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 Where nothing gathers ; Fuyuki

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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:27

Le monde tournait aujourd'hui, comme il tournait hier, et comme il tournerait le lendemain. Le monde continuerait de tourner encore lorsque demain serait mort, et que de nouveaux jours se profileraient à l'horizon. Le monde tournerait encore pendant des siècles, quand la vie des vermines que sont les êtres humains ne durerait que l'instant d'un souffle. A l'échelle d'une étoile, les quatre-vingt-dix années auxquelles aspire un Homme ne sont rien qu'une poignée de secondes, qui s'écoulent comme s'écoule du sable fin et sec entre des doigts d'enfant. Le monde tournerait toujours, oui, et on verrait s'écrouler des empires et des royaumes, on ferait chuter des présidents, on ferrait éclater des guerres pour des pacotilles et on prônerait une liberté qui n'existe pas, des droits que l'on n'a pas pour le plaisir égoïste d'avoir fait une bonne action à l'échelle humanitaire. Quelle belle foutaise, de se dire que le monde tournerait encore trop longtemps avec ces brochettes d'immondices dont il ne peut se débarrasser. 

Oui, le monde tournerait encore, seul, dans quelques siècles ; mais aujourd'hui il tourne sous la main d'Oswald. Le globe, posé sur le bureau en bois massif, ne cesse de tournoyer, dans un sens puis dans l'autre, selon la volonté du chef et la direction que ses doigts lui donnent. Le menton dans la main, un regard las posé sur l'objet en mouvement, il espère qu'un quelconque événement viendra le tirer de l'ennui mortel qui ne le quitte plus, depuis quelques heures. A vrai dire, si le début de sa matinée fût bien plus passionnante, le calme soudainement de retour ne ménageait pas suffisamment son besoin permanent d'être diverti -comme un enfant. Il avait passé des heures dans la bibliothèque de son bureau, laissant courir son index sur la tranche des livres dans l'espoir qu'un titre sache attirer son attention plus qu'un autre. Il avait sorti des bouquins, en avait lu les premières lignes, et les avait reposés, les uns après les autres, sans parvenir à trouver un intérêt quelconque à ce qu'il lisait.

Alors, il avait fini par cesser de chercher, cesser d'espérer, et s'était assis à sur son fauteuil de cuir, récemment acheté pour remplacer l'ancien, plus vieux et usé par le temps. Celui-ci était du noir le plus sombre qui soit, en parfaite harmonie avec les tenues qu'il portait -des costards, la plupart du temps- et avec ce qu'il représentait : l'autorité pour ses sbires, le danger pour les Pokémon, la rancune pour lui-même. Finalement, le noir était sans doute la couleur qui lui correspondait le mieux, parce qu'elle était aussi sombre que tout ce qu'il cachait et ne dirait sans doute jamais à tout ceux qui l'entourent. Certains choses méritent de rester dans l'ombre, et son passé avait toujours fait partie de ces choses que l'on tait, même lorsque l'occasion se présente de les dévoiler. Il avait toujours passé sous silence les souffrances de son passé qui l'avaient finalement forgé tel un homme, un vrai, et qui l'avaient mené à grimper tout en haut de ce piédestal qu'il ne quittait plus depuis. 

De son trône tout là haut, il dirigeait et effrayait. Il était le pire des cauchemars pour bien des Pokémons de la région. Depuis que Chronos était là, au sein de Janusia, on parlait moins fort en ville, on se faisait plus discret sur qui l'on était. Depuis qu'Oswald en avait pris les rênes, et qu'on avait entendu parler de ses méthodes qui, si l'on écoutait les on-dit, surpassaient celles de son prédécesseur en termes de cruauté, certains avaient même déménagé. Fuir était sans doute la meilleure des solutions, face à un être de sa trempe, pour qui assassiner n'était finalement devenu qu'une formalité, qu'une étape obligatoire pour imposer son point de vue, son autorité, sa suprématie. La jeune Sbire prise en flagrant délit de ce qu'Oswald considérait comme un crime avec son Pokémon n'en serait finalement qu'un énième exemple lorsque viendrait l'heure de la sentence pour tous les deux. Il avait d'ailleurs réfléchit, pendant un moment, à la meilleure des façons de leur faire payer à tout deux l'affront qu'ils lui avaient fait. Il n'avait pas encore trouvé. 

Une fois n'est pas coutume, il avait envoyé l'un de ses sbires de bas étage lui trouver l'un de ses collègues afin de l'inviter à son bureau. L'un des plus doués de ses inférieurs sans doute, qui serait bien capable de gravier les échelons aussi vite que le chef avait pu le faire par le passé. Fuyuki Nishimura. Très jeune encore, il n'était pas non plus des plus anciens dans la Team Chronos, plutôt l'une des dernières recrues. Et pourtant, son flegme naturel, saupoudré d'un peu de franc-parler qui agaçait parfois le supérieur tout en l'intriguant, lui avaient permis de se démarquer des autres, ne serait-ce qu'un peu. Il n'était pas aussi ennuyant que tous les autres de ses hommes de main. Au moins Oswald espérait-il qu'il puisse l'amuser un peu, ne serait-ce que quelques minutes. De plus, il avait besoin de conseils avisés quant à la sanction qu'il lui fallait appliquer à la prisonnière et à son Pokémon.

Lorsqu'on frappa à la porte, il lança un maigre « Entrez. » sans lâcher le globe terrestre des yeux. Mais, lorsqu'une tignasse bleutée fit irruption dans les marges de son champ visuel, il releva aussitôt la tête, son regard aux teintes écarlates allumés d'un intérêt soudain. Un léger sourire aux lèvres, il se leva presque aussitôt, contournant son bureau pour se diriger vers sa cafetière, d'où émanaient des effluves amères et pourtant délicieuses de café qui ne manquaient pas d'envahir la pièce toute entière. Après s'être servi une tasse, il adressa un regard au jeune garçon, la tête penché vers l'appareil. « Puis-je t'en proposer un ? » Il lui tendit la tasse, bu une gorgé de la sienne. Le liquide brûlant s'attarda un moment sur sa langue et fit naître le brasier d'une seconde dans sa gorge. Il s'éclaircit sa voix, sourit à son jeune sbire. « Je suis ravi que tu sois venu. Et si rapidement, qui plus est. »

Il posa la tasse sur son bureau, se saisit d'un stylo avec lequel il se mit à jouer, nonchalamment, appuyé contre le rebord du meuble en bois. L'espace d'un instant, il sembla déconnecté de la réalité, paraissant même avoir oublié la présence de Fuyuki en face de lui. Et puis, tout aussi soudainement, il reprit vie, désignant un canapé d'un cuir aussi sombre que celui de son fauteuil, d'un vague geste de la main. « Installe-toi. » Il laissa glisser le stylo dans son pot à crayons, sur le coin de son bureau, avant de s'en détacher, arpentant les recoins de la pièce d'un air distrait, sans pour autant l'être réellement. Il cherchait la bonne façon de présenter les choses pour lesquelles il avait précisément convié Fuyuki à le rejoindre ; lui et pas un autre. Et puis, l'air toujours aussi détaché, sans même lui lancer un coup d’œil, il lança, plus ou moins à la cantonade : « Sais-tu ce qui arrive aux humains qui tombent amoureux de leur Pokémon ? » Question pas si anodine qu'elle n'y paraissait aux premiers abords, puisqu'ils s'agissait de faits bien réels découverts quelques heures auparavant à peine.

« Ce matin, l'une de mes subordonnées a été surprise dans une position des plus intimes avec son Pokémon. Elle pleurait lorsque l'on m'a fait venir, afin que j'appréhende les faits de mes propres yeux. » Il jeta un coup d’œil du côté de l'adolescent, le regard quelque peu amusé. Comme si rien de tout ceci n'était grave. Comme s'il ne s'agissait que d'un jeu, au fond. « Elle est à présent enfermée. Lui aussi, et suffisamment loin d'elle pour qu'ils ne puissent pas se voir l'un et l'autre. » Parce qu'il n'avait pas suffisamment de pitié pour les laisser se dire adieu l'un à l'autre avant de décider de leur sort. « Je me demande comment m'amuser avec elle avant de l'anéantir... J'entends bien la faire hurler de douleur en torturant son si cher Goupix à quelques pas d'elle, elle impuissante face à cette malheureuse fatalité, mais j'aimerais, comment dire... faire durer le plaisir. » Sourire entendu aux lèvres, il s'avança lentement vers le sofa, l'air de réfléchir.

Et puis, juste en face de son sbire, il s'inclina pour être à sa hauteur, saisissant délicatement son menton entre ses doigts pour le regarder dans les yeux, son haleine chargée de l'odeur du café noir s'attardant sur la peau du jeune garçon. Le regard de l'adolescent était du bleu le plus pur qu'il n'ai jamais vu, tel le serait le plus clair des ciels d'été. Un bleu céruléen digne des plus beaux océans dans lesquels on se serait jeté sans hésiter, quand bien même cela signifiait risquer de s'y noyer. Si le regard de Fuyuki s'élevait jusque dans les cieux ou découvrait les secrets des mers les plus profondes, celui d'Oswald s'en allait brûler dans les flammes mêmes de l'Enfer qui n'attendraient bientôt plus que lui. 

Lentement, il glissa ses lèvres contre l'oreille du garçon, laissant son souffle s'égarer dans son cou avec un certain amusement à la chose. Et puis, d'une voix doucereuse, il lâcha un murmure, dont le ton demeurait incertain pour qui l'entendait. « Peut-être aurais-tu quelques idées, mon cher et fidèle Fuyuki ? » Parce qu'il est finalement toujours plus distrayant de jouer à deux plutôt que seul.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:27

Comme toujours lorsque qu’il était au QG de sa Team Fuyuki était encore plus sur ses gardes que d’habitude. Le Givrali ne se permettait aucune faute, aucune faiblesse quand il se trouvait à Janusia. Sa couverture devait être encore plus parfaite qu’ailleurs. Et quand on savait qu’il ne se relâchait jamais complètement même dans d’autres villes ou régions, c’était plutôt compliqué d’être encore plus vigilant. Mais il n’avait pas d’autre choix pour survivre. 

L’ambiance qui régnait ici prouvait bien que les hybrides libres n’y étaient pas les bienvenus. Et il ne fallait pas être devin pour deviner ce qu’il l’attendrait si on apprenait qu’un hybride s’était fait passer pour un humain pendant tout ce temps. Ou avait trompé tout le monde, y compris sa propre espèce et le boss lui-même. 

Fuyuki ne tenait pas à mourir ou à se faire capturer, il aimait bien trop sa vie et sa liberté pour ça. Alors quand il était de retour à Janusia, même pour un jour ou une heure, il appliquait le principe de vigilance constante. Mais il était aussi beaucoup plus tendu qu’ailleurs, ce qui pouvait aisément se comprendre. Il s’efforçait alors d’être le plus détendu possible, à ne pas paraître suspect une seule seconde. Il ne devait pas se faire prendre.

Quand quelqu’un de particulièrement observateur lui demandait si tout allait bien, il s’empressait de lui dire qu’il était juste un peu fatigué par le voyage ou ses heures de boulot. Cela passait toujours, personne ne se doutait le moins du monde de la supercherie après tout. 

Donc on était en début d’après-midi quand le Givrali venait de rentrer à Janusia et au QG de la Team Chronos. Il avait terminé une mission dans une petite ville proche et était plutôt satisfait de lui. Le dresseur qu’il avait contacté était d’accord pour rejoindre la Team. Le recrutement était une des missions principales de Fuyuki car il était ironiquement très doué pour cela. Il savait trouver les mots qui finissaient par convaincre, être persuasif, rassurant et incroyablement hypocrite. 

En une année, il avait recruté un bon nombre d’humains plus prometteurs les uns que les autres et, au sein de la Team, il était plutôt apprécié pour cela. On lui demandait des conseils, on le félicitait, on l’enviait et certains étaient mêmes jaloux de son potentiel. On racontait même qu’il était l’un des premiers à être aussi prometteur depuis Oswald lui-même. Attention cela pouvait être dangereux de se comparer au chef et personne ne le faisait vraiment à haute-voix. Mais les rumeurs circulaient toujours dans ce genre d’organisation... 

Parmi les autres missions qui lui arrivaient d’accomplir se trouvait le repérage d’hybrides rares, forts et au grand potentiel. Il en fallait toujours plus pour renforcer les troupes de Chronos. Il était également doué pour voir à travers les déguisements des hybrides qui essayaient de survire à Janusia ou ailleurs dans Unys, après tout il se camouflait lui-même alors ce n’était pas difficile de les percer à jour. Même si personne ne connaissait bien sûr l’origine de son aisance à révéler au grand jour les tromperies.

Il avait déjà démasqué plusieurs hybrides depuis son arrivée et ce malgré la culpabilité qui ne manquait jamais de l’envahir. Il savait qu’il les menait à une vie d'esclavage, de souffrance et même parfois de mort en les dénonçant. Mais s’il voulait garder sa couverture intacte, il n’avait pas le choix. Il trahissait son espèce pour la bonne cause. Sa famille en serait probablement chagrinée et choquée si elle l’apprenait un jour. Et à l’idée de se faire rejeter par l’un des siens, il en était malade

Pourtant, il n’avait pas le choix. Il avait choisi cette vie, il devait assumer jusqu’au bout. Pour qu’un jour Chronos s’effondre... Car il était convaincu que son opération mènerait au final à la chute de l’empire des anti-hybrides. Il était ambitieux et il l’assumait complètement. Parfois, il lui arrivait de se demander si ce ne serait pas plus facile de s’entourer d’une troupe d’alliés. Ils auraient le même but que lui et l’aideraient à atteindre ce but qui semblait si lointain. Genre sa propre team... Mais juste après il ne  pouvait s’empêcher de se moquer de lui-même. Allons, le travail d’équipe ce n’était pas pour lui. Et il n’était pas non plus fait pour être le chef d’une rébellion. Il était son propre maître et travaillait seul. C’était tout. Malgré le danger, les risques et l’isolement, il devait le faire lui-même.

C’était à ça qu’il pensait alors qu’il était allongé sur le matelas de son lit. Cela ne faisait pas cinq minutes qu’il était rentré. Le Givrali avait jeté son sac dans un coin sans prendre la peine de le déballer. Il le ferait plus tard, il n’y avait rien d’urgent dedans. Il avait pris ensuite une douche rapide afin de se débarrasser de la transpiration et de la saleté dues au voyage du retour. Et maintenant il prenait dix minutes pour se reposer avant de retourner dans le monde civilisé... Amusante remarque vu que la Team ne l’était vraiment pas avec les hybrides et même parfois avec certains humains.

Se redressant en entendant quelqu’un toquer à la porte, il se leva avec méfiance, mais paresse, il était fatigué après tout, pour aller ouvrir. Le jeune hybride se retrouva nez à nez avec un autre sbire quelconque qui lui annonça qu’il était convié dans le bureau du boss de l’organisation. Après l’avoir salué, l’autre s’éloigna sous le regard indéchiffrable de Fuyuki. On n’avait pas pris la peine de l’avertir qu’il fallait qu’il se dépêche. Personne n’était assez fou pour faire attendre Oswald Phoenix. A part peut-être Fuyuki, mais aujourd’hui la curiosité l’emportait sur son envie de charrier son supérieur.

Il prit le temps de boire un peu d’eau et de grignoter une petite barre aux céréales pour éviter de s’évanouir devant son supérieur. Fermant ensuite sa porte soigneusement il se dirigea vers le bureau d’Oswald. Son emplacement était connu de tous car personne n’était assez fou pour tenter quoique ce soit contre lui. Et ceux qui l’étaient suffisamment pour le tenter finissaient souvent sous forme de cadavres... 

Le boss de Chronos n’était pas arrivé à cette position sans savoir se défendre et Fuyuki n’était pas assez masochiste pour tenter de se prendre directement à lui. Non, la menace viendrait de derrière, lâchement et sournoisement. Il ne fallait jamais sous-estimer les hybrides de l’avis du Givrali et parfois l’humain commettait cette erreur. Cela sonnerait probablement sa chute un jour... A moins que de sous-estimer les humains soit tout aussi dangereux.

Arrivé devant la fameuse porte, Fuyuki prit un instant avant de toquer. Son cœur battait malgré lui la chamade, il sentait la sueur partie sous la douche revenir, ses mains étaient moites et la nervosité était bien présente. Du calme. Si on avait découvert son identité ou si quelqu’un de gradé avait de gros soupçons sur lui, on ne l’aurait pas convié poliment de cette façon. De plus, il n’y avait aucun doute que sa couverture était toujours intacte. Il n’avait pas fait une seule erreur. Et si en un an personne ne l’avait percé à jour il n’y avait aucune raison qu’on y soit arrivé du jour au lendemain. Et ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’il était convié pour bavarder. Oswald semblait aimer prendre ses opinions sur certains sujets et à vrai dire il semblait l’apprécier tout court. Il fallait dire que sans vouloir se vanter Fuyuki se savait plutôt compétent et intriguant.

Tout ça pour dire qu’il n’y avait aucune raison de stresser. Il aviserait bien sur le moment et s’il se sentait à un moment en danger il n’aurait qu’à se défendre. Après tout, il avait certaines capacités à sa portée et un poignard bien dissimulé à portée de main. Mais il ne devait pas non plus gâcher inutilement sa couverture. C’était pour cela qu’il s’efforçait de se calmer au mieux. S’il perdait son sang-froid et faisait une bêtise il ne se le pardonnerait jamais.

Après s’être assuré qu’il était à nouveau le plus serein possible il toqua à la porte et attendit la permission d’entrer. Il pénétra alors dans le bureau qui lui était presque familier. Tiens, le fauteuil avait changé. Mais sinon la pièce était telle qu’il l’avait toujours connu. 

Oswald était assis à son bureau, mais il ne tarda pas à se lever et à se rapprocher. Il lui proposa un café et Fuyuki se détendit légèrement. Mais il resta cependant sur ses gardes sachant à quel point l’autre pouvait être parfois sournois et même tordu. Il était bien capable de le mettre en confiance avant de lui planter un couteau dans le dos. Oui, ce job d’espion rendait notre petit Givrali complètement paranoïaque, que voulez-vous. Le remerciant poliment, un peu tendu, Fuyuki prit la tasse de café et but une gorgée grimaçant face à l’amertume et la chaleur. Il n’était pas fan de café, mais pourquoi pas. Il aurait préféré une boisson plus sucrée comme un Coca ou un milk-shake, son pêché mignon, mais il n’allait pas refuser, il était bien trop poli pour ça... On y croit, messieurs dames, soyez gentils.

Il acquiesça simplement à la remarque de Oswald. Il était bien sympathique et détendu avec un simple sbire dis donc... Mais cela ne l’étonnait pas plus que ça, à vrai dire. Comme dit précédemment, il se savait apprécié et ce n’était pas comme si c’était leur première rencontre privée.

- Je n’allais pas te faire attendre en même temps, Oswald-san. 


Fuyuki fut un peu déstabilisé ensuite par l’attitude de son supérieur, mais il n’en laissa rien paraître. Il se contenta d’attendre poliment qu’on s’intéresse de nouveau à lui, puis s’assit sur l’invitation du Phoenix.

Il se sentait mal à l’aise d’être assis alors que Oswald marchait, cela le rendait nerveux. Sans compter la fatigue du voyage qui pesait sur ses épaules. Mais même s’il aimait faire son rebelle, ce n’était pas toujours le cas. Et, bizarrement, il avait envie d’être sage en ce moment, enfin à peu près. Il n’allait pas se mettre à vouvoyer son maître malgré les avertissements nombreux de ce dernier. Il n’allait pas hésiter à poser des questions ou à donner son avis quel qu’il soit si on le lui demandait. 

Mais il n’allait pas non plus hésiter à mentir ou à jouer les hypocrites pour sauver sa peau. Personnalité complexe quand tu nous tiens... Fuyuki se savait parfois contradictoire et doté d’une grande complexité mentale, mais il s’en fichait bien. Il était lui-même avant toute chose. 

Alors qu’il pensait à cela, la bombe tomba. En premier lieu, Fuyuki crut avoir mal entendu. Il n’y avait aucune raison pour laquelle Oswald se mettrait d’un coup à aborder ce sujet, n’est-ce pas ?  Quoique... Maintenant qu’il y pensait il lui semblait bien avoir vu des membres échanger des regards ou des murmures alors qu’il se rendait à sa chambre... S’était-il passé quelque chose pendant son absence ? 

Heureusement, cela ne le concernait pas. Il n’était pas amoureux. Et même s’il l’était, ce ne serait absolument pas d’une humaine et même d’un humain... Un visage traversa fugacement son esprit, mais il le chassa rapidement. Il ne l’était pas. Point final.

Alors qu’il était vraiment tendu à présent il eut enfin la réponse à ses interrogations. Un frisson traversa son dos. Pauvre humaine, pauvre pokemon. Et oui même lui pouvait ressentir un semblant de compassion. Même si cette dernière avait ses limites. Car Fuyuki n’allait pas plaider leur cause. Il n’allait pas supplier Oswald d’être clément, de leur donner une chance, de simplement les bannir. Non. Il n’allait rien faire de tout cela. Son visage était d’ailleurs des plus indéchiffrables, un véritable mur qui dissimulait complètement ses sentiments. 

S’il voulait survivre et parvenir à son seul et unique but désormais il n’avait pas le choix. Il devait jouer le jeu et son rôle à la perfection. Et pour cela la pitié n’était absolument pas permise... Lui aussi pouvait être dans un sens impitoyable. Les paroles de son supérieur s’était gravé dans son esprit. Et il savait désormais ce qu’il devait faire. C’était une chance unique de monter encore plus dans l’estime de son « mentor », de grimper les échelons et de prouver sa valeur. 

Comme il le disait si souvent il n’avait aucun scrupule à utiliser les autres pour mener son but à son terme. Sacrifier quelques dizaines d’hybrides pour en sauver des centaines voir des milliers n’était pas un problème à ses yeux. Et s’il devait se faire détester de ses congénères pour cela alors soit. Il l’accepterait. Car seule la réussite en valait la peine. 

Cela ne voulait pas dire qu’il n’avait pas conscience du sacrifice et il leur en était d’ailleurs reconnaissant même si cela avait été involontaire de leur part. S’il avait pu il les aurait aidé, mais hélas il ne le pouvait pas. Et hors de question de se mettre en danger pour deux inconnus, même s’il lui semblait avoir déjà vu cette sbire et son hybride une fois ou deux dans un couloir quelconque. Oswald s’était à présent arrêté devant lui et Fuyuki releva les yeux vers lui,  le fixant droit dans les yeux. Il n’avait pas peur et il y avait quand même une note infime de respect dans ce regard bleuté. Mensongère ou réelle, à vous de voir...

- Je le sais parfaitement, Oswald-san. Je ne suis pas assez fou pour briser l’interdit vu les conséquences, d’ailleurs. 

En effet, il fallait être cinglé pour montrer sa relation avec son pokemon au sein de Chronos. Masochiste et suicidaire étaient des mots qui convenaient également pour cette situation. Mais il fallait l’être aussi pour se faire passer pour un humain en son sein, n’est-ce pas ? Fuyuki manqua de mourir d’une crise cardiaque quand Oswald s’empara de son menton pour le regarder mieux dans les yeux. L’odeur de café lui chatouilla les narines tout comme le souffle du boss lui chatouilla l’oreille. Le Givrali restait parfaitement immobile, sentant presque le tambourinement de son cœur dans sa poitrine. Il avait beau ne pas être effrayé par son aîné, être aussi près de lui était légèrement intimidant. 

Cher et fidèle... Il était flatté. Mais il ne l’était pas vraiment. Pour ne pas dire pas du tout. Il jouait la comédie, comme toujours, c’était aussi simple que ça. Mais si Oswald le croyait, c’était pour le mieux. Et puis c’était amusant de jouer au bon et loyal subordonné. Même si la chute serait plus brutale s’il se faisait prendre... Bon, maintenant, il devait donner sa réponse. Un beau discours qui ne ferait que le remonter dans l’estime déjà avancée du blond. 

- Et bien... Déjà, cela te ressemble bien de séparer ces deux pauvres créatures, Oswald-san. Je me demande si la distance et la séparation peuvent entamer le lien et donc faire souffrir deux liés... Ce serait peut-être bien d’en faire l’expérience, non ?


Sourire fin aux lèvres, Fuyuki n’avait aucune honte à proposer ce genre de choses à son supérieur. Il était prêt à tout pour sauver sa race... Même au pire... Oh, bien sûr, ce n’était pas sa seule idée, mais tout dire d’un coup n’était pas très amusant, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:28

Certains murmuraient sans doute sur le dos du jeune Fuyuki dans les couloirs, suspicieux ou juste jaloux de l’intérêt que le boss portait à cet adolescent fraîchement débarqué dans la Team. Quand beaucoup cherchaient les faveurs d’Oswald depuis des années, il était normal qu’ils regardent de travers l’un des cadets, enrôlé depuis tout juste un an, puisqu’il leur volait effectivement bien souvent la vedette. Mais Fuyuki était un atout précieux, un agent compétent sur qui il pouvait se reposer sans crainte. Beaucoup d’autres avaient d’ors-et-déjà commis des erreurs, et l’avaient payé de leur vie. D’autres n’étaient tout simplement pas suffisamment doués pour qu’il ne leur accorde ne serait-ce qu’une seconde d’attention. D’autres encore, heureusement, savaient se démarquer : ses lieutenants, ou les agents efficaces qui connaissent le véritable sens du dur labeur, comme Fuyuki. Il restait un gamin, certes, mais un gamin plein d’avenir qui avait su se faire une bonne place au sein de l’organisation. Il était évident qu’Oswald agissait parfois avec un certain favoritisme à son égard, mais, sachant que protester ne pouvait mener qu’à de mauvaises choses, les sbires lambdas baissaient la tête et acceptaient. Quelque part, sa position auprès du boss garantissait à l’adolescent une sécurité totale au sein de Chronos. Bizuter les favoris de Sa Majesté Phoenix, c’était signer son arrêt de mort. On l’avait bien compris, et on s’y tenait, en règle générale. Seuls les plus téméraires -suicidaires ?- osaient tenter de l’ennuyer. Une fois. Jamais deux.

« Je n’allais pas te faire attendre en même temps, Oswald-san. » L’intéressé adressa un regard en coin à son subordonné, mais ne releva pas. Encore une preuve de la place confortable qu’occupait le jeunot : s’il n’avait de cesse de le reprendre sur la manière dont il l’appelait, il ne le punissait jamais. Ses menaces n’étaient que des paroles en l’air, et s’il s’offusquait encore, ce n’était que pour la forme. Il avait finalement compris, au fil des mois, que Fuyuki ne changerait pour rien au monde la façon dont il s’adressait à lui, et il avait fini par s’y habituer. Il était l’un des rares à le tutoyer, l’un des rares dont il tolérait la chose. Simplement parce qu’il était doué dans son genre, et qu’Oswald appréciait l’avoir à Chronos. Et que, bien qu’il était jeune, il était souvent bien plus intéressant de converser avec lui qu’avec bon nombre d’autres sbires. Parce que, quand les autres cherchaient à briller sous les yeux de leur patron, en vantant leurs mérites ou ceux de leur supérieur, Fuyuki lui, préférait le provoquer, tout en faisant un soldat suffisamment bon pour ne pas craindre les représailles de ses boutades.

La grimace n’échappa point à Oswald, qui ne pu retenir ce petit éclat amusé qui traversa son regard. « Excuse-moi, il n’y a rien de plus appétissant dans mon bureau. La prochaine fois, je prévoirai de faire amener quelque chose des cuisines. » Comme un milk-shake. Il connaissait plus ou moins les goûts du jeune garçon, pour le coup. Il faut dire que, placé comme il l’était, Oswald lui permettait d’ajouter quelques commandes personnelles, et les milk-shake n’étaient pas forcément ce que l’on trouvait de moins cher sur le commerce. Un jour, peut-être, il punirait son sbire en le privant de son plaisir vanillé, lorsque l’occasion se présenterait. Peut-être un énième tutoiement lorsqu’il serait dans l’un de ses mauvais jours, ceux où il ne vaut mieux pas l’approcher lorsque l’on tient à sa vie et à son grade. Gamin capricieux. 

Gamin capricieux qui brise, casse et jette tout ce qui lui déplaît ; comme cette sbire et son Pokémon, cette traître et sa carpette, qui allaient à l’encontre même des valeurs de Chronos. Comment pouvait-on aimer un hybride dans une organisation qui les méprise et a juré leur perte ? Evidemment, c’était du suicide. Un acte d’amour fou qu’Oswald ne pouvait -ou ne voulait- pas comprendre. Pourtant, l’amour n’était pas inconnu au Phoenix, et lui-même, des années auparavant, marchait à l’opposée du chemin qu’il suivait aujourd’hui. On raconte que l’amour fait faire mille folies, je suis d’avis que la haine fait faire bien pire encore. « Je le sais parfaitement, Oswald-san. Je ne suis pas assez fou pour briser l’interdit vu les conséquences, d’ailleurs. » Il acquiesce lentement. Je le sais. Il ne doute pas un instant que son sbire est droit dans ses bottes, fidèle aux règles qui régissent Chronos, que son prédécesseur a mises en place et qu’Oswald a encore durci en prenant sa place après son assassinat. Il se souvenait d’ailleurs avoir été lui-même accusé de s’être retourné contre son supérieur, dans l’espoir de prendre le trône laissé vide -car personne n’ignorait les aspirations de l’ancien lieutenant. Ceux qui le soupçonnaient trop fortement n’étaient plus là pour en parler, et il avait convaincu les autres. Belles paroles et mots envoûtants n’y étaient pas pour rien. Il était innocent et, même si la vérité est parfois plus difficile à accepter que les mensonges, il avait su leur faire entendre raison, et sa place n’avait finalement plus été contestée. Aujourd’hui, son règne était presque assuré jusqu’à sa mort. Et, pour sûr, il ne mourrait pas de la patte d’une quelconque carpette

Il était persuadé d’avoir tout pouvoir sur elles -les carpettes-, ignorant pourtant qui se tenait véritablement en face de lui, au plus près. Là où il ne voyait qu’un loyal soldat prêt au champ de bataille se dressait en vérité un traître, un faux-jeton, avec qui se jouait le jeu de qui ferait tomber l’autre en premier. Mais l’un des deux joueurs disposait d’un avantage de taille, et pas forcément celui auquel on pense. L’ignorance est souvent synonyme des plus grandes défaites et, évidemment, Oswald ignorait encore tout de Fuyuki. Son menton entre ses doigts, ses lèvres près de son oreille et les mèches bleutées de l’adolescent qui venaient lui chatouiller le visage avec la légèreté des plumes, il pensait avoir affaire à un humain des plus banals, oubliant même les indices les plus évidents dont il disposait pourtant, bien en vue, mais camouflés sous les prétextes si faux mais si plausibles du garçon. Oswald était berné, mais ça, il l’ignorait encore. Et il lui faisait aveuglément confiance, lui qui allait toujours dans son sens, avec un calme imparable dont, aux yeux de Sa Majesté Trompée, un hybride ne saurait faire preuve en pareille situation. « Et bien... Déjà, cela te ressemble bien de séparer ces deux pauvres créatures, Oswald-san. Je me demande si la distance et la séparation peuvent entamer le lien et donc faire souffrir deux liés... Ce serait peut-être bien d’en faire l’expérience, non ? »

Lentement, Oswald quitta l’oreille de son subordonné, pour revenir soutenir son regard. Entamer le lien et faire souffrir les deux liés, hein ? Il est vrai que l’on ignorait encore comment agissait la séparation sur le lien unissant humain et Pokémon, et qu’il pourrait être intéressant de tester la chose. L’espace d’un instant, le regard de braise du Phoenix se perdit dans le vide, par delà l’épaule de l’infiltré. « Entamer le lien… Comme l’eau entamerait une plaque de métal laissée pour compte ? » L’idée de voir les deux êtres rongés par la souffrance comme pouvait l’être le métal par la rouille de l’oxydation ne lui déplaisait pas. Juste punition pour la faute commise, et ce n’était sans doute que la première avant d’autres. Il n’en avait pas fini de les faire souffrir, espérant entendre des supplications auxquelles il ne céderait bien évidemment pas. « Cette idée me plaît. Mais j’aimerais aussi pouvoir tester la résistance d’une humaine amoureuse de sa bête lorsque celle-ci souffre avec elle, ou le contraire d’ailleurs. Crois-tu que l’amour rend plus fort face à la douleur ? » Pour sûr, elle n’aimerait pas l’entendre se rire ainsi de ces sentiments forts entre les deux êtres, ni le voir se réjouir à l’idée de les torturer jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais elle l’avait abandonné, elle aussi. Et, ce jour là, l’amour n’avait pas été plus fort que la haine. Ni plus fort que la souffrance. Surtout pas.

Oswald s’écarta de l’adolescent, pour revenir à son café. En avalant une gorgée qui était déjà bien plus froide que les précédentes, il s’éloigna pour revenir s’appuyer contre le bord de son bureau. Prenant soin de ne rien renverser, il y déposa sa tasse, juste entre son pot à crayons et son bloc-notes sur lequel étaient griffonnés des horaires de rendez-vous, des formalités à remplir et des lettres à envoyer. Les mauvais penchants lorsqu’il s’agissait de gérer ce qui pouvait ressembler à une entreprise, plus ou moins légale, puisque Chronos assurait ses arrières avec quelques affaires de commerce parfois un peu louches, mais dont tout le monde n’était pas forcément au courant. Seuls ceux qui laissaient un peu trop traîner leurs oreilles là où il ne faut pas, et ceux qui étaient directement concernés par les trafics en question. Lorsque le liquide sombre cessa de s’agiter au milieu de la porcelaine, le boss s’éclaircit la voix, adressant un sourire mi-sympathique mi-cruel à son sbire. « Peut-être désires-tu que nous allions leur rendre une petite visite de courtoisie ? » D’un geste, il récupéra sa tasse pour la terminer, en à peine quelques gorgées. Et puis, l’abandonnant sur le bord du meuble de bois, il se redressa à nouveau, ne laissant à vrai dire pas vraiment le choix à son sbire. Ajustant légèrement sa cravate, lissant le bas de sa veste sombre, il s'avança vers la porte. Prestement, il l'ouvrit, indiquant d'un geste à l'adolescent d'avancer en premier. « En chemin, tu pourras me faire part de tes autres idées, je suis curieux de les entendre. » Et son intérêt n’était même pas simulé.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:28

Fuyuki était parfaitement conscient que certains le jalousaient dans la Team Chronos. Il avait depuis longtemps remarqué les regards de travers, les murmures, les médisances et autres réjouissances sur son passage.

Cela  ne lui faisait ni chaud ni froid, cependant. On se méfait de lui, on était jaloux de lui, mais seul l’opinion des vrais leaders de l’Organisation l’intéressait. En gros celle d’Oswald et de ses lieutenants, ainsi que celles d’une poignée de membres moins gradés que ces derniers, mais qui l’étaient quand même plus que les autres. 

Cela ne voulait pas dire qu’il appréciait ces derniers - il était comme chien et chat avec un des lieutenants les plus influents et proches d’Oswald, d’ailleurs - mais il savait que s’il voulait réussir, il devait monter dans l’estime de ceux-là.

Les autres, il s’en fichait complètement. Se préoccupe-t-on de tous les insectes peuplant ce monde ? Bien sûr que non. Enfin, Fuyuki fréquentait quand même des sbires comme lui car il fallait bien s’intégrer, garder une bonne image et une couverture intactes.

Néanmoins, il les choisissait toujours avec soin, fréquentant uniquement ceux qui avaient un minimum de potentiel tout comme lui. Quelqu’un comme lui ne pouvait se permettre de fréquenter n’importe qui. Arrogant ? Oh, il l’était peut-être, mais moins que certains. Si vous voyez de quel humain je veux parler...

Mais il veillait aussi à ce que ses amis ne soient pas trop non plus trop populaires ou influents. Histoire d’éviter la concurrence. Après tout, il devait rester le chouchou numéro un des sbires du sommet de la hiérarchie.

Il ne l’avouerait jamais, mais fréquenter d’autres membres de la Team Chronos autres que Oswald et sa garde rapprochée n’était pas toujours si désagréable. Certains membres étaient plutôt sympathiques pour des membres d’une l’organisation anti-pokemon. 

Bien sûr on entendait souvent parler de choses peu amicales sur les pokemon, mais c’était le prix à payer pour pouvoir fréquenter d’autres humains au sein de cette team. Et le Givrali avait pris l’habitude de participer à ces conversations avec une indifférence plutôt répugnante quand on savait qui il était vraiment. 

Cela ne le dérangeait pas de parler de ses derniers exploits en date au sein de l’organisation. Exploits qui étaient souvent peu agréables pour les hybrides.... Par exemple des dénonciations des plus téméraires sur le territoire d’Unys, repérage et signalement de ceux à plus gros potentiel dans les différentes régions ou encore recrutement des dresseurs les plus compétents.

Mais en dehors de ces quelques amis, entre guillemets, avec qui il s’entendait relativement bien, malgré quelques chamailleries de sa part ou de la leur, la majorité des membres de Chronos ne le portaient pas dans son cœur. Et lui non plus ne les portaient pas dans son coeur, ce qui était parfait pour tout le monde.

Ill fallait dire qu’il n’hésitait pas à leur envoyer un regard moqueur quand il surprenait des médisances, des regards jaloux ou haineux lui étant adressés. Cela n’améliorait pas sa réputation. 

Mais comme il savait qu’il était sous la protection en quelque sorte d’Oswald, il ne se gênait pas. Et il trouvait toujours le moyen de calmer les ardeurs qui devenaient trop ardentes si je puis dire. De manière plus ou moins pacifique suivant les situations. Afin d’éviter que la situation ne dégénère trop.

Enfin, revenons à nos moutons. S’il était dans le bureau du grand chef ce n’était pas pour penser à ses fréquentations ou à la jalousie qu’on lui portait, loin de là. Même si la nouvelle de sa nouvelle venue dans ce bureau pour quelque chose de plus amical qu’un sermon ne tarderait sans doute pas à sortir de ces murs. Ce qui n’améliorerait pas une fois encore sa réputation auprès de ceux  qui ne l’aimaient pas. Mais bon, on se fichait de leur avis, n’est-ce pas ?

Bien entendu, il remarqua le regard en coin que lui jeta son supérieur, mais il fit comme s’il n’avait rien vu. Un sourire légèrement étiré sur ses lèvres. Il s’amusait du fait que Oswald n’approuvait probablement pas son tutoiement, mais qu’en même temps il ne lui disait rien. Ce traitement de faveur valait presque tous les risques qu’il prenait à longueur de temps... Comme on devait l’envier, uhuhu.

Il hocha simplement la tête quand Oswald s’excusa pour le café et but quand même une gorgée par politesse. Ce n’était pas si grave, aussi s’excusa-t-il dans un souffle d’être aussi difficile. Il pouvait se passer de milk-shake une heure quand même.

Boire son café lui permettait également de dissimuler l’expression de son visage. En effet, cette dernière aurait probablement trahi une partie de ses intentions. Oswald était parfaitement en confiance. Il devait croire qu’il avait un serviteur absolument loyal et fidèle qui était prêt à lui offrir le meilleur de lui-même... 

Si seulement il savait à quel point il se trompait. Un jour, il tomberait et son organisation tomberait avec lui. Pour la liberté des pokemon, pour ceux qui avaient été tués et traités de la plus vile des façons jusqu’à maintenant et pour des raisons bien plus égoïstes. 

A vrai dire, Fuyuki faisait ça avant tout pour lui. Ce but aussi fou soit-il lui permettait de ne pas penser à des choses bien plus douloureuses et à ne pas s’enfoncer dans le néant. Après, si cela pouvait permettre d’aider les autres, ce ne serait pas si mal, mais ce serait mentir que de prétendre qu’il ne le faisait pas avant tout pour lui...

Son coeur tambourinait dans sa poitrine. Se sentir aussi proche du boss de l’organisation était quelque chose d’à la fois excitant et effrayant. Ils étaient si proches l’un de l’autre... 

S’il avait eu une arme à feu, il aurait peut-être pu le tuer ici et maintenant. Et tout aurait été fini. Même son minuscule poignard dissimulé dans sa manche aurait pu servir à éliminer le boss de la Team Chronos qui était si proche de son pire ennemi...

Mais il n’allait pas le tuer maintenant. L’occasion était parfaite, le moment idéal, mais Fuyuki ne fit rien d’autre que soutenir le regard écarlate de son supérieur. Il n’avait pas peur. Il sentait juste que le moment n’était pas encore venu. Il ne s’était pas encore assez amusé.

Un frisson traversa son échine, mais difficile de savoir si la métaphore employée par le Phoenix le glaçait ou si l’excitation qu’il ressentait en ce moment en était la cause.

Les paroles s'inscrivirent dans son esprit et il prit soin de réfléchir un tant soit peu à sa réponse avant de répondre. Même si Oswald ne tentait probablement pas de le piéger étant donné qu’il devait ignorer sa réelle identité, le Givrali marchait sur des braises ardentes. Un seul faux pas et les soupçons de l’unique leader de l’organisation seraient éveillés. 

- Je crois que tout est une question de volonté et de force intérieure. Mais quand la douleur est trop forte même les plus solides s’effondrent... Et je suis sûr que tu es un maître de la douleur, boss. L’amour n’est rien dans ce monde où les forts réussissent et les faibles échouent...


Un beau petit discours. Difficile de croire quelles paroles étaient sincères et lesquelles ne l’étaient pas. Comme toujours avec le bleuté. Et comme toujours il affichait ce petit sourire en coin. Légèrement rebelle, légèrement sournois, légèrement moqueur, mais avec ce respect qui brillait quand même dans ses prunelles. Là encore, ses sentiments étaient durs à déchiffrer.

En parlant de volonté la sienne était forte, solide. Il savait que s’il se faisait attraper elle l’aiderait à résister. Néanmoins, il savait aussi que personne ne pouvait endurer les tortures de Chronos éternellement... A part peut-être une poignée de « héros » dans l’histoire de l’organisation.

Le Givrali était plus intéressé par la durée de sa résistance que par la croyance qu’il ne craquerait jamais. La seule chose pour laquelle il ne voulait vraiment - oh grand jamais - craquer concernait sa famille et ses rares réels amis qu’il ne voulait pas trahir. Comme quoi il n’était pas complètement égoïste, dans le fond. Incroyablement indéchiffrable comme toujours.


Relevant la tête, il fixa le chef et son sourire si inquiétant et amical à la fois, lui-même aurait dû mal à donner cette impression. Il ne répondit pas à la question, sachant qu’elle était seulement présente pour la forme. Oswald décidait, les autres suivaient.

Aussi le Nishimura se contenta-t-il de poser sa tasse sans un mot et de se lever en inclinant légèrement la tête dans une courbette silencieuse. Beurk. Lui qui ne s’inclinait devant personne faisait un gros effort là. Sois-en honoré, Phoenix.

Il n’avait aucune envie d’assister à la souffrance des deux traîtres et encore moins de voir la désapprobation - voir même la haine - de l’hybride Goupix... Hum, quant à l’humaine, il s’en fichait peut-être, mais il n’avait pas non plus envie de voir une jeune fille pleurer et les supplier. Fichus sentiments beaucoup trop humains.

Il sortit le premier du bureau comme ordonné, mais prit soin de marcher lentement. Son sourire revint sur son visage sans émotion, amusé et peut-être même espiègle.

- Je suis honoré de l’intérêt que me porte le chef de Chronos. Pour moi qui suis un simple sbire, c’est un grand honneur. Je ne sais pas si mes idées valent autant la peine d’être écoutées.

Toujours ce savoir d’être le chouchou et cette prise de liberté car on ne craint pas d’être puni. Son regard se fit songeur et il réfléchit quelques instants avant de répondre d’une voix beaucoup plus neutre.

- Et bien, les tortures classiques marchent toujours. Sinon, on peut obliger l’humaine à défaire le lien et la forcer à assister au nouveau qu’un autre sbire ou supérieur formera avec son Goupix.

Le Givrali regardait droit devant lui, écoutant les pas qui le suivaient et se détestant presque. Presque.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:29

Oswald ne pouvait qu’admirer, quelque part, le cran du garçon. Son comportement, bien qu’agaçant à la longue, avait finalement tendance à l’amuser et le divertir plus qu’autre chose. Lui qui était toujours en recherche de désennui était ravi, dés lorsqu’il conversait avec Fuyuki, même s’il ne l’avouerait toujours qu’à demi-mot, question de fierté sans doute. En même temps, aussi, il était conscient que l’adolescent s’attirait les foudres des autres et attendait avec une certaine impatience le jour où ils se retourneraient tous contre lui, et tenteraient de lui passer l’envie d’être si familier avec leur patron. Il n’ouvrait pas encore les paris, même si un coin de son esprit songeait que ce gamin avait sans doute largement de quoi s’en tirer sans trop de dommages -il est prouvé que l’esprit est souvent bien plus puissant que les poings. Tôt ou tard, forcément, ça arriverait ; l’humain n’était finalement pas capable d’autre chose que de faire le mal autour de lui, il fallait croire. Sans doute Oswald n’était-il pas bien placé pour le reprocher à quiconque, mais le diction l’exprime bien : faites ce que je dis, pas ce que je fais. La phrase des égoïstes, des imbéciles, de ces aveuglés qui croient en leur seule religion qui n’existe que sur et pour eux-mêmes. La religion de ceux qui se croient Dieu. 

« Je crois que tout est une question de volonté et de force intérieure. Mais quand la douleur est trop forte même les plus solides s’effondrent... Et je suis sûr que tu es un maître de la douleur, boss. L’amour n’est rien dans ce monde où les forts réussissent et les faibles échouent… » Avec son sourire constamment accroché à sa gueule d’ange, difficile de croire qu’Oswald était capable des pires horreurs connues en ce bas monde. Pourtant, il était sans doute l’un des pires qui puissent exister, dés lors qu’il s’agissait de briser hybrides et autres traîtres humains qui se détournaient de lui après lui avoir juré fidélité à tout jamais. Des menteurs, des belles paroles lancées dans le vent ; l’humain ment finalement sans cesse. Même lorsqu’il s’agit du soi-disant plus beau sentiment au monde. « D’après toi, donc, l’amour est une faiblesse ? Certains clament à qui veut l’entendre qu’il rend plus fort. » Son avis sur la question ? L’amour blesse, l’amour détruit, l’amour hante, pendant trop longtemps, trop souvent. L’amour est synonyme de trahison, on en sort toujours à genoux et jamais vainqueur, terrassé par ce que tout le monde cherche et attend avec un espoir tellement fou, tellement con. Avoir le coeur déserté de tout ce qui approchait de près ou de loin n’importe quelle forme d’affection restait le mieux, mais lui-même n’y échappait sans doute pas. Il n’empêche qu’il était d’avis de dire qu’il ne valait mieux pas s’enticher d’un être qui n’est pas de votre monde, qui ne vous comprends donc pas et ne partage pas vos idéaux. C’était courir à sa perte. Oui, à n’en pas douter, aux yeux d’Oswald, l’amour n’est rien d’autre qu’une faiblesse, qui pousse trop souvent dans les derniers retranchements de la folie. Mourir d’aimer… Combien l’ont fait ? Pour sûr, si elle avait été en danger autrefois, il l’aurait protégée, quitte à prendre un coup qui lui aurait été fatal ; qu’importe tant qu’il protégeait cette étoile. Quand bien même elle était immortelle, il n’aurait pas voulu la voir blessée, elle, prunelle de ses yeux il y a bien des années. C’était tellement stupide et dangereux, d’aimer.

Lorsque Fuyuki parla, tirant ainsi Oswald bien loin de ses pensées les plus profondes, il devina sans peine le sourire que lui aussi devait arborer, comme bien souvent. Un sourire sans doute indiscernable, comme ils l’étaient toujours. Le sbire lui ressemblait au moins sur ce point-ci, sans cesse secret, flou et indéchiffrable. Il restait un grand mystère pour beaucoup de monde, pour ce Dieu Trompé aussi. Il ne parvenait jamais à deviner ce à quoi il pensait réellement, ce qui avait toujours un côté dérangeant. C’était forcément troublant d’être incapable de traduire les pensées de l’un de ses subordonnés. Avec le temps, Oswald avait fini par s’y faire. « Je suis honoré de l’intérêt que me porte le chef de Chronos. Pour moi qui suis un simple sbire, c’est un grand honneur. Je ne sais pas si mes idées valent autant la peine d’être écoutées. » L’intéressé secoua la tête, un léger soupir s’échappant d’entre ses lèvres. Allons donc, qu’attendait-il ? Une avalanche de compliments, une promotion, une raison de plus d’être détesté ? Rien que pour cette dernière option, le blond l’aurait volontiers félicité à n’en plus finir devant une assemblé de sbires enragés. « Un simple sbire, oui. Mais tu as le mérite de ne pas avoir le crâne aussi vide que celui de beaucoup d’autres. Le leur sonne terriblement creux, c’est lassant de n’avoir affaire qu’à des pantins qui n’ont jamais leur propre opinion sur les choses. » Léger silence, qui laisse témoigner de la consternation du chef. « Impossible de tenir une conversation avec eux. »

Oswald pressa alors légèrement le pas, suffisamment pour rattraper son jeune sbire et être à sa hauteur, avançant côte-à-côte avec lui, attentif à sa proposition. « Et bien, les tortures classiques marchent toujours. Sinon, on peut obliger l’humaine à défaire le lien et la forcer à assister au nouveau qu’un autre sbire ou supérieur formera avec son Goupix. » A la suite, il afficha une moue soucieuse, pas vraiment convaincu. Les tortures classiques étaient indétrônables et, pour sûr, il en userait. Quant au lien… Non, ce n’était pas assez intéressant pour attiser le désir malsain du supérieur. « Je t’avoue que je ne sais pas bien… Je ne veux pas d’un Goupix capable de corrompre une humaine dans mes rangs. » D’une main, il ramena sa tignasse blonde en arrière, alors que l’autre venait tâter la poche de son pantalon, s’assurant que le trousseau de clés s’y trouvait bien. Sait-on jamais, s’il décidait d’aller jusqu’au contact de l’un ou l’autre des prisonniers pour s’adonner à quelques plaisirs cruels dés aujourd’hui. « Je veux qu’ils comprennent leur erreur, qu’ils en souffrent, je veux qu’ils pleurent et qu’ils me supplient. » A ces mots, il haussa les épaules, comme s’il ne s’agissait finalement que d’une banale formalité. Il était habituée à lire la douleur dans les yeux de ceux qui le décevaient, ça avait quelque chose de plaisant, mais ce n’était plus quelque chose d’inédit. Bien au contraire. « J’épargnerai peut-être l’humaine… Aucun doute qu’elle n’a qu’été corrompue par cette pourriture d’hybride. » Dans sa voix résonnait un mépris total et à la limite de l’écoeurant, tellement puissant qu’il en était palpable. « Mais elle sera chassée de Chronos. Sans lui. » Parce qu’il n’avait pas suffisamment de pitié pour les laisser libre tous les deux, même loin, très loin de lui. Ils devaient payer. Surtout l’hybride.

A cet instant, des pas résonnèrent dans le couloir, arrivant d’en face. En voyant l’un de ses sbires, chargés de la garde de la prison depuis le début de la matinée, se presser jusqu’à lui, paniqué, Oswald se renferma. Que se passait-il encore, pour faire perdre ses moyens à un subordonné qu’il pensait plus fort que ça ? « Patron, nous avons un soucis ! Les barreaux ont cédé et… C’est une furie ! » Le Goupix faisait donc des siennes ? Intéressant. Une lueur étrange et un peu inquiétante dans le regard, le Dieu blond adressa un regard en coin à Fuyuki, lui intimant de le suivre, avant de reprendre sa marche en direction du quartier réservé aux cellules des prisonniers. Cette fois, il prenait moins son temps, mué d’un pressentiment qui lui soufflait à l’oreille que les choses allaient devenir plus intéressantes, par la suite. L’entrée du quartier était déjà bien agitée, les sbires n’osaient pas avancer, et il faisait étrangement chaud. On entendait des cris, des ordres, et les sanglots presque déchirants d’une femme, de cette humaine qui l’avait trahi, lui, Oswald. Lui qui s’avançait au milieu de ses subalternes, pour s’approcher de l’origine de tout ce tumulte. Il y avait la porte d’une cellule défoncée, un rouquin enragé difficilement contenu par deux sbires et leurs Pokémons, dont l’un était un type plante. Etaient-ils donc si stupides ? Il ne fallut qu’un instant pour que le regard du Goupix se pose sur lui, et qu’il ne veuille se jeter à sa gorge ; les deux hiérarchisés réagirent de concert, et leurs hybrides lui barrèrent la route avant de l’envoyer heurter les barreaux métalliques, derrière lui. Sur sa droite, l’humaine pleurait à chaudes larmes, suppliant que l’on ne lui fasse pas de mal, qu’on le laisse en vie. 

Dégoûté par tant de faiblesse, Oswald lança un regard des plus noirs à la gosse, qui eut tôt fait de refouler ses hoquets, pour ne pas plus agacer son geôlier. Elle était de toute façon impuissante, et elle devait s’y résoudre ; cette fois-ci, c’était certain : Sa Masjesté ne laisserait pas cette foutue carpette s’en tirer. Il souffrirait, et mourrait, quand Oswald le jugerait bon. Saisi d’une idée des plus malsaines, l’Absolu se tourna vers le sbire qui était venu l’alerter. « Donne-moi tes armes. » Face à son ton sans appel, l’inférieur obtempéra, donnant couteau et pistolet à son chef. Lui-même avait laissé son arme à feu dans son bureau, et ne souhaitait pas dévoiler la si bonne cachette de son poignard pour des circonstances si légères. Les deux tueurs dans les mains, il les tendit à Fuyuki, un rictus presque terrifiant accroché aux lèvres. « Choisis ce que tu préfères. Et neutralise ce Goupix. » Un faible ricanement, quelque peu narquois, s’éleva dans l’air, à la suite. « Tâche de ne pas y perdre un morceau, tu veux ? Ce serait dommage. Essaie aussi de le garder en vie. Je t’en voudrais de ne pas m'en laisser un peu. » Oswald. Sale gosse, toujours en manque de divertissement. A un tel point qu’il n’hésitait jamais à user de ses subordonnés comme de simples jouets, des poupées ou des pièces d’échec, dont il disposait à sa guise et sans aucune considération aucune pour ce qu’il pourrait leur en coûter, à eux.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:29

Fuyuki marchait toujours dans ce long couloir qu’il connaissait par cœur. A vrai dire, il était probablement un des subordonnés de l’organisation qui connaissait le mieux les dédales du QG. L’emplacement de chaque pièce importante, de chaque couloir, du moindre recoin dans ceux qui étaient à sa portée. 

Il avait observé. A chaque fois qu’il se déplaçait, à chaque fois qu’il était convoqué, il avait regardé et assimilé le moindre coin de Chronos. On pouvait ne pas le croire, mais depuis toujours il possédait une excellente mémoire visuelle. Ce qu’il voyait il le mémorisait et ce pour quasiment toute sa vie. 

Pour lui, connaître son environnement était très important. Autant pour le jour où il s’enfuirait après avoir été démasqué - ce serait bête de tomber sur un lieutenant sortant de sa chambre vous voyez – que pour raccourcir chaque trajet afin de gagner du temps. Il y avait d’autres raisons, il y en avait toujours d’autres pour Fuyuki.

Ces sbires qui se fichaient de savoir où ils se trouvaient l’exaspéraient au plus haut point. Quels idiots. Ils se comportaient en parfaits moutons en suivant bêtement leurs supérieurs et en ne se servant jamais de leur tête. 

Pour eux, Chronos se résumait à capturer et torturer des hybrides. Pour eux, tout le monde en était capable. Ben voyons. Ce n’était pas pour rien que l’élite de l’organisation était telle qu’elle était. Comme si Oswald allait nommer quelqu’un incapable de se servir de sa tête cinq secondes à un poste haut-placé. 

Fuyuki esquissa un sourire alors qu’il était plongé dans ses pensées. Il se savait supérieur à ces crétins et lui atteindrait un des postes tant convoités par les siens. Il en était persuadé et se fichait qu’on le considère comme arrogant. Il n’avait jamais prétendu le contraire. Et il se réjouissait du jour où il pourrait regarder de haut – bien qu’il le fasse déjà – ces humains stupides. 

Enfin, pour l’heure, ce n’était pas très prudent, pas du tout même, de se plonger dans ses pensées comme ça. Il n’était pas avec n’importe qui. Etre ailleurs alors qu’on se trouvait avec le chef de l’Organisation était dangereux. Surtout pour lui. 

S’il se déconcentrait ne serait-ce qu’une seconde il risquait de mettre sa vie en danger. Une seule seconde d’inattention et il risquait de dire quelque chose qui mettrait fin pour de bon à son petit-jeu. Et peut-être à sa vie. 

Car il était un Givrali, car il n’était pas tout à fait humain et parce qu’à Chronos s’amuser à tromper le grand boss ne pardonnait pas. Donc pas question de rêvasser. Il en aurait tout le loisir plus tard quand il serait seul dans sa chambre. Et dans son lit.

Le Givrali repensa aux dernières paroles d’Oswald dans le bureau de ce dernier. Il connaissait la théorie « l’amour rend plus fort » pour y avoir eu droit plus jeune. Sa sœur jumelle était une grande romantique et ne cessait de lui rabattre les oreilles avec ça. 

Il se rappelait d’ailleurs très bien également le visage complètement blasé et indifférent de Akainu, son frère jumeau pendant ces discours. Néanmoins, le rouge n’avait jamais blessé leur sœur, contrairement à lui. Akainu avait toujours été plus doué en relations sociales, après tout.

Mais Fuyuki n’y avait jamais cru. Ce genre de choses, ces théories philosophiques sur l’amour et sur bien d’autres choses lui passaient au dessus de la tête. Il avait besoin de faits, de vérités absolues, sans tomber pour autant dans le scientifique.

Depuis qu’il était à Chronos il avait eu bon nombre d’exemples pour confirmer sa théorie comme quoi aimer était dangereux. Voir même mortel. Mais pour autant il n’arrivait pas à ne plus aimer les rares personnes qui comptaient pour lui. Bien heureusement, n’est-ce pas ?

Le félin espion tourna la tête à demi vers son boss, lui jetant un regard en coin. Ses oreilles écoutèrent avec soin la réponse actuelle qui changeait complètement de la dernière. Après tout, ils étaient tous deux suffisamment intelligents pour tenir une conversation un minimum complexe contrairement à certains.

Oswald n’était pas arrivé à la tête de Chronos par hasard. Ceux qui le pensaient, ceux qui le sous-estimaient le regrettaient toujours. Et Fuyuki ne comptait pas être de ceux-là. Le Destin est parfois cruel, mais ceci vous le découvrirez plus tard.

- Merci. Et je suis tout à fait d’accord. Si je suis si souvent seul, ce n’est pas pour rien.

Haussant les  épaules avec un air faussement triste, le bleuté laissa ensuite échapper un sourire narquois. Comme s’il regrettait la présence de pareils imbéciles. Heureusement qu’il y avait quelques membres plus intéressants et intelligents que les autres car sinon il s’ennuierait à mourir. Ou il squatterait le bureau du grand chef pour ne pas être seul et pour faire rager une certaine personne. Enfin, heureusement pour le repos du chef, il n’en était pas encore là.

Un frisson le parcourut quand Oswald se rapprocha de lui pour qu’ils soient tous deux côte à côte. Ce n’était pas de la peur. Il n’avait peur de personne et surtout pas d’un humain.  Mais il ne fallait pas oublier ce que représentait celui-ci en particulier pour les hybrides comme lui. Impossible de ne pas stresser, impossible de ne pas frémir. Heureusement qu’il savait parfaitement dissimuler ses émotions.

Fuyuki grimaça alors. Mince. Il détestait ne pas donner de réponse satisfaisante et ce même quand on l’interrogeait sur ses pairs. On pouvait toujours le traiter de traître, de mec sans scrupule, de cruel, il détestait perdre et ce dans n’importe quel domaine. On ne le referait pas et il l’assumait complètement. 

Ce n’était pas comme s’il se réjouissait des souffrances des siens ou quelque chose de ce genre, après tout. S’il trouvait un moyen avant qu’il ne soit trop tard et si c’était possible de le faire sans briser sa couverture il sauverait ce malheureux Goupix. Avec son humaine. 

Peut-être. Il n’était pas assez suicidaire pour perdre des poils pour des inconnus. Même si l’un d’eux était un hybride comme lui. Du point du Givrali, ce n’était pas de l’égoïsme, mais de l’instinct de survie. Car on ne revenait pas d’entre les morts. Et il aimait vivre plus que n’importe qui.

Tout ça pour dire qu’il était frustré. Il n’avait pas pensé au fait que le Goupix avait corrompu sa dresseuse et qu’il pourrait très bien le refaire. Même si, au fond de lui, il savait qu’il n’aimerait personne d’autre qu’elle. Peut-être qu’au fond les discours de sa sœur n’avaient pas complètement disparus de sa tête.

Un nouveau frisson de malaise le traversa, bref, mais intense. Il ne pouvait être complètement indifférent à ce genre de paroles cruelles. Car il n’avait pas encore perdu complètement son humanité. Mais ne voulant pas se trahir il hocha brièvement la tête, l’expression la plus neutre possible.

Son poing se serra malgré lui et il le regretta de suite. Espérant qu’Oswald ne le remarque pas et préparant un mensonge pour se sortir de là dans le cas contraire. C’était plus fort que lui, il ne supportait pas d’être traité indirectement de pourriture. Et ce même si Oswald ne savait pas la vérité à son sujet.

Sa fierté c’était une des seules choses qui lui restaient aujourd’hui et elle en était précieuse. Infiniment précieuse. Aussi son regard s’assombrit-il légèrement alors que son esprit s’efforçait de rester limpide afin de se préparer à l’interrogation éventuelle.

Une petite part de lui était soulagée que l’humaine s’en sorte. Au moins elle. Une sur deux c’était déjà beaucoup quand on connaissait l’impitoyable homme qu’était Oswald. Et la petite idiote risquait de tout gâcher en le suppliant de libérer également son hybride. 

Parfois il valait mieux sauver sa peau que de mourir à deux. Mais les humains ne le comprenaient pas toujours et un tel manque de bon sens exaspérait bien souvent le félin aux cheveux bleus. 

Rares étaient ceux qu’il appréciait et ironiquement Oswald en faisait peut-être parti. Parce qu’il était intelligent, parce qu’il avait du bon sens, car il était moins bête que la plupart des siens. Et parce qu’au fond tous deux se ressemblaient peut-être qu’ils ne voudraient le croire. Il en serait presque chagriné de le trahir. Presque, bien évidemment.

- Je vois. J’aurais dû y penser moi-même. Je suppose que j’ai encore beaucoup à apprendre, dit-il avec une fausse modestie.


Le sourire sur ses lèvres le montrait clairement. Il ne pouvait s’en empêcher. Il ne se referait pas et il fallait l’apprécier comme il l’était. Ou le haïr pour ce qu’il était. Etrangement, le nombre de personnes qui choisissaient la deuxième option était bien supérieur à la première...

Fuyuki fronça les sourcils et s’écarta un peu pour éviter d’être bousculé par le sbire qui arrivait en courant. Sbire qui réussit à lui couler un regard noir malgré sa panique. Le bleuté se contenta de sourire d’un air moqueur et de soutenir son regard pendant ce bref instant. 

Et oui. Il était en compagnie du grand chef, l’air parfaitement serein ou presque. C’était sûr que ça ne plaisait pas à tout le monde. Et alors ? Il faisait ce qu’il voulait, quand il le voulait et en plus c’était lui qui avait été convoqué et amené à suivre Oswald comme un petit chien. Le comble pour un félin, je sais. Il s’en serait bien passé de cette visite, hein. 

Aussi leva-t-il les yeux au ciel en se détournant des deux humains sans s’éloigner pour autant ne voulant pas risquer un rappel à l’ordre. Et puis il fallait avouer qu’il était curieux de savoir ce qui avait provoqué cette panique. Même s’il avait une idée sur la question. 

Fuyuki soupira en entendant les paroles peu surprenantes. Quel idiot. Un Goupix aussi fort soit-il il n’avait pas la moindre chance de s’enfuir du Quartier Général. D’après ce qu’il savait au moins un des quatre lieutenants y était en ce moment. Sans compter les subordonnés hauts-placés et Oswald lui-même. 

Tous avaient des pokemon capable de rivaliser avec un pokemon basique de type feu. S’il avait été un légendaire, un pokemon dragon ou quelque chose de puissant de ce genre, pourquoi pas. Et encore... La force de Chronos était souvent sous-estimée. 

Enfin, tout ça pour dire que le Givrali savait que c’était suicidaire de faire un tel remue-ménage. Lui ne s’y serait pas risqué. Il préférait attendre la mort et la punition après s’être fait attrapé une fois que de se faire attraper deux fois. Question de point de vue. Son regard s’assombrit encore une fois. Il savait que le Goupix regretterait encore plus sa rébellion que sa trahison. Et il n’aimait pas ça malgré tout qu’on pouvait croire. 

Le Givrali posa son regard sur un type plante et arqua un sourcil. Sérieusement ? Bah, le Goupix aurait peut-être une chance de s’en sortir si tous les sbires étaient assez stupides pour envoyer le type le plus faible face au type le plus fort. Mais hélas pour lui, ce n’était pas le cas de tout le monde. Le Givrali prit soin d’être discret quand il jeta un regard légèrement compatissant vers les deux traîtres.

Il se détourna cependant vite en entendant Oswald demander ses armes au sbire qui était venu l’alerter. Le chat ne put s’empêcher de plisser les yeux, perplexe. Il savait que son supérieur avait ses propres armes et probablement ses pokemon. 

Pourquoi en utiliser d’autres ? Un frisson le traversa tout entier et il dut se retenir de reculer d’un pas. Oh. Non. Tout, mais pas ça. Il devinait sans trop de mal l’idée tordue d’Oswald et il n’aimait pas ça du tout. Du tout, du tout.

Il se retint de fusiller du regard le blond quand il lui tendit les deux armes. Mais il ne cacha pas sa contrariété complètement pour autant. Il était piégé, il ne pouvait pas refuser. Ce serait trop suspect et trop dangereux. Il espérait juste que ce soit juste un caprice comme tant d’autres. Oswald ne pouvait avoir de doutes sur son identité ou sa loyauté, n’est-ce pas ?

Il s’empara des armes avec un peu de rage et se tourna vers le Goupix qui était toujours retenu pour l’instant par les autres hybrides. Le Givrali prit soin d’observer les armes mises à sa disposition et de réfléchir à une stratégie. Car, détail que ne connaissait pas Oswald et sa clique, s’il se prenait un lance-flamme ou une autre attaque feu dans la tronche, cela ferait mal. Très mal. 

De plus avec l’adrénaline il serait tenté d’utiliser ses attaques ou de faire apparaître ses attributs de Givrali et il ne devait surtout pas le faire. Donc éviter des attaques physiques et spéciales tout en se contrôlant soi-même et en étant efficace... Génial.

Le challenge de sa vie. Comme s’il avait besoin de ça. Mais bon il ne pouvait décemment pas dire non à Oswald. Plutôt crever. Même si visiblement son supérieur souhaitait qu’il reste en vie. Trop aimable de sa part, hein ?

Attrapant le couteau, il s’approcha ensuite du Goupix tandis que les autres humains et hybrides s’écartaient pour lui laisser le champ libre. Le regard plein de rage du pokemon se posa sur lui. Fuyuki ne broncha pas alors que la bestiole lui fonça dessus. Garder son sang-froid était la clé de la réussite dans tout combat.

Alors que la furie arrivait sur lui, Fuyuki se baissa pour éviter le coup de griffe et riposta en balayant les jambes du pokemon qui chuta. Néanmoins, ça aurait été trop facile et le Givrali dut esquiver un Lance-Flamme parfaitement maîtrisé. L’air se réchauffa de suite et Fuyuki grimaça. Il détestait la chaleur, bon sang de bonsoir ! Surtout que l’attaque avait réussi à l’effleurer. Il se tint donc le bras en espérant que la brûlure ne soit pas trop grave.

Le Goupix en profita pour se relever et répliqua avec une attaque Vive-Attaque que Fuyuki subit de plein fouet. Il avait néanmoins préparé sa posture pour encaisser et, malgré son recul de quelques pas, il s’en sortait quasiment indemne. Quasiment. Il en profita pour saisir le bras du Goupix malgré le risque du corps à corps dans ce genre de situation. Il encaissa le Hurlement, chose peu facile, pour pouvoir renverser le pokemon sur le dos.

Posant un genou sur le torse du déchaîné il posa la lame du couteau sur sa gorge pour le contraindre à rester tranquille. Haletant, le Givrali croisa le regard ardent du pokemon. Chose qu’il n’aurait peut-être pas dû faire. Le pokemon du dessous écarquilla les yeux et ouvrit la bouche, mais il se prit un coup et perdit conscience avant de pouvoir trahir le secret du Givrali.

Les hybrides avaient parfois une facilité à se reconnaître entre eux et il l’avait échappé belle. Il se laissa tomber près du corps inconscient et grimaça en se tenant à nouveau le bras. Le combat avait été court, mais intense. Le public n’en avait peut-être pas eu assez, mais le Givrali n’avait pu se permettre de faire plus. Trop de risques qu’il perde les pédales, qu’il fasse une erreur. Et puis il avait réussi sa mission c’était le principal. Enfin, il l’espérait.

- Qu’est-ce que vous attendez ?
 Dit-il d’une voix rauque aux sbires autour de lui. Qu’il se réveille ? Vous feriez mieux de l’enfermer à nouveau. Et dans une cage plus solide, j’ai eu ma dose.

Les sbires le fusillèrent du regard pour la plupart avant de regarder Oswald attendant ses ordres. Fuyuki haussa les épaules et se releva, chancelant un peu. Il s’approcha du sbire à qui appartenait le couteau et le lui rendit sans prendre la peine de le regarder.

Il se sentit alors perdre l’équilibre. Il était plus épuisé qu’il l’avait cru. Après tout, il rentrait de mission depuis peu et il n’avait pas encore eu le dormir pour récupérer. Un combat dans ces circonstances était plus difficile. 

- Mission accomplie, boss,
 souffla-t-il avec un sourire amer.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:30

Oswald demeurait, quoique l’on en dise, un éternel insatisfait ou, du moins, quelque chose qui s’en rapprochait grandement. Mettre ses sbires à l’épreuve était une chose qu’il appréciait tout particulièrement, surtout lorsqu’il s’agissait des plus récentes recrues, celles qui étaient encore susceptibles de renoncer à Chronos, celles qui ne connaissaient peut-être pas encore tout à fait leur patron et ses manies agaçantes, ses lubies étranges et dignes des pires tourmenteurs. Pour sûr, Fuyuki était au courant, tant il avait su se faire une place dans les petits papiers de son supérieur et le côtoyait, puisqu’il était d’une agréable compagnie aux yeux du blond. Il n’avait cependant jamais vraiment eu à se charger des basses besognes confiées aux incompétents et à tous ceux qui décevaient le Dieu de l’organisation ; le jeune garçon avait toujours eu le mérite d’être un bon sbire, un bon soldat, quelqu’un qui s’exécutait sans discuter, sans argumenter, quelqu’un avec qui, en plus, il faisait bon converser lorsque rien d’autre n’accaparait le temps et l’attention d’Oswald. Rapidement, il s’était fait une place que beaucoup enviaient et jalousaient tant que c’était possible, et sans doute l’adolescent avait-il plus d’un ennemi qui rêvaient de le voir tomber au sein de la Team. Parviendraient-ils seulement à le renverser, même s’ils s’y essayaient ? Le Prince à la tignasse blonde en doutait fortement, on ne s’imposait pas si rapidement si l’on était faible. Fuyuki ne l’était pas, il savait se défendre, et sans doute que lui pourrait faire tomber ceux qui voudraient le voir déchu, comme lui-même l’avait fait pour prendre cette place qui lui revenait de droit, à la tête de l’entreprise de Chronos.

Cette fois encore, et ce n’était pas la première, Fuyuki avait prouvé sa force, son expérience, sa loyauté, et tout ce qui faisait de lui un atout au sein de l’organisation. L’air contrarié et la colère du jeune garçon au moment de se saisir des armes n’avait pas échappé au chef qui les lui avait tendues, pourtant ça ne l’avait pas empêché de sourire d’autant plus, ravi de le voir s’avancer tout de même vers le Pokémon rendu fou par la rage et le désir de liberté, le sentiment d’injustice et l’amour, sans doute incomparable, qu’il portait à la sbire enfermée. Là où Oswald n’y voyait qu’une raison de plus de briser le Goupix enragé, ce dernier, lui, y voyait sans doute mille raisons de se battre pour celle qu’il aimait. Au fond, le Phoenix ne vendrait-il pas sa vie sur un champ de bataille s’il le fallait pour la sauver ? Mais elle était immortelle, qu’importe si l’on détruisait son enveloppe charnelle, elle reviendrait toujours. Pourtant, l’idée même qu’elle puisse être blessée, souffrir et perdre la vie, d’une quelconque façon que ce soit, était insupportable à un coin de l’esprit d’Oswald. Il ne l’admettrait jamais, oh non, jamais, mais, s’il fallait qu’il se sacrifie pour les beaux yeux bleus de la belle, aussi Pokémon soit-elle, il n’hésiterait pas. Parce qu’elle était différente, parce qu’elle était la seule qu’il ne pouvait pas traiter aussi mal que tous les autres. Pourtant, quelque part, elle était peut-être celle qui souffrait le plus parmi tous de ce qu’il était devenu, au fil des années, enrôlé par Chronos et bercé par leur idéologie qu’il partageait finalement et dont il prêchait aujourd’hui les enseignements.

Mais les autres, tous les autres, tous ceux qui n’étaient pas elle n’avaient pas le droit à sa pitié, il les détestait, il les méprisait, ils le dégoûtaient tous autant qu’ils étaient. Aussi, eux, Oswald les livraient à la mort sans remords aucun ; il livrait le brasier mobile aux bons soins de Fuyuki, persuadé qu’il saurait le neutraliser comme il se devait. Et il n’y avait pas manqué, clouant la bête au sol et le condamnant à l’inconscience pour un petit temps. Il savait y faire, et c’était ce qui plaisait au tyran ; le jeune était réactif, rapide, précis, efficace, il ne s’égarait pas en fioritures inutiles, il allait droit au but, qu’il s’agisse de ses mots ou de ses actions. Lui non plus n’était pas comme les autres, quelque chose le différenciait des subordonnés de bas-échelle, le rapprochait au plus près des hauts-gradés, de ceux qui avaient son estime, sa confiante et tout ce qui allait avec. Le jeune aux cheveux bleus avait ce petit quelque chose qui le détachait de la masse informe des sbires lambda, mais Oswald n’avait encore jamais su déceler ce dont il s’agissait, précisément. Mais, pour sûr, ça lui plaisait. Et, pour sûr aussi, c’était ce qui agaçait le plus les autres assujettis, ceux qui, incapables comme ils l’étaient, recevaient parfois des ordres ou des reproches d’un gamin entré depuis bien peu de temps dans la Team ; pas encore deux ans et déjà bien plus confirmé qu’une tonne de plus anciens encore. « Qu’est-ce que vous attendez ? Qu’il se réveille ? Vous feriez mieux de l’enfermer à nouveau. Et dans une cage plus solide, j’ai eu ma dose. » Le supérieur se contenta de sourire, fort amusé des regards qui s’échangèrent parmi les sbires décontenancés, agacés, honteux et inquiets quant à la sanction qui les rattraperait bientôt.

L’oeil aiguisé d’Oswald repéra l’instant précis où Fuyuki céda sous le poids de l’épuisement, et il se pencha aussitôt pour réceptionner l’adolescent contre lui, lui épargnant ainsi une chute qui n’aurait sans doute pas arrangé son état actuel. Le chef soupira légèrement, conscient d’en avoir sans doute trop demandé au jeune garçon. Aussi, dans un geste presque affectueux et sans doute des plus inattendus, voire carrément choquants aux yeux de tous les types présents, il passa sa main dans les cheveux azurés qui étaient à portée, rien que l’espace d’un instant. « Mission accomplie, boss. » Pour sûr. Il avait été meilleur que tous les autres ; différent encore une fois. Dés qu’Oswald pensait comprendre, l’explication rationnelle lui échappait un peu plus. Fuyuki mentait tellement bien. Le blond ferma les yeux, prit une profonde inspiration, et puis releva la tête, laissant son regard se couler lentement d’une silhouette à l’autre dans la pièce. Il n’y avait plus aucun bruit, sinon les sanglots de l’humaine, qui n’avait eu de cesse de supplier tandis que son Goupix était aux prises avec son adversaire. Elle était si stupide, si stupide d’être prête à se condamner pour quelqu’un qui ne s’en sortirait pas. Et eux, eux, ils étaient si stupides d’avoir déçu Oswald, encore. « J’espère que vous avez honte. Vous n’êtes que des incapables, humiliés par un adolescent plus jeune que vous tous. Rien ne m’empêche de vous rétrograder, tous autant que vous êtes. »

Des sourcils se froncèrent, des poings se serrèrent, des têtes se baissèrent. Ils étaient tous atteints dans leur amour-propre, et leurs possibles ambitions de grimper un jour les échelons de Chronos venaient d’être tuées dans l’oeuf, jetées à leurs pieds et écrasées sous le talon de leur dirigeant. Ils avaient piètrement échoué et, ça, Oswald ne pardonnait pas. « Faites ce qu’il vous dit ; enfermez-le, menottez-le plus solidement encore, et tâchez d’avoir de quoi éteindre un feu à proximité... » Son regard se fit plus appuyé encore en direction du raté qui n’avait su envoyer qu’un type plante au combat, face à ce qu’il craignait le plus. Bien sûr, intégrer Chronos ne demandait pas à ce que l’on ait passé un séjour à l’école des dresseurs, encore moins obtenu son diplôme, mais il était des choses basiques dont Oswald ne pardonnait pas l’oubli. Celle-ci en faisait partie. Le sbire le savait ; il paierait cher son erreur, dés qu’il aurait été décidé d’un châtiment digne de ce nom à son égard. Les muscles de l’Absolu se détendirent légèrement, et il esquissa un vague geste de la main, en direction des hommes qui demeuraient là. « Et envoyez quelqu’un s’occuper du bras de Fuyuki, dans mon bureau, ainsi que de quoi se nourrir. Lui mérite des soins. » Et puis, sans un mot de plus, il se détourna, puis entraîna soigneusement le blessé vers la sortie des prisons, quittant cet espace où la chaleur était bien trop étouffante pour un autre, plus clair, plus frais, où l’on respirait tout de suite bien mieux.

Alors, presque désolé, il adressa un regard au jeunot. « Excuse moi, je te libère tout de suite après, mais je tiens à te toucher deux mots avant que tu n’ailles te reposer. » Il refirent le chemin en sens inverse jusqu’à son bureau, ne laissant personne, ô grand personne les interpeler dans les couloirs et les retarder. Oswald n’avait pas besoin que d’autres boulets, d’autres ratés viennent lui mettre des bâtons dans les roues. C’était assez pour aujourd’hui, et il attendait avec impatience le moment où il pourrait être seul avec un bon livre, ou s’offrir le luxe d’un moment paisible en compagnie de l’un de ses lieutenants, dont la compagnie était plus agréable qu’aucune autre ici, au sein de Chronos. Mais, alors qu’il s’installait à son bureau et invitait l’autre à faire de même, une jeune demoiselle, tout juste aussi âgée de Fuyuki, vint à entrer dans la pièce, chargée d’un petit nécessaire de soin. A peine l’accord obtenu, d’un hochement de tête du patron, elle s’avança vers celui qui était blessé. « Montre-moi ton bras. » Sans même lui laisser l’occasion de discuter, elle s’affaira, à appliquer pommade et pansement sur la brûlure, avec un savoir-faire inégalé et un soin tout particulier qu’il était presque surprenant de trouver ici, entre les murs de Chronos, alors même que certaines infirmières du Centre Pokémon de Janusia étaient moins scrupuleuses qu’elle. Il ne lui fallut que quelques minutes, avant qu’elle ne finisse par s’incliner légèrement. « Tu n’as rien de grave, tu devrais y survivre. Je te laisse cette pommade, n’hésite pas à t’en mettre dés que la douleur revient. Ce n’est l’affaire que de quelques jours tout au plus. » Et puis, elle disposa, sans rien ajouter. Si elle avait remarqué quoique ce soit à propos de Fuyuki, elle n’en avait strictement rien dit. Ça n’était pas son rôle, et sans doute sa douceur envers les blessés dénonçait-elle un peu de coeur que n’avaient pas la plupart des personnes enrôlées dans la Team.

Sans plus se préoccuper alors de la demoiselle, ni de la blessure de celui qui, à ses yeux, semblait être l’As de son meilleur jeu, il croisa les jambes et se balança sur son fauteuil, à droite, et à gauche, de manière presque imperceptible. D’une main distraite, il ouvrit l’un des tiroirs de son bureau, et sortit une cigarette d’un paquet, qu’il alluma entre ses lèvres. Avant de daigner enfin parler, il prit le temps d’avaler et puis d’expirer lentement une longue bouffée de tabac, qui lui permit d’évacuer un peu la tension de ses épaules, celle qui témoignait de l’agacement d’Oswald à l’encontre de ceux qui l’avaient fait se déplacer pour si peu, rien qu’à cause de leur handicapante incapacité à réaliser quoique ce soit de correct et satisfaisant par eux-mêmes. Des assistés, voilà ce qu’ils étaient. Mais, au moins, certains se détachaient du lot, comme celui qui se tenait face à lui à l’instant précis, et sur qui son regard se posa enfin, après ce qui semblaient être de bien trop longues minutes. « Je songeais à une chose, ces dernières semaines, et les évènements du jour ainsi que la démonstration d’une part de tes capacités me confortent dans l’idée qu’il me faut t’en parler dés à présent. » A nouveau, il tira sur la tueuse entre ses doigts, et puis plongea son regard dans celui du jeune adulte, droit dans ses iris clairs et sa pupille abyssale. « Dis-moi, Fuyuki… As-tu jamais aspiré à un grade plus élevé que celui auquel tu te trouves actuellement ?» Cette fois-ci, Oswald abattait cartes sur table.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:30

Fuyuki se retenait de lancer des injures dans le vide. Son bras brûlé lui faisait mal, il était épuisé et il avait manqué de se faire dénoncer par cet abruti de Goupix. Trop, c’est trop ! Franchement, il avait connu des jours meilleurs. Encore haletant, il ne payait pas de mine avec son air épuisé et ses vêtements légèrement brûlés. Pourtant, il ne pouvait retenir un léger sourire. 

En tant qu’hybride, il n’était pas fier de sa capture, mais en tant que combattant il était fier de son combat. Il avait été rapide et efficace malgré cette brûlure. Il avait su réfléchir vite et trouver la meilleure solution. Tout en bougeant instinctivement. Son corps était en pleine forme et ses entraînements réguliers avaient visiblement porté leurs fruits. 

Et, le plus important, il avait su se contrôler et retenir son envie d’utiliser tout ce qu’il avait à sa disposition. Cela aurait été dommage de se trahir maintenant, après tous ces efforts pour infiltrer l’organisation et s’y faire une place. Donc oui, il était content de ne pas avoir fait de bêtise stupide... 

Il s’en serait voulu toute sa vie dans le cas contraire. Mais cela avait été également une bonne piqûre de rappel. On n’était jamais assez sur ses gardes. Et il ne faisait pas exception. C’était pour cette raison que, malgré sa désinvolture apparente, il était concentré. Ne jamais oublier où il était et à qui il avait affaire.

Il eut une seconde de blocage en se sentant retenu par Oswald. Le blond s’était visiblement soucié de ne pas le laisser tomber par terre... Et le Givrali ne savait pas vraiment quoi en penser. C’était une gentille attention, mais de la part de Oswald... Il y avait de quoi se poser de sérieuses questions. Ce type était-il seulement gentil avec quelqu’un ? Bah, l’explication la plus logique était qu’il ne voulait pas qu’un de ses petits soldats devienne inutile. Inutile de se poser trop de questions à ce sujet.

Fuyuki ferma alors les yeux pour se reposer un instant et oublier peut-être les lourds fardeaux posés sur ses jeunes épaules. Il rouvrit néanmoins les yeux avec stupeur en sentant une main dans ses cheveux. Minute. A quoi jouait son boss au juste ? Mystère complet. Il valait peut-être mieux ne pas savoir. Le Givrali fronçait quand même les sourcils, ne sachant vraiment pas quoi en penser. 

Mais heureusement il eut droit à une distraction quand Oswald s’adressa à ses autres subordonnés. Le chouchou ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin qui montrait sa satisfaction. Se sentir supérieur à quelques humains stupides était agréable. Même si, bien sûr, eux ignoraient qu’un simple minou leur menait la vie dure. 

C’était sacrément gratifiant pour le minou en question de se tenir sur une marche que ces pauvres imbéciles n’atteindraient jamais... Lui montait l’escalier de la hiérarchie de Chronos et de l’estime d’Oswald alors qu’eux feraient toujours du sur-place... Mais ce n’était décidément pas sa faute s’ils n’y arrivaient pas. Il était juste meilleur, ils étaient juste incapables d’utiliser correctement ce qu’ils possédaient. Lui savait utiliser son cerveau et son corps de la meilleure des façons. 

Personne ne lui avait appris, personne ne lui avait tenu la main pour cela. Ce monde était terriblement dur et seuls les meilleurs, les plus forts, les plus compétents s’en sortaient. Tout simplement. En tout cas, entendre Oswald s’adresser à eux avec mépris était fort agréable et le jeune Nishimura ne cachait pas sa satisfaction. Son sourire aux lèvres était parfaitement visible et enrageait sans doute un peu plus ses pitoyables adversaires malgré leur peur suprême du boss tout aussi suprême.

Mais Fuyuki n’avait pas peur. Même si on essayait de l’assassiner dans son sommeil ou dans un coin sombre, il se savait capable de survivre et de retourner la situation à son avantage. Ces incompétents ne pourraient jamais le faire tomber. Car, encore une fois, il était un des meilleurs. 

Le Givrali adressa un regard à son boss quand ce dernier déclara que lui méritait des soins. Son visage était complètement indéchiffrable et celui qui parviendrait à dire exactement ce à quoi il pensait n’était pas encore né. Peut-être même que le concerné ne le savait pas lui-même...

Le bleuté suivit tant bien que mal son chef quand ce dernier se détourna enfin pour retourner sans doute à son bureau. Tout ce que voulait le subordonné d’élite c’était de retrouver son lit et de dormir, mais visiblement Oswald avait une autre idée en tête.

Intrigué par ses paroles, Fuyuki plissa les yeux. Que pouvait bien vouloir lui dire son supérieur ? Comme toujours, le naturel revenait au galop et le Givrali effleura discrètement le poignard qu’il gardait toujours sur lui. On n’était jamais trop prudent, rappelez-vous. Sans un mot, il acquiesça, préservant ses forces pour l’instant. Le sommeil attendrait.

Une fois au bureau, le Fuyuki s’assit sur demande et observa le blond qui lui faisait face, refusant de le quitter ne serait-ce qu’un instant des yeux. Son bras soigneusement reposé sur l’accoudoir et le dos appuyé contre le dossier confortable, il attendait. Plus ou moins avec patience.

Une jeune fille entra alors et s’approcha pour le soigner. Le Givrali rencontra son regard et une partie de lui-même se crispa. Il n’était pas habitué à un regard aussi gentil, à un sourire aussi doux... Qui lui rappelait tant, au fond, sa famille. Ses doigts se crispèrent sur l’accoudoir, mais les deux humains pensaient sans doute que c’était dû plus à la douleur qu’autre chose. La nostalgie pouvait être aussi douloureuse qu’une brûlure par moments...

Il la laissa le soigner, tendu et sur ses gardes, sans aucun mot. Il la remercia quand même d’un signe de tête. Une partie de lui-même se demandait si elle savait. Et si elle allait le dénoncer. Mais, étrangement, il ne lui vint pas à l’idée de la faire taire par intimidation ou par quelque chose d’encore pire. Elle ne dirait rien. Cette certitude étrange était pourtant bien présente. Parce qu’elle leur ressemblait.

Son regard revint se poser sur Oswald. L’impatience commençait à le gagner et il se retenait de lui demander ce qu’il lui voulait. Ce serait perdre ce jeu invisible qu’ils jouaient tous les deux sans vraiment en avoir conscience. Il grimaça légèrement devant la cigarette, ne supportant pas l’odeur et la fumée. Mais, encore une fois, il resta muet. 

Il haussa un sourcil, intrigué une nouvelle fois par ces paroles étranges. Où voulait-il en venir, que diable ? Un frisson le parcourut, venu de nulle part. Ses efforts auraient-ils porté ses fruits ?

La question vint enfin et les prunelles bleu glace plongèrent dans celles écarlates. Le temps semblait s’être figé. Le Givrali ne savait pas quoi penser, ni quoi dire. Son cerveau marchait à toute vitesse, à la recherche de quelque chose d’intelligent à dire, de la réaction la plus appropriée et la plus sûre. Mais cette fois l’instinct prit le dessus sur la réflexion.

- Bien sûr. Qui serait assez stupide pour vouloir rester au bas des marches pour l’éternité ? Ni vous, ni moi, boss.

Un sourire aux lèvres, le regard assuré, Fuyki ne faiblissait pas. Il y avait sans doute peu de personnes, humaines comme hybrides, qui refusaient de s’incliner complètement face au chef de Chronos. Et encore moins qui pouvaient se le permettre...

- J’y ai souvent réfléchi. Et je mentirais si je disais que mes efforts ne visaient jamais ce but.


Non, il n’allait pas dire qu’il ne vivait que pour l’organisation et Oswald lui-même. Pitié. Plutôt mourir que d’être aussi niais. Fuyuki avait toujours été aussi franc que menteur, mais il savait parfaitement faire la différence entre les deux.

- Je serais honoré que vous m’estimez digne de grimper une nouvelle marche.

Impossible de savoir si ce jeune adolescent était sincère ou non. Impossible de dire s’il resterait loyal indéfiniment ou s’il poignarderait un jour dans le dos. Mais, justement, parfois ne pas savoir pouvait être le plus amusant... N’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:31

La légère grimace qui venait de se dessiner sur les traits du jeunot, Oswald l’avait bien vue, et elle eut le mérite de lui arracher un rictus quelque peu narquois. L’odeur de tabac consumé —pire encore, de tabac froid— avait la manie de titiller l’odorat de tous ceux qui n’étaient pas des habitués, d’une manière sans doute on ne peut plus désagréable. Le blond avait touché très tôt à cette drogue, dont il savait plus ou moins se passer pourtant. Il n’était pas un dépendant qui achevait chaque jour un paquet, ça relevait plus du niveau d’une par jour, d’un peu moins même, parfois. Oh, plus jeune, il avait été un accroc qui vidait ses paquets à une vitesse fulgurante. Il se cachait derrière le dortoir de l’orphelinat, avec les quelques autres fumeurs qui osaient braver les interdits comme lui, et les consumait, l’une après l’autre. Et puis, il y avait eu Chronos, les responsabilité, jamais le temps de s’ennuyer du temps où il n’était qu’un simple sbire, sans cesse envoyé en mission, et puis un chef d’unité, et puis enfin, un lieutenant. Il n’avait plus eu tant de temps à tuer, plus autant de nervosité non plus. Il avait pris de l’assurance, et c’était sans doute pour ça qu’il s’en était si bien détaché… Comme il s’était détaché de bien d’autres choses, aussi. Mais, ça, il n’y avait sans doute qu’une seule personne au monde pour le savoir. Et elle n’était plus là, depuis bien longtemps.

Il se leva et, l’air de rien, ouvrit la fenêtre dans son dos, s’adossant contre celle-ci, afin que Fuyuki ne soit pas agressé par l’effluve âcre de sa tueuse. Pour sûr, il ne se serait pas déplacé pour tout le monde. D’autres n’auraient eu que leur bonne volonté pour ne pas tousser pendant qu’Oswald leur parlait, cigarette fumante à la main, placée volontairement de sorte que la fumée s’en aille chatouiller leurs narines. Mais cette conversation-ci était sérieuse, importante, et tout à l’honneur de son jeune sbire. Et ça, il venait sans doute de le comprendre, au vu de sa réaction. Il avait réfléchi, plus encore peut-être qu’il ne paraissait déjà le faire le reste du temps —et c’était ce qu’Oswald appréciait tout particulièrement chez lui, il réfléchissait. Il était l’un de ces rares qui, peut-être, sans doute même, étaient en pouvoir de contester certaines de ses décisions. N’était-il pas l’un de ceux à qui il demandait conseil, après tout ? Le patron n’accordait pas sa confiance à n’importe qui, n’accordait pas le droit de juger ses ordres à n’importe qui. Pour le coup, sans doute l’accordait-il bien mal. Mais Fuyuki était doué. Doué pour mentir, et doué pour exécuter les ordres. C’était sans doute pour ça qu’il était si parfait, ici à Chronos. Trop parfait, même, sûrement. « Bien sûr. Qui serait assez stupide pour vouloir rester au bas des marches pour l’éternité ? Ni vous, ni moi, boss. » L’intéressé esquisse un sourire, hausse les épaules. Il dit vrai. Lui-même avait aspiré à grimper les échelons, et s’était donné les moyens pour y parvenir. Il avait été détesté, méprisé, parce qu’il était la jeune recrue et qu’il atteignait des objectifs en quelques mois, quand d’autres ne les effleurait même pas après des années. Fuyuki, lui aussi, devait connaître le poids des regards de travers qu’on lançait à son dos. Et il les endurait, il les encaissait, il s’en riait. Comme lui, des années plus tôt, s’en était ri.

Son regard se posa sur le jeune adulte assis à son bureau, face à lui, et croisa le sien. Deux océans infinis qu’il ne parvenait jamais à déchiffrer, mais dans lesquels régnait une assurance qu’il aimait lui voir. Il n’y avait que ceux qui ne doutaient de rien et surtout pas d’eux-mêmes qui pouvaient prétendre gouverner. « J’y ai souvent réfléchi. Et je mentirais si je disais que mes efforts ne visaient jamais ce but. » Rares étaient ceux qui admettaient avoir vu plus haut, plus grand. La plupart croyaient sans doute que l’on attendait d’eux modestie et humilité sans bornes, mais Oswald voulait des hommes forts, qui savaient ce qu’ils voulaient et ne craignaient pas de l’affirmer. Fuyuki, comme il l’avait espérait, faisaient partie de ceux-là. Il avait de l’ambition à revendre, et c’était ce qui pouvait le mener à de grandes choses. Ce qui, aussi, faisait de lui un atout parfait pour la team. Ils étaient rares, tellement rares ; ses chefs d’unités et ses lieutenants. Les autres… les autres, il y en avait sans doute, mais ce n’était pas suffisant. Il leur manquait quelque chose pour grimper tout en haut, et se dresser sur le piédestal. Il leur manquait quelque chose, et preuve en était faite maintenant qu’ils étaient distancés par un gaminfraîchement entré dans l’organisation. « Je serais honoré que vous m’estimez digne de grimper une nouvelle marche. » Oswald sourit, ferma les yeux un instant.

Il avait laissé sa cigarette se consumer, tantôt entre ses lèvres, tantôt entre ses doigts, et elle n’était même pas terminée qu’il vint l’écraser sur le rebord extérieur de la fenêtre. Ceci fait, il revint s’asseoir à son bureau, sans la refermer. Il y avait une légère brise qui venait aérer la pièce et faire s’agiter les quelques papiers posés là sur le meuble de bois, qui venait souffler dans les cheveux du blond et lui chatouiller les joues. L’espace d’un instant, il se sentit observé, et tourna la tête vers le coin de ciel qu’il apercevait par la fenêtre ; un ciel d’un bleu céruléen à peine gâché par quelques nuages. Il observa leur course, rien que quelques secondes, puis se tourna à nouveau vers Fuyuki. C’était comme… un mauvais pressentiment, peut-être ? Mais il ne le sentit pas véritablement, persuadé d’avoir affaire à un homme droit dans ses bottes, humain et dévoué. Aveuglé qu’il était. Il se saisit d’un stylo, jouant nonchalamment avec entre ses doigts, laissant planer un silence qui, peut-être, pour Fuyuki, pouvait paraître dérangeant. Il n’en savait rien. Ce n’était même pas un désir de suspens d’Oswald, c’était juste peser le pour et le contre de sa façon d’annoncer les choses. Y aller de but en blanc ? Oh, c’était son genre. Mais c’était aussi son genre de faire languir le jeune avant de lui avouer véritablement de quoi il retournait. « Tu n’as pas froid aux yeux, Fuyuki. Sais-tu à quel point les autres, tous ces imbéciles qui prétendent à plus grand mais ne sont pas capables d’imposer une quelconque idée dans les couloirs, vont te mépriser ? » Un faible ricanement lui échappa. « Plus qu’ils ne te méprisent déjà ? » Il laissa tomber le stylo sur le bureau, s’enfonça dans son siège. « Ils t’en veulent de leur voler cette place à laquelle ils aimeraient tous se trouver… A savoir, dans mes petits papiers, hm. » Il s’appuya sur son poing, l’air amusé. « Car tu le sais, n’est-ce pas ? Que tu es plus proche du patron qu’eux ne le seront jamais, malgré tous leurs… vains efforts. » Comme pour ponctuer ses paroles, il fit un geste vague de la main, une sorte de cercle incertain. Une boucle, qui se répétait à l’infini et pour rien. 

Il se pencha sur son bureau, replongeant son regard dans celui de Fuyuki. C’était amusant d’aviser ses réactions, de les jauger, d’essayer de les prédire, aussi. Mais, ça, il n’y arrivait que très rarement, pour ne pas dire jamais. Ce jeunot sortait à peine de l’adolescence, et pourtant il était bien plus mâture et mystérieux que ne l’étaient la plupart des adultes de l’organisation. Il était imperturbable, et c’était même lui sans doute qui, le premier, un jour, parviendrait à déstabiliser Oswald. Mais ça, il ne le savait pas, pas encore, et il lui faudrait encore du temps avant qu’il ne comprenne à quel point le poids des apparences pouvait coûter cher, et à quel point l’illusion avait été magnifique. Parfaite mascarade. Dont il n’y aurait sans doute aucun véritable vainqueur. « Fuyuki, entre nous, soyons fous… Quel est le grade le plus haut auquel tu aies imaginé te voir promu ? » Avait-il vu aussi haut qu’Oswald l’espérait ? Avait-il seulement osé être si ambitieux ? L’avouerait-il ? Le blond demeurait dans l’attente, soucieux mais souriant, se demandant s’il avait eu raison, finalement, de miser sur le garçon qui, dés son arrivée, l’avait agréablement surpris et qui, très tôt, avait fait trotter l’idée de cette… promotion dans son esprit. Allez, Fuyuki, ne me déçois pas, pas si près du but. Ce serait tellement dommage.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:31

Fuyuki observa sans rien dire son supérieur ouvrir la fenêtre. Il aurait pu le remercier, mais il avait trop de fierté pour admettre qu’il en avait besoin. Il préféra donc faire comme si le blond avait lui-même besoin d’air et ne fit donc aucun commentaire. Mais, au fond, il savait bien que Oswald avait fait ça pour lui épargner la fumée de sa cigarette et le boss ne se serait sans doute pas donné cette peine avec n’importe qui. Il en était presque flatté, le Fuyuki. 

Il retint de justesse une remarque moqueuse qui aurait été bien tentante, mais dangereuse. Il valait mieux attendre de voir ce que lui voulait son supérieur avant de prendre des risques inutiles. Même s’il n’avait jamais peur de prendre des risques vous vous en doutez. Au contraire, jouer avec le feu était bien plus amusant parfois. Et plus palpitant également. 

Et Fuyuki n’aimait pas vivre pour s’ennuyer. C’était peut-être stupide comme manière de voir les choses, mais il s’en fichait bien. Personne n’avait jamais dit qu’il était si intelligent que ça, après tout. Même s’il ne l’était sans doute pas, stupide. 

Le Givrali camouflé en humain attendait la réponse de son boss, celui qui serait un jour son maître même si aucun des deux n’en avaient encore conscience.  Oswald paraissait bien désinvolte suite à sa réponse. Mais cela n’étonnait pas vraiment Fuyuki. C’était une évidence qu’ils étaient tous les ambitieux et qu’ils feraient tout pour parvenir à leurs fins. Et cette ressemblance entre eux, le bleuté ne savait pas vraiment quoi en penser.

Le suspens était intolérable et le Givrali devait utiliser tout son sang-froid pour ne pas montrer son impatience. Même si cela se voyait sans doute un peu car sa nervosité et son impatience, il ne les contrôlait pas parfaitement. Et Oswald était loin d’être aveugle, bien au contraire. 

Il attendait toujours que son boss se décide à venir aux choses sérieuses, mais visiblement le Phoenix aimait faire durer le suspens. Ce que Fuyuki n’appréciait pas particulièrement, lui. Il aurait aimé lui demander à voix haute d’accélérer le mouvement, mais il préférerait mourir que de l’avouer. Ce serait donné un trop gros cadeau à l’humain qu’était le blond. Car cette conversation était un peu un duel entre eux deux et Fuyuki n’avait pas l’intention de le perdre. Comme Oswald, sans doute.

Aussi se contenta-t-il d’attendre. C’était ce qu’il faisait de mieux, après tout. Il attendait tout le temps. Le bon moment pour frapper, le bon moment pour gagner, le bon moment pour réussir. Alors attendre un peu plus n’allait pas le tuer, n’est-ce pas ? Du moins c’est ce qu’il se disait pour ne pas devenir fou d’impatience.

Il esquissa un sourire railleur en entendant à nouveau la voix de son supérieur hiérarchique. Il ne lui apprenait rien. Bien sûr qu’il savait qu’on le détesterait s’il grimpait les échelons. C’était déjà le cas et cela ne s’arrêterait pas. Les imbéciles malheureusement abandonnaient rarement. Tout comme les personnes plus intelligentes. L’acharnement était une vertu humaine, sans doute.

- Merci du compliment. Et oui je suis au courant. Mais cela ne me fait pas peur, ils ne pourront pas me faire tomber. Car je suis bien meilleur qu’eux. Et je me fiche bien de ce que les autres pensent de moi.

Prétention ? Non, juste une confiance absolue. Inébranlable. Un brin arrogant peut-être, mais qui ne l’était pas dans ce monde ? Ce serait mentir ou se fourvoyer que de prétendre le contraire. Fuyuki n’avait pas peur d’admettre qui il  était vraiment contrairement à certaines personnes. Et, dans un sens, cela faisait sa force. Et puis seuls les meilleurs effectivement possédaient une telle assurance en eux et en leurs capacités. 

Et il se fichait en effet de ce que lces autres pensaient de lui. Depuis toujours, il ignorait les commérages, les ragots, les murmures sur son passage ou les regards de travers. Il gardait la tête haute. Seule l’opinion de ceux qui méritaient vraiment son attention pouvait éventuellement l’intéresser. Et ils étaient peu nombreux dans ce monde. Le QG ne faisait pas exception à la règle. De l’avis du Givrali, la majorité de l’organisation n’était composée que de faibles et d’imbéciles. 

Le pokemon glace qui savait si bien tromper fixait de nouveau Oswald droit dans les yeux. Son regard était toujours aussi insondable et même lui ne savait pas exactement ce qu’il pensait en ce moment. Où voulait vraiment en venir Oswald ? Fuyuki sentit qu’il devait être encore plus prudent maintenant. Son boss l’amenait sans le vouloir sur un terrain dangereux. Et il ne devait pas faire de gaffe. Pas aussi près du but.

- C’est trop d’honneur, chef. Ils peuvent bien m’en vouloir, ce n’est pas ma faute s’ils sont incapables de faire aussi bien que moi. Et s’ils sont incapables de s’attirer votre sympathie.

Ce n’était pas souvent qu’il vouvoyait son patron comme venait de le dire lui-même ce dernier, mais il sentait que c’était mieux ainsi en cet instant. Ce n’était pas vraiment de la lèche, ce n’était pas son genre après tout, mais cela s’en rapprochait peut-être. Difficile de savoir avec lui, vous connaissez la chanson.

Fuyuki ne s’était pas attendu à la question qui venait de tomber. Il fixa son supérieur avec une légère stupeur. Sérieusement ? Il lui posait sérieusement cette question ? A quoi jouait-il, bon sang ? Le Givrali n’arrivait décidément pas à lire dans les pensées de son principal adversaire. Pour cela au moins, ils étaient à égalité.

- Et bien...

La gorge sèche soudain, Fuyuki était parfaitement conscient qu’il s’agissait d’un test. Et cela le faisait presque transpirer. Il n’avait pas le droit d’échouer et cela lui mettait une pression colossale sur ses frêles épaules. Oh, il avait appris à vivre avec cette pression, cette peur, ces angoisses, ces doutes, mais cela n’était pas pareil. Il n’avait jamais été aussi près du but. Et cela n’en ajoutait que plus à sa souffrance mentale. Le pokemon devait bien réfléchir à ses paroles, mais en même temps il ne devait pas faire trop attendre celui qui risquait de s’impatienter comme lui tout à l’heure. Ses doigts se serrèrent sur l’accoudoir de son fauteuil et il prit finalement la parole, d’une voix qui se voulait assurée, mais qui ne l’était pas réellement.

- C’est une question difficile, je pourrais croire que vous aimez jouer avec moi. Mais je vais être franc puisque c’est sans doute ce que vous voulez. J’y ai souvent pensé et je mentirais si je disais que je n’y avais pas songé avant même d’entrer véritablement dans l’organisation. Etre au sommet de la hiérarchie me paraît être pas mal, mais ce serait dommage de prendre votre place, vous dirigez tellement bien Chronos. Par contre, le rang d’en dessous, pourquoi pas.

Sourire en coin, regard pétillant de malice et d’une pointe de moquerie, le Givrali croisa les jambes et se renversa dans son fauteuil attendant la réaction de Oswald. De toute façon, il était trop tard pour reculer et il ne pouvait lutter contre son destin. Qui vivra verra.
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Where nothing gathers ; Fuyuki
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