumé plutôt que pour un assassin — quand bien même l’un comme l’autre tiennent leur part de vérité. « On bouge ? Fin, j’vais pas m’attarder, perso, mais... » Mais quoi ? Ton choix n’est pas encore fait ; l’homme est encore là, même s’il ne tardera sans doute plus à s’en aller, tu as encore le temps de décider. La morale ou l’argent ? Pire : la morale ou la défonce ? ; tu sais que la peur du manque l’emporte toujours. Alors, quoi, pourquoi t’hésites, pourquoi ta voix a tremblé, elle aussi, pourquoi t’as l’air perdu, hagard ; pourquoi t’as l’air d’un môme à qui l’on a tout ôté jusqu’à l’honneur même ?
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Yûki
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:18

Il y avait une chose sur laquelle j’avais du mal à mettre le doigt. Etait-ce de la peur qui me broyait le ventre ? Mes mains moites, mon dos raide, les pulsations de mon cœur que je pouvais ressentir jusque contre mes tempes, étaient-ce d’autant de symptômes m’indiquant de filer au plus vite ? Et mes jambes restaient figées. Je me sentais idiote, au-delà de l’angoisse première qui m’occupait l’esprit. Je devais être idiote. J’étais probablement idiote. Je tentais de garder une respiration calme et régulière, une respiration dont j’étais soudainement trop consciente. Je ne savais plus si s’était dans un souci de sauvegarder ostensiblement ma santé ou dans un désir de sauver les apparences. Avec du recul, cela pouvait sembler bien dérisoire. Mais un malaise m’habitait, un malaise dont j’essayais de me détourner, quelle importance porter au fait que le moyen puisse être risible ?

Je détachais mon regard de Romeo, le dirigeant sur le comptoir sur lequel reposait toujours mon verre. Je me perdis un instant dans la contemplation de l’alcool qu’il contenait encore, laissant mes pensées dériver. Ma main saisi le verre, peut-être un peu trop fort, avant de le porter à mes lèvres. J’en finissais rapidement le contenu alors qu’à côté de moi éclatait soudainement un de rire. Un éclat de rire comme il en retentit lorsque quelqu’un vient de raconter une bonne blague et que l’on est un public très réceptif. Mon verre fut reposé sur la surface du comptoir alors que je me retournais vers le jeune homme avec surprise. Une totale incompréhension s’emparait de moi alors que je le regardais, incapable de savoir quoi penser. Pourquoi riait-il ? Se moquait-il de moi parce qu’il venait de me faire une mauvaise blague pour laquelle je n’ai pas seulement marché, mais aussi couru ? Se moquait-il de mes questions, de l’angoisse qui m’avait saisi ? Je n’arrivais pas à comprendre, peu importe combien je puisse chercher. Et mes yeux voyageaient à grande vitesse sur son visage sans pouvoir s’arrêt sur un élément précis.

Son rire se calmait doucement, et je sentais monter en moi une certaine indignation. Une indignation qui remplaçait progressivement le malaise, l’anxiété que j’avais put ressentir. Une indignation dont je tentais de ne pas montrer grand-chose, alors qu’elle déferlait en moi par vague au moment où l’idée que cela n’était peut-être qu’une vaste blague de mauvais goût s’encrait en moi. Je fronçais les sourcils, le rire s’éteignait finalement.
« Pardon, j’voulais pas t’faire flipper. »
Le ton de ses mots avaient changés, il n’était pas le même qu’utiliser juste avant, et imperceptiblement, je me détendis. Comme si ses simples mots effaçaient à eux seul le terrible malaise qui m’avait prit, comme si s’était suffisant. Mais l’esprit humain était ainsi fait de toujours chercher la sécurité, et il était de loin plus rassurant pour moi de songer que ce n’était qu’une farce que de me mettre à réfléchir à une autre explication.
« J’vais pas t’mentir j’ai déjà un peu bu avant d’venir ici, c’est pas mon premier verre donc j’suis p’t’être pas le plus… logique… non, j’voulais dire rationnel... Fin c'est pareil, j’suis p’t’être pas le plus rationnel dans c’que j’dis. »
Mon regard se fixait finalement sur un point fixe de son visage. Ses yeux. Et je ne savais toujours pas quoi penser. Pourtant, je hochais doucement la tête, j’acceptais ses mots sans chercher à savoir s’ils étaient vrais ou faux. Peut-être que je m’aveuglais, mais c’était sans importance. J’allais jusqu’à laisser un mince sourire se former sur mes lèvres pincées alors qu’il continuait.
« J’suis venu accompagné de base et j’me suis fait lâcher. J’aime pas les casinos, et mes… potes kiffent pas vraiment les rabat-joies. J’me suis réfugié dans les vestiaires, et la suite tu la connais. »
Je hochais la tête une nouvelle fois. Je comprenais mieux, d’une certaine manière. Je percevais soudainement mieux le manque d’enthousiasme dont il avait fait preuve.
« Tu n’étais pas vraiment motivé… »
Ce n’était qu’un murmure qui m’échappa, qui fila entre mes lèvres avant que je ne puisse le retenir. Une simple observation faite, qui était passé du stade de simple pensée à mot concret sans que je n’y songe. La tension qui avait habitué mon corps et mon esprit quelques minutes plus tôt semblait avoir entièrement disparue, et même un léger rappel sur ce qui semblait avoir été une mauvaise blague ne la fit pas revenir.
« Enfin, j’suis désolé. C’juste que si j’suis pas friand des casinos, c’est surtout qu’j’aime pas la populace qui y traîne. T’sais, les hommes d’affaires un peu louches, tout ça, j’sais pas j’les aime pas, c’est beaucoup d’bruit pour des types qui peuvent crever sans qu’ça change quoique ce soit sauf d’un point de vue financier pour quelques raclures du même genre. Et l'pire c'est qu'ils s'en vantent, limite, fin... Bref. »
Il finit son verre alors que je secouais doucement la tête, comme désabusée. Je me tenais si loin de ses propres pensées, et si j’avais su… Mais il n’y avait aucune raison pour que je puisse un jour les connaitre. Pas que je le veuille non plus. Je m’accoudais sur le comptoir pour laisser mes yeux dériver sur les personnes présentes dans le casino. Beaucoup d’habitués d’un certain âge, plusieurs jeunes venues ici pour s’amuser, ou comme moi pour essayer, des heureux et des malchanceux, des naïfs et de fins connaisseurs. Il y avait toutes les sortes de personnes que l’on pouvait croiser ici. Et au milieu de tout cela il y avait nous deux. Moi, qui pouvait deviner à quelle catégorie j’appartenais, et Romeo, que j’étais bien incapable de classer. Une exception. Ou une anomalie. Mais je préférais le mot exception, anomalie sonnant bien trop comme quelque chose de péjoratif à mes oreilles.

Les mouvements du jeune homme à côté de moi me détournèrent de mon observation. Mes yeux se reposèrent sur lui avec une certaine interrogation, alors qu’il m’observait également. Je n’attendis pas très longtemps à vrai dire.
« On bouge ? Fin, j’vais pas m’attarder, perso, mais... »
Je restais silencieuse un moment, à le regarder. Je pesais le pour et le contre, à savoir le laisser partir seule et rester ici en solitaire, de cette même manière que j’avais prévu à l’origine, ou bien le suivre, et sans nul doute laisser tomber là cette soirée, définitivement ou non. J’humidifiais mes lèvres un instant, plongée dans mes réflexions avant de me décider. Rapidement, récupérant mon sac au passage, je quittais mon siège pour me poster près de lui, un sourire incertain sur les lèvres, mais pourtant présent.
« J’ignore où, mais je te suis. »
Oh et puis, pourquoi pas après tout ?
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:19

Elle hésite, elle tergiverse, et toi aussi ; tu te demandes si t’as pris la bonne décision, si t’as pas déconné, encore une fois. Ton regard ne cesse de passer d’elle à lui, de lui à elle. L’une des deux compagnies t’est préférable, parce qu’avec elle, aucun sang ne sera versé ce soir. Comme pour te persuader que ton choix est le bon, t’essaies t’imaginer la vie de ce type, t’essaies de voir une femme à son bras, un enfant sur ses genoux, un chien à ses pieds, t’essaies de le voir autrement que comme ta cible, autrement que comme l’ennemi à abattre, t’essaies d’imaginer cette épouse amoureuse et ce môme qui a besoin d’un père. Tes ongles heurtent le marbre du comptoir à un rythme régulier, à peine audible ; tu fermes les yeux, et t’oublies ou t’es, l’espace d’un instant. T’oublies le mélange trop lourd des parfums dans l’air, le bruit des conversations animées, des voix qui portent, les machines qui tintent et les rires qui éclatent, les portes automatiques qui s’ouvrent et se ferment et laissent à chaque fois un souffle d’air froid entrer dans le hall. T’oublies que t’es dans un endroit qui ne veut pas de toi, un endroit où tu n’as pas ta place, un endroit où tu ne devrais pas être, parce que tu n’as de commun avec tous ces êtres que le mensonge et la perfidie, la recherche d’intérêt et les double-jeux — au fond, peut-être, est-ce déjà un peu trop de choses en commun avec eux, qu’en dis-tu ?

Lorsque tu rouvres les paupières, c’est parce que t’as entendu du mouvement près de toi — le tissu qui se froisse, et les pas qui heurtent le sol. Elle est là, près de toi, un sourire timide aux lèvres, que tu crois susceptible de s’effacer d’une seconde à l’autre. Le tien revient, comme pour la rassurer — finalement, tu t’en veux peut-être un peu de l’avoir effrayée. Tu sais que tu raisonnes différemment, bizarrement, de manière illogique, un peu flippante — t’es seulement un peu trop franc et trop grande gueule pour la fermer. « setsuna » Tu te lèves à ton tour, en acquiesçant vaguement, et t’esquisses un geste en direction des vestiaires, pour qu’elle t’y suive. Récupérer vos affaires, sortir, respirer.

C’est quand tu passes les portes automatiques et que l’air frais de la soirée te force à enfiler ta veste que t’arrives enfin à inspirer correctement, libéré de l’emprise étouffante des effluves capiteuses, qui n’ont même pas le mérite d’être fleuries. Simplement boisées, lourdes, qui se veulent séductrices mais qui te filent la gerbe quand elles se mêlent les unes aux autres. T’y prêtes pas attention en soirée, quand les odeurs de sueurs et d’alcool s’y cumulent, mais là-bas, au moins, t’es dans ton élément. Pas comme ici, comme à l’intérieur de ce bâtiment à la devanture criarde que tu ne peux t’empêcher de toiser d’un oeil mauvais.
Un soupir, un frisson, et tu sors des poches de ton sweat un paquet de clopes et un briquet ; une tueuse entre les lèvres, t’adresses un regard en biais à la jolie brune, un sourcil haussé. « Ça te gène, l’odeur ? Savoir si j’dois faire gaffe à pas envoyer de ton côté. » Depuis quand tu penses aux autres, Romeo ? Puis, depuis quand t’essaies de te faire bien voir par c’te fille d’ailleurs ? Parce qu’elle t’intéresse, peut-être ?
Va savoir.

T’allumes ta cigarette, t’inspires une bouffée nicotinée que tu souffles dans l’air en un mince filet blanchi, trop clair pour toutes les merdes qu’il te fout dans les poumons. Et puis, de nouveau, tu fais signe à Setsuna de te suivre, une main dans la poche, l’autre contre ta cuisse, qui laisse se consumer la clope rougeoyante dans l’obscurité. « Encore un peu tôt pour achever la soirée, tu crois pas ? » tu lances à la cantonade, sans trop la regarder, l’attention capturée par les groupes de jeunes qui marchent et chahutent dans la rue. Samedi soir, bien sûr ; l’un de ces rares où tu n’as pas de concert organisé. C’est un autre groupe, cette fois, qui enflamme les planches du bar pendant que l’alcool coule à flots et qu’on se bouscule quand on se déhanche. Ça te manque presque, ça te manquerait encore un peu plus si tu ne te considérais pas en si bonne compagnie. « J’sais pas… Ça t’dit de manger un truc ? Dans mes souvenirs, y a une crêperie à deux pas d’ici, pas trop chère en prime, c’est tout bénéf’. » La réponse ne vient pas aussitôt, et tu sens l’hésitation qui se saisit à nouveau d’elle — justifiée, sans doute. On met tellement en garde les filles, les femmes contre les prédateurs, qu’il doit être normal, sensé, pour elles, de se méfier des types un peu louche qui les emmènent dehors et les invitent en les connaissant à peine. Alors, penaud, presque désolé, tu lui lances un regard, un sourire en coin, mal assuré. Elle cède, et ton regard pétille, satisfait, ravi. Toi-même, tu ne saurais pas bien te l’expliquer — peut-être que si, en vérité, mais t’as pas envie d’assumer qu’encore une fois, t’es qu’un connard, absolument pas désintéressé.

Alors, tu l’entraînes dans les rues, toujours illuminées, toujours fréquentées, pleines de monde et de bruits, de jeunes surtout, de quelques familles qui s’en vont s’amuser, faire un tour de grande roue ou s’amuser à l’un des stands de jeu à la sauvette qui apparaissent parfois, un soir par ci, un après-midi par là. T’aurais eu plusieurs fois l’occasion de raccourcir le chemin en empruntant d’autres allées un peu plus douteuses, de petites ruelles étroites qui n’inspirent déjà pas bien confiance en plein jour, et que l’on considère sûrement aussi menaçantes que les quartiers d’Hiawatha ou de Scitlali en pleine nuit, mais t’as pas voulu, de peur que sa méfiance pointe de nouveau le bout de son nez. Pour une fois, t’as pas essayé de tout foutre en l’air — t’es en progrès, Romeo.

Au bout d’un moment, alors que vous n’êtes plus qu’à une poignées de minutes — elles doivent se compter sur les doigts d’une main au maximum — de la crêperie, tu tires la dernière bouffée de ta cigarette, avant de la laisser tomber sur le macadam et de l’écraser sous ton talon. Alors, seulement, tu lèves les yeux en direction en direction de la jeune femme, une lueur d’intérêt logée au fond des ambres. « D’ailleurs, je me demandais, Setsuna… C’est… Hm, japonais, non, quelque chose comme ça ? Ton nom de famille il suit la route, ou c’est du ‘ricain pur souche pour le coup ? » T’aimes bien les prénoms qui détonnent — sauf le tien, faut l’avouer —, qu’on n’entend pas partout. Ceux d’autres horizons, venus d’ailleurs que t’aimerais visiter — en plus de la France, où tes pères t’ont déjà traîné, fait réitéré par les voyages scolaires auxquels t’as souvent participé. Ceux-là t’ont fait découvrir les quatre coins des Etats-Unis, notamment. Et puis, aussi, t’as zoné les rues de la belle Italie, en plein hiver, à l’occasion des fêtes de fin d’année. Evidemment, dans la foulée, t’as visité Vérone.
T’aimes aussi les prénoms qu’on tire de la littérature, des films, des séries qui marquent leur temps, parce qu’ils ont le mérite d’être souvent beaux — ou presque. Mais toi, tu t’en serais passé et, comme ce fut ton cas, tu plains tous tes homonymes qui ont ne serait-ce qu’une seule fois eu le privilège de partager leur classe avec une Juliet. Maudites soient ces railleries d’enfants qui rient de tout et de rien ; à vrai dire surtout de rien.
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:19

Je fis glisser la bretelle de mon sac sur mon épaule, plantée sur mes deux jambes près du comptoir. J’attendais la réaction de Roméo, un peu hésitante bien que je n’ai fait qu’accepter sa proposition d’aller ailleurs, m’occupant les doigts d’une quelconque façon sans que cela ne paraisse trop évident. Je reçu un sourire et un hochement de tête en réponse, avant qu’il ne se lève à son tour. Nous prîmes la direction des vestiaires, prêts à récupérer les affaires laissées là-bas avant de quitter le casino. Je jetais un dernier coup d’œil à l’immense salle principale, aux lumières colorées, à la foule sophistiquée emplie de quelques fantômes et aux bruits des machines et des cris de victoire ou de défaite. Je franchis la porte des vestiaires, et tout cela disparu brusquement, comme si cet univers n’avait en fait pas existé. Les rangées de casiers composant les vestiaires réapparurent sous mes yeux. Mes mains allèrent fouiller dans le fond de mon sac, à la recherche de la clé, et mes yeux rencontrèrent la petite boite de cachet blanc. Ah. Je l’avais presque oublié.

Je m’emparais de la clé, je récupérais le manteau que j’avais laissé dans le casier. En repassant par la porte d’entrée, l’air frais de la nuit m’accueillit. Un long frisson remonta le long de mon dos, me secouant, avant que je ne fasse glisser le vêtement sur mes épaules, m’enfonçant dedans avec un soulagement certain. Je n’aimais pas le froid. Je fixais mon regard sur Romeo, prête à le suivre et assez peu désireuse de le perdre de vue. Je le vis, d’un mauvais œil je le reconnaissais, sortir cigarettes et briquet.
« Ça te gène, l’odeur ? Savoir si j’dois faire gaffe à pas envoyer de ton côté.»
Je lui adressais un regard reconnaissant.
« Je préfèrerais l’éviter, s’il te plait. »
Je trouvais l’odeur désagréable, sans parler de l’impression de toxicité qu’elle m’avait toujours envoyé, même avant d’apprendre que mon cœur était aussi faible que fragile. Je fuyais le salon de la maison, quand j’étais petite, dés lors qu’un invité de mon père ou de ma mère venait et se mettait à fumer. Lorsque j’étais devenu trop vieille pour pouvoir m’éclipser discrètement et simplement, j’avais apprit à cacher de mon mieux mes grimaces de dégout.

La cigarette fut allumer, un mince filer de fumer s’en échappa un instant. Je fronçais le nez, mais aucune odeur particulière ne me parvint. Mon visage se détendit. Le vent porterait peut-être l’odeur jusqu’à moi plus tard, mais je ne m’en plaindrais pas. Romeo commença à s’éloigner, et je lui emboitais le pas. J’étais assez curieuse de l’endroit où il pourrait m’emmener ; pas que je m’attendais à quelque chose d’exceptionnel, mais la simple nouveauté m’intriguait. Nouveauté de l’endroit, peut-être, et nouveauté de la situation. Ce soir était bien la première fois que je me retrouvais seule à seul avec un garçon d’à peu près mon âge, et que je ne connaissais qu’à peine.
« Encore un peu tôt pour achever la soirée, tu crois pas ? »
L’attention que j’avais laissé dériver sur mon environnement se reconcentra sur Romeo. On était un samedi soir, et comme presque toujours dans cette ville, les rues étaient remplies même à la nuit tombée. Ce n’était pas vraiment un paysage que j’étais habitué à voir. Pas d’en bas tout du moins, davantage depuis le rebord de la fenêtre de ma chambre. Je n’étais pas vraiment quelqu’un qui sortait énormément une fois le soir venu. Je préférais le jour.
« J’sais pas… Ça t’dit de manger un truc ? Dans mes souvenirs, y a une crêperie à deux pas d’ici, pas trop chère en prime, c’est tout bénéf’. »
Je restais silencieuse un instant à cette proposition, fixant son dos sans vraiment le voir. Je réfléchissais, pesant le pour et le contre. Hé, pourquoi au fait ? Pourquoi devais-je réfléchir à chaque interaction ? C’était étrange. J’hésitais, l’incertitude au cœur. Mais lorsque je vis la même incertitude chez lui, je me sentis rassuré. Je lui souriais doucement, et acceptais.
« Ca me va, je te suis. »
Peut-être bien que j’étais stupide. Peut-être bien que j’étais naïve. Ça je m’en doutais bien, je l’avouais, mais pour l’heure je ne m’en préoccupais. Je réfléchissais trop, peut-être valait-il mieux que j’arrête. Alors d’une impulsion, je remontais à sa hauteur, suivant le chemin qu’il prenait. Je remarquais que l’on se rapprochait du centre-ville. Les rues étaient un peu plus habitées que précédemment, plus bruyante aussi. Je me perdais un instant dans la contemplation d’une famille tout en me laissant entrainer. A quand remontait la dernière fois où nous étions sortit tous ensemble, Junko, Tsubaki, papa, maman et moi ? Avant l’accident de Tsubaki, avant que tout n’éclate et ne me donne l’impression de voir ma famille devenir poussière. Avant aussi que je ne m’éloigne moi-même doucement. La famille disparu au coin d’une rue et je cessais d’y penser. Je déprimerais une autre fois. Peut-être.
« D’ailleurs, je me demandais, Setsuna… C’est… Hm, étranger… japonais, non, quelque chose comme ça ? Enfin, t'as pas les traits vraiment 'ricains, du coup… T'es d'ici à l'origine, ou pas du tout ? »
Je souriais avec amusement. Cela faisait un petit moment maintenant qu’on ne m’avait plus posé cette question. Les Etats-Unis étaient un tel mélange d’ethnies, de peuples, de nationalité que parfois, on n’y faisait plus attention. Mais peut-être n’avais-je plus entendu cette question parce que j’avais fuit l’université ? Oh, peut-être bien.
« Tu as raison, c’est japonais. Je suis né dans cette ville, mais mes parents sont originaires du Japon, et plutôt traditionnalistes. »
Suffisamment pour que cela se soit marqué en moi, et que je me pose parfois la question de savoir si je devais ou non prendre l’un de mes kimonos pour sortir. Je pourrais essayer, ça sera sans doute distrayant. Je laissais un sourire légèrement moqueur s’inscrire sur mon visage.
« Je ne te ferais pas l’affront de te questionner sur le tien, tu en as sans doute déjà eut assez non ? »
Je pouvais assez facilement imaginer l’engouement –toutes proportions réservées- et les commentaires que son prénom avait put lui valoir. Et j’oscillais entre l’amusement et la compassion. Nous marchâmes encore quelques minutes, avant que nos pas ne s’arrêtent devant un restaurant. Je relevais la tête vers la devanture, et le mot « crêperie » me sauta aux yeux. Je me tournais vers Romeo.
« C’est ici ? »
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:20

Japonais.
Dans l’mille.
A dire vrai, c’était un peu du hasard — je ne connais trop rien à cette culture, encore moins à cette langue. J’en sais ce qu’on entend parmi les addicts aux mangas, et si j’en ai vus quelques uns plus jeune, j’avoue qu’ils m’ont peu marqué. Je connais au mieux les consonances, et j’ai peut-être bien entendu le nom Setsuna donné à un personnage ou à un autre, mais je n’ai aucun mérite. Le pifomètre, comme souvent pour ce genre de choses.
Cela dit, traditionalistes… J’suis clairement incapable de deviner ce qu’elle sous-entend. Comme je l’ai déjà dit, je n’y connais rien ; le peu que je sais de leurs traditions serait sans doute plein de clichés immondes qui la feraient grincer des dents au pire, au mieux rire de mon ignorance — et ni l’un ni l’autre ne me conviennent vraiment, j’avoue.

« Je ne te ferais pas l’affront de te questionner sur le tien, tu en as sans doute déjà eut assez non ? »

Oh, pitié, non. De toute façon, qu’est-ce qu’il y aurait à en dire ? Mes parents — biologiques — avaient l’esprit un peu trop fantasque, pas d’inspiration, ou du Shakespeare sur leur table de nuit. Et mes pères — adoptifs, ceux-là — l’étaient tout autant — fantasques ou sans inspiration — pour décider de conserver ce nom qu’ils n’avaient pourtant pas choisi.
Je crois leur avoir déjà dit que j’aurais mieux voulu m’appeler Ruthel une bonne fois pour toutes — mais peut-être ont-ils essayé de conjurer le mauvais sort en le reléguant au second plan. Mauvaise pioche. Remarque, Romeo aussi s’fout en l’air à la fin de la pièce. Big up.
Je lui lance un regard, sans doute lourd de sens ; un rictus contrits, et je lève les yeux au ciel. Si tu savais tout ce qu’on m’a balancé dans la gueule à cause de ce foutu prénom. Si j’ai des mômes un jour, juré, le choix de leur nom ne sera pas un jeu de roulette russe. Je réfléchirai à tout ; toutes les références, tous les jeux de mots : s’ils doivent être brimés, ce ne sera jamais à cause de ces quelques lettres censées les définir pour le restant de leurs jours.

Elle s’arrête et je l’imite, les yeux levés en direction de la devanture — colorée, accueillante, pas trop tape-à-l’oeil, du genre qui promet un intérieur chaleureux, même cosy. La dernière fois que j’y suis venu, ce devait être avec Olympe et la clique des skateurs, pour un anniversaire, peut-être celui de Britt’. J’sais plus, c’est loin tout ça — pas tellement, un an ou un peu moins quand même. J’crois que son anniv’ est pas trop loin du mien, un peu avant, si mes souvenirs sont bons ça tombait synchro avec ma sortie de l’HP, à une ou deux semaines près. Fin bref.

« C’est ici ?
Affirmatif. Plutôt joli, hein ? »

J’avale les dernières bouffées de fumée de ma clope, les laisse s’échapper d’entre mes lèvres après avoir intoxiqué mes poumons une dernière fois. Et puis j’m’avance, j’ouvre la porte et lui fais signe de passer devant, en bon gentleman que je suis — que je sais être, du moins, quand j’le veux bien. A l’intérieur il fait chaud, le genre agréable, et il y a une odeur de rhum, de sucre et d’épices qui flottent dans l’air. Ça fait illico remonter des souvenirs, j’me sens divaguer, un peu rêveur — j’vais jusqu’à repérer la table qu’on avait investie avec la clique, serrés les uns contre les autres sur les banquettes. J’crois que le premier moment où je me suis senti vivant en sortant des trois derniers mois passés enfermé entre les murs de l’hospice.
Ç’a de quoi vous rendre complètement dingue — et si on n’est pas fou en y entrant, on est quasi-sûr d’en ressortir un peu déglingué, d’une façon ou d’une autre.
J’sais pas où ils ont vu que ça pouvait aider quiconque de le garder là-bas, putain.

« T’as déjà mangé, avant le casino ? Ou on s’fait un p’tit dîner aux chandelles, crêpes salées, tout ça ? »

J’lui lance un regard, lourd de faux sous-entendus, un sourire au coin des lèvres — j’aime bien en faire un peu trop, pousser à l’ambigu, balancer un nombre record de connerie à la minute et voir les réactions des autres. Les siennes, en l’occurrence — mêm si j’en suis encore à l’étape tester les limites.

Je désigne une table pour deux d’un geste du menton, près des fenêtres, guette son approbation, puis me faufile entre le bar et la famille qui s’avance vers la sortie. J’hésite une seconde, puis j’me décide — au mieux, ça la fera rire. Je me redresse, plus droit qu’habituellement, en tirant sa chaise et en la lui indiquant d’un regard pour qu’elle y prenne place. Son sourire me rassure, elle s’installe et je m’écarte.
Une seconde de trop, sa main reste à portée ; j’me fends d’un rictus quand je m’en saisis — doucement, avec mille délicatesses, comme si c’était d’un objet précieux (ou d’une bombe enclenchée, comme vous préférez) — et m’incline. Eye contact, je m’accroche à ses prunelles quand j’effleure sa peau de mes lèvres — juste une caresse, aucune insistance ; baiser plume ou papillon. La réaction n’est pas la même — un frémissement, un temps de doute ; je crois deviner le feu sur ses pommettes et il m’amuse.
Je me redresse — à peine, un rire au fond de la gorge, railleur, et c’est habituel.

« Pardon. Serai-je en train de brûler les étapes ? »
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:21

« Affirmatif. Plutôt joli, hein ?» Je gardais mes yeux posés sur la façade du petit restaurant. La lumière qui émanait de l’intérieur venait se répercuter sur le trottoir devant. Sans les lampadaires qui éclairaient la voie, on aurait put dire un phare dans la nuit. Je pouvais voir des couleurs, bien moins éclatantes qu’en plein jour, sans doute. Je répondis par l’affirmative à la question. Oui, c’était plutôt joli. Et j’aurais eut tendance à dire aussi accueillant. Je me sentais curieuse de découvrir l’intérieur, voir s’il serait semblable à l’extérieur.

Je redescendis sur terre, et mon regard aussi par la même occasion, en distinguant Romeo s’avançant vers la porte. Je le suivi à pas mesuré, et lui adressais un large sourire spontané en le voyant ouvrir la porte pour me laisser passer. Je gravis avec rapidité la marche et subis un brusque changement de température. Sans m’en rendre compte, je pris une grande goulée d’air, avant d’entreprendre de me séparer rapidement de ma veste. Je jetais un regard circulaire à la salle, sans voir beaucoup de monde. Seulement trois tables étaient occupées, mais à cette heure c’était sans trop de surprise.
« T’as déjà mangé, avant le casino ? Ou on s’fait un p’tit dîner aux chandelles, crêpes salées, tout ça ?»
Je me retournais à demi pour l’avoir de nouveau dans mon champs de vision avant de secouer la tête.
« Non, je n’ai pas encore mangé. Je pensais le faire là-bas à vrai dire… Va pour le dîner alors. »
Même si la mention de chandelles me provoqua une gêne, je pris le parti de l’ignorer. Ce devait être une plaisanterie –du moins le pris-je comme une plaisanterie- sur laquelle je ne m’attardais pas. J’adressais un sourire à Romeo en faisant comme si je n’avais pas relevé le sous-entendu, et regarda dans la direction qu’il m’indiquait. J’observais un court instant la table avant de m’y diriger.

Avec fluidité, il passa devant moi. Je m’interrogeais un instant sur son changement de posture en le regardant avec curiosité. La chaise fut tiré et la lumière ce fit. Je ne retins pas mon amusement face à cette situation. Je ne me fis pas prier et alla m’installer. Je m’attendais à ce qu’il s’asseye en face de moi, mais il n’en fut étonnamment rien. Je fus surprise en sentant tout à coup ma main être attrapée, et le temps de tourner la tête je le vis penché dessus. L’instant d’après, un frisson remonta le long de mon bras, et je ne sus s’il avait embrassé ma main ou non. Cette fois-ci en revanche, j’étais clairement gênée et incapable de le cacher. Je ne doutais pas un instant du rouge qu’avait du prendre mon visage. Dés que je sentis sa prise sur ma main se relâcher, je la repris et la posais à côté de l’autre sur mes genoux. Je ne savais plus où poser mon regard.
« Pardon. Serai-je en train de brûler les étapes ? »
Je pouvais deviner sans vraiment beaucoup de peine qu’il devait s’amuser. A mes dépens bien sûr. Cela ne sonnait pas comme étant la première fois. Je fis de mon mieux pour reprendre un peu de contenance. Je ne fus pas convaincue du résultat.
« Evidemment. »
Je ne sus pas quoi rajouter et me plongeais dans le mutisme. Je n’osai reposer mes yeux sur lui que lorsqu’il se fut installé en face de moi, n’ayant pas non plus l’intention de me montrer de mauvaise compagnie tout au long du repas. J’hésitais un instant, avant de piocher dans mon quota de courage. J’esquissais un sourire d’excuse.
« Désolée. Je ne suis pas vraiment à l’aise avec…ça. Je ne suis pas habituée. »
Sur ça, une serveuse arriva avec deux menus qu’elle posa sur notre table, me privant momentanément de réponse. A sa demande, je me contentais de commander un verre d’eau, très peu tentée par la moindre goutte d’alcool. Un coup d’œil à la carte me confirma dans ma méconnaissance de ce style de cuisine. Je relevais subitement les yeux.
« Quelque chose à recommander, Romeo ? »
C’était un coup bas.
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MessageSujet: Re: Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour nous ! ; Setsuna   Lun 7 Aoû - 11:21

« Evidemment. »

Je ris, doucement, juste un souffle par le nez, presque silencieux. Amusé, pas bien méchant, un peu trop taquin à n’en pas douter, j’avoue que les limites sont toujours floues lorsque l’on me côtoie. Trop tactile, ambigu, on entre dans mon jeu, on me frappe ou on me fuit, tout dépend — parfois j’arrête, de peur d’y perdre des personnes appréciables pour des broutilles de gestes et de mots sans arrière-pensées, parce que je suis comme ça. La parlotte avant la réflexion, la spontanéité débordante et la quasi-incapacité à retenir ce qui me traverse l’esprit au moment où il le traverse.
Insolence ou connerie, peut-être un peu des deux — ceux qui me côtoient depuis longtemps sont habitués, parents et Olympe en tête de liste, le reste des Fallen Devils juste derrière.

Installé face à elle, les coudes sur la table et les mains croisées, j’observe les environs quelques instants, brièvement envahi de nostalgie, j’entends encore les rires et les bribes de conversations, et puis cette habitude de tester tous les nouveaux goûts et de piocher dans les assiettes des uns des autres — saveur d’amitié passée, le temps écoulé s’est fait bien aigre depuis.

« Désolée, elle lâche, et je repose les yeux sur elle. Je ne suis pas vraiment à l’aise avec…ça. Je ne suis pas habituée. »

Je souris.
Comme un con, c’est plus fort que moi, et je ne suis pas certain qu’il demeure dans ce rictus la moindre once de moquerie. Je ne me moque plus, je ne m’amuse plus vraiment, c’est autre chose tout à coup — elle m’attendrit. Etrange sensation à laquelle je décide de ne pas prêter plus ample attention ; je la range dans le placard des choses sur lesquelles se pencher plus tard, lorsque viendront l’insomnie et les heures de vide, celles de creux à combler par tous les moyens pour ne pas penser.
Se souvenir de son visage, de son sourire ; se souvenir de sa voix, et de son regard, de cette façon qu’elle a d’observer le monde, comme si elle le découvrait, comme si elle en dévorait le moindre éclat de couleur, la moindre poussière luisante dans l’air dans un raie de lumière entre deux volets.
Comme si c’était la beauté du monde qu’elle cherchait dans chaque mouvement.

« C’est moi qui m’excuse, je fais, en balayant les siennes d’un revers de la main. J’avoue être un peu trop… Un peu trop, juste. Un peu trop lourd ? Je ne réfléchis pas vraiment, tourner la langue sept fois dans ma bouche, c’est pas vraiment quelque chose d’acquis. »

J’ai un rire, léger, tout doux, à peine audible, si faible que je ne suis pas certain qu’elle ait pu l’entendre, quoiqu’elle n’est pas si loin face à moi.

« Au cas où tu te poserais la question, je t’assure que la cour que je te fais est absolument désintéressée. »

Demi-mensonge seulement : elle est charmante, jolie, belle, même, à n’en pas douter, de cette beauté sage de celle qui se respecte, un rien fragile mais dont on a l’impression qu’elle pourrait endurer le poids du monde s’il le fallait, pour une cause qui trouverait grâce à ses yeux.
A mon goût, certes, trop pour que je n’y ai pas pensé, trop pour que l’idée ne soit pas quelque part en arrière plan, background de l’esprit. Mais il y a ce quelque chose que j’aurais comme peur de briser entre mes mains, s’il me prenait la folie de la mettre à nu pour me glisser entre ses cuisses, comme la sensation de lui voler quelque chose — rien à voir avec une quelconque virginité, une quelconque innocence, c’est autre chose, de moins artificiel qu’une histoire d’hymen déchiré. Autre chose de plus touchant, de plus vibrant — le même écho que celui qui claque sous la façon dont elle regarde le monde qui l’entoure.

C’est la voix de la serveuse qui me rappelle à l’ordre qui me sort de mes pensées, comme si c’était déjà la deuxième fois qu’elle posait la question de savoir si oui, ou non, j’allais commander un apéritif. Trois seconde de vide encore, et c’est un kir — alcool léger, je n’ai pas vraiment réfléchi.
Sous mes yeux, la carte que je n’avais pas remarqué, dont je tourne les pages délicatement — à chacune d’entre elles, bouffée de souvenirs, comme une claque dans la gueule.

« Quelque chose à recommander, Romeo ? »

Je fronce les sourcils en relevant le nez, cherche dans ses yeux la lueur traîtresse qui m’arrache un rictus — peste. Mais ça m’amuse, je ne peux le nier, ça me fait marrer, ça me donne envie de prolonger la soirée — ça me permet d’oublier à quoi elle était vouée, l’issue fatale qui n’est que retardée d’un peu.

« Hm… Si tu es un peu frileuse, plutôt des valeurs sûres, tape dans les Classiques, plutôt Normande ou Forestière, la cuisine française a du bon. Si t’es un peu plus exotique, regarde du côté de celles au saumon ou des plats adaptés en galettes, Lorraine ou Galiflette. »

Je mords la lèvre, je ris doucement, presque gêné, mais ça n’est pas tout à fait ça.

« Désolé, elles sont toutes à tomber par terre, alors si tu espérais de moi que je ne t’en propose qu’une seule, c’est raté. »

Mon choix fait — la classique complète —, je pose la carte en bord de table, attends patiemment que l’on nous apporte kir et carafe d’eau, que l’on prenne nos commandes et que la serveuse s’en aille de nouveau pour boire une gorgée de vin blanc aromatisé framboise puis me pencher légèrement en direction de Setsuna, au dessus de la table, bras croisés à sa surface.

« Donc, comme ça, tu n’as pas l’habitude que les hommes flirtent avec toi ? Comment est-ce seulement possible ? T’es plutôt l’archétype de la femme sur laquelle les mâles aiment bien se retourner dans la rue… Parole de l’un d’entre eux. »

Et j’ai ce clin d’oeil, ce t’en fais pas, toujours pas d’arrière-pensées obscènes en un maigre geste.
Même si, je l’avoue : je ne me lasse pas de voir ses pommettes emprunter des teintes cramoisies à chacune de mes remarques un peu trop déplacée.
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