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 be yourself, everyone else is already taken ; akainu

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Yûki
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Messages : 699
Date d'inscription : 29/06/2012

Feuille de personnage
random: ici petit poney

MessageSujet: be yourself, everyone else is already taken ; akainu   Dim 30 Juil - 0:55

Akainu Nishimura
feat Akabane Karma (Assassination Classroom)
Akainu Nishimura
Hétérosexuel
18 ans
Avalon ; Pyroli
Job
Né à Johto ; vit à Hoenn
Attaques ; Arme

• Ebullilave ;
Un Enfer de flammes brûlantes s'abat tout autour du lanceur, comme un barrage contre celui qui s'approcherait de trop près. L'écran ne dure que quelques secondes, même pas une dizaine, œil sur le chronomètre. Cependant, les brûlures qu'il peut infliger sont terribles et douloureuses pour quiconque se risque à les subir.


• Fléau ;
Ou, pour les intimes, « coup de poing de la dernière chance ». C'est en puissant dans ses dernières forces que le lanceur peut donner un coup violent qui, paradoxalement, sera plus violent si le lanceur a auparavant été affaibli.


• Poignard ;
Caché dans la doublure de sa manche ou, le cas échéant, accroché à l'arrière de sa ceinture, la lame n'est jamais bien loin de son propriétaire. Pour sûr, il sait sans servir et n'a souvent pas grande pitié à le faire ; aux grands maux les grands remèdes, Akainu a trouvé celui qui en calme plus d'un.
Experience is merely the name men gave to their mistakes.
Physique •
Akainu est un jumeau, un triplé, et pourtant, aussi semblables les traits de son visage et sa carrure puissent-ils être à ceux de ses alter-ego, il s’avère être le plus grand de sa fratrie rapprochée. Depuis longtemps, il surpasse sa soeur et, sur ses dernières années, il a achevé de dépasser son frère qu’il talonnait depuis quelques temps déjà. Plutôt que le mètre soixante-huit de son autre, il a su arrondir jusqu’au soixante-dix, peut-être même soixante-et-onze si l’on s’y penche au détail près. Il n’a jamais eu la taille des conquérants, ni la carrure des dieux de la guerre ; il a au moins hérité d’épaules carrées, de bras et d’abdominaux bien dessinés à force d’entraînements constants depuis son entrée à Avalon, et plus tôt encore. Endurant, héritier d’une habileté digne d’un Chacripan, la flammèche sait mettre à profit ses capacités physiques, acquises à force d’efforts, de travail sans relâche ; à s’occuper l’esprit il a su forger son corps, bien jeune encore et qui ne saura que devenir plus performant encore au fil des années à venir.

Lorsqu’on le voit pour la première fois, si l’on ne le prend pas pour un humain, il n’est pas difficile de deviner que l’on fait face à un être capable d’user de flammes et de braises à l’encontre de ses ennemis. Sa peau, son être tout entier ne stagne jamais à une température que l’on considère normale, chez un humain notamment ; elle s’élève toujours à cinq, six degrés de plus, un peu moins lorsque l’hiver s’installe et plonge ses crocs dans chaque parcelle de lui-même qu’il laisse à découvert. Le froid, il le craint plus que d’autres types, et la pluie est son Némésis comme rien d’autre ne le sera jamais. Lorsqu’une averse s’annonce, il s’abrite ; s’il ne peut pas y échapper alors il essaie de ne pas y rester bien longtemps non plus. Il se sait à découvert, affaibli, cible facile pour quiconque plus à l’aise que lui sous les nuages dégorgeant.

On distingue ce qu’il est jusque dans son regard : deux prunelles à la frontière entre l’orangé vif et le doré caramélisé, il dénote d’une chaleur pas si accueillante que l'on pourrait penser la plupart du temps. S’il n’est pas tantôt malicieux, tantôt moqueur, plus rarement rieurs, c’est aussi le mépris et l’hostilité à son plus haut niveau qui envahissent ses iris, qu’il n’a pas su rendre tout à fait impénétrable, mais moins lisibles qu’ils purent l’être fut un temps. Il apparaît désormais plus aisément secret et renfermé qu’il n’a pu l’être, dans cet autrefois où l’on voyait en lui comme on voyait les cieux à perte de vue ; il était un livre dont il était facile de parcourir les lignes au travers du regard, mais on n’y distingue plus à présent qu’un parchemin à l’encre passée, complètement effacée de ci, de là.

Si on pense sa peau aussi claire que celle de ses camarades de berceau, il suffit de l’encadrer de sa sœur et de son frère pour se rendre compte sans mal aucun que la sienne a adopté des teintes à peine plus basanées que la leur, et sans doute est-ce une fois de plus dû à sa condition de Pyroli. Son visage, aux traits dessinés avec une dureté que l’on ne lui connaissait pas, plus jeune, est encadré tout autant que mis en valeur par sa tignasse, vive et rougeoyante, semblable à un ballet de flammes dés lors que le vent vient s’y glisser, face aux couchers de soleil les plus flamboyants d’autant plus. C’est non sans se rappeler de la fourrure rousse de ses ancêtres à quatre pattes, aperçus dans les livres de cours, que l’on peut y trouver à nouveau un lien avec ce qu’il aurait été, si Arceus ne s’en était pas mêlé.

Il a le sourire difficile depuis qu’il a grandi, mais lorsqu’il vient éclairer son visage, il s’y révèle une innocence et une espièglerie presque touchantes ; il est de ceux qui sourient avec les yeux, de ceux qui ne savent pas mentir sur un élan de joie tant celui-ci s’imprime sur ses traits plus qu’aucun autre, et laisse flotter autour de lui une aura d’enfance, depuis longtemps mise de côté. Son rire, souvent, suit ; discret la plupart du temps, un peu moins lorsqu’il est incontrôlable et plus franc. Sa voix, toujours, est claire et assurée, jamais tremblante, au mieux sifflante ; il sait la maîtriser et la rendre tout aussi séduisante qu’effrayante. On s’y trompe rarement à l’entendre, à moins qu’il ne se plie à un énième jeu de masques auquel il joue mieux que beaucoup d’autres.

Si l’on s’attarde un peu à laisser courir nos yeux sur le corps d’Akainu, on pourra bientôt y discerner les nuances blanchies de vieilles cicatrices, causées de ci, de là par ses multiples entraînements, de faux combats contre ses camarades d’Avalon. Ou, encore, de chutes stupides datant de l’époque de ses premiers pas à l’école, où il n’était encore qu’un hybride peu assuré sur ses pattes, maladroit et vacillant, incapable encore de conserver camouflées ses oreilles et sa queue duveteuses, rallongement de lui-même et reste de la nature qu’il n’a jamais connue.

Il y a là, sur l’oreille droite, en bonne partie cachée par les poils roux sagement repoussés, une cicatrice plus profonde que les autres, simple résultat d’une chamaillerie d’enfants et d’un mauvais coup de dents, lorsqu’il était haut comme trois pommes. Plus bas, sur sa taille même, s’étend une autre balafre, plus longue mais plus fine, autour de laquelle on distingue encore les points qui furent ceux de suture. Vestige d’un combat mené peu après son recrutement, d’un coup mal esquivé, douloureux mais qu’il avait encaissé sans broncher, rien qu’en serrant les dents et en se retenant de mordre sa propre langue.

Comme il n’est pas de ceux qui font aisément tomber la chemise, rares sont ceux et celles qui, ailleurs que dans de quelconques vestiaires, peuvent se vanter d’avoir déjà vu cette fameuse cicatrice, qu’il justifie en un haussement d’épaules lorsque les heureux élus l’interrogent à ce propos. Il n’en a cure, et c’est pour éviter les roucoulements qu’il préfère s’habiller que les laisser reluquer. De t-shirts à sweat, en passant plus régulièrement par les chemises et autres tenues aucunement destinées à se battre ni à mener une quelconque mission de repérage, encore moins d’infiltration, Akainu se contente de porter ce qu’il aime, ce qui lui sied, ce qui le met à son aise. Les couleurs ? Il les accorde à vue d’œil, sans être jamais trop sûr du résultat ; on ne lui a jamais fait aucune remarque, sans doute mise-t-il juste dans ce cas. Une chose est sûre, la mode ne lui plaît pas, il ne s’y pliera jamais ; son arme de séduction, ce sont ses regards et ses petites mimiques volontairement craquantes.

Caractère •
Akainu a toujours aimé diriger, contrôler, ordonner ; enfant déjà, c’est lui qui dictait les règles des jeux auxquels il s’amusait avec sa fratrie, lui qui accordait les pouce et fronçait les sourcils en signe d’avertissement si on le contredisait un peu trop. Il a toujours eu ce goût du dernier mot, autant qu’il a toujours apprécié sentir la douce saveur des petites et plus grandes victoires sur sa langue —à l’époque, ça n’était qu’une partie de cache cache ou de loup glacé remportée haut la main. Il était déjà bien sûr de lui, campé sur ses deux jambes, menton levée, bras croisés, regard brûlant. Son penchant pour la prise de décision et la direction des autres, il l’a très tôt dévoilée : à l’école déjà, il n’avait pas peur de hausser d’un ton ou deux pour qu’on l’entende, qu’on l’écoute, qu’on le laisse exposer son avis, l’imposer même, parfois, sans qu’il ne soit coupé dans son élan. La détermination, déjà, luisait dans ses prunelles incendiaires et tonnait dans sa voix qui ne tremblait jamais, même s’il fallait s’adresser à une petite foule agitée ou à un adulte important. En grandissant, ça n’a jamais changé, son assurance n’a jamais failli : aujourd’hui encore, Akainu sait soutenir les regards et faire plier les autres à ses idées.

Son charisme l’y aide : il le sait et s’en joue. Il est un beau parleur, un manipulateur qui sait mener les conversations vers ce qui l’intéresse, vers ses intérêts propres. Il ne se rit jamais des sentiments d’autrui, mais il use leur naïveté, leur sensibilité à des fins souvent trop égoïstes pour qu’on ne le juge pas avec mépris, mais trop compréhensibles au fond pour qu’on lui en tienne véritablement rigueur. Il sait ce qu’il veut, ce qu’il vaut, et surtout, il sait qui il veut protéger : lui-même, évidemment, mais aussi ceux qu’il aime, sa famille et ses quelques amis. Il en a peu, sans doute, mais il les défend et les protège corps et âme. Il a déjà manqué une fois à son rôle, et il a juré plus jamais. C’est ce qui lui permet d’avancer, de garder la tête haute, le regard droit, c’est ce qui lui donne la force de ne jamais céder et s’égarer hors du sentier des valeurs qui lui sont chères.

Parce qu’il a développé cet attrait tout particulier pour la sûreté et la droiture, il ne supporte pas ceux qui prennent trop à la légère ce qui, à ses yeux, mérite une plus grande considération. Ironiquement, il s’agace toujours face à quiconque panique et donne trop d’importance à une chose qui lui paraît futile et ne l’atteint guère. Aux uns comme aux autres, il accorde un mépris répugnant, qu’il ponctue souvent de quelques mots amers et d’un sourire que l’on voudrait lui arracher, rien que parce qu’il déborde d’un immonde sarcasme. C’est qu’il est hautain, Akainu, si on lui paraît fragile ou, pire, incompétent. Il sait les erreurs qui peuvent coûter une vie et, plus que tout, il éprouve un profond dégoût envers ceux qui lui rappellent ses propres torts passés. S’il lui faut être venimeux avec eux, il le sera ; s’il lui faut les abandonner derrière lui pour ne pas risquer de reproduire les erreurs d’antan, sans doute le fera-t-il aussi.

Le Pyroli n’a pas peur des vérités, même lorsqu’il s’agit de celles qui blessent, de celles qui déchirent, de celles qui brûlent et font couler les larmes : ça ne l’effraie pas, encore moins quand c’est lui qui les expose à d’autres. C’est qu’il est souvent un peu trop franc, parfois même cassant. Il n’a jamais eu la langue dans sa poche, et la tourner sept fois dans sa bouche avant de parler, il ne connaît pas vraiment. Il n’aime pas taire ce qu’il veut dire, il n’aime pas se cacher ni mentir pour faire plaisir ; il déteste faire semblant et acquiescer bien sagement. Il arrive qu’on le déteste d’aimer tant souffler les mots que personne ne veut entendre, mais il les préfère à ces mensonges qui bercent les coeurs fragiles et préservent des douleurs, pourtant nécessaires pour apprendre, pour grandir, pour vivre sans faillir. Il le sait, que ça tue, que ça tord les boyaux, que ça fait un mal de chien, il le sait et c’est ce qui l’empêche de se taire et de garder pour lui : il lui faut être sincère, même si l’on doit le haïr ensuite. Il n’a pas droit de cacher ce qui peut changer —peut-être sauver— une vie, il n’en a pas le droit même si c’est plus facile de fermer les yeux que de les faire ouvrir à d’autres.

Et c’est plus facile de faire le sourd que d’écouter. Il aime les dire, les vérités, mais il tolère moins de les entendre. Il s’y force, mais il a du mal ; il reconnaît ses erreurs par lui-même mais refuse qu’on les lui étale sous les yeux, qu’on les lui affiche en grand pour qu’il ne puisse pas y échapper, jamais. Alors il se tait, il entend et ne répond rien, il essaie de changer les choses de façon subtile, de réparer ses erreurs, de revenir sur ce qui l’a conduit à l’échec. Cette saveur amère qu’est celle du déboire, il la déteste, elle lui donne la nausée. Pourtant, il s’évertue à ne pas la faire passer, il se tourne tout entier vers elle pour se souvenir qu’il a manqué à sa mission, qu’il est coupable du revers cuisant qu’il a reçu. Plutôt que de vouloir la chasser, il la dompte, l’apprivoise ; il en fait son pilier pour tenir debout, son arme pour faire tomber les adversaires, sa force pour continuer, encore et toujours. Il la transforme entre ses doigts, et de son échec il fait sa victoire, à la sueur de son front et au sang de ses mains.

Il n’accepte pas qu’on lui vienne en aide lorsqu’il s’agit d’affaires privées. Et, même s’il s’agit d’autres que lui, il tente, souvent vainement, de décharger ces autres de la charge qui pèse sur leurs épaules : il prend sur lui, parce qu’il veut ceux qu’il aime hors de danger. Il prend des risques, pour qu’eux n’aient pas à le faire à sa place. Il les protège, sans même le leur dire, sans même le sous-entendre, il le fait sous couvert d’une vulgaire fierté qui n’a finalement pas tant à voir que cette peur de perdre encore un être cher sous les coups du sort. Alors, il fait barrage, il fait pare-balles et défenseur, il use de tout ce qui est en son pouvoir pour passer l’envie à quiconque de toucher au moindre cheveu de ceux qui tiennent une place importante dans son coeur.

Jaloux et possessif qui plus est, c’est d’autant plus vrai lorsque l’on parle de sa fratrie, de sa famille ou de ses proches le plus intimes : les regards, les paroles, les actes, il juge tout ce que l’on dit ou fait à ceux qu’il proclame lui appartenir, de quelque façon que ce soit. C’est pour eux qu’il donne le plus de coups, pour eux, aussi, qu’il en reçoit tout autant. Pour eux, une fois encore, qu’il tient debout qu’importe les mauvais tours de Maître Destin. Il les aime, d’un amour souvent inconditionnel et à la limite du raisonnable, et pourtant il lui arrive de s’isoler plus qu’il ne les fréquente. Il a cette tendre attirance pour la solitude, qu’il rejoint lorsque l’envie se fait sentir. Mais ceux qui viennent la rompre sont rarement mal accueillis ; c’est qu’il l’aime, mais pas plus qu’il n’aime passer du temps avec l’un de ces êtres capables de lui faire oublier son côté trop sérieux et trop à cheval sur les responsabilités, sur ces règles auxquelles il déroge dans elles ne lui plaisent pas, sur ce respect dont il se défait parfois au nom de l’insolence qui brûle dans ses veines depuis si longtemps.

Au fond, Akainu n’est pas un mauvais garçon. Il est un adolescent, à peine adulte, qui se plaît à rire avec ses proches, à sortir prendre un verre ou faire un tour en ville, qui aime oublier que du travail l’attend et prendre son temps, le temps de s’ennuyer, le temps de vivre comme un garçon de son âge. Il ne cherche pas l’amour, il ne cherche pas à réaliser de grands rêves, il prend la vie comme elle vient et ça lui convient. Il a juste un peu peur au fond, et ça l’incite à des choses qu’on lui reproche parfois, mais jamais irréfléchie : le Pyroli est intelligent, et il sait se servir de sa tête avant de jouer de ses poings ou de ses flammes. Il en sait beaucoup pour son âge, parce qu’il a l’esprit vif et l’oreille parfois traînante, et pourtant il aime à s’effacer un peu derrière l’ivresse de sa jeunesse. Il charrie, il taquine, il lance des clins d’oeil aisément amusés. Akainu a le sourire facile en vérité, pourvu qu’on prenne la peine de s’attarder à comprendre ce qu’il se passe derrière ses prunelles flamboyantes, quelquefois voilé de cette nostalgie déroutante qu’on lui connaît tellement peu.

Histoire •

We were just believers, at that time.

La pièce était plongée dans une presque obscurité apaisante, tout juste éclairée par la douce lueur bleutée de la veilleuse posée sur la table de nuit, entre les deux petits lits. Un seul était occupé, par deux petites silhouettes recroquevillées l’une contre l’autre, les yeux lourds de sommeil mais pétillants tout à la fois d’admiration et de rêveries. Assis à leurs pieds, un garçon, plus vieux qu’eux mais pas encore adulte, les cheveux tout de feu et le regard soucieux, inquiet et en même temps empli de quelque chose de rassurant. A voix basse, c’étaient mille histoires de pirates, de preux chevaliers et de petites fées capricieuses qu’il leur contait, jusqu’à ce qu’ils cèdent sous le poids du sable sur leurs paupières.

Longtemps après que leur souffle ait trouvé cette régularité due au sommeil, il demeura là, à leurs côtés, à les observer dormir. Il y avait quelque chose qui bouillonnait en lui, tant de questions et de venin, étouffés par la vue de ces deux êtres qu’ils avaient sauvés ; lui, elle, ses camarades d’Avalon. Des justiciers, à leur façon ; défendre la veuve et l’orphelin des humains, c’était leur credo, tout du moins quelque chose qui s’en rapprochait. Il s’y était tenu, aujourd’hui, et il savait désormais qu’il avait fait le bon choix.

Un rayon de lumière filtra brusquement jusqu’à lui, et l’arracha à sa contemplation. Levant les yeux vers la porte, il reconnu la silhouette de Lorelei, qui lui faisait signe de la rejoindre. Lentement, presque à contre-coeur, il se leva et quitta la pièce, retrouvant la lumière vive et agressive des couloirs. Il plissa les yeux, ce qui arracha un sourire à la jeune Ponyta qui lui faisait face. Il ne lui fallut qu’un instant pour reprendre son sérieux, et ce fut un air soucieux qui s’installa sur son visage, cette fois-ci.

« Comment vont-ils ? »

Il ne répondit pas tout de suite, jetant d’abord un long regard à la porte, qu’il avait refermée derrière lui.

« Aussi bien que deux gamins perdus, orphelins, traumatisés ? J’ai réussi à les calmer. Ils dorment. »

Il y avait eu une pointe de sarcasme dans sa voix, mais Lorelei ne s’en formalisa pas. Il n’était qu’une jeune recrue, mais il était plus farouche que la plupart des membres d’Avalon. Sans doute était-ce dû à sa nature, elle ne savait pas vraiment.

« Ils attendent notre rapport. Tu voudras parler ? »

Il haussa les épaules, et elle n’ajouta rien avant de s’enfoncer dans les couloirs. Un instant plus tard, et après un dernier regard par dessus son épaule, il lui emboîtait le pas.

« Des traces de coups… Pas beaucoup, cela dit. annonça-t-elle, de but en blanc.
- Je parie que c’était surtout psychologique, souffla Akainu, l’air ailleurs. C’est facile d’ébranler un gosse avec quelques mots dont il ne peut pas comprendre le sens profond.
- Tu penses à quelque chose en particulier ? »

Il laissa planer un silence, l’espace d’un instant, comme s’il réfléchissait. Son regard suivait les mouvements fascinants d’un moustique qui volait, au ras du plafond. Tout à coup, il soupira, baissa les yeux sur sa camarade.

« Non. Mais ce devait être le genre de choses qui savent marquer un enfant à tout jamais et le dégoûter de toute figure paternelle pour le restant de ses jours, j’imagine.
- C’est horrible…
- Horriblement humain, oui, lâcha-t-il dans un sifflement agacé.
- Il saurait se justifier ? enchaîna-t-elle, sans se soucier des états d’âme de son confrère.
- On ne justifie jamais ce gen-
- Tu sais très bien ce que je veux dire, le coupa-t-elle, prête à perdre patience. »

Le Pyroli lui lança un regard peu amène, rien qu’en coin, comme s’il lui coûtait trop de la regarder en face. Ce fut elle qui se leva, et vint se placer devant lui, bras croisés et regard sévère, en attente d’une réponse sérieuse, digne d’un adulte et non pas d’un adolescent capricieux. Après quelques instants passés à se jauger l’un et l’autre sans se quitter des yeux, le cadet capitula.

« De sources quasiment sûres, sa femme serait morte, il y a trois ans. Un bête accident, renversée par une voiture, morte sur le coup, affaire classée, le type a pris quelques années derrière les barreaux. »

La nouvelle raisonna comme une sentence dans la pièce, qui s’emplit soudainement d’un silence pesant. Il fallut un certain temps avant que la voix hésitante de Lorelei vienne le rompre, tout d’un coup presque douloureux.

« Le genre inattendu qui détruit une existence…
- Hm.
- Il devait beaucoup l’aimer… »

Un rire éclata dans la pièce, et les épaules d’Akainu s’agitèrent. Les regards, choqués, se posèrent sur lui, et il leva les yeux au plafond, un sourire amer sur les lèvres.

« Pas assez pour aimer les deux anges qu’elle a laissé derrière elle. Ce type mérite juste de souffrir autant qu’il a fait souffrir ses enfants. »

On n’osa rien lui rétorquer, sinon la Ponyta, agacée d’un tel comportement, de ce manque profond de réflexion ; il se laissait aller à penser avec ses sentiments plutôt qu’avec sa tête. Ça ne plaisait pas à Lorelei, de toute l’une des plus sérieuses, l’une des moins haineuses, aussi.

« Akainu. Arrête un peu. Les humains sont sans doute pathétiques, mais tu leur accordes plus de vices qu’ils n’en ont.
- C’est toi qui leur cèdes plus de compassion qu’ils n’en méritent, rétorqua le roux, l’oeil mauvais, une colère sourde dans la voix.
- Crois-tu vraiment ? demanda-t-elle, à la suite d’une brève hésitation.
- Ils blessent, ils tuent, et si ce ne sont pas nos camarades, ce sont leurs propres pairs. »

Il n’en savait sans doute pas grand chose, lui qui n’avait jamais perdu quiconque, lui qui n’avait jamais connu le deuil, les jours emplis de larmes et le constant ciel gris qui pèse au dessus de tous ceux que la mort s’est amusée à priver d’un être aimé. Il n’en savait rien, et pourtant il en parlait comme quelqu’un qui avait déjà traversé cette douleur, cette souffrance qui ronge. Il ne savait pas, et il ne savait pas non plus que Lorelei, elle, savait.

« Ils ne sont pas tous ainsi, souffla-t-elle, quelque peu adoucie.
- Il y a une part de noirceur en chacun d’eux, qui n’attend que d’être dévoilée. »

Il ne songeait pas à sa mère, ni à son frère aîné ; ils étaient différents. Elle était humaine, mais elle l’avait mise au monde ; il était humain, mais il était un grand frère parmi les meilleurs. Il les aimait d’un amour inconditionnel, tout comme il aurait aimé n'importe quel parent, n'importe quel autre membre de sa fratrie si l'un ou l'autre encore n'avaient pas hérité de cette part hybride dont lui-même tenait. Parce qu’ils étaient tous de son sang, qu’ils étaient lui, qu’il était eux. C’était ses pairs, c’était les siens, sa famille, ces êtres qui l’attendaient et l’attendraient toujours, là-bas à Johto, dés qu’il viendrait passer ne serait-ce qu’une journée ou deux en leur compagnie. C’était différent.

« En chacun d’eux… Pas en nous ? N’y a-t-il pas des monstres chez nos semblables, des tueurs, des tyrans, des truands ? N’y a-t-il pas des choses, aussi, qui valent la peine que l’on devienne un criminel pour les préserver ? Réfléchis, Akainu. Avec ton poignard, jusqu’où irais-tu pour ta famille, pour l’amour, pour ta vie ? »

Un grognement monta de sa gorge, et il se leva sans répondre, s’effaçant dans les couloirs d’Avalon, à présent obscurcis par la nuit tombée depuis des heures.

We were just bright and brave, at that time.

Il y avait un Noctali, qui courait les bois environnants de Johto. Il n’aimait pas les humains, il n’aimait pas non plus ce qu’il était. C’était tout ce qu’il détestait, ce corps étranger, et il rêvait en secret qu’Arceus revienne sur sa décision de changer tous les Pokémons en êtres un peu trop humanoïdes à son goût. Il s’en méfiait de trop et méprisait les capacités de ces créatures à deux pattes, lui qui avait été tant bercé par les récits de ses ancêtres sauvages parcourant les forêts et les plaines plus vite qu’un humain n’en serait jamais capable. Il s’isolait, il vivait éloigné de la ville, et ne s’en approchait que très rarement, rien que quand c’était nécessaire. Il n’aimait pas sentir l’obligation qui le forçait à s’éloigner de son chez lui.

Cependant, ce fut l’un de ces jours-ci que son existence se trouva bouleversée. Kuro fit face à une humaine, tout de roux cascadant dans son dos et armée seulement d’un sourire que l’on adressait que rarement à des inconnus, à moins de posséder un coeur véritablement bon et sans bavure. Il fut comme ébranlé qu’on lui en adresse un tel, à lui qui, pourtant, n’avait pas forcément l’allure la plus engageante, avec ses cheveux en bataille, ses vêtements froissés, usés, et cet éclat sauvageon dans le regard. Le silence aurait pu s’éterniser qu’il ne s’en serait pas offusqué, il s’était perdu dans les yeux de la jolie humaine sans trop savoir comment, et qu’elle ne parle pas lui permettait de ne pas avoir à s’en détacher.

Mais elle engagea la conversation, et son timbre de voix tinta comme un carillon, doux à l’oreille, timide, fragile, et que l’on ne se lasse jamais d’entendre. Il lui répondait, toujours précautionneusement, pour qu’elle parle encore, comme s’il n’était qu’un enfant occupé à souffler sur les bâtonnets tout de fer chantant, afin que les tintements ne s’arrêtent pas de résonner. Il se méfiait, parce que sa nature l’y contraignait mais, peu à peu, Alix su faire tomber les murs qu’il avait érigés, rien que pour se frayer un passage au plus près de lui. Il devint son guide dans la région, il lui parla de son mode de vie solitaire, et elle lui conta les histoires de tous ses voyages, en compagnie de deux hybrides avec qui elle s’était liée au fil du temps. Il eu quelques fois l’occasion de les voir, lorsqu’elle revint —parce qu’elle revint—, et pu s’assurer qu’ils n’avaient ni l’air malheureux, ni de regretter leur état sauvage, libre, celui qu’ils avaient quitté pour courir le monde avec elle.

Il dû se rendre à l’évidence : elle n’était pas mauvaise.
Autre chose le frappa : elle ne quittait plus ses pensées.


Ce fut après une absence prolongée d’Alix, partie concourir dans une autre région, qu’il comprit que ne pas l’avoir à ses côtés le dérangeait. L’impression s’était installée peu à peu, puis prononcée au fil des entrevues, des au revoir et des promesses d’à bientôt. Il guettait toujours son retour à l’orée des bois et, tant qu’il ne l’y voyait pas, il avait du mal à s’en éloigner, comme espérant que s’il demeurait là suffisamment longtemps, elle viendrait, il la retrouverait.

Elle revenait toujours, même s’il fallait avoir des jours ou quelques semaines ; elle revenait et il se sentait toujours mieux quand elle était là. Il n’osait jamais le lui dire franchement, il bougonnait, grommelait souvent, et puis la taquinait avec quelque sous-entendus qui lui échappaient. Qui, la première fois, fit le premier pas vers l’autre pour voler un baiser fugace ? Sans doute un peu des deux, chacun à leur façon, poussés par les circonstances et ce qui avait attendu trop longtemps avant d’être enfin montré.

A compter de ce jour, ils ne se quittèrent plus, aménagèrent presque aussitôt ensemble. Alix désirait à tout prix éviter de loger encore sous les toit de ses parents qui, la désirant mariée à un homme, à un humain qui garantirait à leur sang une pureté sa faille, n’approuverait pas son amour. Au mieux, ils auraient cru à une passade et auraient attendu que l’amourette se fane d’elle-même. Au pire, ils l’auraient consignée malgré qu’elle fut adulte, et sans considération pour son état de dresseuse qui ne la voulait plus forcée à stationner au même endroit si elle ne le désirait pas. Ce fut presque sans réfléchir qu’elle décida de rester là, à Johto, avec Kuro.

Tous les deux trouvèrent un emploi dans une agence de voyage qui, en plus d’être suffisamment bien payé pour leur assurer une vie confortable, leur permettait de partir régulièrement en escapade, de vivre leur amour à Johto et partout ailleurs. Alix passait encore du temps avec ses deux compagnons pactisant, les entraînant toujours et combattant encore avec eux de temps à autres, et Kuro ne lui en tenait jamais rigueur. Il aimait s’installer non loin et la regardait faire, se plaisant à admirer la confiance qui unissait ses congénères à celle qu’il aimait. Elle était appréciée des hybrides, et il comprenait sans mal pourquoi, lui qui avait fini par succomber à cette innocence et ce bonheur non feint qui luisait continuellement dans son regard.

Cette flamme joyeuse ne fit que danser un peu plus dans leur yeux à tous les deux, lorsque la nouvelle d’une Alix enceinte leur tomba dessus. Bien sûr, ils appréhendaient, mais c’était là la preuve, le fruit de leur amour, et ils ne pouvaient qu’en être ravis. Kuro prit plus soin encore de sa femme qu’à l’accoutumée, lui épargnant les tâches compliquées et fatiguantes, la ménageant comme il le pouvait et en tâchant de ne jamais la vexer. Bientôt, une idée, une envie soudaine et étrange avait germé dans l’esprit du Noctali, et il lui fallu du temps pour l’avouer, et plus encore pour qu’Alix s’assure qu’il le désirait véritablement : nouer un lien avec elle. Il savait ce que cela signifiait, mais il l’aimait, alors pour elle, il y était prêt.

Ce fut bien peu de temps après que ce pacte ait été conclu que naquît leur premier enfant. C’était un petit garçon roux, qui tenait presque tous ses traits de sa mère, jusqu’à ses gènes purement humains. Qu’il n’eut pas hérité de ce qu’était son père ne parvint pas à lui ôter sa joie ; il était humain, mais c’était son enfant, son fils, son Oz. Avec Alix, ils se promirent d’offrir à leur progéniture tout le bonheur du monde, des rêves, des espoirs. Devenir parent, c’était se sacrifier ; mais c’était aussi apprendre à aimer autrement, différemment et plus grandement encore que ce dont on se croyait capable.

Si Alix avait pris ses congés pour s’occuper de leur nouveau-né, Kuro continuait de travailler de son côté, assurant à sa petite famille une stabilité financière nécessaire. Il se pressait toujours à rentrer, le soir, pour retrouver sa compagne et leur fils. Parfois, elle le surprenait accoudé au berceau, le regard serein, attendri, posé sur leur petit endormi depuis longtemps. Quand il réalisait qu’il était épié, il se confondait en bégaiements et excuses qui arrachaient des rires silencieux à la belle rousse. L’instant d’après, elle venait trouver refuge dans les bras de son compagnon, et veillait à ses côtés sur leur précieux petit trésor, venu égayer leurs jours.

Il grandit vite, apprit à marcher, à parler, mais aussi à faire quelques bêtises dues à sa curiosité maladive plus qu’autre chose. Il posait sur le monde qui l’entouraient de grands yeux émerveillés et avides de savoir ce que l’univers avait à lui offrir, il parait à la conquête de l’inconnu et, souvent, l’affaire se terminait en chutes de plats ou de vases. Il tentait de fuir la scène du délit, mais on le rattrapait toujours. Il accusait les courants d’airs, un Chacripan sauvage venu de dehors, et on ne le croyait jamais ; pourtant, on le pardonnait toujours. Il avait les yeux qui attendrissent, les sourires craquant, la petite voix penaude et malicieuse qui ôte toute envie de dispute.

Au parc, à l’école et aux cours de toutes les sorties, le jeune Oz regarda ces petites choses si semblables à lui qui avançaient deux par deux, semblant fichées ensemble par paires, se tenant la main ou se chamaillant entre les jambes de leurs parents. Lorsqu’il demanda ce que c’était, on lui répondit que c’était des petits frères ou des petites soeurs, des seconds, des plus jeunes qui arrivaient après le premier et dont ce dernier devait prendre soin. Fasciné par ce qu’on venait de lui apprendre, l’enfant réclama avec entrain un cadet dont il pourrait s’occuper et qu’il protégerait des orages —dont il disait déjà ne plus être effrayé, du haut de ses cinq ans. Alix et Kuro qui, depuis quelques temps, parlaient d’avoir d’autres enfants, d’autres têtes blondes crapahutant dans les recoins de la maison, finirent par se décider, face à l’impatience de leur fils.

Des triplés. La nouvelle était tombée, surprenante, inattendue, et laissa les parents perplexes. Bien sûr, ils étaient fiers, bien sûr, ils étaient heureux, mais il y avait un peu d’inquiétude et d’appréhension qui venaient s’insinuer dans leur esprit, sans qu’ils ne puissent véritablement se l’expliquer. Trois enfants, c’était si soudain, et ils n’étaient pas certains d’être aussi prêts qu’ils l’auraient voulu. Pourtant, la joie qu’Oz étalait à la vue de tous, à l’idée d’être bientôt trois fois grand frère eut tôt fait de les contaminer eux aussi, et ils surent qu’ils donneraient simplement le meilleur d’eux-mêmes, tel qu’ils l’avaient fait, le faisaient avec leur fils aîné.

Ils furent donc trois petits hybrides à naître, minuscule mais déjà pleins d’entrain. L’aîné, c’était lui : Akainu. Un bambin aux grands yeux curieux et aux quelques cheveux déjà rougeoyants. Le second était aux antipodes du premier : un Givrali, aux yeux bleus les plus purs que l’on ait jamais vus. Il fut nommé Fuyuki, parce qu’il représentait la saison hivernale à lui tout seul : Akainu avait pris l’habitude de geindre dés que la peau glacée de son frangin entrait en contact avec la sienne, sans pour autant jamais s’y soustraire. La petite dernière, Atsue, avait elle aussi hérité d’yeux plus bleus qu’ils n’en verraient jamais ailleurs, mais dans ses veines coulait des gênes de Nymphali, comme s’il fallait qu’une petite fée vienne enchanter la famille de quelque poussière magique.

Les chamailleries étaient fréquentes, mais les moments de tendresses étaient légion. Ils ne se fâchaient jamais vraiment les uns avec les autres, unis par une complicité sans faille d’aucune sorte. Akainu aimait commander, diriger, il fronçait souvent les sourcils pour effrayer et s’imposer, mais les incessantes taquineries d’un Fuyuki trop joueur avaient tôt fait de faire retomber sa garde. Atsue, intrépide et malicieuse comme tout, avait vite compris qu’il était plus amusant de suivre ses frères dans leurs quatre cent coups que d’obéir aux interdictions de leurs parents. Les punitions tombaient quelques fois, mais Kuro et Alix les aimaient de cet amour inconditionnel que seuls connaissent ceux qui ont mis au monde à l’égard de leurs enfants.

Oz, souvent, bien que plus sage, les suivait dans leurs mille bêtises. Il n’en restait pas moins un grand frère protecteur et de bon conseil, à l’instar de toute sa petite fratrie. Fratrie qui eut tout le loisir de le prouver plus d’une fois, lorsqu’ils apprirent que le puîné des triplés était chahuté, frappé, insulté par d’autres enfants au dehors, qu’ils fussent humains ou hybrides. Plusieurs fois, ils surprirent les garnements en flagrant délit, et jamais ils ne laissèrent passer : Oz et Akainu rendaient coup pour coup ceux que l’on infligeait à leur frère, et Atsue, bien que plus pacifique, ne manquait pas d’être cassante et tout aussi terrifiante dés qu’elle s’adressait aux malfrats en couche-culotte. Akainu, toujours, éprouva un profond dégoût et une haine sans nom pour tous ceux qui s’en prenait à ce petit frère qu’il chérissait tant. Fuyuki était sans doute celui dont il était le plus proche et, si l’on touchait à un seul de ses cheveux, on savait qu’il risquait de débouler les jours suivants pour leur faire regretter. Il y avait quelques fous pour oser braver le danger et revenir, encore et encore, avec toujours plus d’acharnement. Mais Akainu ne flanchait jamais et, en grandissant, il devint même plus cruel encore avec ceux qu’il méprisait. Les coups, aussi, étaient plus violents, moins cléments. On ne blessait pas impunément ceux qu’il aimait.

Il ne mentionnait jamais ceux qu’il blessait pour avoir brusqué son frère, même s’il savait que Fuyuki n’était pas dupe. Ils préféraient n’en rien dire et, jouant la carte de l’innocence, Akainu venait prendre son cadet dans ses bras, ignorant le froid qui mordait sa peau pour se blottir au plus près de lui, et ils étaient bien vite rejoints par Oz et Atsue, sous le regard bienveillant de leurs parents. Le temps filait bon train et, avec lui, les enfants grandissaient, apprenaient. Bien avant son frère et sa soeur, Fuyuki usa de sa toute première attaque : un Croc Givre bien placé, dans la main d’un marmot qui l’avait une fois de plus harcelé. Lorsque le Pyroli l’apprit, il n’en fut même pas jaloux : son tour viendrait. Il ne fut que fier de son frère, et le félicita sans retenue, imitée par sa soeur qui battait des mains. Il fut réprimandé par leurs parents, mais au moins l’évènement eut-il pour effet de les inciter à enseigner leurs attaques à leurs enfants, sous le regard toujours curieux, et peut-être envieux, d’Oz. Lui-même s’entraînait, se préparant à suivre une voie différente que celle de ses frères : devenir dresseur, c’était ce qu’il désirait. Suivre les pas de sa mère, pendant que le reste de la fratrie suivrait ceux de leur père.

Ils étaient heureux, tous ensemble, demeurant soudés et oubliant que, bientôt, l’âge de raison et le goût de l’aventure les priverait sans doute d’un membre de leur petite famille. Mais la réalité ne les épargna pas bien longtemps ; Oz eut dix-huit ans, et il n’attendit pas bien longtemps avant de décider de prendre son envol, de partir enfin sur les routes, de se lier à moult hybrides, de vivre sa vie de dresseur au jour le jour. Les Nishimura s’y attendaient, évidemment, mais ils espéraient que l’échéance serait retardée, encore, ne serait-ce qu’un peu. Lors des au revoir —car ce n’était, au fond, rien d’autre que ça, n’est-ce pas ?—, Akainu fut celui qui paru le moins affecté, sans pour autant ne rien éprouver. Bien sûr, qu’il avait de la peine, bien sûr, qu’il allait lui manquait, mais il se raccrochait au fait de savoir qu’il reviendrait et, qu’au moins, il serait heureux, aucun doute. Il y avait la flamme de liberté qui luisait déjà dans son regard avide de découvertes. Aussi fut-il maladroit, lorsqu’il lui fallut étreindre son grand frère, pour la dernière fois jusqu’à… jusqu’à quand, d’abord ? Il lui souffla un simple « Prends soin de toi. » avant de le lâcher et, après s’être attardé dans les bras de Fuyuki, il s’éloigna, s’en allant tracer dés à présent son propre chemin.

We were just belligerent, at that time.

Akainu réprima un reniflement méprisant en prenant la tête du petit groupe, s’enfonçant dans les ruelles sombres sans prononcer un seul mot. Derrière lui, des murmures qui ne manquaient pas de l'agacer, parce qu’il reconnaissait la voix de Lorelei. Ils n’avaient plus parlé, depuis la dernière fois. Comme si la vérité avait fait éclaté quelque chose, que l’on avait tu jusqu’à présent. Désormais, le Pyroli faisait chemin seul, tâchant d’ignorer les rires ténus qu’il entendait dans son dos. S’il avait eu le courage de s’écouter lorsque cela la concernait, il se serait arrêté jusqu’à ce qu’elle rejoigne sa hauteur, l’aurait tirée vers lui, lui aurait adressé un signe d’excuses sans même prononcer un seul mot. Elle aurait compris. Mais il n’en prit pas la peine, se contentant de jeter un oeil à l’escouade par dessus son épaule.

« Je vous rappelle que nous sommes en pleine mission risquée… Vous pourriez arrêter de jacasser et vous concentrer sur les bruits environnants plutôt que sur les piaillements de vos voisins ? »

Il adressa un regard lourd de sous-entendus à Lorelei, et puis se détourna d’elle, serrant les poings, les mains enfoncées dans ses poches. C’est qu’il était fier, Akainu, trop pour admettre que cette tension palpable lui était insupportable, trop pour avouer que c’était trop idiot, cette querelle imbécile. Et pourtant, ô combien savait-il que c’était puéril, cette mascarade. Bien sûr, qu’elle faisait exprès, et bien sûr, que ça l’atteignait. Mais il refusait de courber l’échine, et elle non plus ne cédait pas. Ce que c’était stupide.

Descendus dans les rues les plus obscures, celles où l’on n’aime pas sortir la nuit, le silence devint pesant. L’odeur de l’angoisse commençait à s’élever, tout doucement, au milieu de l’unité qui, sans même s’en rendre compte, se souda en un seul groupe plutôt que de se diluer de ci de là, comme ils le faisaient jusqu’à présent. Akainu, en esquissant un pas en arrière, se heurta à Lorelei, et ils échangèrent un regard qui en disait beaucoup trop long sur tout ce qu’ils ne parvenaient pas à dire. Ce fut elle qui ouvrit la bouche pour parler, mais un sifflement retentit à son oreille et, l’instant d’après, une lame se fichait dans le mur derrière elle. Elle écarquilla les yeux, Akainu déglutit et la prit par le poignet en l’entraînant à sa suite.

« En position ! »

Il fut repris en écho, pendant qu’aux alentours, l’éclat des armes et les rires s’élevaient. Ça n’était pas prévu, ça n’était pas prévu… Une embuscade. Il aurait dû s’en douter, il aurait dû savoir que c’était trop étrange, les informations étaient trop précises, les preuves trop évidentes. Une putain d’embuscade, un putain de piège. Quand bien même il se sentait coupable de n’avoir pas repéré les failles, il savait aussi que ça n’était pas son rôle, il n’était le chef de rien, juste un gamin, une nouvelle recrue que l’on n’aurait sans doute pas écoutée. A présent, c’était trop tard ; le repli était plus risqué encore que le combat qui allait s’engager.

Sans jamais lâcher Lorelei, il s’engouffra dans le renfoncement d’une allée, l’entraînant en tâchant de ne pas céder à la peur. Professionnalisme, efficacité, réflexion. C’étaient trop de qualités qu’il ne lui manquait pas mais qui, sur le terrain, s’avéraient plus difficiles à mettre en œuvre que lorsqu’il ne s’agissait que de théories, d’exercices, d’entraînements. Cette fois-ci, c’était pour de vrai, aussi essayait-il de s’en tenir à ce qu’on lui avait appris : courir, se positionner, attendre le signal, attaquer et ne rien faire d’inutile ou qui risquerait de mettre l’escouade entière en péril. Il craignait que ça ne soit pas si simple que dans les manuels.

Lorsqu’il s’accroupit à l’angle d’une ruelle, profitant de l’attente pour reprendre son souffle et tenter de retrouver le fil rouge de ses idées, il sentit la main de Lorelei serrer plus fort la sienne, et il eut pour seul réflexe de s’en détacher. Il n’osa pas la regarder, et pourtant il sentait ses deux prunelles qui pesaient sur sa nuque, comme deux pistolets chargés, prêts à tirer. Il fit mine de ne rien remarquer.

« Akai, je... »

Le sifflement s’éleva, et le Pyroli n’attendit pas un seul instant avant de dégainer son poignard, s’élançant dans l’allée. Il ne voulait, ni ne devait l’écouter. C’était trop cruel, cette voix qu’il venait d’interrompre, mais il était incapable d’encaisser, d’endurer, il voulait ne pas y penser. Pas pour l’instant. Elle lui crevait le cœur, et en même temps il regrettait de ne l’avoir pas laissée parler. Qu’importait désormais, il était sur le champ de bataille, et les combats faisaient déjà rage. Pas de morts, leur avait-on sommé ; mais comment rechigner à faire tomber ces types ? Frustré, mais contraint à l’obéissance, Akainu s’en alla combattre aux côtés de ses compagnons.

Et puis, tout à coup, une détonation
La seconde d’après, un cri déchirant.
Familier.

Instinctivement, Akainu sentit son cœur se serrer, mais n’osa pas se retourner ; pas avant d’avoir frappé suffisamment fort son adversaire pour qu’il ne tombe inconscient. Alors, seulement, il se retourna. Son regard chercha la silhouette de la Ponyta, des flammes traîtres de sa position ; mais il n’y avait rien. Il reconnaissait tous ses camarades, mais pas elle. Pas elle. Une angoisse monta soudainement au creux de son estomac, et il avança au milieu du chaos.

Il ne voulut pas la voir, cette forme familière allongée sur le sol, haletante et secouée de spasmes. Il ne voulut pas les reconnaître, ces longs cheveux rougeoyants, qui venaient s’imbiber du sang qui s’étalait sous elle. Il ne voulut pas admettre l’inadmissible, jusqu’à ce qu’elle tende la main vers lui. Il n’eut pas d’autre choix que de s’en saisir, tombant à genoux à ses côtés. Ses yeux glissèrent sur le corps de Lorelei, cherchant cette blessure qu’il espérait irréelle. Mais elle était là, la plaie, sous sa poitrine, suffisamment haut pour avoir perforé un poumon. Non !

Sa main trembla dans celle de Lorelei, et il vint caresser sa joue de sa main libre, comme si les choses pouvaient se résoudre, rien que par ce simple geste. On guérit tous les maux avec un peu d’amour, n’est-ce pas ? Elle hoquetait, et posait sur lui un regard douloureux, couvert d’un voile qui ne présageait rien de bon. Non, non, non !

« Lore… Lorelei, Lei, Lei, Lei tu m’entends ? Lei… Ça va aller, Lei… ça va aller... »

Mais qui essayais-tu vraiment de rassurer, Akainu ?

Elle essaya de parler, ne fit que tousser et cracher du sang. Précautionneusement, et avec toute la douceur dont il était capable, il la redressa pour la ramener contre lui. Et puis, parce que ça paraissait pouvoir la sauver, il appuya sa main sur la blessure, sans que jamais ça n’empêche le sang de couler, de glisser entre ses doigts et jusqu’à son coude. Elle en perdait de trop. Non… Non !

« Lorelei, je t’en supplie, Lorelei...
- Akai… Akainu… »

Ils échangèrent un long regard, jusqu’à ce que les paupières de la Ponyta se mettent à vaciller, à faire mine de se clore. Toujours sans la brusquer, il tâcha de la maintenir éveillée, lui soufflant à l’oreille de rester, rester là, près de lui, de tenir le coup. Il oubliait qu’autour de lui, le combat faisait rage, que d’autres tombaient peut-être. Mais il s’en foutait, il s’en foutait que le ciel s’écroule s’il pouvait rester auprès de Lorelei. Survis, survis, reste avec moi. Il sentait ce nœud qui lui prenait la gorge, ce poids qui lui pesait sur la poitrine. Il enfouit sa tête dans le creux du cou de l’adolescente, la tenant contre lui comme si sa vie en dépendait. Elle vacillait, elle respirait fort et de plus en plus faiblement. Non, non j’ai dit, non !

« Akai...
- Lorelei, je… Lorelei pardonne-moi, pardonne-moi… J’aurais dû...
- Chhhhhht... »

Elle souriait.

Elle souriait, au monde, à la vie passée, à Akainu, elle souriait comme si elle ne regrettait rien, comme si elle pardonnait tout. Elle souriait comme si c’était terminé.

Non.
Non.
Non.


Il se pencha sur elle, et ses lèvres rencontrèrent celles de Lorelei. Elles n’avaient plus ce goût sucré qui lui avait manqué, elles avaient celui du sang et de la vie qui s’en va. Elles avaient un goût d’adieu. Contre sa bouche, elle hoqueta une dernière fois, et une larme roula sur sa joue avant que sa tête ne vienne s’échouer sur l’épaule d’Akainu.

Non.
Non ?


Sa main quitta la blessure, remonta sur la joue de sa compagne, tenta de la redresser, se glissa dans ses cheveux. Elle ne réagissait pas. Il l’allongea et la secoua, avec une infinie douceur, et puis avec de l’empressement, de la peur, des supplications. Enfin, les larmes franchirent la barrière de ses yeux brûlants.

« Lorelei ! Lorelei me laisse pas, je t’en supplie ne me laisse pas… Lorelei ! »

Il se laissa aller contre elle, contre sa poitrine encore chaude, ses vêtements imprégnés de son sang, de ce sang qui criait liberté et n’avait pas voulu la maintenir en vie. Ses mains prirent celles de la défunte, les serrèrent comme jamais. La douleur, lentement, au milieu de la nausée, prenait une autre forme, se muait en quelque chose de différent en lui.

La haine.
Pire, encore.
La soif de vengeance.

Un seul regard, et il croisait celui du coupable. A l’instant même où Akainu comprit qu’il était celui qui avait commis l’irréparable, il était mort. Mais il ne le savait pas encore, ne se préoccupant pas de cet adolescent, qui venait pourtant de jurer sa perte. Le Pyroli tomberait, peut-être, mais pas seul.

Sans jamais le quitter des yeux pendant qu’il était aux prises avec l’un de ses alliés, le Nishimura se traîna jusqu’à son poignard, qu’il avait laissé tomber en rejoignant Lorelei. Lorelei. Il se redressa, et s’avança, avec l’assurance de ceux qui n’ont rien à perdre, l’assurance des déjà vaincus prêts à sacrifier leur être sur l’autel du sang, sans permission et sans contrepartie. Ses yeux brillaient d’une lueur folle dans l’obscurité, et il ne fallut qu’un temps avant que l’on se tourne vers lui, et que l’on comprenne.

« Akainu, non ! »

Une colonne de feu incendia l’air, tout autour de lui et de sa proie. Faisant fi du brasier, on voulu se jeter sur lui, le retenir ; il fut plus rapide. Il esquiva les mains qui voulaient l’agripper, s’élança sur son ennemi. Il manqua, une fois, deux fois. La troisième, son poignard s’enfonça dans la chair, tranchant jusqu’à la garde. Le sang coula à nouveau sur ses mains, mais il ne s’arrêta pas. Il força encore, abaissa l’arme tout d’un coup pour ouvrir une plaie béante de laquelle il ne se remettrait pas.

« Akainu ! »

Le hurlement paniqué ne l’arracha pas à sa contemplation, lui qui avait tout à coup pâli face à tout ce sang. Ce sang qu’il venait lui-même de faire couler. On le saisit par les épaules, et on l’éloigna, loin, loin de celui à qui il venait d’ôter le droit de vivre.

Il se débattit tout à coup, lorsqu’ils passèrent près du corps de Lorelei. On ne voulu pas le lâcher, alors il les fit tomber de force, et s’écroula à son tour. Les épaules agitées par ses sanglots, il vint entrelacer les doigts de celle qui ne reviendrait pas aux siens. On n’entendait plus rien, sinon ses hoquets et le feu qui crépitait encore, là où l’Ebullilave avait fait son foyer. La douleur était telle qu’il n’était pas certain d’être capable de reprendre pied. Rester, rester, rester là, auprès d’elle. Il ne désirait rien d’autre.

« Lorelei... »

Quand bien même il aurait voulu que ses mots aient le pouvoir de lui insuffler une vie nouvelle qu'il protégerait au péril de la sienne, rien n'y fit. Chronos venait de lui arracher cette fille, dont il s’était épris des mots pleins d’une sagesse qui le révulsait tant. Et rien, jamais, n'effacerait les fautes commises cette nuit-là.

Gentil petit joueur •
Pseudo ▬ Oswald ; Rhap. Encrine, TwentyYon, Yuzetsuki...
Âge/Date de naissance ▬ 27.10.98. 17 ans. :B
Comment es-tu arrivé ici petit être ? ▬ un partenariat qui a popé sur KnB et en général quand on revient une deuxième fois sur un forum qui nous a déjà plu au premier regard c'est foutu /out
Votre activité sur le forum sur une échelle de 1 à 10 ? ▬ 9 parce que l'on ne sait jamais, surtout en ce moment où j'suis pas censée être là avec mon TC mais on m'a forcée -zieute Fuyuki-
Ton Pokemon préféré ▬ Noctaliiiii Shinyyyy. Mais toutes les Evolitions. Puis plein d'autres mais pas le courage de réfléchir pour retrouver les noms, je les ai mis sur mes comptes précédents. /out
Que penses tu du forum ? ▬ .... lol. :B
As-tu bien lu le règlement ?La copine Evolition vole le code !

Le titre de ma présentation, ainsi que la citation avant le physique sont d'Oscar Wilde. ♥


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MessageSujet: Re: be yourself, everyone else is already taken ; akainu   Mar 22 Aoû - 1:06

Histoire •

We were just brash and breezy, at that time.

On avait appris à vivre avec le vide qu’Oz avait laissé dans la petite famille des Nishimura. C’était difficile les premiers temps, et même ceux d’après : ils n’avaient jamais été séparés, alors l’absence avait un goût étrangement amer. Les triplés n’en étaient que plus proches encore qu’ils l’étaient autrefois, toujours fourrés ensemble dés lors que l’un ne s’échappait pas dehors. C’était souvent Akainu qui sortait, d’ailleurs : c’est qu’il avait rencontré un petit groupe d’adolescents, de son âge ou à peine plus âgés que lui. Ils étaient d’Avalon, et profitaient de temps paisibles pour revenir chez eux, ici à Johto, où logeaient le Pyroli et sa famille. Il ne leur avait pas fallu tant de temps pour sympathiser avec l’adolescent tout de flammes. C’est qu’il était sociable, tout de même, et qu’il était facile de plaisanter avec lui dés lors qu’il se sentait un tant soit peu en confiance. Mais, bien sûr, ils s’en retournaient régulièrement vers l’organisation dans laquelle ils s’étaient engagés et, tout aussi souvent, ils proposaient à Akainu de les y suivre, de les rejoindre : il avait un bon profil, disaient-ils.

Il ne céda cependant jamais, par égard pour sa mère. C’était une humaine et jamais, ô grand jamais, elle n’avait fait de mal à quelconque hybride. Elle les aimait, elle les chérissait et les traitait comme des êtres égaux à elle-même. Elle avait épousé Kuro, après tout, et c’était trois hybrides qu’elle avait mis au monde après un aîné humain. Alors, il se bornait à refuser, chaque fois dans un haussement d’épaules et sans se défaire de ce petit sourire résigné, presque désolé. Mais ils étaient déterminés : un jour, il les suivrait.

Il fallut qu’un drame arrive pour qu’il s’engage finalement dans la cause de l’organisation pro-Pokémon. Ils revinrent un matin, la mine assombrie, l’un des membres de leur quatuor manquant à l’appel. Il imagina le pire, mais on le rassura brièvement : il n’était pas mort, mais il avait perdu sa soeur au cours d’une mission. Il s’était alors retiré, avait laissé vacant son poste à Avalon. Errer dans les couloirs de l’organisation, croiser les visages familiers et entendre les rires de ceux qui demeuraient bien vivants, c’était trop difficile pour lui. Il avait démissionné, s’en était retourné chez ses parents. Les coupables de cette tragédie ? Chronos.

Jusqu’à présent, Akainu n’en avait entendu parler qu’au travers de rumeurs, ou dans la bouche des adultes. Mais, toujours, les rumeurs restaient vagues, et les adultes se taisaient lorsqu’ils remarquaient les adolescents curieux. C’était comme s’il fallait cacher certaines choses, étouffer les horreurs qu’il découvrait d’une des pires façons qui soient. Longtemps, il n’avait pas compris comment l’organisation humaine pouvait causer tant de torts qu’elle devint la seule terreur universelle de tous les hybrides. Cette fois-ci, il comprenait : s’il arrivait sans cesse quelque hybride rescapé d’Unys, quelque fugitif qui ne voulait pas parler, quelque fuyard qui cherchait à rejoindre Hoenn, c’était parce que Chronos savait tuer. Sans distinction d’âge, ni de sexe, ni de valeurs ; comme s’ils n’étaient pas véritablement humains. Tout à coup, il comprit ce qu’il n’avait que vaguement imaginé : tous n’étaient pas comme sa mère. Tous, non, n’aimaient pas les hybrides comme elle les aimait. Certains, au contraire, ne désiraient que les voir tomber. C’était difficile à admettre : il y fut bien forcé.

Alors, l’idée germa dans un coin de son esprit, lentement, doucement, avec mille précaution, comme si, éclose trop brusquement, elle fanerait sans avoir eu le temps de s’épanouir. Peu à peu, Akainu laissa sa résolution l’envahir tout entier, s’y abandonna complètement ; elle avait fait son foyer en lui tout entier, et il ne savait plus s’y soustraire. Aussi, bientôt n’eut-il plus d’autre choix que d’officialiser la chose : tout juste un an après que son frère aîné eut annoncé son départ, ce fut lui qui, le regard porté droit sur sa famille, déclara qu’il s’en allait pour Hoenn, qu’il s’engageait dans la cause d’Avalon.

Il pensait avoir le droit à un départ aussi paisible que celui que l’on avait réservé à Oz, mais Kuro s’emporta presque aussitôt. Il ne comprenait pas, il en voulait à son fils ; n’aimait-il donc pas sa mère ? haïssait-il les humains au point de vouloir mener la guerre contre eux ? n’était-il donc qu’un jeune inconscient ? il n’avait que quinze ans, bon sang, que savait-il de la vie, de Chronos, du prix qu’il pouvait lui en coûter d’être si insouciant ? Les mots faisait mal, mais Akainu ne céda pas. Bien sûr, qu’il aimait sa mère, qu’il savait les humains parfois bon, mais il y en avait d’autre, il y avait ces autres qui ne l’étaient pas, qui tuaient ses pairs, il y avait ces gamins qui martyrisaient son frère, ces adultes qui les regardaient parfois de travers. Il les remarquait de plus en plus, depuis qu’il avait compris à quel point certains étaient cruels. Et puis, aussi, il y avait ce corps, trop humain, trop différent de celui de ses ancêtres, qu’il enviait souvent ; il aurait pu avoir une vie différente s’il n’avait pas tant ressemblé à ceux contre qui il était déterminé à s’engager.

Atsue pleurait dans les bras de sa mère, les suppliait d’arrêter de se hurler dessus, de cesser de se faire la guerre, de baisser les armes et d’oublier les travers. Alix, du mieux qu’elle pouvait, tentait de la réconforter, en caressant son épaule d’une main, le bras de son mari de l’autre, et en soufflant des mots qui se voulaient apaisants aux trois mis hors d’eux. Seul Fuyuki demeurait silencieux, observant les deux autres hommes de la famille, qui se déchiraient l’un et l’autre. Il ne disait mot, et pourtant, il n’en pensait pas moins ; lui non plus ne comprenait pas les motivations de son frère, pas plus qu’il ne comprenait pourquoi est-ce qu’il désirait les abandonner, alors qu’il avait connu la douleur du départ d’Oz, lui aussi. Pire, encore, pourquoi donc s’engager dans une cause qui ne le touchait pas ? Leur mère, elle était bien humaine, si douce et si gentille, alors pourquoi ? Pourquoi ? Sans poser la moindre question qui, pourtant, aurait peut-être pu changer bien des choses, il quitta la pièce et claqua la porte dans son dos. Il ne le vit pas, le regard d’Akainu, posé sur sa nuque, pas plus qu’il n’entendit le « Fuyuki » brièvement soufflé à la porte close. Les murs tremblèrent encore longtemps sous les cris et puis, peu à peu, à mesure que les mots et les larmes s’épuisaient, le silence retomba. Pesant. Presque cruel. Comme une fatalité.

C’est dans cette accalmie lourde de tensions et de reproches qu’il plia ses affaires et les entassa dans une valise, tout juste empli du strict nécessaire. Alix, en bonne mère soucieuse, s’était chargée d’y rajouter du poids en vêtements et autres choses qu’il jugea inutiles mais n’osa pas retirer. Il savait que sa décision la peinait, et il savait aussi qu’elle s’empêchait difficilement de le retenir, qu’elle étouffait cette boule qu’elle avait sans doute à la gorge et l’éclat un peu trop brillant de ses yeux, lorsqu’elle les posait sur son fils. Ils n’échangèrent pas un seul mot, rien que des regards et des sourires, qui se voulaient rassurants, et heureux comme avant, mais c’était si difficile au fond. La nuit qui suivit fut bien peu paisible, plutôt agitée voire carrément blanche pour certains membres de la petite famille.

Le matin vint et, chargé de son seul bagage et une veste sur les épaules, il fit face aux Nishimura, qui témoignaient d’un absent. Le vide laissé là par Fuyuki fut comme un poignard effilé enfoncé profondément dans son coeur, mais il ne montra rien de son trouble. Sa mère le prit dans ses bras dans attendre, et la sentir trembler contre lui fut sans doute l’une des choses les plus difficiles qu’il eut à traverser, à cette époque. Sans attendre qu’elle se détache de lui, Atsue s’était jetée dans l’embrassade. Elle retenait fièrement ses larmes, et Akainu ne trouva rien d’autre à faire que leur caresser les cheveux à toutes les deux, leur jurant nouvelles et visites dés qu’il le pourrait. Elles le lâchèrent sur ces promesses, à contre-coeur et trop difficilement, et lui se tourna vers son père. Il garda le regard obstinément baissé, incapable de lui faire dignement face. Il souffla un au revoir à mi-voix, mais il n’eut même pas le temps de terminer que les bras de Kuro l’étreignaient, d’une force qui signifiait tant d’amour, de « pardon » et de « reste » que le jeune Pyroli se sentit un instant défaillir, et prêt à renoncer à son départ. Mais il n’en fit rien, se contenta de répondre à cette étreinte à laquelle il ne s’attendait pas. Et puis, lentement, il se détacha, et lui adressa un sourire des plus désolés que l’on ait jamais vu. Alors que, le coeur lourd, Akainu s’avançait vers la porte, le son de quelques pas familiers le figèrent, l’arrêtèrent dans son élan. Il se tourna, avec un soulagement mêlé de tant d’appréhension, qu’il fut incapable de prononcer un seul mot face à Fuyuki, qui venait de se joindre aux adieux. Les doigts serrés sur la poignée de sa valise, le Pyroli soutint difficilement les prunelles céruléennes de son frère. Il était là, si près de lui. Et pourtant, il avait l’impression que des années-lumières les séparaient. Oui, il le cru un instant, avant que sa main ne quitte son bagage, et qu’il enlace son cadet avec un amour dont il se savait seul capable à l’égard de son jumeau. Sentir ses bras le serrer lui aussi parvint à lui mettre un peu de baume au coeur et, à nouveau, il songea un instant à renoncer à partir, il songea à rester. Il ne le fit cependant pas, déterminé à ne pas flancher au dernier moment.

Il s’en alla donc, sans plus vraiment oser croiser les regards qui se posaient sur lui. Longtemps, il marcha à reculons, agitant le bras en signe d’au revoir, un sourire aux lèvres. Puis il se détourna parce que sa vue se troubla, parce que son nez le picota. C’est qu’il était bien jeune, de ce temps-là, Akainu. Et il s’en allait, il quittait ce doux foyer qui l’avait vu grandir, l’avait aimé et choyé ; il s’en allait et rejoignait ses nouveaux compagnons d’Avalon sur le port, ces amis qui lui avaient montré une voie différente, un chemin de vie qui l’attirait mais qui, au fond, lui arrachait le coeur d’une certaine façon. Qu’importe : c’était sa destinée, et lui seul l’avait choisie. C’était ça, l’important, après tout.

Quand bien même il fut guidé, les premiers temps furent difficiles. Il ne participait pas véritablement aux missions qui demandaient des hommes sur le terrain, parce qu’on le jugeait trop faible. Il n’était qu’une nouvelle recrue, et on préférait le savoir en sûreté en train de s’entraîner dans les bâtiments d’Avalon, plutôt qu’à gambader seul au devant de dangers potentiels. Dés les premières semaines en vérité, on lui assigna une marraine dans l’organisation. C’était une Ponyta, de deux ans son aînée. Lorelei, une sale gosse qui s’était vite prise d’affection pour un jeu agaçant qui consistait à titiller Akainu là où elle savait qu’il réagirait. Elle était celle contre qui il devait se battre pour se perfectionner et si, sur les débuts, il avait été réticent à l’idée de frapper une fille, elle avait rapidement su le faire changer d’avis. Elle savait quels étaient les sujets qui faisaient ressortir les instincts combattants du Pyroli, et elle s’en jouait en plein milieu des couloirs, le prenait par surprise et s’évertuait à lui rendre la tâche compliquée. Il était un adolescent aux gestes maladroits et incertains, et ça l’amusait d’autant plus.

Pourtant, plus vite qu’elle ne l’aurait cru, il s’habitua, apprit, s’améliora. Il était devenu plus difficile de le surprendre, plus encore de l’esquiver : il avait compris qu’il lui fallait apprendre à décrypter les mouvements adverses pour anticiper les suivants, et il se révélait plutôt doué à ce petit jeu d’observation. Bientôt, il su prendre le dessus, et même la mettre au sol sans qu’elle n’ait plus aucune solution : s’il avait été un ennemi, aucun doute, elle y serait restée plus d’une fois. Elle riait de ses défaites. Akainu ne comprenait pas. Pourtant, un jour, il joignit ses rires à ceux de Lorelei, et ce fut le même schéma à chaque fois, qu’importe qui l’emportait, et qui perdait la manche. Parfois, s’il échouait, elle le cassait, elle le méprisait, lui sifflait des immondices à l’oreille ; un jour il appris à répondre à son mal par quelque chose de similaire, il apprit les mots qui blessent et s’en servit contre elle. Souvent, elle lui en voulu ; toujours, elle revint. Parce que lui aussi s’en revenait toujours vers elle.

Et puis, un jour, dans un couloir, elle l’avait attaqué, une fois de plus. Comme toujours, il avait dégainé son arme sans hésiter, et s’en était suivi l’un de ces énièmes combats qui attiraient la plupart du temps les regards des curieux. On pariait sur le vainqueur en se donnant des coups dans les côtes, et puis on admirait le spectacle. Cette fois-ci, il n’y avait personne d’autre qu’eux deux, comme si ce moment-là leur était réservé. Il la désarma sans peine, mais elle parvint tout de même à reprendre le dessus : il fut coincé contre un mur, sa main tenue et sa propre arme sous sa gorge. Il renifla, alors qu’elle esquissait un sourire cruel et victorieux. Il ne lui laissa pas le temps de lui asséner encore de quelconques reproches, qu’il glissa ses doigts libres dans les cheveux de la jeune femme, les laissa courir jusque dans son cou. Il sentit la main de Lorelei qui se desserrait lentement de la sienne, pour se défaire totalement lorsqu’il se pencha vers elle. Ses lèvres avaient un goût sucré, qui s’attarda longuement sur celles d’Akainu. Elle ne le repoussa pas, et il sentit son coeur bondir dans sa poitrine. Il n’avait jamais ressenti ça, avant, et c’était perturbant. C’était sans doute ce qu’attendaient les filles qui l’abordaient, dans la cour de récréation, des étoiles pleins les yeux et le sourire timide aux lèvres : un battement de coeur plus fort que les autres à leur encontre. Il n’avait jamais su le leur accorder. Lorelei était la première.

La rumeur de leur relation fit bientôt le tour de l’organisation, mais il n’en furent pas outrés ; ça les fit même rire en vérité, et ils ne se cachèrent pas. Leurs habitudes ne changèrent jamais, les taquineries continuaient, les combats aussi, et les mots durs tonnaient encore parfois, blessant leurs deux coeurs. Mais ils recollaient les morceaux à coups de baisers et de nuits enlacés dans les bras de l’autre. Qu’importait qu’ils se perdent parfois, puisqu’ils se retrouvaient à tous les coups. Ils ne croyaient pas en l’Amour parfait, celui avec un grand A, qui dure Toujours avec un grand T, mais ils croyaient en l’amour qui dure et fait rêver, fout des papillons dans le ventre même si ça ne dure qu’un temps. Et ce temps, ils essayèrent de le faire durer, tant qu’ils le purent.

Ils n’eurent pas le temps de s’aimer vraiment qu’elle lui fut arrachée.

Les semaines qui suivirent, il se tint à l’écart d’Avalon, de ses collègues et de la pitié qu’il lisait dans leurs yeux : ils voulaient tous le ménager, et ça le répugnait encore plus. Il n’avait plus pleuré depuis cette soirée, le choc passé, préférant se muer dans le silence et le déni. Chaque fois, dans les couloirs, il s’attendait à ce qu’elle surgisse dans son dos pour tenter de le mettre au sol, et qu’elle finisse par chercher sa bouche dans un baiser délicieux. Mais ça ne vint plus, ça ne vint jamais ; alors la colère monta, et il en voulu au monde entier. Il suppliait l’Univers, l’Invisible, Arceus de lui rendre Lorelei, en échange de sa liberté, de sa vie, de tout ce qu’il était : il voulait qu’elle revienne et que tout soit à nouveau comme avant. Elle ne lui fut pas rendue.

Peu à peu, il abandonna sa lutte stupide contre le Monde, s’enferma dans la tristesse qui rongeait son coeur et semblait ne pas vouloir lui laisser le moindre répit. Il y avait un peu de rancoeur encore, mais plus suffisamment pour qu’il se sente encore de livrer bataille en le nom de la disparue. Alors, tout doucement et au gré des semaines, des mois même, qui passèrent, il se résigna, et ce sentiment de défaite profondément ancré en lui se changea en quelque chose de moins difficile à porter, de plus léger pour son âme en peine. Il acceptait que la vie lui ait arraché celle qui l’aimait, il pardonnait, un peu plus chaque jour. Il avait toujours mal, et ça ne changerait jamais, le vide, l’absence : il apprenait simplement à le tolérer à ses côtés, ce manque qui ne disparaîtrait plus.

Plusieurs fois, il avait songé à rentrer chez lui, pour se remettre un peu, mais il n’osa pas. Sans doute craignait-il de n’être qu’un poids pour ses parents et sa fratrie, avec ce deuil qui lui ôtait un peu de son bon vivre habituel. Il n’avait pas envie de les inquiéter, pas envie qu’ils se fassent un sang d’encre à son sujet et regrettent de l’avoir laissé partir sans tenter de le dissuader plus encore. Il ne voulaient pas qu’ils s’en fassent pour lui, alors il préféra rester à Hoenn le temps d’aller mieux, de reprendre pied, de retrouver une activité conséquente au sein de l’organisation. Il lui fallut bien des mois avant qu’il ne parvienne à apaiser la douleur, mais il y était parvenu, à grands renforts de caractère ardent et d’occupations diverses.

Et puis, un jour, alors que le calme était revenu dans sa vie, il reçut un appel. Il n’eut pas besoin de s’attarder pour reconnaître le numéro de ses parents, et il décrocha presque aussitôt. Il entendit la voix tremblante et hésitante à l’autre fil lui demander de rentrer au plus vite à la maison, il demanda pourquoi, voulu qu’on lui explique, mais rien n’y fit. De ce fait, l’angoisse lui étreignant le coeur, il annonça qu’il rentrait à Johto, pour un temps indéterminé ; il donnerait des nouvelles, il tiendrait au courant, il n’avait pas le choix, il ne savait pas pourquoi. Il retourna donc sur les terres qui l’avait vu naître, par le premier ferry en partance de Hoenn.

« Fugué ? Comment ça il a fugué ?! »

La voix d’Akainu avait grondé dans la maison, comme un coup de tonnerre qui aurait ébranlé la bâtisse entière. Le silence de son père avait suivi, sa soeur s’était recroquevillée sur le sofa, et sa mère était venue poser une main sur le bras de son fils, qui s’était dégagé presque aussitôt.

« Comment c’est possible ? Comment. c’est. juste. possible ?! Vous êtes ses parents, vous êtes nos parents ou ça se passe comment ? »

Alix, qui avait ouvert la bouche pour lui répondre, s’était finalement tue, et son fils su qu’il l’avait blessée. Sans doute, aussi, avait-il blessé son père, qui le vrillait de son regard sévère. Alors, il se fit violence pour se calmer, même si cela signifiait retenir vaillamment un flot de mots emplis de colère qui ne désiraient que s’échapper et éclater dans le salon. Poings serrés, tremblants, il se détourna, et quitta la pièce pour rejoindre les chambres de l’autre côté. Ce fut sans aucun remord qu’il fouilla au milieu des affaires de Fuyuki, cherchant vainement un indice, autre que ce morceau de papier inscrit d’un mot fait à la va-vite que ses parents avaient trouvé. Mais rien. Il n’y avait rien. Alors, de désespoir et le coeur lourd d’un sentiment indescriptible, il s’assit sur le lit de son frère, et resta là, de longues heures durant, incapable d’autre chose que de s’en vouloir de n’avoir pas été là pour l’en empêcher.

Il resta chez lui, avec ses parents et sa soeur, l’espace d’une semaine ou deux, dans l’espoir de retrouver le maillon manquant à leur petite famille. Akainu fut celui qui, sans doute, s’évertua le plus à le chercher, frappant à toutes les portes et interpellant tous les passants pour leur demander s’ils n’avaient pas aperçu Fuyuki, une photographie de leur fratrie à la main. Mais, chaque fois, il revenait bredouille et puis s’enfermait, priant intérieurement les cieux de protéger son cadet du monde de l’extérieur, de tous ceux qui lui voudraient du mal, et de Chronos. Dés qu’il repensait à la façon dont il avait perdu Lorelei, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer ce qu’il adviendrait si son frère aussi tombait entre les griffes de cette organisation criminelle. La peur lui écorchait l’estomac, et pourtant, il tenait bon, tant qu’il pouvait.

Cependant, il lui fallut bientôt retourner à Avalon, là où on l’attendait pour quelque mission. Il n’était pas rassuré, il n’avait pas envie de quitter Johto sans avoir retrouvé son frère, mais ses parents le poussèrent à repartir vers Hoenn. Ça lui changerait les idées, il le croiserait peut-être là-bas, et puis ils le tiendraient au courant. Akainu, en pliant bagages une nouvelle fois, n’avait pas l’esprit tranquille, et il dû se faire violence pour monter sur le ferry plutôt que de rester sur le continent le temps qu’il faudrait pour remettre la main sur Fuyuki. Le trajet jusqu’à l’organisation pro-Pokémon fut, à ses yeux, l’un des plus longs qu’il n’eut jamais fait de toute sa vie, pour le peu qu’il en savait des interminables trajets.

Fort heureusement, on n’était pas au courant à Avalon de ce qui se passait chez les Nishimura, et le Pyroli eut tôt fait de faire comprendre qu’il ne répondrait pas aux questions, que ça ne concernait en rien ses collègues, fussent-ils amis ou simples connaissances. Alors, peu à peu, les gens apprirent à oublier, à ne plus s’interroger, à le regarder sans plus de curiosité dans les yeux. Les mois passèrent où, à chaque fois qu’il partait en mission, il espérait croiser Fuyuki. Il avait cru qu’il l’aurait rejoint à Avalon, qu’il s’aventurerait au moins sur les terres d’Hoenn, mais rien. Jamais. Son frère avait complètement disparu, et il lui en voulait d’être parti tel un voleur, sans rien lui dire, sans chercher à le retrouver. Et, pourtant, plus encore que la rancune, c’était l’anxiété qui triturait l’esprit de l’adolescent… et qui le torture encore, aujourd’hui, des mois plus tard, alors que les missions l’occupent. Ça n’est jamais suffisant… Jamais suffisant pour oublier qu’il manque quelqu’un à son monde, et qu’il est là, quelque part.

Qu’il le retrouvera, quel qu’en soit le prix.
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