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  The light that's shining from inside you. ; Kazuko

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Yûki
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MessageSujet: The light that's shining from inside you. ; Kazuko   Dim 30 Juil - 1:03

Il était là, assis à même le sol. Les vêtements salis, usés par endroits, les extrémités des manches et de son pantalon un peu trop court gris de poussière. Les cheveux en bataille, il levait les yeux vers les feuilles des arbres qui s’agitaient dans le vent, au dessus de lui. Ses sanguines couraient le long des branches, des ramures, cherchaient à attraper un éclat du soleil au milieu des vagues verdoyantes qui dansaient élégamment sous la brise. Distraitement, sa main ne cessait de passer et repasser incessamment sur son avant-bras, encore et encore, comme pour faire passer une gêne, une douleur qui l’agaçait. Et c’était sans conteste plus vrai que l’on ne pouvait y songer au premier abord : il y avait, là, camouflé sous le tissu miteux, un bleu un peu trop étendu et déjà violacé, qui datait tout juste de la nuit passée. 

Il n’avait pas bien dormi, à cause des coups qui l’avaient laissé courbaturé, un peu plus que d’habitude, et de profondes cernes marquaient ses yeux qui ne parvenaient jamais à se fermer vraiment. Comme par peur qu’il ne vienne, qu’il ne le blesse, qu’il ne le détruise encore. Qu’il ne le tue, peut-être, un jour. Il n’avait pas peur du noir, pas peur des insectes, pas peur des orages ; il n’avait peur que de cet être qui l’attendait patiemment dans la bâtisse froide et étouffante. Il y retournait forcément, parce qu’il n’avait rien d’autre. La rue avait failli l’emporter, une fois ; il savait qu’elle l’aurait pour de bon, s’il s’y aventurait encore. Alors, il restait. Il aurait pu partir ; il n’osait pas. La peur du froid et de la faim, plus déchirants encore qu’ils ne l’étaient entre les quatre murs, le tenaient comme en chaîne. Il était prisonnier, sans même que son cou n’ait besoin d’être serré d’un collier trop étroit et suffocant.

Mais c’est qu’Oswald n’était encore qu’un enfant aux yeux presque insouciants, de ce temps-là.

Tout accrochait son attention ; à commencer par un rien. Le simple battement d’ailes d’un papillon, le piaillement d’un oiseau, un aboiement lointain. Parfois, la simple course des feuilles rougeoyantes de l’automne, soulevées par le vent frais de la saison, suffisait à le fasciner durant des heures. Il s’émerveillait des choses les plus futiles de la vie, sans doute, mais ça lui convenait, et ça n'aurait surpris personne : il n’était qu’un gamin, après tout.

De temps à autres, il surprenait son esprit qui lui présentait l’image de la petite Pichu, qu’il avait rencontrée et avec qui il avait joué pendant des heures, quelques semaines avant d’être recueilli par le Spectrum qui lui faisait tant de mal. Il se demandait ce qu’elle devenait, il se demandait s’il la reverrait. Peut-être qu’elle ne voudrait plus jouer avec lui : il était sale et plein de maladies, après tout, avait dit la mère de l’enfant. Un peu plus d’un an avait passé, et les mots ne désiraient pas s’ôter du poids de son coeur. Alors, il les étouffait, ou tout du moins il essayait ; mais ces palabres dont il ne comprenait pas tout à fait le venin continuaient de l’empoisonner, sans même qu’il n’en ait véritablement conscience. Si l’ignorance préservait ? On pouvait le croire, peut-être, tant que l’on ne se penchait pas sur Oswald, ni sur l'incompréhension, les pourquoi et les comment qui tournaient dans sa tête sans qu’il ne les saisisse jamais vraiment. 

Le soleil était haut dans le ciel, et il mourrait de faim maintenant. Hier soir, l’ouragan avait frappé dans la maison, alors il n’avait pas mangé ; ce matin non plus, parce qu’il avait fui discrètement, dés qu’il avait eu le dos tourné. Il reviendrait, il le savait, alors il ne venait plus le chercher. Mais il préparait sa vengeance, sa sentence pour cette fugue qui n’en était qu’une parmi un millier d’autres. Il ne mangerait pas ce soir, non plus. Il fuyait, encore, toujours. Mais c’était que dehors, il avait trouvé son bonheur providentiel

Et c’était ce bonheur qu’il attendait, là, au couvert d’un arbre. C’était cet ange aux yeux fascinants et aux mains douces qu’il aimait tant, c’était cette princesse dont il voulait être le chevalier qu’il désirait voir arriver. Seulement, c’était lui que l’on gardait prisonnier d’un dragon. L’image aurait pu être amusante, si elle n’avait pas été si douloureuse.

Lentement, avec mille précautions pour ne pas se faire plus de mal qu’il n’en avait déjà, Oswald se releva, épousseta ses vêtements de toute façon déjà fichus. Il n’en avait rien à faire, ils étaient si loin de la ville que personne ne passait jamais par ici. Pas plus que lui-même n’aurait été capable de trouver le chemin de la civilisation ; il n’y avait ni route ni allée. Rien que des arbres, des ruisseaux, des hautes herbes. Et des insectes, et des bêtes sauvages, qu’il suivait parfois lorsqu’il s’ennuyait. Ici, il était loin de tout, loin de la vie, incapable de s’y rendre. C’était la vie qui venait à lui, en vérité.

Ses yeux se plissèrent tout à coup, et son regard se perdit à observer en détail tout ce qui l’entourait. Il se sentait soudainement épié, mais pas tout à fait effrayé ; c’était comme si son coeur se savait à présent protégé, un peu en paix, c’était comme si ce parfum léger qui s’était mis à flotter dans l’air l’assurait qu’il n’avait plus rien à craindre, plus à avoir peur, plus jamais.

Il mit tant de soin à tenter de la trouver qu’il ne pu s’empêcher d’être quelque peu déçu de ne pas y parvenir. C’était rare qu’il y arrive en vérité, parce qu’elle n’hésitait jamais à l’ennuyer un peu avec… comment appelait-elle ça, déjà ? Téléport ? C’était quelque chose comme ça, dont elle usait à tort et à travers pour l’amuser ou qu’il fasse la moue —cette fois-ci, il gonfla les joues, croisa les bras, tâcha d’avoir l’air agacé alors même que ses prunelles pétillaient de malice et de bonheur à l’idée qu’elle soit enfin là. « Kazuko ! Montre toi, je sais qu’t’es là ! » Il fit mine de taper du pied, impatient. « C’est pas drôle quand tu te caches ! » Intérieurement, il se préparait : dés qu’elle se montrerait, dés qu’elle serait à portée, il n’attendrait pas une seconde : il se jetterait dans ses bras en hurlant son nom. Comme toujours, sourire aux lèvres. 

Parce que c’était elle, son bonheur providentiel tant désiré.


Dernière édition par Yûki le Lun 7 Aoû - 10:12, édité 4 fois
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Yûki
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MessageSujet: Re: The light that's shining from inside you. ; Kazuko   Dim 30 Juil - 1:04

Des regards se posaient sur la jeune femme qui avançait la tête haute dans le village, un grand sac en papier dans les mains. Son regard azur n’exprimait aucune peur. Malgré ses longs cheveux rose qui attiraient tous les regards et la méfiance des habitants, elle n’était pas inquiète. Kazuko n’avait jamais caché sa nature d’hybride et ne le ferait sans doute jamais. Ses pouvoirs étaient sans limites et il lui suffirait d’un battement de cil pour se téléporter ailleurs, en dehors du danger. Sans compter ses pouvoirs psychiques qu’elle n’utilisait jamais autrement que pour se défendre. Et seulement en dernier recours, sans jamais blesser autrui. Unys était devenue menaçante à son égard, elle n’allait cependant pas lui rendre la pareille. Le pacifisme avait toujours été sa devise et cela ne changerait jamais. Elle continuait à vivre sa vie malgré la présence de Chronos et rien ni personne ne pourrait l’en empêcher. Personne n’avait le droit de la priver de sa liberté contre son gré. Et si la vie n’était pas toujours facile dans cette région, elle était quand même possible. Même si les hybrides non légendaires avaient beaucoup plus de mal qu’elle à survivre ici. C’était pour ça qu’elle aidait ceux qu’elle pouvait aider, s’ils le méritaient cependant. 

Son regard s’assombrit un instant alors qu’un spectre bien particulier surgit dans un coin de son esprit. Ses doigts se refermèrent sur le sac en papier, le chiffonnant un peu. Son cœur se serra douloureusement. Dans quel état allait-elle trouver Oswald aujourd’hui ? Jour après jour, elle espérait le retrouver en pleine forme, sans nouvelle blessure, le ventre plein et le regard joyeux. Jour après jour, ses espoirs étaient brisés sans pitié. Ce Spectrum ne méritait pas de vivre. Se crispant à cette pensée qui ne lui ressemblait pas, l’éternelle secoua amèrement la tête. Elle trouverait une autre solution pour sauver son protégé. En attendant de la trouver, la Mew pouvait juste remplir son estomac et soigner ses blessures le plus souvent possible. Ainsi que lui apporter un peu de chaleur humaine... Accélérant le pas, la légendaire sortit du village et disparut dans une téléportation dès qu’elle fut cachée des regards. C’était une chose de se montrer, c’en était une autre de provoquer. Qu’est-ce qu’elle avait hâte de retrouver celui qu’elle considérait comme un fils. Elle n’allait pas le faire attendre plus longtemps. 

La Mew réapparut non loin de  la bâtisse qui servait de logement à Oswald et son bourreau. Cependant, elle veillait à ne jamais trop s’en approcher, ne voulant pas que le spectre ne trouve dans son amitié avec le gamin un prétexte pour lui faire subir encore plus de tourments. L’homme ne connaissait probablement pas son existence et c’était probablement mieux comme ça. Même si parfois, Kazuko avait plus qu’envie de venir lui dire sa façon de penser. Elle se taisait néanmoins, craignant que la colère du bourreau ne s’abatte sur l’enfant innocent. Se doutant qu’Oswald ne se trouvait plus à l’intérieur à cette heure, elle tourna les talons sans se retourner. Leur point de rendez vous n’était pas très loin, il l’y attendait, elle en était certaine. Un sourire tendre apparut sur son visage. Elle n’oublierait jamais sa rencontre avec ce petit être en besoin d’amour. Elle faisait son possible pour lui en donner, pour lui faire oublier ses malheurs et sa souffrance. Même si elle se sentait parfois bien impuissante devant les bleus, la peur et la douleur... C’était difficile d’être légendaire, immortelle et de ne pourtant rien pouvoir faire de concret. Insupportable, même.

Ses pas étaient silencieux, elle ne faisait aucun bruit. Son regard se teinta de tendresse et de malice quand elle repéra son protégé près d’un arbre. Il ne l’avait pas repérée. Quand elle voulait se cacher, personne ne la trouvait en général. Elle était la reine du cache cache. Téléport aidait grandement, il fallait dire. Et puis, depuis toujours Mew avait réussi à se dissimuler aux yeux des humains. Cela n’avait pas changé malgré ce qu’on pourrait penser. Son regard s’assombrit un instant quand elle aperçut le blondinet se frotter le bras. Sans nul doute qu’il lui faisait mal. Une vague de haine dérangeante la frappa de plein fouet, mais elle la chassa vite. Cela n’aiderait pas Oswald. Elle préférait le distraire, lui faire oublier la douleur. Aussi laissa-t-elle sa présence se dévoiler un peu plus pour qu’il la sente sans pouvoir néanmoins la repérer. Utilisant téléport avec soin pour changer d’endroit à chaque fois que le regard écarlate se posait sur sa cachette, la Mew joua pendant un moment avec l’enfant humain. Jusqu’à ce qu’il s’impatiente, la faisant rire doucement. Il était adorable avec sa petite moue, ses joues gonflées et son pied qui tapait le sol. Décidant de ne pas le faire languir davantage, elle surgit de derrière un arbre, sourire aux lèvres. 

- Moi, je trouve ça très drôle au contraire. Si tu voyais ta tête. Allez, viens là, petit monstre boudeur. Je t’ai apporté de quoi manger. J’ai même trouvé du chocolat, tu y crois ça ? Désolée d’avoir été aussi longue, le village où j’ai fait mes courses était assez loin, même pour moi... 

La Mew détestait quitter son petit prince comme elle l’appelait bien souvent. Dès qu’il disparaissait de son champ de vision, l’inquiétude la gagnait. Mais, parfois, elle y était bien obligée. Néanmoins, elle ne le quittait jamais plus d’une journée, refusant de prendre ce risque. Et puis, ils avaient tous les deux besoin de se voir, leurs cœurs ne supporteraient sans doute pas la séparation. Car ils étaient aussi fragiles l’un que l’autre malgré les apparences.
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MessageSujet: Re: The light that's shining from inside you. ; Kazuko   Dim 30 Juil - 1:04

Il se doutait bien qu’elle ne le ferait pas attendre indéfiniment, mais il espérait que l’entendre grommeler d’un ton bougon aurait tôt fait de la faire céder, plutôt qu’elle ne le tourmente encore de longues minutes durant — et elle était si joueuse qu’il ne doutait pas un seul instant qu’elle en fut capable. Alors, il maugréait, comme s’il refusait de se plier plus longtemps à son petit jeu de cache-cache, il savait qu’elle trichait et qu’il ne la trouverait de toute façon pas tant qu’elle s’amuserait, alors il avait tout à coup cessé d’essayer. Il ne jetait plus de regards alentours, ne se tournait plus en tout sens dans l’espoir d’apercevoir une mèche couleur aurore ou un œil aux teintes céruléennes. Il avait abandonné la bataille — comme il le faisait souvent, finalement — et attendait — presque — patiemment qu’elle daigne se montrer à lui, enfin, plutôt que de le faire tourner en rond sans répit.

Et, finalement, ça ne tarda pas : il entendit bientôt un bruissement dans son dos, et il se retourna vivement, alors que la voix claire de celle qu’il avait passé des heures à attendre s’élevait. Il sentit qu’au creux de sa poitrine, son coeur battait différemment de lorsqu’il était livré en pâture à la solitude ; il cognait un peu plus fort, un peu plus vite, comme s’il était un peu plus vivant, ranimé par la présence de Kazuko tout à coup dévoilée. Elle était là, et ça changeait la donne, ça changeait son monde, elle était là, et il apprenait ce que le bonheur signifiait. Son sourire avait quelque chose d’enchanteur et, chaque fois qu’il le voyait illuminer le visage de la légendaire, il savait pourquoi il vivait encore. « Moi, je trouve ça très drôle au contraire. Si tu voyais ta tête. » Il bougonna, une nouvelle fois, quand bien même il y avait sur ses lèvres ce sourire qui commençait déjà à s’épanouir, rien que parce qu’il la voyait enfin. Pourtant, ils ne s’étaient pas quittés longtemps : elle venait chaque jour le voir. Mais les heures où elle n’était pas là, il les comptait soigneusement, méticuleusement, il gravait sur le bois sous son matelas le temps qui passait, les jours qui restaient avant de pouvoir s’enfuir, ceux qui le séparaient encore de sa liberté. Et ça paraissait tellement loin, pour ce gamin qui avait à peine atteint la première dizaine d’années de sa vie. 

« Allez, viens là, petit monstre boudeur. » Cette fois-ci, toutes ses tentatives de lui faire la tête plus longtemps furent réduites à néant : il sourit pour de bon, et courut jusqu’à elle pour l’enlacer. Du même coup, il enfouit son visage contre son épaule, dans les tissus qui couvraient le corps de la belle, sans pour autant le priver de la chaleur qui émanait d’elle et qui l’enveloppait tout à coup. Près de Kazuko, il se sentait hors de danger. « J’suis un p’tit prince, d’abord ! Et même que toi t’es la jolie princesse ! » Il minaudait, rieur, et persuadé qu’un jour, ce serait lui qui la protégerait, sa si jolie princesse

Pour peu, il aurait presque pu oublier qu’elle lui parlait, si l’énonciation du mot chocolat ne l’avait pas tout à coup arraché à ses pensées, à ses rêveries. Ce furent deux sanguines pétillantes de joie qui se levèrent alors tout à coup vers la légendaire, tandis qu’il agrippait un peu plus fort les vêtements de l’éternelle. « C’est vrai ? Dis, dis, c’est vrai ? Y’a vraiment du chocolat ? » Et, plutôt que d’attendre une réponse, il se mit en tête de lui-même fouiner dans le sac en papier qu’elle tenait. Ces derniers mois, il avait gagné quelques centimètres, à une vitesse époustouflante, et il entendait bien en profiter maintenant qu’il rattrapait presque Kazuko. Si, lorsqu’elle l’avait trouvé, dans un état pitoyable, couvert d’ecchymoses et de blessures suintantes, il était bien trop chétif et maigrelet pour son âge, depuis qu’elle s’était mis en tête de prendre soin de lui, il avait rattrapé les centimètres en retard qu’il avait accumulés, et paraissait ne plus trop manquer de nourriture. Le Spectrum, souvent, le lui reprochait ; il n’était pas dupe, il se doutait bien qu’au dehors, Oswald avait trouvé un coin de répit, un coin de paradis dont il n’avait pas connaissance et qu’il ne pouvait pas lui ôter. Et, parce que l’enfant avait su trouver ce que lui n’aurait jamais, il se vengeait par moult coups, moult insultes. C’était toujours l’image de Kazuko qui revenait, sa voix qui lui intimait de ne pas céder, de tenir encore un peu. 

Victorieux, il tira la plaquette de chocolat hors du sac, et se réinstalla presque aussitôt au sol. Assis en tailleur, il réprimait difficilement les grimaces qui menaçaient de s’imprimer sur ses traits à chacun de ses mouvements. Pour ne pas trop y songer, il se concentrait sur sa tâche : ouvrir la gourmandise sans déchirer le papier. C’était sa petite manie à lui, quand bien même les emballage finissaient toujours à la corbeille. Il aimait ce sentiment de satisfaction qui s’emparait de lui chaque fois qu’il obtenait son bien sans être obligé de rien détruire entre ses doigts. Sa tâche accomplie dans le plus grand des soins, il brisa quelques carrés de la plaquette, qu’il tendit à Kazuko. « Tiens, jolie princesse, parce que merci ! » Il était là, tout sourire, le regard fixé sur l’éternelle alors qu’il brisait d’autres carrés pour y croquer sans plus attendre. La saveur sucrée qu’il laissa fondre et s’étaler sur sa langue avait un goût d’utopie, un goût d’interdit. Le même goût qu’avait chacune de ses rencontres avec cet ange tombé du ciel.
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MessageSujet: Re: The light that's shining from inside you. ; Kazuko   Dim 30 Juil - 1:05

Depuis sa transformation en humaine, le souhait d’être maman habitait le cœur de Kazuko. Elle enviait tant les mères de famille et leurs enfants. La légendaire donnerait tout pour pouvoir donner aussi la vie. Mais elle ne pouvait pas. Comme tous les immortels, la Mew était stérile. Cela pouvait se comprendre. Ses pouvoirs étaient trop puissants et son immortalité un fardeau bien trop lourd à donner. Arceus faisait toujours bien les choses. Mais cela n’empêchait pas l’immortelle de désirer profondément ce lien étroit qu’ont les mères avec leurs enfants. Sa rencontre avec Oswald l’avait probablement sauvée. Le jeune garçon n’était pas son fils, mais elle le considérait comme tel. 

Et elle aimait d’autant plus lui apporter le bonheur dont il manquait cruellement. C’était son devoir que de le protéger, que de le faire sourire et rire. Pourtant, parfois, elle se sentait réellement impuissante et s’en voulait terriblement de ne pas l’arracher pour de bon à son bourreau. Mais ce n’était pas si simple. Rien n’était simple dans ce monde. Et ça elle le savait parfaitement malgré ses airs rêveurs et insouciants. Le soupir qui menaçait de sortir de ses lèvres fut étouffé par le câlin que lui offrit son protégé. Un sourire tendre apparut sur le visage de la rose qui rendit son étreinte à l’enfant. Elle avait autant besoin que lui de leurs moments privilégiés. Sans eux, sa vie d’éternelle était bien triste et ennuyeuse. 

Elle ne put s’empêcher de rire quand il prit la parole. Un rire cristallin plein d’innocence, de douceur et de vie. Les contes de fée la fascinaient depuis que la rose les avait découverts alors cela lui plaisait d’être associée aux princesses de ces histoires. Et le rôle de prince allait parfaitement à son « fils ».

- Oui, c’est vrai, tu es mon petit prince. Merci pour le compliment, prince Oswald.

Son sourire n’avait pas quitté ses lèvres et elle ébouriffa affectueusement la tignasse du garçon. L’hybride psychique aurait tant aimé lui donner son cheval blanc et partir avec lui à l’autre bout du monde. Avant qu’elle ne puisse y réfléchir davantage, il la ramena à la réalité en fouillant dans le sac pour en sortir la plaque de chocolat. Elle ne dit rien, le laissant faire, lui épargnant une leçon de moral. Il ne la volait pas puisque cette friandise lui était destinée. Et il avait bien le droit de s’empiffrer, ce n’était pas comme s’il en avait souvent l’occasion chez son bourreau. Et ce n’était pas comme si elle ne lui apportait que des sucreries. 

La rose déposa le sac aux pieds d’Oswald pour qu’il puisse découvrir par lui-même ce qu’elle lui avait apporté. Une belle pomme rouge, du pain frais et un morceau de fromage. Elle avait appris au fur et à mesure les goûts de son protégé et tentait de lui faire plaisir aussi souvent que possible. Même si elle insistait aussi pour qu’il goûte de nouvelles saveurs et mange des choses saines. Comme une maman le ferait. Son regard s’assombrit à nouveau quand elle constata que son protégé souffrait. Il tentait de le cacher, fier comme il était, mais rien n’échappe à une mère. Surtout une mère, légendaire. Aussi, vint-elle s’asseoir à ses côtés et le souleva avec douceur pour le déposer sur ses genoux. On n’était jamais trop grand pour recevoir de l’amour. Si cela pouvait le soulager un peu, elle n’hésiterait jamais à faire ce genre de choses. 

Elle prit le chocolat qu’il lui tendait en souriant à nouveau. Cela lui plaisait d’être appelée jolie princesse. Cela faisait toujours plaisir de recevoir des compliments des gens qu’on aime. Elle le laissa savourer son chocolat quelques instants encore avant de prendre un air plus sérieux. Elle s’en voulait de gâcher l’ambiance, mais la rose ne pouvait pas laisser son protéger souffrir éternellement. Elle en était bien incapable. C’était son devoir d’ange gardien, de maman que de constater les dégâts et de faire ce qu’elle pouvait pour apaiser la douleur et la souffrance. Oh combien, elle aurait d’ailleurs aimé posséder un pouvoir de guérison.

- Oswald... Montre-moi tes blessures.


Elle le serra tendrement par derrière, mais avec la plus grande douceur pour ne pas lui faire mal. Lui rappeler que son corps était meurtri, lui rappeler des mauvais souvenirs lui procurait une douleur infinie, mais il fallait bien passer par là si elle voulait l’aider à guérir. Même si le Spectrum ne lui facilitait pas la tâche en infligeant au garçon de nouvelles blessures quotidiennement. Raison de plus pour répéter l’opération tous les jours, même si ce n’était agréable pour personne.

- Quand ce sera fini, tu auras droit à une autre récompense.


Kazuko n’était pas d’accord avec le fait qu’on pouvait donner trop d’amour, gâter trop un enfant, surtout dans de telles circonstances. Elle craignait plus que son cadeau ne plaise pas à Oswald, même s’il était parfaitement capable de l’adorer juste parce qu’elle lui offrait. La Mew craignait aussi que son bourreau lui prenne le précieux objet, mais ils trouveraient ensemble une solution pour que cela n’arrive pas. Elle n’avait pas l’intention de laisser le monstre gagner. Ah ça, non.
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MessageSujet: Re: The light that's shining from inside you. ; Kazuko   Dim 30 Juil - 1:05

Il y avait le monde, il y avait le chaos, il y avait les coups, la douleur, les pleurs étouffés la nuit, quand il ne fallait pas être entendu, ne pas le réveiller, survivre en silence. Se taire, obéir, baisser la tête, ramper, même ça n’était pas assez. Chaos, coups, douleur, pleurs, et le vide, ce vide, ce gouffre à ses pieds ; un écart et il sombrait, un écart et c’était terminé — facile, c’était si facile d’en finir. Il l’avait compris, que la mort n’était jamais loin — il suffisait d’arrêter de se battre, il suffisait de le provoquer, peut-être même simplement de le lui demander
Mais il y avait tout à coup la chaleur, tout à coup la douceur, la tendresse ; les mains tièdes et les doigts frêles, les rires cristallins, une seconde chance, une nouvelle inspiration. Chaque fois qu’il approchait du précipice, il y avait cet ange pour le sauver ; lui saisir le poignet, le prendre dans ses bras, le tenir contre elle, comme si d’entendre son coeur battre contre son oreille à lui pouvait suffire — et ça suffisait. Il suffisait de fermer les yeux, de lutter encore un peu, et elle réapparaissait, tout à coup. Elle revenait. Elle l’empêchait de sauter dans le vide. 
Elle lui saupoudrait encore l’esprit d’un peu d’espoir, à cet enfant dont l’insouciance était déjà morte.

Et il riait, avec elle —
et il vivait, avec elle.

Cette vie, trop souvent oubliée, mise de côté, avait un goût de chocolat au lait et un parfum de rose sucré.

Concentré qu’il était, à savourer la sensation des carrés qui fondaient sur sa langue, lentement, imprégnant son palais de la saveur délicieuse, il n’entendit pas les froissements légers des vêtements, celui de l’herbe près de lui ; il ne vit pas la silhouette de sa douce qui s’installait à ses côtés, ne s’en rendit compte que lorsqu’il fut sur ses genoux, et qu’il pu se laisser aller contre elle, sans chercher à se soustraire à l’affection qu’on lui donnait. Il se vantait parfois d’être trop grand pour ces choses-là et pourtant, il les appréciait sans doute comme aucun autre enfant de ce monde ne saurait les apprécier.
Le silence ne l’effrayait pas, parce que celui-ci n’était pas creux. Elle les comblait tous, à elle seule ; elle emplissait les failles, les crevasses, les dissimulait si bien qu’il se prenait au jeu, qu’il y croyait comme on croit peu, avec une croyance d’enfant qui croit au ciel, un enfant qui croit encore que tout n’est pas joué — que demain n’est pas qu’une vague plaisanterie.

Il le préférait, ce silence — 
il le préférait, à ce qui suivait, quand il vint à l’esprit de l’immortelle de le rompre.
Il le préférait, le mensonge, le paraître —
il le préférait, à la triste vérité.

« Oswald... Montre-moi tes blessures. » 

Il sentit l’étreinte qui se serrait doucement autour de lui ; barrage au dehors, tout va bien, je suis là qu’elle lui promettait sans un mot, qu’elle lui soufflait sans rien prononcer. Un geste en valait mille, de ces paroles fugaces qu’on oublie trop vite ; les actes marquent. On n’oublie pas les frissons, on n’oublie pas les tremblements, on n’oublie pas les crampes au ventre d’avoir trop rit, on n’oublie pas ces papillons qui s’amusent dans l’estomac, avec leurs ailes trop grandes et leurs tournoiements trop vifs.

« Kazuko..., il se plaint, la voix basse, un rien penaud, parce qu’il a failli, il a manqué à son rôle, il n’a pas été suffisamment fort pour cacher les douleurs et la protéger — un jour, il le promet, juré, craché, il y parviendra.
— Quand ce sera fini, tu auras droit à une autre récompense. »

Il hésite, une seconde, et puis trois — un enfant pris dans un dilemme ; la récompense l’attire, la curiosité pourrait l’emporter, mais il sait comme elle a mal de ses douleurs à lui, il sait comme elle est triste de le voir pleurer, il sait comme ses tourments l’affectent ; elle ne feint que l’amour, mais l’inquiétude est toujours là, et il la déteste. Il se déteste, d’être la cause de ses soucis ; il le déteste, de ne pas lui permettre d’être si courageux qu’il le voudrait, pour qu’elle n’ait plus à tant s’en faire.

« C’est rien, tu sais. Ça fait pas vraiment mal… C’est pas la peine. »

Marchandage — il ne veut pas qu’elle voit, les bleus de cette nuit, les contusions, la peau abîmée, la peau marquée, tant à vif que même le frôlement des vêtements semble l’enflammer. Il n’a jamais été brûlé — il imagine que c’est quelque chose de semblable, comme une chaleur désagréable, douloureuse au moindre mouvement, qui rend une simple caresse pénible, presque lancinante.
Il ne veut pas, il refuse — il tente encore de sauver les murs, ce môme bousculé.

« Mais tu sais, c’est pas grave, je veux bien la récompense quand même… »

Le naturel revient, au galop ; les plaisanteries, la légèreté, à peine ternie par la gravité de la situation à laquelle il essaie d’échapper. Terrifié, désemparé ; il donne le change, s’amuse, fait l’enfant — pour nier qu’il a grandi trop vite, que l’enfance est morte, que huit ans n’est qu’un chiffre, et qu’il ne saura plus jamais ce que c’est vraiment, d’être chérubin, gamin, galopin sans histoire. Il peut simuler, il peut y croire, de temps en temps, quand elle est là — mais quelques heures dans une journée ne sont pas une vie ; celles de l’obscurité balaient chaque fois l’illusion, l’éclate, la brise comme un miroir — et pour chaque morceau, c’est autant de blessures, et de malheurs à venir. 
Alors, il veut faire semblant, encore ; qu’on ne le ramène pas tout de suite à la réalité, qu’on le laisse oublier que sa vie n’est pas celle des autres, que son existence est biaisée, son destin déjà tracé — qu’on le laisse croire, aujourd’hui, demain, que les promesses d’aller mieux ne sont pas que baisers de Judas.
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Feuille de personnage
random: ici petit poney

MessageSujet: Re: The light that's shining from inside you. ; Kazuko   Dim 30 Juil - 12:29

Kazuko s’en voulait vraiment d’avoir cassé l’illusion dans laquelle son petit prince s’enfermait en sa présence. Elle s’en voulait de lui rappeler la douleur, les blessures, les coups, les hurlements. Elle s’en voulait tellement. Son nom qui sortit de la bouche du garçon lui serra le cœur. Cela sonnait presque comme une supplique. Il ne voulait sans doute pas se rappeler, sans doute pas voir la vérité en face. Sans doute pas la blesser en lui montrant ses plaies. Elle resserra encore plus son étreinte, toujours en veillant de ne pas lui faire mal et enfouit son visage dans les cheveux blonds de son ange brisé. Elle s’en voulait tellement. Mais elle n’avait pas le choix. Car il ne pouvait la tromper. 

Oh, elle pourrait faire semblant, faire comme si elle ne voyait rien, comme si elle ne sentait rien, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Mais elle s’y refusait. Et elle s’en voulait terriblement pour ça. Les rêves étaient tellement plus faciles à vivre que la réalité, alors pourquoi ne pas s’y enfermer avec Oswald à double tour ? Elle n’arrivait pas à savoir ce qui serait le mieux pour son protégé. Faire semblant ou affronter la réalité ? Mais elle ne pouvait décemment laisser son corps dans cet état. 

Oswald, souffla-t-elle de sa voix cristalline un peu tremblante malgré tous ses efforts. Ne rends pas les choses plus difficiles s’il te plaît.

Avant toute chose, elle fouilla dans sa poche et en sortit un flacon avant d’en sortir une petite pastille rose. Le choix de la couleur n’était pas de son ressort, mais si les circonstances étaient moins dramatiques sans doute qu’elle se serait amusée de la coïncidence. Elle prit une bouteille d’eau dans le sac de vivres et donna les deux à son protégé en lui faisant d’avaler l’antidouleur. Elle pourrait se contenter de ça et faire comme si de rien n’était ensuite, mais non la légendaire ne le pouvait pas. Des blessures laissées sans soin s’empiraient la plupart du temps et elle ne voulait pas prendre ce risque.

- Si tu veux, je peux te la donner maintenant. Cela te changera les idées pendant que je m’occupe de toi. Je suis désolée, tu sais que j’aimerais te faire croire que tes malheurs ne sont que chimères, mais ce n’est jamais bon de s’enfermer dans des rêves, mon ange...


Elle sortit un livre tout neuf de sa veste et le tendit à son protégé en se forçant à sourire, même si même dans ce cas-là il était magnifique. Bien sûr qu’il savait lire, sa protectrice y avait veillé. Elle était incapable de laisser son protégé illettré. Même si cela ne l’empêchait de jouer les conteuses quand il en avait envie. Elle se mit à caresser ses cheveux dans un geste tendre tout en attrapant son bras avec douceur pour commencer les soins.

- C’est une histoire de pirates, je me suis dit que ça te ferait plaisir.


Oh, comme elle s’en voulait. Oh, comme elle aurait aimé ne pas lui offrir ce roman comme excuse, mais pour une autre raison bien plus noble. Oh, comme la haine s’emparait d’elle quand elle voyait l’état de son bonhomme, de son protégé, de son petit prince. Aussi, en silence, commença-t-elle à le soigner comme elle le pouvait, en veillant à ce que les bandages et les pansements ne soient pas trop visibles. Il ne fallait pas que le bourreau d’Oswald soit au courant que quelqu’un le soignait, de peur qu’il ne fasse quelque chose d’irréparable. Aussi, c’est à regret qu’elle ne pouvait pas faire grand chose pour son visage, si ce n’était désinfecter.

- Tu sais, je suis sûr que tu serais très beau avec le chapeau de ce capitaine et son épée. C’est plus classe qu’une arme à feu, tu peux me croire. Comme ça, tu pourrais venir me secourir sur l’île de ton rival.


Plus classe et certainement moins dangereux. Un frisson parcourut Kazuko à la pensée que le garçon pourrait un jour porter une arme. Sans savoir que ce serait hélas le cas et que son innocence finirait par voler en éclats... Mais pour le moment, il l’était complètement, aussi innocent que la Mew. Et cette dernière se régalait de sa présence, sans nul doute qu’il la sauvait comme elle le sauvait. Seul ce Spectrum gâchait tout avec sa présence indésirable. Une fois qu’elle eut terminé les soins, elle le déplaça pour pouvoir se placer devant lui et prit son menton doucement pour qu’il la regarde.

- Oswald, je t’aime comme un fils, n’en doute jamais. 


Ah, elle ne savait pas que cet amour maternel évoluerait avec le temps. Et qu’il aurait toutes les raisons d’en douter un jour... Le destin était parfois bien cruel et Arceus encore plus.

- Tu as encore mal ? Que veux-tu faire maintenant ?


Tout, elle ferait tout pour lui changer les idées, pour lui faire oublier pendant quelques heures. C’était tout ce qu’elle pouvait faire et elle détestait être aussi impuissante. 
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