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 ici nos rêves sont étroits, ouhouhouhouuu ~

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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: ici nos rêves sont étroits, ouhouhouhouuu ~   Mer 11 Mai - 20:05

ici un titre, et même
qu'on peut le rallonger
ft. prénom p. nom
Ton amant est grand et beau, et il s’appelle « Ailleurs ». Tu veux te réfugier dans ses bras pour qu’il te fasse voir autre chose. L’air est devenu irrespirable ici ; comment ça, tu vas mieux ? ça veut dire quoi, aller mieux ? Si ça veut dire moins pleurer, alors oui, les larmes coulent moins souvent. Tu as commencé à faire le tour des idées insupportables, elles te prennent moins par surprise, alors les sanglots incontrôlables s’espacent. Mais tu attends. Tu ne sais pas quoi mais tu attends. Tu suis le mouvement, le quotidien, tu obéis, tu te résignes, tu obtempères, mais tu étouffes.

Un souffle, un silence. « Il n’y a plus rien qui me retient ici » Tu jettes ça sur la table avec un air résigné, et tous ceux qui pensaient te retenir accusent le coup à leur façon. Les arguments que l'on tente d'avancer, tu les réfutes. Pour toi, ils sont autant de raison de partir. Dans tes yeux, il y a cette silhouette indéfinissable qui danse, qui nous nargue. Je m'en rends compte lorsque tu t'enfonces dans ton siège, tu es déjà loin d'ici, loin de nous, déjà partie, déjà avec ton amant. Tu ne l'as même pas encore rencontré, et pourtant il fait déjà briller cet éclat funambule que j'ai cru longtemps éteint en toi. Du même coup, il te vole à nous.

Tu parles déjà billet, bagages, horaires. Tu n'as pas attendu notre approbation ni notre bénédiction pour prendre ton envol. Tout est déjà prêt, tu n'as plus qu'à partir, Ailleurs t'attend et dans tous tes gestes il y a cet empressement qui est de retour, mais ça n'est plus le même. Jusque là, c'était l'empressement dans notre flot de paroles, et puis celui dans nos pensées, pour ne pas trop penser justement, à rien ni personne d'autre que toi, t'occuper et nous oublier pourvu que toi tu restes éveillée. Cette fois-ci, c'est l'empressement de celle qui fuit tant qu'elle croit n'avoir plus rien à perdre, l'empressement de la certitude d'avoir pris la bonne décision, l'empressement de la hâte.

Tu respires mal, ici. Respirer c'est vivre, partir c'est respirer. Pour toi, partir, c'est vivre.
Alors, comme l'ombre que j'ai toujours été dans ton dos, j'acquiesce.

Ma bénédiction, tu l'obtiens sans même avoir à lutter.
Tu as rejoint le clan de ceux qui ont souffert, ceux qui ont le charme des gens qui se foutent d’être regardés. Ceux qui donnent l’impression d’être toujours un peu loin, parce qu’ils sont seulement en eux.
code by encrine


Dernière édition par Yûki le Mer 30 Aoû - 14:36, édité 1 fois
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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: Re: ici nos rêves sont étroits, ouhouhouhouuu ~   Sam 12 Aoû - 11:00



{ play with matches }
burn into ashes
feat — Iekazu
Le Lorem Ipsum est simplement du faux texte employé dans la composition et la mise en page avant impression. Le Lorem Ipsum est le faux texte standard de l'imprimerie depuis les années 1500, quand un peintre anonyme assembla ensemble des morceaux de texte pour réaliser un livre spécimen de polices de texte. Il n'a pas fait que survivre cinq siècles, mais s'est aussi adapté à la bureautique informatique, sans que son contenu n'en soit modifié. Il a été popularisé dans les années 1960 grâce à la vente de feuilles Letraset contenant des passages du Lorem Ipsum, et, plus récemment, par son inclusion dans des applications de mise en page de texte, comme Aldus PageMaker.

« Romeo blablate par ici. »

On sait depuis longtemps que travailler avec du texte lisible et contenant du sens est source de distractions, et empêche de se concentrer sur la mise en page elle-même. L'avantage du Lorem Ipsum sur un texte générique comme 'Du texte. Du texte. Du texte.' est qu'il possède une distribution de lettres plus ou moins normale, et en tout cas comparable avec celle du français standard. De nombreuses suites logicielles de mise en page ou éditeurs de sites Web ont fait du Lorem Ipsum leur faux texte par défaut, et une recherche pour 'Lorem Ipsum' vous conduira vers de nombreux sites qui n'en sont encore qu'à leur phase de construction. Plusieurs versions sont apparues avec le temps, parfois par accident, souvent intentionnellement (histoire d'y rajouter de petits clins d'oeil, voire des phrases embarassantes).

Plusieurs variations de Lorem Ipsum peuvent être trouvées ici ou là, mais la majeure partie d'entre elles a été altérée par l'addition d'humour ou de mots aléatoires qui ne ressemblent pas une seconde à du texte standard. Si vous voulez utiliser un passage du Lorem Ipsum, vous devez être sûr qu'il n'y a rien d'embarrassant caché dans le texte. Tous les générateurs de Lorem Ipsum sur Internet tendent à reproduire le même extrait sans fin, ce qui fait de lipsum.com le seul vrai générateur de Lorem Ipsum. Iil utilise un dictionnaire de plus de 200 mots latins, en combinaison de plusieurs structures de phrases, pour générer un Lorem Ipsum irréprochable. Le Lorem Ipsum ainsi obtenu ne contient aucune répétition, ni ne contient des mots farfelus, ou des touches d'humour.
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Yûki
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MessageSujet: Re: ici nos rêves sont étroits, ouhouhouhouuu ~   Mer 30 Aoû - 22:12



Métro, ligne six.
Appuyé contre les portes — celles qui ne s’ouvrent pas sur ce trajet —, écouteurs vissés dans les oreilles, je fixe l’obscurité des tunnels qui défile sans qu’on ne le remarque vraiment, de l’autre côté de la vitre. Un type s’essouffle sur son harmonica au fond du train, son chapeau vide, soigneusement ignoré par tous. Arrêt suivant, il abandonne, descend ; trois gamines — des lycéennes, sûrement — montent dans la rame. La brune, la blonde et la châtain ; la troisième porte la jupe indécente, celle de dix centimètres de moins que la longueur recommandée lorsqu’on prend les transports en commun, passé vingt heures. Ses bracelets tintent sur ses poignets, elle a les lèvres violet foncé, presque noires, des airs rockeuse, femme-enfant, plutôt jolie, faut dire ce qui est. Mais trop jeune, j’en suis quasiment certain.
Mon regard glisse sur elle sans s’attarder sur les courbes, se posent sur un type, en face. Quarante pige, une alliance au doigt — j’augmente le son du métal dans mes oreilles, ferme les yeux pour faire mine de n’avoir pas vu qu’il la matait, un début de trique sous le dossier cartonné posé sur ses cuisses.
Trois arrêts plus loin, c’est moi qui descend.

Je n’attends que d’être enfin à l’extérieur pour tirer une clope de mon paquet, la glisser entre mes lèvres et l’allumer, inspirer une bouffée empoisonnée et la recracher dans l’air humide de la soirée. J’avance sur les rues pavées foulées cet après-midi même, la gueule de bois à son apogée, les nerfs à vif à cause d’une midinette qui a cru mettre le monde à ses pieds — une garce
une pétasse, on dit, quand on est un salaud
quand on est un connard
et qu’on a envie d’être méchant.
Méprisant, mauvais, médisant.
Tiens, ça me rappelle quelqu’un, ça.

Le dos contre le grillage d’une boutique fermée depuis dix-neuf heures, je consume, consomme, les yeux rivés sur la devanture du bar de l’autre côté de la rue — le Midnight O’Clock, on y a traîné deux, trois fois avec les potes, au lycée, quand on voulait jouer les grands et qu’on se lassait des diabolo fraise et des menthes à l’eau sur la terrasse du Jadis après les cours. Un café français, à trois minutes à pieds du bahut ; faut avouer que c’était surtout pour la serveuse du mardi, mercredi et vendredi qu’on aimait bien y aller, son léger accent surtout, même si le service coûtait une blinde. Fin de collège, on mettait en pratique nos cours de français trop académiques, ça la faisait rire quand on commandait avec un vocabulaire maladroit appris en cinq minutes entre les pages d’un vieux manuel, ça s’appelait A tire-d’aile, quelque chose comme ça.
On fantasmait sur elle comme des puceaux en mal de baise, c’était dégueulasse.

Dernières taffes tirées, mégot écrasé, je traverse la route sous les phares d’une voiture qui pile à deux mètres, klaxonne, le type m’insulte par sa vitre baissée ; je pousse la porte sans me retourner.
La chaleur est agréable, à l’intérieur, l’air moins artificielle qu’ailleurs, moins étouffante aussi. Musique d’ambiance, légère, en fond, du vieux blues de l’époque des bons groupes plutôt que des merdes industrielles, made by money, made by society. Rien n’a changé, depuis le bon vieux temps. La même déco’ un rien rétro, les mêmes vieilles banquettes de cuir si bien préservé qu’on s’est mille fois demandé quel était leur secret d’entretien, ce parfum de café diffus, à peine entamé par celui de l’alcool en fin de soirée.
Comme une vieille photographie, supposément en teintes sépia, ce soir un peu trop vive et animée.

Je m’installe sur un siège, près du comptoir, retire mon blouson — bombers noir, basique, sur l’ensemble classique du débardeur orné du logo d’un vieux groupe de rock, et de la chemise à carreaux rouges ouverte, les manches remontées aux coudes, les poignets pleins de bracelets, cuir et chaînes, et j’m’en fous des cicatrices et blessures fraîches d’il y a deux heures, pour cette fois — et le pose sur le dossier de la chaise quand le barman s’approche de moi, lâche un bonsoir poli et me demande ce que je veux.
Ce que je veux.
Ce que je veux ?
Qu’cette garce s’étouffe dans son sommeil, et qu’sa dernière pensée soit pour moi, elle serait bien baisée.

« Un whisky. »

J’envoie valser la politesse ; ce soir, j’en ai rien à foutre. J’entends bien ressasser les mots acérés, tranchants, blessants, les oublier en les noyant dans l’alcool jusqu’à n’avoir plus les idées claires, jusqu’à tituber, jusqu’à ce qu’elles ne refassent plus surfaces, ses putain d’insultes et sa sale gueule.

Mais t’es là, toi, l’importun qui se fait une place au bord de mon champ de vision, à quelques centimètres de moi, sur le siège à ma gauche quand la plupart sont libres, que j’crois bien t’avoir aperçu plus loin, aussi, y’a deux secondes, quand je me suis assis.

« Je prendrais la même chose que lui, je paye la tournée. »

Je retiens un soupir, daigne lever les yeux dans ta direction, brièvement ; et t’as ce sourire presque agaçant, trop amusé au milieu de ta belle gueule, des yeux bleus qui me rappellent ceux de Meera, des cheveux niqués aux teintures aussi — tout en plus sombre, chez toi. Plus doux, chez elle.

« Si tu te demandes : Oui, c’est une tentative de rapprochement et de drague. Tu n’y verras pas d’inconvénients, pas vrai ? »

Pendant une seconde, juré, j’hésite à te rembarrer — j’étais pas là pour ça, j’te sens comme envahir mon espace vital, mon besoin de respirer, celui de me mettre minable. Mais je songe à la consommation gratuite, aux quelques pièces sauvées qui se changeront en drogue supplémentaire pour la semaine à venir ; je me détends un peu, sans céder tout à fait.
Je t’observe en biais, avec à peine l’esquisse d’un rictus au bord des lèvres.

« Ça dépend, combien de verres tu m’offres pour me faire oublier lesdits inconvénients ? »

Première commande déposée sur le comptoir ; j’hésite. Mais les élans mauvaise humeur me rattrapent, s’il faudrait remercier, trinquer, je n’en fais rien, je m’enfile la moitié du verre pour me brûler la gorge, le regard porté sur le vague, un point fixe quelque part entre les bouteilles alignées sur les étagères derrière le barman.
Quand je repose le verre, c’est aussi pour reposer les yeux sur toi, te fixer un peu plus longtemps, un peu plus franchement — je dois au moins avouer que ta dégaine me plaît, que ton assurance m’amuse, alors je porte la mienne en étendard effiloché, donner le change est un art bien maîtrisé.

« Allez, sois franc. Tentative de drague ou plutôt soif de baise ? »

Mens pas, te fous pas de ma gueule ; y’a fort à parier que t’es pas bien différent de moi si t’es là, tu les enchaînes, tu veux du cul, fais pas genre, c’est pas l’homme de sa vie qu’on vient chercher au comptoir d’un bar à vingt-deux heures passées.
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