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 Where nothing gathers ; Fuyuki

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Yûki
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:31

Il y avait tant d’assurance dans la voix du jeune, qu’Oswald ne pouvait réprimer ses sourires en coin face à lui. Peut-être était-il plus confiant encore que lui-même lorsqu’il avait posé le pied à Chronos, à peine atteint sa majorité et lancé sur les routes pour rejoindre Janusia. Il n’était pas tout à fait sorti de l’adolescence, et rien ne le prédestinait à ce qu’il était à présent. Son prédécesseur aurait pu jeter son dévolu sur un autre que lui, mais c’était le Phoenix qui avait tapé dans l’oeil de l’ancien. Pourtant, des compétents, qui ne revenaient jamais bredouilles de leurs missions, il y en avait d’autres. Des haineux aussi, ça courait déjà les allées du quartier général. Il suffisait de voir, déjà, à l’époque, le malin plaisir que prenaient les subordonnés à frapper, à blesser, à briser ces hybrides récalcitrants qui réclamaient justice et liberté. Justice et liberté. Des choses qu’il leur refusait, à son tour. Pourtant, à l’époque, il avait parfois été clément avec certains, chassant les maîtres peu consciencieux vers d’autres tâches, envoyant les Pokémons vers l’infirmerie. Et puis, le temps, les mots, Chronos avaient fait leur petit chemin dans l’esprit d’Oswald, s’y étaient immiscés tel un serpent sifflant. Toute pitié sembla alors l’avoir quitté, et ne revint plus jamais. Il s’était perdu dans des valeurs qui n’étaient pas les siennes, avant tout ça. Mais les hommes sont des êtres vils, fourbes, qui savent se jouer des douleurs de leurs pairs pour obtenir ce qu’ils en veulent. On s’était joué des maux du blond, et on avait visé dans le mille à tirer à vue. Lui-même, sans doute, ne s’en rendait pas vraiment compte.

« Merci du compliment. Et oui je suis au courant. Mais cela ne me fait pas peur, ils ne pourront pas me faire tomber. Car je suis bien meilleur qu’eux. Et je me fiche bien de ce que les autres pensent de moi. » Ô combien d’arrogance en celui qui, aux yeux de beaucoup, n’était rien d’autre qu’un enfant, qu’un être pas encore véritablement adulte, qui faisait ses premiers pas dans un monde fait de responsabilités parfois trop lourdes pour les épaules les plus frêles. Mais Fuyuki n’avait rien d’un gamin fragile. Ça l’amusait d’autant plus, de voir ce type que l’on ne soupçonnerait sans doute pas, vu de l’extérieur, être aussi… sûr de lui, autant qu’il était d’une efficacité et d’une logique quasi-militaire implacables. Qui l’aurait soupçonné ? A le voir, on le prendrait plus aisément pour un étudiant studieux, sérieux, de ceux qui ont de bonnes notes sans franchement réviser, ceux sur qui les parents misent tout, leur honneur, leur fortune s’il le faut. Surtout pas un volontaire enrôlé dans une organisation criminelle. Non, vraiment… Il n’avait pas l’air d’un de ces types dont on se méfie dans les rues. Pas comme lui. Lui qui, déjà, imposait sa présence et forçait au respect, voire à la crainte, rien que de par sa carrure, son regard sanglant, et ses rictus cruels. On n’avait pas véritablement envie d’avoir à se tenir face à lui dans ses mauvais jours ou lorsque l’on était son ennemi.

On avait souvent du mal à soutenir le poids de ses deux sanguines, mais Fuyuki y parvenait sans ciller, quand bien même Oswald ne faisait rien pour ne pas le mettre mal à l’aise. C’était comme un test, un petit jeu dont lui seul sans doute s’amusait véritablement. « C’est trop d’honneur, chef. Ils peuvent bien m’en vouloir, ce n’est pas ma faute s’ils sont incapables de faire aussi bien que moi. Et s’ils sont incapables de s’attirer votre sympathie. » Il haussa un sourcil. Ce qu’il avait vaguement remarqué tantôt se confirmait, et c’était amusant, aussi, de voir le sérieux dont faisait preuve le jeune, plus encore que d’habitude. Il s’était défait de sa familiarité, avait opté pour le vouvoiement. Il ne savait qu’en penser, en vérité. C’était comme un retour en arrière, à l’entrée du garçon dans la Team. Allons, pourquoi toutes ces manières ? Il aurait pu le lui faire remarquer, mais pas tout de suite. Il se contentait pour le moment de garder le silence, se demandant combien de temps il faudrait à son sbire pour perdre patience. Le montrerait-il seulement, si ça arrivait ? Sûrement pas. Mais ce serait plus amusant encore de chercher tous les petits détails qui le trahiraient bien malgré lui, peut-être, si détails traîtres il y avait.

Et il y en eut un. Il n’était pas d’impatience, mais de surprise. Pour sûr, Oswald l’avait pris au dépourvu avec sa question. Combien de supérieurs se permettaient de telles extravagances ? Oh, beaucoup plus que l’on ne pouvait l’imaginer, sans doute… Et Oswald était de ceux-là. Il pouvait même être pire encore, et il le serait. « Et bien... » Le blond fixait celui à la tignasse bleutée, avec ce petit air supérieur qui en agaçait souvent plus d’un. Faciliter la tâche à son subordonné ? Il n’y songea même pas une seule seconde. « C’est une question difficile, je pourrais croire que vous aimez jouer avec moi. » Le sourire d’Oswald se fit légèrement plus prononcé, s’étira, de manière presque imperceptible. Cela se voyait tant ?« Mais je vais être franc puisque c’est sans doute ce que vous voulez. » Allez, vas-y, surprends-moi de ta franchise, Fuyuki. 

Et il n’y manqua pas. « J’y ai souvent pensé et je mentirais si je disais que je n’y avais pas songé avant même d’entrer véritablement dans l’organisation. Être au sommet de la hiérarchie me paraît être pas mal, mais ce serait dommage de prendre votre place, vous dirigez tellement bien Chronos. Par contre, le rang d’en dessous, pourquoi pas. » Cette fois, le patron ne pu retenir d’un éclat de rire soudain. Pour de la franchise, elle était fichtrement bien lancée. L’adolescent venait de faire, plutôt de dire l’impensable, et bien peu auraient été capables d’autant. « Tu n’as pas froid aux yeux, Fuyuki. » Et puis, il laisse à nouveau le silence s’installer, comme s’il était soudainement plongé en une intense réflexion. Ça n’était pas bien loin de la vérité, mais c’était peut-être aussi pour perturber le sbire, rien qu’un peu, il l’espérait. Ca l’amusait, d’imaginer ce qui pouvait se passer dans son esprit —même s’il ne pouvait rien faire d’autre que des suppositions, puisque les pensées de Fuyuki demeuraient toujours de grands mystères. 

Le silence dura, s’étala encore sur bien des secondes, peut-être même quelques minutes, durant lesquelles le regard d’Oswald sembla se perdre dans le vide. Il finit par reprendre la parole, mais sans vraiment avoir l’air de revenir à la réalité. « Tu as beaucoup d’ambition, pour une recrue encore bien récente... » Ses yeux s’agitèrent, ses prunelles s’arrachèrent du vide pour se poser sur le garçon, et son sourire se fit plus significatif, plus lourd de sens, comme pour montrer qu’il savait pertinemment à quel petit jeu ils se livraient, tout les deux. En avait-il véritablement conscience, cependant ? Ce n’était pas si sûr… « En avais-tu déjà tant, en t’engageant dans la l’organisation ? » Il ferma les yeux un instant et, quand il les rouvrit, il émit un ricanement à peine audible. Jouons un peu, songea-t-il lorsqu’il reprit la parole. « Ton but était-il juste de te rapprocher du chef ? De te mettre dans ses petits papiers ? De le tutoyer ? Hm, de prendre sa place, peut-être, finalement ? » Ses deux billes sanguines se firent plus perçantes lorsqu’elles se plongèrent dans celles, céruléennes, de son interlocuteur. « Allons, avoue, dis-moi tout… Etaient-ce ici tes objectifs, ou en avais-tu de plus honorables en rejoignant nos rangs ? » Allez, Fuyuki, amuse-moi encore un peu.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:31

Fuyuki était tendu, ce qui n’était pas si courant. Lui qui était d’habitude si sûr de lui ne l’était pas tant que ça en ce moment. Il jouait à un jeu dangereux et il le savait parfaitement. Il ne fallait pas croire qu’il n’était que insouciance et folie. Il avait conscience des risques qu’il prenait et savait que même lui avait ses limites. Quand on jouait avec le feu, il fallait certes être prêt à se brûler, mais aussi à éteindre un éventuel incendie. Et cet incendie aura de plus en plus de risques de se produire au fur et à mesure que le Givrali montera les échelons de la hiérarchie... Alors oui, il était tendu notre hybride. Il savait qu’il était à un tournant clé. Oswald était sur le point de décider s’il méritait une promotion ou non. Il le sentait. Tous ses sens le lui disaient.

Il n’avait pas le droit à l’erreur. Il ne pouvait se permettre de baisser dans l’estime du grand chef et de rater cette occasion. Pire, il ne pouvait se permettre d’être découvert. Pas maintenant. Pas alors que tous ses rêves étaient à portée de patte. Il y était presque, il devait être parfait et cela rajoutait une énorme pression sur ses épaules. Mais il était capable d’y résister et de s’en sortir haut la main. Comme il l’avait toujours fait. Allez, Fuyuki, respire et détends-toi. Ce n’était pas comme si ta vie était en jeu, après tout... Hum. Passons à autre chose, d’accord. 

Le Givrali arrivait toujours à soutenir les prunelles écarlates pourtant inquiétantes de son supérieur le plus haut placé. Il n’avait pas peur de lui et rien que pour ça il n’était pas comme les autres. Ils étaient nombreux ceux qui baissaient ou détournaient le regard devant le big boss de Chronos. Ils étaient nombreux à fuir quand il approchait. Nombreuses étaient les voix qui tremblaient ou vacillaient face à lui. Non, Fuyuki n’était vraiment pas comme les autres. Etait-ce un bien ou un mal, bonne question à laquelle seul le temps répondra. Actuellement, les prunelles azurées ne faisaient pas exception à la règle et soutenaient le regard sanglant avec un respect toutefois plus présent que d’habitude. Difficile de savoir si ce n’était que mensonge ou si cela cachait une part de vérité. 

Certainement que le Givrali était plus formel et sérieux qu’à son habitude. Cela pouvait se comprendre vu la situation présente. En apparence, cette conversation pouvait paraître aussi ordinaire que les autres, mais le Nishimura ne s’y trompait pas. Malgré l’insouciance apparente du Phoenix, il savait qu’il ne pouvait se permettre de prendre le moment à la légère. Même s’il aurait aimé arriver à être aussi détendu et insouciant que d’habitude d’une certaine façon. Cela aurait prouvé que les enjeux n’étaient pas si énormes... Si seulement cela avait pu être le cas. Parfois, le Givrali se demandait s’il n’était pas trop jeune pour cette responsabilité qu’il avait décidé d’assumer seul. Dix-huit ans, c’était bien peu d’années pour infiltrer une organisation de cette envergure et pour la détruire de l’intérieur. Les risques qu’il prenait étaient colossaux et s’il se faisait prendre... Enfin, il valait mieux ne pas y penser, en fin de compte.

Le Givrali faillit sursauter quand son boss éclata de rire. Oui, bon, c’était pas si surprenant que ça, si ? Il était ambitieux, tout le monde le savait. Enfin, probablement que viser la place de second dans la hiérarchie de Chronos, c’était en effet un peu osé, un peu plus que ça même. Mais le sbire assumait parfaitement. Il était comme il était et il ne changerait pas pour faire plaisir aux autres. Il préférait dire la vérité quand il le pouvait, c’était assez rare comme ça, tout simplement. Le silence s’éternisa suite à l’éclat de rire de son boss. Fuyuki avait presque envie de sourire, content d’avoir surpris son supérieur qui ne s’attendait visiblement pas à une telle ambition quand il lui avait posé la question... Bien fait pour lui. Cela commençait à être gênant quand Oswald reprit enfin la parole. Le bleuté haussa un sourcil. Certes, il était dans l’organisation depuis peu de temps comparé à d’autres recrues, mais il était plus doué qu’eux, non ? L’expérience, on l’avait dès le début ou on ne l’avait pas de son avis. Il avait beau n’être dans l’organisation que depuis un an il en avait cent fois plus que ces balourds incapables qui étaient peut-être là depuis dix ans. C’était comme ça. Le destin était cruel. Point. Ils pouvaient se plaindre, pleurnicher, faire tout ce qu’ils voulaient, s’ils ne faisaient pas d’efforts, ils ne lui arriveraient jamais à la cheville. D’ailleurs, il était peut-être trop tard pour le rattraper, vu l’avance qu’il avait...

- Je n’ai pas froid aux yeux, c’est vrai. Je ne vois pas pourquoi je ne dirais pas ce que je pense. Je vous respecte, mais je ne vous crains pas. Et je sais que vous appréciez ma franchise, boss. Ainsi que mon ambition... J’assume parfaitement cette dernière, ceux qui prétendent ne pas en avoir sont à mes yeux des menteurs. On veut tous une place de roi et on se bat depuis toujours pour l’avoir, c’est ainsi que l’homme est fait depuis la nuit des temps.


Un sourire sarcastique apparut sur ses lèvres. On avait beau chasser le naturel, il revenait toujours au galop. L’homme était ambitieux, mais l’hybride l’était bien plus et ça Oswald l’apprendrait à ses dépends un jour ou l’autre... Il avait intérêt à être sur ses gardes le petit homme. Car le grand méchant loup allait finir par le croquer tout cru et personne ne s’y attendrait. L’inconscience était un trait de la jeunesse, mais Fuyuki était trop sûr de lui pour le savoir. Il ne savait pas non plus qu’il allait un jour trébucher sur la voie de la réussite... Un frisson le saisit soudain, expression d’un mauvais pressentiment venu d’on ne sait où. Il observa son boss et écouta ses paroles, se demandant où il voulait en venir. Etait-ce possible que... Non, sa couverture était toujours intacte, il en était persuadé. Oswald voulait juste jouer avec lui. C’était ça et rien d’autre. Arrête un peu ta parano, Fuyuki. Mais il se demandait quand même à quoi pensait Oswald. Les gens normaux ne s’amusaient pas aux dépends des autres ainsi... Enfin... Le chef de Chronos tout comme lui étaient loin d’être des gens normaux, pas vrai ? Si le but du grand boss était de le mettre mal à l’aise, c’était raté. Oh, il avait été inquiet pendant une fraction de secondes, mais maintenant il semblait avoir retrouvé toute son assurance et son sang-froid habituel. Même pas peur. A moins qu’il ne se mente à lui-même.

- Prendre votre place aurait pu être tentant en effet. Donner des ordres à qui je veux, même aux lieutenants, faire ce que je veux, installer les règes que je veux... Mais vous allez être déçu, je n’ai jamais voulu prendre cette place. Gouverner Chronos ne m’intéresse pas, vous le faites très bien, alors pas besoin de m’embêter à vous renverser.


Son sourire se fit espiègle et sarcastique alors qu’il buvait une gorgée de son café en retenant une grimace. Il n’aimait vraiment pas ça, mais il fallait qu’il fasse illusion encore un moment. Oh que oui, il voulait renverser Oswald. Renverser le Roi d’une pichenette sur l’échiquier. Mais il ne voulait pas prendre sa place. Il ne savait pas encore trop comment, mais il trouverait un moyen de démanteler toute l’organisation. Ambitieux, trop ambitieux, notre petit Givrali.

- Quand on m’a demandé si je voulais rejoindre l’organisation, je ne pensais pas à grand-chose vous savez. Prouver ma valeur, prouver que je pouvais me débrouiller tout seul, ce genre de choses. Je n’ai pas pensé tout de suite à me rapprocher de mes supérieurs, c’est venu plus tard. Vous savez que je suis ambitieux, je ne pouvais rester indéfiniment tout en bas de l’échelle avec ces incapables. Je me sens mieux avec des gens de votre rang, enfin la plupart du temps.

Il grimaça en songeant au lieutenant Wiliams. Il ne supportait vraiment pas ce type aux cheveux blancs qui semblait étrangement si proche du grand boss. Il était curieux de connaître leur relation, mais il ne poserait jamais la question. On ne savait jamais, il ne voulait pas prendre de risque inutile. Et puis même s’il ne l’aimait pas, il devait admettre que le blanc était un des meilleurs éléments de Chronos...

- Chronos doit s’étendre au delà d’Unys et je ferais tout pour agrandir votre royaume. C’est aussi simple que cela. 


Son regard céruléen se planta dans celui écarlate de son Roi. Il était difficile, voir impossible de savoir si sa dernière phrase était vérité ou mensonge... Même pour vous, chers lecteurs. Le doute était la meilleure des armes et cela Fuyuki l’avait très bien compris dès le début.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:32

Il y avait dans les yeux d’Oswald quelque chose d’insondable, que l’on ne déchiffrait jamais véritablement, et qui était présent, toujours, chaque fois que l’on se perdait dans ses sanguines, qu’importent les circonstances. Si l’on arrivait à cerner certaines de ses pensées, lorsqu’il se laissait aller à un élan de confiance qui déliait ses traits de leur masque habituel, cet éclat qui y luisait constamment demeurait jusqu’alors nébuleux. Quiconque avait déjà essayer de mettre des mots sur la lueur s’y était perdu : tristesse ? Nostalgie ? Simple réflexion ? Colère étouffée ? On n’en savait jamais trop rien, et l’on finissait par abandonner, on baissait les yeux et on évitait de les relever. Comme s’il pouvait se douter de quelque chose et, oh, pour sûr, il devait s’en doutait. Les visages qui se détournaient, les bégaiements lorsqu’il les surprenait, occupés à tenter d’y voir plus clair, c’était si facile de savoir. A chaque fois, cette lueur douteuse dans son regard semblait se dissiper, mais revenait dés lors que l’on oubliait d’y faire attention. 

Ce que le Phoenix cachait, derrière ses plumes ardentes ? Personne ne le savait, sinon lui-même, peut-être les concernés eux aussi. C’était la flamme témoin d’un passé qui l’avait brûlé et dont il était revenu, quand bien même se débarrasser des cendres qui lui collaient à la peau s’avérait chaque fois plus compliqué que celle d’avant. Tant d’années, et ça n’en finissait pas. C’était de s’être consumé qui l’avait mené sur la voie de la cruauté, la voie de la haine, la voie des faibles peut-être, la route qu’empruntent ceux qui se ferment à tout ce qu’ils jugent capable de les blessés. Oswald n’avait finalement été qu’un gosse estropié, qui avait préféré faire de ses blessures ses propres armes, de ses failles une force que trop maudissaient lorsqu’elle servait contre leur être. Il n’avait cherché qu’à taire ses douleurs, à emplir son esprit d’autre chose que de souvenirs qui pourrissaient ses chairs depuis l’intérieur ; l’ambition, elle, n’était venue que bien plus tard.

Cette ambition dont se vantait tant celui qui lui faisait face, à l’instant, et qui arrachait des sourires sans doute pas si tendres au chef de l’organisation. Non, pour sûr, ce garçon n’avait pas froid aux yeux, mais n’était-ce qu’un bien ? Il prenait des risques. Trop, sans doute et, un jour, ça lui coûterait cher, Oswald n’en doutait pas. Lui-même savait qu’à être trop sûr de soi, on tombait forcément ; restait à savoir quand. Quitte à tomber, autant le faire en toute dignité, mais jusqu’à quel point Fuyuki savait-il préserver la sienne ? « Ainsi que mon ambition... J’assume parfaitement cette dernière, ceux qui prétendent ne pas en avoir sont à mes yeux des menteurs. On veut tous une place de roi et on se bat depuis toujours pour l’avoir, c’est ainsi que l’homme est fait depuis la nuit des temps. » Oswald haussa un sourcil, et puis se laissa aller dans son fauteuil, qui pivota jusqu’à le laisser dos à son jeune sbire. « Le crois-tu vraiment ? Il y a, à mon sens, tant d’hommes qui n’ont pas la moindre ambition… que c’en est pitoyable. Ils vivent en se disant que tout vient à point à qui sait attendre… Ridicule. Obtiendrait-on jamais rien si l’on se contentait de patienter ? » Pour sûr, s’il avait rechigné à tuer et à s’imposer en tant que nouveau chef de Chronos, on ne l’aurait jamais couronné, l’échine courbée, rien que parce qu’il le valait bien. Il avait usé de force, parce que l’ambition était née en lui. « L’ambition n’est jamais innée… Il faut se la créer, ou bien demeurer dans le camp des faibles. »

A nouveau, il pivota sur son siège, tout juste d’un quart de tour, pour pouvoir lancer un regard en coin au jeune adulte de l’autre côté du bureau. Son propre café, il le dédaignait totalement à présent, alors qu’il y avait à peine touché. Son subordonné, lui, paraissait ne pas apprécier, mais le supérieur ne releva pas la grimace réprimée. Il se contenta d’un sourire, tout en songeant qu’il n’en proposerait pas, la fois suivante. Plus jeune, lui non plus n’appréciait pas la saveur âcre, trop prononcée pour son palais. Et puis, les années avaient passé, et l’habitude avait pris le pas. Le besoin de rester éveillé tard la nuit, aussi, parfois ; surtout lors de ses premiers mois en tant que nouveau chef, lorsqu’il lui avait fallu redresser l’organisation après la rupture de moult contrats. On ne lui faisait pas confiance, alors on préférait ne plus investir. A force d’habiles manoeuvres, il avait su récupérer les plus importants, s’était débarrassé de ceux qui n’apportaient plus grand chose, s’était limité au nécessaire et se débrouillait depuis pour assurer la stabilité depuis retrouvée. C’était lors de ces longues nuits interminables à remplir bon nombre de paperasse que le café était devenu l’un de ses plus intimes compagnons, et sans doute Fuyuki finirait-il par lui trouver un arrière-goût agréable, d’ici quelques années… En attendant, c’avait un petit quelque chose d’amusant de le voir se forcer, sans doute plus par politesse qu’autre chose.

« Ne disais-tu pas il y a encore quelques instants qu’être au sommet de la hiérarchie t’aurait bien plu ? » Son sourire se fit plus carnassier ; il aimait à jouer sur les nuances de chacun des mots de ses interlocuteurs. Le jeunot n’y échappait pas. « Je suis certain que l’idée de pouvoir ordonner et d’être incontestable t’amuserait… Surtout si cela te permettait d’ennuyer l’un de mes lieutenants, n’est-ce pas ? » Le regard qu’il lui lança l’assurait qu’il n’était pas dupe : il savait quel mépris hantait l’un et l’autre des deux visés. Ils se considéraient chacun comme une menace, et Oswald n’avait jamais véritablement compris pourquoi il était impossible de les faire coopérer. Sans doute les y forcer serait-ce les guider droit sur un chemin dangereux. Aussi ne s’y risquait-il pas, préférant observer leurs querelles silencieuses de loin, et changer les idées de son lieutenant lorsqu’il lui en laissait l’occasion —ça n’était jamais bien difficile. 

Plus sagement, il revint s’accouder à son bureau, face à Fuyuki. Le menton dans la paume de sa main, il le toisait, l’air narquois, malicieux au fond. A nouveau, il essayait de piéger son sbire. « Ne traite pas mes hommes de main si durement et avec tant de dédain, veux-tu ? S’ils sont là, c’est qu’ils ont quelque chose à prouver, eux aussi... » Son ton était lourd de sous-entendus, pourtant indéchiffrables. « N’oublie pas que tu as beau être compétent, tu n’es rien de plus qu’une nouvelle recrue, dont on parle sans doute avec tout autant de mépris que celui dont tu fais preuve à l’égard de tes aînés. » La vérité ? Il n’en avait que faire. C’étaient des broutilles dignes de cours de récréation, dont il avait été victime, lui aussi, pendant fort longtemps. On avait voulu l’atteindre par des mots blessants et des crachats à ses pieds, mais il avait toujours passé sa route sans prendre la peine de leur accorder la moindre attendre. Il les avait ignorés, jusqu’à les faire douter de leur propre existence. Il avait méprisé le mépris plutôt que méprisé les méprisants. C’était la réaction des plus forts, des meilleurs, de ceux qui savent tenir debout et valser entre les imbéciles. S’il doutait de Fuyuki ? Oh, non… Il ne cherchait qu’à refouler son assurance, à l’acculer dans un coin comme un chat le ferait avec une souris, passée par ici sans prendre garde. Il ne cherchait qu’à se divertir.

« Chronos doit s’étendre au delà d’Unys et je ferais tout pour agrandir votre royaume. C’est aussi simple que cela. » Le sourire d’Oswald s’accentua à peine, il ferma les yeux. « Mon royaume... » Il ricana, et rouvrit les paupières pour plonger dans le regard de Fuyuki. « Mon empire, tu veux dire, n’est-ce pas ? » Cette fois, il éclata d’un rire franc, rejetant sa tête contre le dossier de son fauteuil. « Crois-tu qu’un seul subordonné de ta trempe soit capable d’étendre seul l’influence de mon organisation ? Cela me paraît bien pr-Qu’y a-t-il ? » On venait de frapper à sa porte, aussi s’était-il interrompu. Une jeune sbire, ceci dit plus ancienne à Chronos que celui qui faisait face à son chef, s’avança dans la pièce. « C’est le Goupix. Il commence à reprendre connaissance. Nous nous demandions ce qu’il nous fallait faire, maintenant. » Elle lança un regard à Fuyuki, et le reconnu sans doute aussitôt, car elle se renfrogna, comme si elle n’était pas heureuse de le voir ici. Sûrement était-elle comme bien d’autres : envieuse de ce temps qu’il passait avec le patron. 

Ce dernier soupira, haussa les épaules. « Ce qu’il m’ennuie… J’arrive, j’en fais mon affaire. En attendant, tenez-le tranquille… Avec des types eau, cette fois-ci. Ne me donnez pas une raison de plus de tous vous faire redescendre de quelques échelons, si vous voulez bien. » La jeune femme s’assombrit, et puis elle se retira, laissant là un Oswald à la limite de la lassitude, en compagnie d’un Fuyuki au moins divertissant, mais pas suffisamment pour qu’il puisse en oublier ce qui se déroulait au sous-sol. Ce dont il devait lui-même s’occuper. Il se pinça l’arrête du nez, un instant, et puis regarda le jeune. « Va, retourne dans tes quartiers. Je ne doute pas que ta mission a dû t’épuiser, et je ne t’ai pas ménagé à te demander de combattre. Va, donc. Je te rappellerai plus tard si l’envie m’en prends. A moins que tu n’aies quelque chose à ajouter ? » Son air tout à la fois cruel et mesquin l’avait quitté, et ne demeurait plus qu’un ennui profond. Pour sûr, Fuyuki n’avait pas si tort : beaucoup trop n’étaient que des incapables, ici.
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MessageSujet: Re: Where nothing gathers ; Fuyuki   Dim 30 Juil - 1:32

Fuyuki se demandait vraiment où cette conversation allait les mener. Personne ne savait vraiment ce qu’Oswald avait en tête. Le Givrali avait beau être doué pour lire les pensées des gens, il avait souvent de la peine à lire celles de son soi-disant boss. Pour cela, ils se ressemblaient sans aucun doute. L’humain et l’hybride étaient tous deux des maîtres quand il s’agissait de dissimuler ce qu’ils voulaient dissimuler. Ce qu’ils voulaient cacher aux autres. Parfois, le bleuté remarquait un nouveau point commun entre lui et le blond, ce qui l’agaçait prodigieusement. Il ne pouvait pas ressembler à cet homme. C’était impossible. Et pourtant... Ils se ressemblaient bel et bien. Même si des différences se faisaient heureusement sentir. Cela aurait fait peur à plus une personne dans le cas contraire. Fuyuki était déjà suffisamment détesté comme ça. Certains le méprisaient, d’autres le jalousaient alors que les derniers le haïssaient tout simplement. Ceux-là n’étaient que des imbéciles pour le Givrali. Il n’y pouvait rien s’il était fort, il n’y pouvait rien s’il était meilleur. Il les aurait respecté s’il le méritait. Mais dès le premier jour, dès la première semaine, il avait su que ceux qu’il apprécierait vraiment ne seraient pas nombreux. Déjà parce qu’ils étaient de Chronos, c’était une bonne raison, eux n’étaient pas en infiltration, eux pensaient vraiment que la cause de l’organisation était une bonne chose. Cela le dégoûtait. En tant qu’hybride, il ne pouvait le supporter. Sa fierté en prenait un sacré coup. Parfois, il s’imaginait à la place de ses congénères, à subir des tortures, à être enfermé dans une cellule ou encore pire à être attaché contre son gré à un sale humain... Alors sa colère, sa haine se renforçaient. Jamais, jamais vous m’entendez, il ne serait à cette place. Il préférait mourir sans aucun doute. S’il se faisait démasquer un jour il trouverait un moyen de disparaître de cette planète pour de bon avant de se faire attraper. Il y avait déjà pensé. L’idée l’avait effleuré plus d’une fois. C’était sans doute pour ça qu’il s’excusait souvent en pensée. Excuses pour ses proches, sa famille, ses rares amis. Car il savait qu’il leur causerait une peine immense, mais c’était toujours mieux que de perdre sa liberté... Egoïste Givrali. Le regard azuré se posa sur le grand homme qui lui faisait face. Que pouvait-il avoir en tête ? Fuyuki était trop fatigué pour y penser vraiment, pour réfléchir, pour trouver des idées. Il n’avait qu’une envie, rejoindre son lit. Mais même lui malgré sa position de favori ne pouvait pas se permettre de se montrer trop rebelle. Oswald voulait lui parler, il devait écouter jusqu’au bout. Même si ça le tuait d’être aussi docile, il n’avait pas vraiment le choix s’il voulait garder sa couverture de membre modèle. Et retomber tout en bas de la hiérarchie ne lui disait vraiment rien. Alors il était sage, un minimum du moins. 

Oui, il était ambitieux. Il l’avait toujours été ou du moins depuis longtemps. Il avait pris comme modèle son frère jumeau. Akainu était si parfait, bien plus que lui. Si dans leur fratrie, c’était le Pyroli qui dominait, le Givrali avait toujours essayé de dominer en dehors de leur petit groupe familial. Quand son frère n’était pas là, évidemment, car il ne faisait pas le poids dans le cas contraire. C’était peut-être pour ça qu’il avait rejoint Chronos, après tout. Pour pouvoir briller au moins une fois. Il ne détestait pas son jumeau, bien au contraire, mais il n’avait jamais eu l’occasion de prendre les devants. Et pour une fois il avait eu envie de distancer son frère. S’il avait rejoint Avalon, il aurait été encore une fois dans l’ombre de l’hybride de feu. Il n’aurait jamais cru que cela le dérangerait autant, d’être dans l’ombre j’entends. Et pourtant... Comme à chaque fois qu’il pensait à son jumeau, le cœur de Fuyuki se serra douloureusement. Il lui manquait terriblement. Que pensait-il de lui d’ailleurs ? Haha, sûrement pas du bien... Il n’était probablement pas au courant de son entrée à Chronos, le Givrali espérait du moins qu’aucun membre de sa famille ne le savait, mais il devait savoir pour sa fugue. Et le connaissant, il ne devait pas être content de lui. Mais Fuyuki aussi avait eu besoin de prendre l’air, de s’éloigner, même si sa décision était sans doute moins louable que celle de son frère. Quel hybride rejoindrait de son plein gré Chronos, après tout ? Un sale traître. Voilà ce qu’il était. Le Givrali retint de justesse le rire amer qui menaçait de sortir de sa gorge. Il ne voulait pas être questionné, il n’était pas sûr de pouvoir mentir efficacement si Oswald l’interrogeait sur les raisons de ce rire. La famille, c’était un sujet bien trop sensible. Et hors de question de parler de ceux qu’il aimait à ce type. Trop dangereux, bien trop dangereux de ne donner qu’un seul indice. Même si, hélas, Oswald était sans doute assez doué pour mettre la main sur eux, les indices, tout seul... Fuyuki espérait pourtant que ce ne serait jamais le cas. Les mots du blond le sortirent de ses pensées, ce qui n’était pas forcément une mauvaise chose, cela ne servait à rien de ruminer, après tout. Le visage du cadet se fit songeur, réfléchissant aux paroles de l’aîné. Les deux points de vue étaient très différents l’un de l’autre, mais finalement ils se valaient autant l’un que l’autre. On pouvait peut-être même les entremêler, qui sait.

- Sans doute, boss. Mais peut-être que ceux-là ne se rendent pas compte du désir de l’Homme à avancer toujours plus. A moins qu’ils ne soient tout simplement lâches et idiots.


Son sourire en coin réapparut furtivement, l’espace d’un instant. Ah, vraiment, l’hybride s’amusait toujours autant à décrypter les humains. Car rappelez-vous qu’il n’en est pas un en vérité. Il avait beau leur ressembler, la différence était là, à portée de main. Il suffisait de l’attraper, de refermer ses doigts dessus. Peut-être qu’un jour, cela arrivera, qui sait. En attendant, Fuyuki se contentait de lancer des piques fines et discrètes, comme pour provoquer son boss sans prendre trop de risques. Car oui, la remarque sur la lâcheté et l’idiotie n’était peut-être pas réservée qu’à ceux qui n’avaient pas d’ambition, finalement... Si vous voyez ce que je veux dire. Oswald s’était retourné pour le voir et même si Fuyuki ne le montra pas, il devait bien avouer qu’il préférait l’avoir en face. Cela pouvait paraître étrange, mais c’était plus rassurant de voir son ennemi en face que de le voir vous tourner le dos. Fuyuki aurait peut-être pu l’attaquer par derrière. Mais même ainsi, Oswald était trop dangereux. Non, il le tuerait, mais il ne fallait pas trop se hâter. Au risque de faire une erreur et de tout faire foirer... Il y mettait trop de cœur pour prendre cet assassinat à la légère. A moins qu’il ne veuille pas que son jeu s’arrête... Le regard azuré rencontra celui sanglant une nouvelle fois. Nul doute que les deux aimaient ces face à face même s’ils ne l’avouaient pas. A moins qu’ils ne s’en rendent même pas compte. Fuyuki fut cependant pris au dépourvu quand son supérieur reprit la parole avec un sourire carnassier. Il ne s’attendait clairement pas à ça.

- Je...


Mal à l’aise pour une fois, il ne trouva pas les mots. Il détourna le regard, sans rien ajouter pour l’instant. Tant pis si cela marquait sa défaite. Il ne pensait pas qu’Oswald avait remarqué la tension entre Sky Williams, un de ses lieutenants, et lui. Décidément, cet homme n’était pas n’importe qui. Fuyuki avait beau savoir qu’il ne fallait pas le sous-estimer, il lui arrivait de le faire et il le regrettait toujours. Le Givrali finit par se reprendre et reposa son regard si humain sur le seul qui l’était vraiment dans la pièce.

- Vous avez raison, cela me plairait bien. Excusez-moi.

Ce mélange de franchise insolente et de politesse pouvait en surprendre plus d’un, mais Fuyuki était sincère. Il ne voulait pas mentir sur ce point-là. Sa franchise était due à son désir réel de monter au sommet et ses excuses étaient pour le fait qu’il n’avait pas certainement le droit de vouloir donner des ordres à un lieutenant. Il n’était pas encore au sommet, après tout. Toujours mal à l’aise, il regarda à nouveau ailleurs. Les paroles de Oswald firent encore une fois mouche. Il était doué, décidément, ce chef. C’en était presque rageant. Mâchoire serrée, le Givrali écouta le sermon sans broncher. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait, mais il était trop exténué pour protester. Et puis, même s’il ne voulait pas l’admettre, Oswald n’avait pas si tort que ça au fond. Il n’était là que depuis un an. Ce n’était pas beaucoup, comparé aux années des anciens. Certains étaient là même avant que le chef actuel ne prenne le pouvoir... Il n’était qu’un jeunot en couche-culotte. Plus doué que la moyenne certes, mais un gamin quand même. Et ça, il n’aimait pas du tout qu’on le lui rappelle. Il ne répondit donc pas, probablement vexé, se contentant de regarder Oswald dans les yeux sans broncher. Ah, qu’il avait hâte de sortir de cette pièce et d’aller prendre un repos bien mérité. Ce n’était pas humain de le faire attendre comme ça après une mission et un combat. Il se retint de lever les yeux au ciel quand le Phoenix montra tout son égo surdimensionné. Un empire. Rien que ça. Ben voyons. Le Givrali n’y laissa rien paraître, mais au fond il n’en pensait pas moins. Jamais tu ne mettras les mains sur Johto. Car sa famille habitait là-bas. Et il était hors de question qu’il les laisse tomber dans les griffes de Chronos. Le visage souriant et innocent de Atsue, sa sœur jumelle, lui vint à l’esprit. Non, il n’en était pas question ! Fuyuki desserra son poing qu’il avait serré sans même s’en apercevoir avant de grincer des dents. Bien sûr que non. Il n’était pas idiot. Il savait qu’il n’arriverait pas à étendre Chronos à lui tout seul. De toute manière, il n’avait aucune envie de le faire, crétin. 

Il n’eut cependant pas le temps de finir, tout comme Oswald car une sbire entra alors dans la pièce après avoir été invitée à entrer. Fuyuki l’avait déjà vue de loin et savait qu’elle était plus ancienne que lui. Cela ne l’empêcha pas d’étirer un sourire moqueur quand elle se renfrogna après l’avoir vu. Et oui, désolé, ce n’est pas toi qui est en train d’avoir un entretien privé avec le grand boss. Le Givrali était conscient du privilège que leur patron lui offrait et il s’en régalait. Plus par amusement d’attiser la jalousie des autres que par réelle satisfaction. Car, après tout, lui se fichait d’Oswald même s’il l’admirait sans doute un peu quand même à force de le voir à l’œuvre. En tout cas la sbire l’agaça prodigieusement et il retint une remarque sarcastique. Ce n’était pas à lui de s’en mêler, mais franchement ne savaient-ils donc pas prendre d’initiative ? Lui aurait trouvé une solution pour gérer le Goupix sans venir déranger le chef qui n’aurait pas manqué de rendre sa décision plus tard. Ah, je vous jure, il avait beau essayer de respecter certains membres car ils étaient là depuis plus longtemps, il avait franchement du mal parfois à cause de leur incompétence. On ne se refaisait pas. L’hybride caché ricana discrètement quand Oswald remit sur le tapis cette fameuse incompétence en rappelant à la fille d’utiliser des types eau. Ben oui, utiliser des type plante contre un type feu, c’était pas une idée de génie. Même si Fuyuki avait prouvé aujourd’hui que même en ayant la faiblesse du type on pouvait vaincre. Mais ça, les humains l’ignoraient, bien entendu. Le pokemon reporta son attention sur l’homme après que la femme soit sortie. Oswald avait l’air franchement las et Fuyuki pouvait le comprendre d’une certaine façon. Gérer une bande de crétins ne devait pas être facile tous les jours. Surtout au milieu des tentatives d’évasions, de rébellion ou de complots... Il le plaindrait bien, mais en tant qu’ennemi ce ne serait pas très judicieux. Il se contenta de sourire, sans insolence pour une fois il n’était pas fou non plus et d’attendre les ordres qui ne tardèrent pas à arriver en effet. 

- Merci, boss. Du repos ne me fera pas de mal en effet.


Le Givrali s’étira sans aucune gêne, son fameux sourire aux lèvres, avant de se lever. Oh, oui, il ne doutait pas que le blond le rappellerait s’il en avait envie. Il était tellement capricieux et égoïste, mine de rien. Ce n’était pas difficile de le remarquer. Mais Fuyuki ne pouvait pas critiquer, il l’était aussi, parfois. Il hésita à rajouter quelque chose, mais il ne voulait pas non plus en faire des tonnes. De la compassion de sa part serait plus suspecte qu’autre chose le connaissant. Il se contenta donc de saluer poliment son aîné avant de se diriger vers la sortie. Au dernier moment, la main posée sur la porte, il se retourna néanmoins et déclara avec un sourire légèrement moqueur. On ne se refaisait pas, je vous l’ai déjà dit.

- Au fait, merci pour le café. Et bon courage, je crois que tu vas en avoir besoin. 


Il fila ensuite sans demander son reste et enfouit ses mains dans les poches de son pantalon tout en rêvant de son lit et de ses couvertures. Ah, enfin, il allait pouvoir faire une bonne sieste bien méritée. Mais, ma foi, cette journée avait été plutôt amusante en fin de compte.
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