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 Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden

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Yûki
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MessageSujet: Re: Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden   Dim 30 Juil - 1:50

Oswald n’observa même pas Eden qui faisait le tour du bar, il savait qu’il pouvait compter sur lui et que, de ses compétences, il ne trouverait jamais rien à redire. Il obéissait aux ordres avec une méticulosité infinie, et c’était sans doute pour ça qu’il était sans conteste le plus dangereux de ses hybrides. Là où les autres étaient capables de le trahir et d’essayer de se retourner contre lui, l’Absol n’en paraissait, lui, pas apte. Aussi, le patron avait en lui une certaine forme de confiance et, chose étrange et forcément rare, c’était presque sans conditions qu’il mettait sa sécurité, sa vie même, entre les mains de l’adolescent. Parce qu’il savait qu’Eden se sacrifierait lui-même plutôt que de le laisser tomber, lui, sous les coups des ennemis. Ce n’était, au fond, rien qu’une confiance des plus macabres. 

Il entendait les pieds nus de son hybride glisser sur le sol, s’arrêter de ci de là aux tables, humer l’air dans le souffle court de tous les clients réunis là, qu’ils fussent innocents ou coupable d’émeutes. Aucun n’ignorait les folies d’Oswald, chacun le savait capable de tenir ses menaces, d’assassiner un innocent de sang froid si les choses n’allaient pas en son sens. Alors, on avait peur : on avait peur que l’un se prenne de l’insanité suprême en tentant de se dresser contre lui, on avait peur que les balles fusent, et que l’on s’en prenne une de perdue. Le blond était la quintessence même du non-remords, l’être même qui, jamais, ne regrettais les crimes commis, pour peu qu’il obtienne ce qu’il désirait, au bout du compte. Les pertes valaient bien quelque victoire, et c’était aussi vrai dans les rangs des innocents que dans les siens. Il y en avait bien quelques uns qu’il ne désirait pas voir tomber, mais c’était eux mêmes qu’il savait capables de préserver leur propre existence. Tout les autres, ceux qui risquaient à chaque instant de perdre la leur et pouvaient s’écrouler, c’étaient ceux qui ne méritaient pas la vie qu’on leur offrait. C’étaient les faibles, les inutiles, les pantins bons à brûler.

Bien vite, Eden jeta à ses pieds un petit groupe, un quatuor de tout âges et aux visages semblables. Ils avaient tous l’air hargneux, renfermés, furibonds. On lisait dans leur regard le désir de lancer leur venin à la figure du tyran face à eux, qui les surplombait de toute sa hauteur, leur accordant à peine un regard. Il se permit de leur porter un peu plus d’intérêt lorsque l’Absol vint prendre la relève auprès du serveur qui, terrorisé de sentir la lame de la faux contre sa gorge, peina à trouver ses mots. « J-Je… Ne sais… Je ne sais pas ! Je vous assure que je… Je n’en sais rien, ils…. ils étaient là et… et... » Oswald soupira, et puis se pencha vers l’adolescent au sol, s’accroupissant juste devant lui. Il avait les dents serrés, et l’air de vouloir se jeter à la gorge de l’adulte. Pourtant, il n’en faisait rien, sans doute retenu par la peur d’être descendu, que ce fut d’une balle ou d’une lame. « Toi. Puisque tu étais avec eux, tu dois bien le savoir, n’est-ce pas ? » Il ne répondit rien, et le blond, lassé, vint à le menacer, du canon de son arme placé juste sous sa gorge. Aussitôt, la femme hybride à ses côtés s’agita. « Laissez-le tranquille, ça n’est qu’un enfant ! » Les sanguines qui se posèrent sur elle la firent taire aussitôt, dans un frisson d’horreur, et elle baissa la tête. L’adolescent, lui, venait de cracher à ses pieds. « Comme si j’allais vous dire quoique ce soit. » Oswald haussa un sourcil, et puis, la seconde d’après, esquissa un sourire mauvais. « Très bien. »

D’une poigne ferme, il emprisonna les poignets du garçon dans son dos, le forçant à se relever, sans jamais retirer le pistolet de sa gorge. Il le sentit déglutir contre le métal froid, et son pouls battait à une vitesse folle sous ses doigts. Mais même ça ne fit pas frémir le Phoenix, qui balaya la salle du regard. « Vingt-et-un. Vous êtes vingt-et-un. Qu’il en manque un seul lorsque je reviens, je le descends. Vous n’aimeriez pas avoir la mort d’un adolescent sur la conscience, n’est-ce pas ? » Il adressa un regard sur le serveur. et puis à l’Absol. « Eden, je vais avec le gosse voir dans la réserve. Emmène le serveur et va faire un tour du reste, ramène ceux que tu trouveras avec ceux que tu as déjà démasqués. » Et puis, il minauda presque en ajoutant. « Tu as le droit de faire subir tout ce que tu veux aux inutiles. Ceux qui démontrent quelques compétences qui pourraient convenir à Chronos, garde-les en bon état, nous les offrirons aux subordonnés. »

Sur ces mots, lui-même s’enfonça en direction de la réserve, derrière le comptoir. Toujours, il maintenait fermement l’adolescent devant lui, sous les yeux écarquillés des clients figés dans le silence. Leurs membres tremblaient de partir, mais aucun n’osait esquisser le moindre geste. Aucun être sensé de voulait de la mort d’un enfant s’ils pouvaient la sauver en se tenant tranquille. Alors, ils se faisaient violence, respirant à peine mieux lorsque le chef de Chronos eut disparu de leur vue. Mais, ils le savaient : dans l’ombre et face à quelque autre hybride terrifié caché là, dans l’obscurité de la réserve, appuyer sur la détente se révélait plus simple encore. Et si l’un de ceux qui se réfugiaient là, dans la fraîcheur glaçante de l’arrière boutique, tentait quelque chose d’inconscient ? Qu’adviendrait-il alors de l’enfant, et d’eux-mêmes ? Au fond, personne n’en savait trop rien : la folie de Chronos semblait ne pas connaître de limites.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden   Dim 30 Juil - 1:51

Je me tiens là, accroupis sur la surface froide d’un comptoir de bar qui me gèle agréablement la plante des pieds, ma lame de ma faux placée tout contre la nuque d’un humain que mes yeux fixent avec attention. Je peux lire tout ce qu’il se passe dans sa tête. La peur. L’angoisse. Le stress. Une certaine défiance aussi, qui me pousse à ramener un peu plus ma faux vers moi. Le froid de la lame perce sa peau, laisse s’écouler un filet de sang alors que je repose ma question. Où ? Où sont les autres ? Où est-ce qu’ils ont été cachés ? Je sais qu’il y en a d’autres. Il y a leur odeur jusqu’ici. Une personne. Ou deux. Les plus importantes ou les plus faibles ? Intactes ou blessés ? Une diversion ? Mais le barman ne semble pas savoir, vraiment. Inutile. Il était peut-être un humain, comme mon maître, mais il était inutile. Et mon maître ne s’intéresse qu’à ceux qui peuvent être utiles. Je penche légèrement la tête alors que je relève la faux loin de sa nuque. L’instant d’après, mon poing s’abat avec violence contre son visage, le projetant en arrière dans un craquement sinistre. Il va se cogner contre les meubles derrière lui, et tout ce que je souhaite est qu’il se soit assommé. Au moins, je ne l’entendrais plus. Je me redresse et me retourne vers la salle, et plus particulièrement mon maître, prêt à sauter à la gorge du premier qui se montrerait hostile à son égard. Mes mains se resserrent spasmodiquement sur le manche de mon arme alors que j’écoute le dialogue qui se déroule devant moi, et que ces insignifiants montrent un irrespect inacceptable envers mon maître. Je ne bouge pas pour autant, pas tant que mon maître ne me fait pas signe, pas tant qu’il n’est pas en véritable danger, pas tant que je n’ai pas d’ordre à exécuter. J’observe simplement les personnes présentes dans la salle, usant de mon odorat et de ma vue pour tenter de retrouver les absents. En vain. Je serre les dents.

Je reconcentre toute mon attention vers mon maître à l’entente de mon nom. Un sourire se dessine peu à peu sur mon visage en écoutant chaque ordre avec attention avant de hocher la tête. « Très bien maître. » Je redescends du comptoir tandis que mon maître passe non loin de moi avec son otage pour se rendre dans la réserve. Je le suis des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse, avant d’attraper l’un des serveurs et de poser ma lame sur la peau fragile de son cou. « Toi, tu viens avec moi. On va aller se promener un peu tous les deux~ » Mon ton est jovial et mon visage presque avenant, dans une opposition totale avec la situation et mes intentions. Je le tire avec moi vers une pièce adjacente à la salle principale, une pièce puant la peinture et le sang à plein nez. Ça m’étouffe presque. Je sens une forte humidité sous mes pieds, signe que le sol avait été lavé ou rincé peu avant. Une salle de bain. Je ne pensais pas atterrir dans un tel endroit dans un bar, mais je ne m’interroge pas plus sur sa présence. Je dois simplement être arrivé dans la zone réservée au personnel du bar. Je referme la porte derrière nous, sans pour autant la verrouiller. Je me retourne vers mon otage du moment. « Essaye de sortir, et ta vie prend fin. S’il y a quelqu’un ici, et que tu le laisse passer la porte, ta vie prend fin aussi. C’est compris ? » Ma lame proche de son visage est sans doute bien plus convainquant que tout le reste, à moins que ce ne soit mon regard trop rouge ? Je le vois déglutir, visiblement très mal à l’aise et pas rassurer du tout. Parfait. « O-oui… » Je souris. « C’est très bien~ »

Je le laisse là, sans vraiment craindre qu’il ne bouge. S’il le fait, il mourra de toute manière. Je vais explorer un peu cette salle de bain. Il n’y a que deux cabines, mais dans les deux, je retrouve quelques traces de sang. Aha~ Est-ce que quelqu’un ici serait blessé ? Mes pas claquent dans les quelques flaques d’eau restant sur le sol. Je fais le tour de chaque petite pièce, examine chaque petit détail. Je veux trouver. Mais il n’y a rien de plus ici. Seulement quelques traces de sang me poussant à penser qu’il y a un blessé quelque part, mais personne n’est resté ici. C’est frustrant. Le tour est rapidement fait, personne n’étant venu se cacher ici. Ça me met en rage. Où sont-ils allés se terrer ? Je reviens vers le serveur amené avec moi, sans aucun sourire sur mon visage cette fois-ci. « Toi. Emmène-moi dans la zone réservée au personnel. Je veux retrouver ces fuyards. » Il est hors de question qu’ils s’échappent, qu’importe comment. Je suis mon guide improvisé qui retourne dans la salle principale. Rien n’a changé ici. Personne n’a osé bouger, tous sont pratiquement dans la même position qu’avant mon entrée dans la salle de bain. Je les scrute tous, un à un, mais rien de plus. Le serveur me fait passer derrière le comptoir du bar, là où le barman est toujours assis sur le sol, mais conscient. Je sens un rictus s’inscrire sur mon visage. Je passe par une autre porte que celle qui a mené mon maître dans la réserve, et arrive dans la cuisine. J’avise une autre porte, de l’autre côté. La salle de repos, selon le serveur. Bien.

« Pas bougé…~ » Il se crispe près de la porte d’entrée. Très bien. Je fais balancer doucement la faux dans ma main, alors que je m’avance dans la cuisine. Il y a l’odeur du sang, ici aussi, mais moins forte. C’est beaucoup plus…aseptisé. Je parcours toute la pièce, de long en large, mais comme je m’y attendais, il n’y a personne ici. C’est un endroit trop exposé, qui n’offre pas beaucoup de cachette à moins d’être un enfant. Ou un adulte de toute petite taille. En revanche, dans l’autre salle… Levant un pied, j’ouvre violemment la porte, la faisant claquer contre le mur, alors qu’un sourire satisfait prend place sur mes lèvres.  « Je. » Je fais deux pas dans la pièce. Un mur est longé de nombreux casiers, alors que contre l’autre se trouve une table et plusieurs chaises. « Vous. » Je fais deux autres pas. Dans un coin près de la porte, il y a une télé coincé dans une bibliothèque. Dans celui opposé, une large banquette. « Ai. » Je franchit la distance restante, levant mon arme un peu au-dessus de moi. Sur la banquette, un hybride à moitié conscient, et blessé. Et avec lui, une autre, sans aucun doute chargé de le soigner de son mieux. « Trouvé~ »

Je m’accroupis juste en face de la demoiselle au visage figé dans la terreur, alors que le mien est souriant à m’en faire mal. Une gamine qui doit avoir mon âge, mais certainement pas prête pour un véritable combat. Inutile en conclusion. « Ce n’est pas bien de se cacher comme ça. » Je lève ma main pour la poser sur son cou et la rapproche légèrement de moi sans qu’elle ne fasse un geste. Terrorisée. Figée. Définitivement inutile, vraiment. Même pas capable de se débattre lorsque sa vie est en danger. Sans intérêt. « Au re-voiiiir~ » Je lève ma faux au-dessus d’elle, prêt à l’abattre et débarrasser le monde de sa présence. Cependant, je suis arrêté brutalement par une douleur cuisante contre ma joue, et une force qui me repousse en arrière. Je roule en arrière, ma faux m’échappant légèrement et se retrouvant à quelques dizaines de centimètre de moi. Eh bien ? Que vient-il de se passer ? Je me redresse, une main sur ma joue, à l’endroit où je viens de prendre ce qui est très probablement un coup, et lève mon regard vers les deux hybrides. Le blessé. Evidemment. Je me doute bien que ce ne pouvait pas être la fille. N’empêche que je l’avais presque oublié lui, blessé comme il est. Il n’était pas inconscient ? « Eh bieeeeen. Ha ha ha ha ha~ Ca fait mal tu sais ? » Je me relève sous un regard toujours autant terrifié et un autre haineux. Une inutile. Et un intéressant. « Tu arrives à me frapper dans ton état ? C’est bien, c’est bien ♥ » Vraiment intéressant.

Je ne récupère pas ma faux pour l’instant, me rapprochant juste encore un peu des deux autres. Le blessé semble avoir mal. Aha. S’il est vraiment blessé, c’est sûr qu’un mouvement brusque n’a pas du être très agréable pour lui. Je me rapproche de la fille et l’attrape pour la soulever à ma hauteur. Elle est plus grande que moi, évidemment. Foutue taille. « Toi…nan. T’es vraiment pas intéressante. » Je la rejette un peu plus loin, contre les casiers en fer. Ils claquent dans un bruit de ferraille désagréable alors que je reprends ma faux et me rapproche d’elle. J’entends l’autre derrière moi qui essaye de bouger en me disant de la laisser tranquille. Je l’ignore. « Cette fois, c’est vraiment un au re-voiiir~ » Ma lame tombe, sans aucune hésitation, et je me détourne d’elle, la laissant se vider de son sang alors que je retourne vers l’autre, déjà en train d’essayer de se lever. Aha. C’est mauvais ça. Si lui il clamse, ce sera dommage. D’un mouvement vif, je me rapproche et passe mes bras autour de lui, lançant mon attaque câlinerie jusqu’à ce qu’il perde connaissance. « Non non non non. Toi, il faut pas que tu meurs ! Tu es beaucoup plus intéressant, même si t’es dans un sale état. » Callant mon arme dans mon dos, je m’arrange pour porter mon fardeau sans que ça n’aggrave la blessure.

Je retourne dans la cuisine, en abandonnant là ce qui est maintenant un cadavre inerte, et fait signe au serveur de retourner dans la salle principale. Là-bas, je dépose l’inconscient sur le comptoir et va m’asseoir à côté de lui, faisant face à toute les personnes présente là. Je souris en voyant les visages blancs des trois rebelles restant face au corps de leur ami. Et sans doute face à l’absence évidente de leur autre amie. Mon maître n’est pas là… Il n’a pas encore finit dans la réserve ? Il y a sans doute quelque chose d’intéressant là-bas alors. Il n’y a plus qu’à l’attendre alors… J’espère qu’il sera rapide à revenir. Et que tout va bien là-bas. J’ai envie d’aller voiiiiiir. Mais je ne bouge pas, je dois surveiller les autres.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden   Dim 30 Juil - 1:52

Il faisait sombre dans la pièce, et il y régnait un froid sans pareil, qui s’infiltrait sous la moindre couche de vêtements. C’était un air glacial anormal, qui n’avait pas lieu d’être et qui se trouvait pourtant là. C’était comme une brise mordante à laquelle on n’échappait pas, et qui ne cherchait qu’à dissuader toute personne d’approcher d’un peu trop prêt, c’était factice et c’était contre lui. Cette attention ne fit qu’attiser le sourire d’Oswald, qui se fit plus cruel, amusé aussi, sans doute. Sans lâcher les poignets de l’adolescent, il glissa le dos de sa main armée sur le mur, et bientôt la petite salle au mille étagères s’éclaira d’une faible lueur tamisée et vacillante. Lorsqu’il soufflait, de petites volutes de buée s’échappaient d’entre ses lèvres, se dissipaient dans l’air sec et froid qui ne le dissuadait pourtant pas d’approcher. Pire, ça l’incitait à aller encore plus en avant, comme si c’était une invitation et non pas une demande polie de s’en aller qu’on venait de lui lancer. Il n’avait pas décidé d’être clément, pas alors que l’on avait mis l’une de ses unités en déroute, pas alors qu’on se dressait contre son organisation au sein même de son empire

De l’autre côté du bar, il ne doutait pas qu’Eden se chargeait avec brio de ceux qu’il trouvait dans les pièces avoisinantes. Sans doute, parfois, les hybrides auxquels il s’en prenait se trouvaient pris au dépourvu. Ils savaient le pouvoir qu’avaient sur eux les dresseurs de Chronos, ils devinaient à leur yeux que, s’ils n’avaient pas la volonté de faire le mal, ils n’en avaient pas non plus le choix. Lorsqu’ils croisaient le regard de l’Absol, cependant, ils tremblaient, parce que sa volonté, sa loyauté étaient sans faille. Ça n’était pas comme pour tous ces autres, ces pantins drogués plus capables de rien sinon de courber l’échine. C’était différent, c’était effrayant, et c’était cette seconde d’incompréhension face à Eden qui se muait en terreur et les condamnait face à son fidèle hybride, bien souvent. Il les avait déjà vus, faillir face à lui, face à ce semblable qui les assassinait sans vergogne et sans jamais avoir l’air d’alourdir la conscience. Il les avait déjà vus, adresser des regards noirs et mille pourquoi, à ce traître qui ne se justifiait pas. Ils ne comprenaient jamais, tous ces autres, cette fidélité, cet amour étrange, décalé, malsain, qu’un hybride ne pouvait décemment éprouver à l’égard d’un type tel qu’Oswald. Qu’il éprouvait, lui, pourtant. Cette obsession, qui le rendait précieux et si utile aux yeux de son maître. 

Sans doute y avait-il une véritable forme de confiance qui liait le Phoenix et l’Absol ; Oswald confiait à son Pokémon des tâches tout à la fois importantes et risquées sans hésiter une seule seconde, les yeux fermés et avec la certitude qu’elles seraient menées à bien. Comme il savait qu’il pouvait faire confiance au chef d’unité Prayer, au lieutenant Williams, à la sbire Ritsuko. Parce qu’ils étaient là depuis longtemps, qu’ils n’avaient jamais failli, qu’ils avaient toujours été présents, compétents, loyaux à leur façon. Il était étrange qu’un hybride dénote d’autant de qualités que certains des confrères humains de son propriétaire, mais ce dernier était bien forcé de le reconnaître, tant qu’il n’avait pas à l’admettre à voix haute.

Et c’était pour ça qu’il s’enfonçait seul dans la réserve, sans son hybride mais en compagnie d’un otage, et qu’il laissait à Eden le soin de trouver les autres, de décider de qui vivrait, de qui mourrait parmi ceux-là, puis de surveiller toute une assemblée qui pourrait bien s’élever contre lui, sans craindre un seul instant qu’il ne faillisse. Il était à l’image de son maître : impitoyable. C’était le mot que l’on ne pouvait s’empêcher de coller au visage d’Oswald, lorsqu’on le voyait détailler chaque étagère, chaque recoin de la réserve d’un oeil qui n’attendait que de saisir un bout de peau, un cheveu pour agir et mettre hors d’état de nuire ceux qui l’ennuyaient tant. Mais il semblait n’y rien avoir qui soit montré par la lumière faiblarde de l’endroit. Cependant, il n’abandonna pas l’affaire ; il venait de sentir l’adolescent trembler entre ses mains, et ça avait suffit à lui faire comprendre qu’ils approchaient. Il y avait quelque chose, par ici et, à force d’avancer, il finit par le sentir lui aussi : ce relent entêtant de peinture encore fraîche, qui prenait presque à la gorge, au moins tout autant que ce froid incisif qui lui brûlait presque les poumons. « Allez, dis-moi, où sont-ils ? Tu les sens, n’est-ce pas ? Guide-moi jusqu’à eux, ce serait malheureux qu’il t’arrive quelque chose parce que tu n’as pas souhaité coopérer. » Il s’était penché à l’oreille du jeune, qui n’avait rétorqué que d’un grondement sourd, le regard fixé droit devant lui. Etrangement, plutôt que d’agacer plus encore Oswald, sa réaction ne fit qu’élargir plus encore son sourire. Il avait la fougue, l’insolence de la jeunesse, la fierté de ces gamins qui se veulent les rois du monde, se croient invincibles et plus forts que tout, ceux qui n’ont que leur fierté comme seule parade aux coups du sort. Quelque part, ça lui plaisait. Brisé, cassé, maté, il ferait un bon élément pour l’un ou l’autre de ses sbires, sans aucun doute. 

Il pressa le canon de son arme contre la gorge de l’adolescent, qui s’agita légèrement, comme pour échapper à ce qui pourrait bien lui ôter la vie en un instant. Une pression du doigt, un geste de trop, une parole de travers ou un silence risqué, et c’en était fini de lui, il le savait.« Allez, fais-moi plaisir, où sont-ils ? » D’un vague mouvement de tête, l’intéressé désigna des dernières étagères. Et puis, d’une voix étouffée par le désir de se taire mais la peur d’être descendu, il parla enfin. « Il y a… un renfoncement, des escaliers, un espèce de sous-sol. » Ça y est, il trahissait leur secret, il trahissait ses pairs. C’était ce moment précis, où la survie l’emportait sur la loyauté, sur l’amitié, sur l’union d’un groupe qui luttait sans relâche contre un ennemi commun. C’était ce moment précis, qui faisait frémir Oswald du plaisir de les voir tous se soumettre face à lui, face à la menace qu’il représentait. « Tu connais bien l’endroit, on dirait. » Nouveau grondement, il avait failli. La pression du canon se fait sentir, et il faiblit encore. « C’est... pas la première fois. Qu’on se planque… ici. » Des habitués. Evidemment, ça n’était pas la première émeute qu’on lui rapportait. C’était donc toujours les mêmes qui s’y risquaient. Ça n’avait finalement rien de bien surprenant.

Alors, il le suivit, dans le dédale des étagères et jusqu’aux escaliers, qui descendaient dans un espace à l’air plus obscur encore que celui dont ils venaient. C’aurait tout aussi bien pu être un piège, mais une part d’Oswald lui affirmait le contraire. L’adolescent transpirait la peur, il craignait pour sa vie ; sûrement songeait-il à sa famille qui se faisait un sang d’encre chez lui, ou qui ne savait même pas qu’il était sorti rejoindre une émeute qui pouvait causer sa perte. Peut-être ses parents le croyaient-ils chez un ami, et qu’il craignait tout à coup ne plus pouvoir les revoir, ne pas pouvoir s’excuser, ne pas pouvoir essuyer l’erreur qu’il avait commise en se traînant jusqu’ici pour défendre des droits que ses pairs et lui n’avaient plus, des droits qu’ils n’auraient plus. A commencer par le plus inné, le plus immuable de tous : le droit de vivre.

Les escaliers descendus débouchèrent sur une salle où les arômes de vin et d’autres alcools qui demandaient quelque conservation un peu plus réglementée que d’autres se mêlaient en un relent presque âcre, qui parvint à faire grimacer l’adolescent, alors il ne perturba aucunement le Phoenix, déjà à la recherche du moindre indice quant à la position de ces hybrides qui tentaient de le fuir. A nouveau, il ouvrit la lumière, et elle éclaira vaguement la salle étroite, mais suffisamment pour dessiner tous les contours. Des plaintes étouffées s’élevèrent du fond de la pièce, trahissant la présence de ceux qui désiraient la cacher. Il les voyait enfin : un couple qui s’enlaçait, en jetant des regards tout à la fois terrifiés et déterminés à lutter en direction Oswald. L’homme se leva dés que leur ennemi fit un bas dans leur direction, se saisissant d’une bouteille qu’il brisa contre une étagère pour user des bords tranchants telle une arme de fortune. Cependant, il fut comme tout à coup figé dans son mouvement, arrêté en suspension, lorsqu’il réalisa que l’adolescent demeurait entre les bords effilés de la bouteille et la cible qu’il voyait en ce patron qu’il voulait tant voir tomber. Comme tous les autres. Et c’était là, dans cet instant d’hésitation, cet élan de fraternité et de compassion, cette répugnance à risquer la vie du jeune otage pour tenter de sauver la sienne et celle de sa compagne, que la véritable faiblesse des êtres dotés d’une âme et d’émotion se révélait. Personne n’y échappait ; il demeurait toujours des entités que l’on ne pouvait pas blesser, des que l’on ne pouvait pousser sur l’autel du sacrifice, même si c’était cette seule vie tant aimée contre mille inconnues. Oswald aussi, possédait ses faiblesses, mais il savait les faire taire, les camoufler derrière moult parades, pour y céder sans jamais en avoir l’air. 

Mais cet hybride, lui, venait de faillir tout à coup. Il avait abandonné toute action, toute réflexion, au profit d’un échec qui se témoignait par cette main tremblante, plus tout à fait si sûre que lorsqu’elle tenait le goulot si fermement, rien qu’un instant auparavant. « Impressionnant. Mais tu devrais poser ça… Tu pourrais te blesser. Ce serait fort dommage, tu ne crois pas ? » Le regard que l’hybride posait sur lui ne se défaisait pas de sa rage, qui paraissait le secouer par vague sans pour autant rien lui permettre de faire. Pas un geste, pas un mot ; il était comme livré en pâture à cet homme cruel qui, d’un instant à l’autre, pourrait attenter à sa vie. C’était si simple, ce serait si rapide, et Oswald n’avait pas peur du sang qui maculait ses mains. 

Presque las du spectacle bien pitoyable qui lui était offert, il détacha le canon de son arme de la gorge de l’adolescent, se prenant tout à coup l’envie de le braquer droit sur la femme, pelotonnée tout près des jambes de son compagnon, qui mis un instant avant de réaliser le danger qu’elle courait. Cependant, en comprenant, il n’avait pas hésité ; l’instinct, l’amour fou avaient été plus fort que la raison, que la compassion que l’on pouvait avoir pour quelqu’un que l’on ne connaissait pas, que l’on ne connaîtrait jamais vraiment : il n’attendit pas, il ne réfléchit pas, il s’élança simplement sur Oswald, griffe sorties, griffes aiguisées, griffes taillées pour tuer. Mais ça ne fut pas dans les chairs du blond qu’elles s’enfoncèrent. Ce fut dans celles de cet enfant, qui s’était trouvé entre les deux sans n’avoir rien demandé. Ce fut dans celles de cet adolescent, qui ne pu retenir un hurlement face à la douleur, la douleur lancinante de ces meurtres d’amour, la souffrance déchirante du mal que provoque un coeur presque brisé que l’on tente de sauver, avec toute la force du désespoir. Il hurla, et l’homme recula ; il hurla, et Oswald tira. Oswald tira, et la femme s’écroula.

Et il lâcha le jeune, qui s’effondra à son tour, haletant et les mains déjà pleines du sang qu’il tentait de retenir dans sa poitrine, ce sang qui le quittait et le faisait pâlir si rapidement au fil des secondes qu’Oswald ne pu réprimer le frisson qui remonta le long de son échine. C’aurait pu être lui, plutôt que l’adolescent. Son regard se leva, se porta sur l’homme qui serrait sa chère et tendre contre lui, la tenant plus fort à mesure, peut-être, que la vie la quittait. Dans l’immédiat, et tant qu’elle respirait encore, il n’était pas une menace pour la vie du chef de Chronos. Aussi, celui-ci osa-t-il se risquer à s’accroupir devant l’adolescent, observant au travers des tissus déchirés les plaies sanguinolentes et bien trop profondes pour qu’il ne soit capable d’y changer quoique ce soit. Il glissa une main dans sa poche, et activa d’une seule pression le bipeur agrémenté d’un traceur, sachant qu’on viendrait bientôt les chercher, Eden, lui et les hybrides dont ils auraient l’usage à Chronos. En un sens, il devait admettre que l’idée de laisser l’adolescent mourir alors que sa fougue lui plaisait tant l’ennuyait, mais il n’était pas certain d’avoir suffisamment de patience le temps qu’on leur prodigue les premiers soins. 

Il leva les yeux vers l’homme, et chargea à nouveau son arme. « Toi. Passe devant. » Il posa sur lui un regard empli de temps de rage qu’il n’hésita pas un seul instant à viser, droit entre ses deux yeux. Pourtant, l’idée d’être descendu d’une seconde à l’autre paru ne pas l’ébranler. Comme si, tout à coup, sa petite amie mourante dans ses bras, il avait perdu le goût de vivre. Il le connaissait un peu, ce sentiment, mais il ne s’y était jamais abandonné. Sa colère, sa haine étaient devenu ses moteurs, étaient devenu le sang qui coulait dans ses veines et lui permettait de se mouvoir encore. Au dam de certains, sans doute, mais c’était sa victoire. « Prends ta dulcinée avec toi si cela t’amuse de t’encombrer d’un poids inutile. Mais passe devant, je ne le répèterai pas. » Et l’homme hésita, l’homme tergiversa. Il se releva pourtant, portant celle qui lui était si chère d’une force qu’il ne puisait plus dans rien sinon dans le désir de ne pas l’abandonner là, dans le désir de l’avoir encore un peu à ses côtés, même si ça n’était que quelques infimes secondes de plus. Dignement, et pourtant mal assuré sur ses jambes, il se mit en tête de gravir les escaliers sans faillir, sans jamais céder face au poids qui pesait sur ses bras. Et Oswald lui emboîta le pas, lui-même chargé de cet adolescent sonné par la douleur, qui n’était plus capable de rien sauf de gémir sous les assauts des brûlures provoquées par les plaies profondes. Non, ce gamin-là, il lui plaisait trop pour qu’il ne tente pas de le sauver. Ce serait si dommage, un joué gâché avant même qu’il n’ait pu en profiter.

Lorsqu’ils revinrent dans la pièce principale, c’était un silence de plomb qui régnait. Il s’alourdit encore, avec le bilan des possibles pertes. Certains regards s’emplirent de larmes, parce qu’un enfant qui tombait sous les coups était toujours une nouvelle tragique, et d’autres ne furent que plein de cette rancoeur immonde qui ne l’atteignait plus depuis bien longtemps. Il allongea le jeune sur une table, et puis se tourna vers l’assemblée, qu’il ne prit même pas la peine de compter pour s’assurer qu’aucun n’avait décampé pendant qu’il n’était pas là. « Il y a un médecin dans cette pièce, humain ou hybride peu m’importe ce détail, qu’il vienne donner les premiers soins à cet adolescent. » Des regards en coin s’échangèrent, des murmures aussi, et puis ce fut finalement le plus âgé des hybrides de l’émeute qui se leva. Personne n’était dupe, et surtout pas Oswald ; si on lui obéissait, ça n’était surtout pas pour lui. C’était pour ce gosse, que l’on ne voulait pas voir mourir si tôt.

Le blond se détourna, et s’approcha d’Eden, après avoir avisé le corps étendu inconscient sur le comptoir. Lui aussi, était salement blessé. « Bon travail, Eden. Les fourgons ne vont pas tarder, il faudra bientôt ouvrir les portes. Tu voudras bien t’en charger ? Je suis certain que je peux compter sur toi pour que le chargement se fasse en de bonne conditions, n’est-ce pas ? » Les quatre hybrides qui ne s’étaient pas cachés, l’adolescent compris, celui qui se trouvait sur le comptoir, l’homme qui pleurait et sa compagne qui ne tiendrait pas le voyage, sans doute. Six, donc, sept si la femme était suffisamment forte pour tenir la distance —et il en doutait fortement. Au demeurant, Oswald était pour le moins satisfait. Ça n’était finalement pas pour rien qu’il s’était déplacé, quand bien même il aurait aimé ne pas avoir à se charger de la basse besogne que c’avait été.
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MessageSujet: Re: Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden   Dim 30 Juil - 1:52

Mon regard fait des allers-retours, en permanence. Du blessé sur le comptoir aux individus installés dans la salle et condamnés à l’immobilité. Des personnes que mon maître m’a ordonné de surveiller à celle allongée et inconsciente dont la mort aurait été fort dommage. Il n’y avait pas un seul bruit dans l’immense salle principale du bar. Pas un seul à par leur respiration que je perçois avec trop de netteté. Et celle sifflante et douloureuse du blessé. Il avait été soigné sommairement, mais ça doit suffire. Je suppose. Je ne m’y connais pas en soin. Mais il n’a pas l’air de saigner beaucoup, donc ça fera probablement l’affaire jusqu’à ce qu’on rentre à Janusia. Comme il ne bouge pas vraiment et qu’il est toujours plongé dans l’inconscience, je concentre davantage ma surveillance sur la petite foule installée autour de quelques tables, ou toujours à même le sol dans le cadre des rebelles s’étant dressés contre mon maître. Je joue distraitement avec ma faux en attendant le retour de mon maître.

Je suis en train de me demander pour combien de temps encore je dois attendre lorsque le bruit d’une porte que l’on ouvre brise le silence, résonnant bien plus fort dans la pièce qu’il n’aurait du. Le silence semble s’alourdir encore une fois le bruit passé, et je tourne légèrement la tête pour apercevoir ce qu’il se passe. Je peux voir mon maître revenir avec trois personnes. L’hybride qu’il avait prit avec lui et deux autres inconnus dont un qui a l’air très…mort. L’adolescent lui à l’air en mauvais état, mais toujours en vie. Je penche la tête sur le côté. Mon maître veut le prendre avec lui ? S’il n’est pas encore mort, ça doit vouloir dire oui. Je retourne à ma surveillance et perçoit plusieurs regards mauvais en direction de mon maître. Un grognement sourd et menaçant remonte le long de ma gorge. Je n’aime pas ce genre de regard, quand bien même je sache ô combien mon maître peut être hait. Je ne suis juste pas tolérant.

Je remonte les jambes sur le comptoir où je suis assis et les croise avant de passer mes bras autour. D’un coup d’œil, je constate que ma prise est toujours inconsciente alors je m’en détourne. L’adolescent mal en point est allongé sur une table avant qu’un médecin, ou quelque chose qui doit en être proche, ne se désigne pour le soigner. Sommairement sans doute, lui aussi. Ce n’est pas comme s’il devait avoir le matériel nécessaire ici… Je lève les yeux lorsque mon maître s’approche de moi et le regarde avec curiosité, attendant les prochains ordres qu’il me donnera.

Ouvrir les portes sous peu. Rien de plus facile. S’assurer que tout se passe parfaitement bien aussi. Je souris largement. « Il sera fait comme vous le désirez maître~ » Je déplies mes jambes pour redescendre du comptoir, et me dirige vers les portes verrouillées plus tôt en esquivant les quelques personnes sur mon chemin. Je me poste devant la porte, attendant le bon moment pour l’ouvrir, guettant le moindre bruit pouvant indiquer que le véhicule que nous attendons arrive. Dans la salle, le médecin s’affaire autour des blessés ramenés par mon maitre, bien que je ne comprenne pas trop pourquoi il tente encore de sauver la femme. Les battements de son cœur ralentissent peu à peu après tout. Je hausse les épaules. Ça ne me regarde pas de toute façon, il peut bien essayer s’il veut, je suppose.

Un puissant bruit de moteur se fait entendre dehors et je lève la tête. Même si je connais ce bruit, je vérifie par une fenêtre pour constater que le fourgon est bien là. Plutôt rapide, mais c’est pour mon maître donc c’est normal. Je retourne vers la porte pour la déverrouiller. Lorsque je sors du bar, faux en main, la rue est pratiquement toujours aussi vide qu’avant, exception faite du véhicule. Les sbires de mon maître sont déjà descendus et ouvrent l’arrière du fourgon en me voyant. Je souris. Maintenant, c’est à moi de m’assurer que tout se passe bien, comme le veut mon maître. Et tout se passera bien.

Je retourne à l’intérieur et attrape la première femme hybride, toujours assise sur le sol, pour l’emmener avec moi jusqu’au fourgon. Un à un, je les y emmène, en commençant par les valides. Quatre au total, ce qui est fait plutôt rapidement bien que le dernier pose problème, à ne pas vouloir quitter sa femme. De toute façon, elle sera bientôt morte, alors… Je m’apprête à aller chercher le blessé que j’avais trouvé dans la zone arrière du bar lorsque je m’arrête à l’entrée, intrigué par quelque chose. Je penche la tête en plissant les yeux. C’est loin, et j’ai du mal à voir. Pourtant en faisant un dernier effort, j’arrive à distinguer ce qui a attiré mon attention. Des silhouettes. Accompagnées d’un relent de peinture. « Maître ! On dirait qu’il y en a d’au- » Je ne termine pas, coupé à la fois par un bruit de détonation et une douleur dans la jambe.

Je me jette à l’intérieur du bar, alors que mon expression oscille entre la douleur et un sourire maniaque. Les personnes présentes ici semblent aussi surprises que sur le point de paniquer. Je me demande si quelqu’un a prévenu ceux qui sont dehors, ou s’ils sont venus d’eux-mêmes. Je penche la tête. « Il y en a d’autres. » Il y a un instant de silence avant que d’autres détonations ne résonnent, cette fois contre le fourgon, étant le bruit de tintement. Je bouge la jambe. Ça fait mal, le sang coule, mais tout ça ne me gênera pas Je me redresse et me dirige vers une fenêtre tournée dans la direction d’où viennent les coups de feu. « Maître, ils ont des renforts, là-bas. » Je pointe du doigt un coin de la rue avec un bâtiment d’un étage, et où deux silhouettes apparaissent de temps à autres. « Eux aussi, ils sentent la peinture. »
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MessageSujet: Re: Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden   Dim 30 Juil - 1:52

Le fourgon était là, dehors, prêt à embarquer les hybrides récalcitrants, ceux qui luttaient pour leur liberté, et dont ils étaient d’ors-et-déjà privés. Il fallait être fou et n’avoir plus rien à perdre, pour provoquer Oswald jusque sur son propre terrain, son empire sur lequel il avait la main mise et tous les pouvoirs. Il n’avait qu’à claquer des doigts, et l’on se pliait à ses désirs ; il n’avait qu’à demander, et l’on tuait pour ses bonnes faveurs. Il ne s’en privait jamais : il avait le pouvoir tant désiré par le commun des mortels, et il s’en jouait avec une malice dont seul saurait faire preuve le diable en personne ; si tant était que cet homme aux yeux de sang n’en était pas la réincarnation même. Certains, sûrement, en doutaient, parce qu’il était leur bourreau, leur frayeur, il était celui qui emprisonnait, qui tuait et déchirait les familles ; il était ce sans coeur qui condamnait. Froideur d’une lame, vivacité d’une balle, il les faisait tomber, et il s’en moquait. Leurs lois, leurs valeurs, il les piétinait ; la justice n’avait aucune emprise, puisqu’ils étaient tous effrayés, tous corrompus. La justice, il était celui qui la faisait, celui qui la détournait dans tout Unys. Personne ne l’ignorait, et ceux qui croyaient encore pouvoir le renverser n’étaient que les fanatiques, les écervelés, les insensés, ceux qui jouaient leur vie sur l'irrationalité, au nom d’une cause qu’ils ne remporteraient jamais. Pas eux, pas seuls et éparpillés, pas solitaires et désordonnés. Avalon, peut-être, l’inquiétait ; parce qu’ils étaient dangereux, organisés, parce qu’ils démantelaient régulièrement les axes de trafics que Chronos créait, et parce qu’il y avait Roxane. Il n’était encore qu’un jeune sbire fraîchement recruté qu’elle était déjà à la tête de l’organisation qu’elle menait depuis d’une poigne de fer. Elle n’était jamais tombée, et ça suffisait à Oswald pour se refuser à la sous-estimer. Elle, aussi bien que son armée d’hybrides aux grands idéaux. Il la détestait, parce qu’elle représentait cette liberté et ces grands rêves qu’il persistait à vouloir réduire en cendres entre ses mains, et sa simple existence le forçait à se montrer plus cruel, plus fourbe encore qu’il n’aurait dû l’être. Elle tomberait, comme tombaient tous ces ahuris qui se dressaient contre lui ; elle tomberait, et c’était lui qui ferait rouler sa tête à même le sol poussiéreux. Ces imbéciles aujourd’hui, Avalon serait pour demain, il en était persuadé.

Adossé au comptoir, il observait l’adolescent qui souffrait le martyre, quand bien même les premiers soins qui venaient de lui être prodigués l’empêcheraient, il l’espérait, de trépasser durant le trajet. Il avait cette hargne bestiale, cette rage sourde, cette animosité malveillante, semblables à celles qu’il lisait dans les yeux de Matthew lorsqu’il le regardait, ce maître qu’il haïssait tant. C’était cette colère qui ne diminuait pas, cette liberté toujours désirée, cette résignation refusée qui le fascinaient tant : il aimait les voir se battre contre l’inébranlable, les voir lutter contre l’inéluctable, il aimait les observer qui se blessaient sur les barreaux de leur propre cage, qui vociféraient des menaces qu’ils ne seraient jamais capables de tenir, parce qu’ils étaient trop humains, et que même Oswald était incapable de la leur retirer, cette empathie répugnante. Ce gosse, étendu là, le regard dans le vague et les dents serrées, tout entier concentré pour ne surtout pas geindre de douleur alors même qu’il lui fallait se lever pour avancer jusqu’au fourgon. C’était ça, cette volonté qui le passionnait, et qu’il prenait plus de plaisir encore à tenter de briser, de réduire à plus rien au creux de sa poigne. Il s’y écorchait, quelquefois, mais c’était un peu de sang pour tant de jouissance que l’idée même de s’y infliger une déchirure meurtrière ne l’inquiétait que trop peu.

Il crut que c’était terminé, que c’était l’heure de rentrer et de s’en retourner à ses propres occupations, faites de lectures, entrecoupées de rendez-vous, d’administratif et de quelques visites emplies de mauvaises intentions qu’il rendait aux mis à l’écart, aux torturés, à ceux qui devaient payer. Il l’avait cru, un instant, et puis c’était la lassitude qui s’était emparée de lui lorsqu’il avait entendu la détonation, à l’extérieur. Ça n’était pas fini, évidemment. Il y eut un frisson d’angoisse qui agita la masse de clients, quelques gémissements terrifiés qui retentirent, de ci, de là. Oswald, presque aussitôt, resserra sa prise sur son pistolet, avant qu’Eden ne surgisse tout à coup, la jambe blessée. Son maître, lui, ne put réprimer une grimace ; son jouet favori serait-il donc réduit à l’état de poupée cassée inutile ? 

A le voir s’agiter et ne jamais perdre de vue leur mission, quand bien même la douleur d’une balle de plomb était toujours douloureuse —lui-même avait eu l’honneur d’en tâter de quelques unes, en sa presque quinzaine d’années qu’il avait passée au sein de Chronos— il comprit que l’Absol ne laisserait pas tomber. Il était trop fidèle pour se retirer maintenant. « Il y en a d’autres. » Tout comme il y eu d’autres détonations, et le son d’une vitre qui vole en éclats —ça n’était pas l’une de celles du bar, alors c’était forcément celle d’une habitation environnante, ou bien d’un véhicule. « Maître, ils ont des renforts, là-bas. Eux aussi, ils sentent la peinture. » Oswald s’était approché, pour suivre des yeux la direction indiquée par l’hybride —le coin d’une bâtisse, et ça ne le surprenait pas. Il observa un instant ses hommes de main qui se battaient, qui usaient de leurs cartouches à tenter de faire tomber ces deux hybrides qui continuaient à défendre leur cause, si futile aux yeux du blond. « Il faudrait pouvoir les prendre à revers. » Alors, il se tourna en direction du serveur, qui trembla sous les sanguines qui le vrillèrent. « Il y a bien un moyen de sortir par l’arrière, n’est-ce pas ? » Il y eut un court instant d’hésitation, avant que l’homme n’acquiesce, puis indique la salle dans laquelle Eden avait été chercher ceux qui se cachaient, un peu plus tôt. « Au fond… Mais ne nous- » Il tiqua, l’interrompit avant qu’il n’ait pu terminer. « Vos clients peuvent sortir, qu’ils aillent courir sous les balles n’est en rien  mon affaire. Peut-être même qu’ils pourront servir d’appâts de cette façon, qu’en dis-tu, Eden ? » C’était la moquerie qui résonnait dans sa voix, parce qu’il savait qu’après de telles paroles, plus aucun des clients n’oserait esquisser le moindre mouvement vers la sortie, tant que les coups de feu ne se seraient pas tus. Certain à présent de ne pas être dérangé pas quelque fuyard hagard, il fit un geste en direction d’Eden pour l’inciter à le suivre avant de s’enfoncer dans la salle de repos des employés, avançant en direction de la porte sans même jeter un seul regard au cadavre d’une femme allongé non loin du canapé —l’oeuvre de son hybride, devinait-il sans peine. 

Il faisait frais, dehors, et pourtant l’air était comme envahi d’une lourdeur orageuse qui lui pesait sur les épaules. D’ici, il avait l’impression de sentir les odeurs de poudre et de plomb brûlant, et il entendait toujours aussi bien les détonations et leurs rebonds contre le métal du fourgon, heureusement paré aux attaques menées à grands renforts de balles. Le pas pressé, il lança un coup d’oeil en direction de l’Absol à ses côtés. « Au mieux, en les prenant par surprise dans le dos, nous les aurons du premier coup. Au pire, ils entreront dans un bâtiment, et il n’y aura qu’à les suivre et les acculer. » Il lâcha un sifflement agacé, avant de reprendre. « Ces deux-là, morts ou vifs, je n'en ai que faire de leur sort. Tâche seulement de rester toi-même en vie. » Le son virulent des combats se fit plus fort à mesure qu’ils approchaient et, bientôt, le chef de Chronos s’adossa contre le mur, qu’il rasa soigneusement et dans le plus grand ses silences. Son arme bien en mains, il venait d’ôter la sécurité, et se tenait prêt à tirer sans plus attendre, si l’urgence de la situation le demandait. 

Un dernier regard entendu du côté de l’adolescent aux yeux si semblables aux siens, et il surgit au bout de l’allée, en pressant la détente. La balle partit en sifflant se loger au creux d’une épaule, et le hurlement qui résonna fit frémir Oswald, d’un de ces frissons de plaisir qu’il ne dissimulait même pas. Un hybride souffrait, et ça lui plaisait. Il s’écarta vivement avant que l’on ait le temps de tenter quoique ce soit contre lui, et une balle le frôla de peu lorsqu’il se retrouva de nouveau à couvert, un sourire terriblement carnassier accroché aux lèvres. Et puis, il les entendit, le sifflement des balles qui s’atténuait, cessait complètement ; le bruit d’une course folle qui s’entamait, et des gémissements douloureux qui se dissipaient. Le son d’une porte qui grinçait quand elle s’ouvrait, et que l’on claquait pour refermer. « Ils sont entrés, on les suit. » Il s’engouffra à son tour dans l’allée, adressant un signe à ses hommes de main devant le bar afin que certains les rejoignent, et puis se pressa jusqu’à la seule entrée qu’il apercevait —l’une de ces lourdes portes en bois et carrelées— pour la pousser et s’avancer dans le hall du bâtiment. Un seul étage, ça ne leur laissait pas bon nombre d’issues. Se cacher dans un appartement qui n’avait plus de locataire, peut-être ? 

Il gravit les escaliers, conscient d’être talonné de près certainement par ses sbires et son hybride, et tenta d’ouvrir les trois portes qui se présentaient à lui. Il n’y en eu qu’une, qui céda après un brusque coup d’épaule et dans un boucan infernal —une chaise, une étagère fragile qui avaient été placées là, et qui s’effondraient maintenant. Avec mille précautions, il enjamba les amoncellements de bois, et s’avança dans l’appartement, arme en avant. Un balcon, deux portes visibles, un couloir qui disparaissait sur la gauche, et sans doute une autre porte à son extrémité. C’était maintenant, que le vrai danger se présentait. « Fouillez les pièces une par une. Permission accordée de tirer à vue. »
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MessageSujet: Re: Life is just a game : choose the rules and let's play ; Eden   Dim 30 Juil - 1:53

Les détonations étaient le premier bruit que tu pouvais entendre dans la cohue générale où les cris de mêlaient. La douleur était la première sensation que tu pouvais ressentir, logée dans ta jambe comme l’amour dans le cœur d’une amante, refusant de s’en aller. Les circonstances eussent-elles été différentes et la souffrance moins vive, tu aurais pus trouver cela plaisant. Mais là, ça ne l’était nullement. En fait, tu trouvais même ça plutôt irritant. Tu serrais ta prise sur ta faux, alors que pour un instant, tu quittais des yeux le bâtiment que tu avais jusque là fusillé du regard pour les poser sur la blessure de ta jambe. La balle avait creusé un trou dans la chair et les muscles, le sang coulait sans interruption, absorbé en partie par le tissu noir de ton pantalon. Tu t’interrogeais, à moitié inquiet. L’artère fémorale avait-elle été touchée ? Tu espérais que non. Pas que cela t’empêcherait de te battre, mais il serait bête de mourir maintenant d’une perte de sang. Et tu refusais à être inutile d’une quelconque manière possible. Eusses-tu un bras en moins, tu continuerais de servir ton maitre, s’il voulait bien de toi.

Lâchant ton arme pour un instant, tu t’emparais de quoi comprimer la plaie, te prodiguant des soins bien primaires. Mais cela suffirait. Ton but n’était pas de te soigner correctement, mais seulement de faire ralentir l’écoulement de sang si ce n’était de le stopper. La douleur quant à elle, tu la supportais sans peine. Ceci fait, tu reportais ton attention sur le bâtiment d’où provenaient les tirs, avisant du coin de l’œil ton maître qui venait te rejoindre dans cette observation. Tu écoutais avec attention ses mots, comme les mots d’un dieu, hochais inutilement la tête à ce qu’il disait. Mais quoi qu’il dise, tu aurais toujours accepté. Même ta propre déchéance.

Tu partageais ton attention, une partie sur la bataille qui se déroulait au-dehors, l’autre sur la conversation –si tant est que l’on puisse parler de conversation- entre ton maître et le barman. Tu tiquais à l’entente de ton nom, tournant ta pleine et entière attention sur ton seul et unique maître, souriant à ses propres. Oui, quoi qu’il puisse dire, tu opinerais toujours, même à la plus cruelle des paroles, la plus viles des idées. Tu te tenais là, juste un peu en retrait derrière lui, brave et fidèle soldat que tu étais. Non, pas soldat. Simple machine qui avait vouée sa foi à la mauvaise divinité. Un mot, et tu obéissais. Un geste, et tu suivais. Tu refis le chemin que tu avais déjà emprunté durant ta recherche de fugitifs, nullement gêné dans ta marche par le tissu qui se teintait du même rouge que tes yeux. La douleur était vieille et intime amie.

L’odeur du sang qui flottait lourdement dans la pièce arrière fut soudain balayée lorsque tu mis un pied dehors. Inconsciemment, tu pris une grande inspiration. Pas que l’odeur du sang te dérangea, mais elle était bien trop prenante dans la salle de repos. Trop lourde. Elle te prenait le nez, te donnant presque l’impression que tu ne pouvais plus rien sentir d’autre. Mauvaise chose, sachant que ton odorat était un sens sur lequel tu comptais beaucoup. A la place, l’air frais de l’extérieur transportait l’odeur de la poudre, légèrement atténué par la précédente. Tu fronçais le nez, mécontent.

Tu restais près de ton maître alors que vous vous dirigiez vers le bâtiment. Tu prenais précieusement note de ses instructions : morts ou vifs, et rester en vie. Fascinant combien ces mots, commander sur un ton froid et tranchant pouvait te réchauffer le cœur. Il ne disait pourtant pas cela pour l’individu que tu représentais, mais seulement pour l’arme de guerre. He bien, tu étais les deux. Tu t’en contentais. Tu préférais de loin n’être qu’un outil mais avoir une utilité, qu’être un individu et être abandonné. Tout plutôt que d’être encore laissé.

Appuyé contre le mur, tu observais avec attention ton maître lancer le premier assaut, prenant soin de couvrir ses arrières, tes mains solidement encré au manche de ton arme. Tu aurais voulu t’élancer et leur faire la peau, faire rouler leur tête sur le sol comme ces rois que l’on faisait choir de leur trône. Tu aurais pus. Tu te retenais. Tu n’avais pas d’armes ni d’attaques te permettant d’être efficace à distance, ta pire faiblesse. Ou si, tu en possédais bien une, mais elle aurait blessé ton maître également et tu t’y refusais de tout ton être. Tu étais bien plus efficace en combat rapproché et en embuscade, dommage que le terrain ne s’y prêta pas. Pour l’instant. Pour l’heure, tu restais en garde, prêt à protéger à tout moment, et de toutes les manières possibles et imaginable, ton maître, te contentant de siffler dans les tonalités de l’ultrason. Un maigre détournement de ton attaque requiem qui ne pourrait toucher que les individus capables de capter ces sons. Individus non humains, évidemment.

Cela ne dura pas longtemps, ton maître retournant rapidement se mettre à l’abri de possible balles, et toi le suivant sans trop cesser de siffler. Le bruit de pas s’éloignant puis celui d’une porte te poussèrent cependant à t’arrêter. Cela ne servait plus à rien en l’état. Tu tournas ton visage en direction de ton maître, attendant la suite bien que tu puisses la deviner sans trop de mal. Les suivre. Facile.

Vous fûtes nombreux à entrer à l’intérieur du bâtiment. Ton maître et toi bien sûr. Puis les autres qui étaient venus avec le fourgon. Un petit groupe qui te fit grogner intérieurement de mécontentement. Pas que cela te fâcha de ne plus être seul avec ton maître –quoique-, mais avec nombre relativement important, tu ne pourrais certainement pas te mettre à chanter sans risque. Et les déconvenues ne s’arrêtèrent pas là. Un appartement à fouiller, et deux individus à retrouver, à abattre, qui connaissaient le terrain bien mieux que vous. Tu abandonnas ta faux contre un mur, elle ne te serait d’aucune utilité dans un espace restreint en compagnie de plusieurs personnes. Pire, elle te gênerait.

Tu partis devant. Tu aurais aimé pouvoir te repérer à l’odeur de peinture, mais elle emplissait les lieux sans te laisser l’occasion de te concentrer sur une piste précise. Tu grognais. Fléchissant les jambes, ignorant la douleur qui se rappelait à toi comme une amie délaissée, tu t’engageais avec prudence dans le couloir, suivant une trace de sang qui partait de la porte pour continuer dans cette direction. En plus des deux portes que tu avais ignorés à l’entrée, quatre autres se présentaient à toi, deux de chaque côté du couloir, qui débouchait quant à lui plus loin sur une autre pièce. Tu te mis à avancer, proche du sol, parfaitement conscient que tes cibles, si elles étaient là-bas, s’attendaient à devoir tirer à hauteur de torse, et non pas vers le sol. Tu tendais l’oreille, à la recherche du moindre bruit qui t’indiquerait une présence, et t’arrêtais brutalement devant une porte. La trace de sang allait vers elle, de même que tu pouvais entendre des bruits indiquant une présence.

Ton maître avait bien blessé quelqu’un, non ?

Tu souris, restant proche du sol, te positionnant de sorte à pouvoir bondir dés que la porte serait ouverte. Tu fus vite rejoins par un homme de main de ton maître, arme au poing. Sans un mot, tu lui indiquais la porte, lui faisant comprendre que l’une des personnes que vous recherchiez était très probablement à l’intérieur. L’idée était simple, il ouvrait la porte, tout en restant hors de vue, pendant que tu te précipitais à l’intérieur. Tu étais l’hybride, c’était à toi de prendre les risques en premier, n’est-ce pas ? Et ainsi que les choses se déroulèrent, évidemment. La porte fut ouverte, le verrou fut forcé, et tu t’élançais en avant.

Tu entendis une balle siffler au-dessus de toi, comme tu pouvais t’y attendre, alors qu’un instant plus tard tu le fauchais, utilisant ta vitesse pour le plaquer au sol. Tu eus tout juste le temps d’apercevoir vaguement le décor de ce qui devait être une sale de bain, avant que ton regard ne se pose sur le visage d’un homme dans la vingtaine. L’âge de ceux qui ont encore l’espoir et la force de se battre. Ou la stupidité. Ta main pourvue de griffes à la couleur bleu pétrole se referma avec violence sur une épaule ensanglantée. Ta prise récolta un cri de douleur en réponse, ta cible lâchant son arme sur le coup et commençant à se débattre. Tu savais pertinemment que tu n’avais pas l’avantage dans un tel corps à corps, ta petite taille te faisant défaut. Tu étais vulnérable. Ta main resserra sa prise. Tu voulais le faire souffrir, lui faire mal pour l’empêcher de se concentrer sur autre chose.

Une violente décharge te secoua brutalement, te faisant lâcher ta prise et reculer en serrant les dents. Tu ne craignais pas particulièrement le type électrique, si c’était bien le sien, tu ne pouvais en être parfaitement sûr, mais cela ne t’empêchait pas d’en souffrir. Tu jetas un rapide coup d’œil à ta chemise, constatant qu’à l’endroit de l’attaque le tissu avait brûlé et la peau de ta hanche avait prit une couleur entre le rouge et le violet. Pas très joli à regarder, mais ça ne t’empêchait pas de bouger. Tu n’étais pas paralysé et c’était parfait. Tu rejetais la douleur loin dans ton esprit, la remplaçant par l’adrénaline, par l’excitation la plus pure.

Tu chargeais de nouveau, pas de la manière la plus intelligente, mais dans un espace aussi restreint que celui d’une salle de bain, tu n’avais pas mille autres solutions. Ta main tâchée de son sang vint saisir son bras, tirant dessus pour infliger à nouveau la douleur, alors que tu te préparais à tout moment à recevoir une nouvelle décharge. Tu étais plus petit, tu étais plus agile, tu avais l’esprit plus clair, tu n’étais pas aussi sensible à la douleur, et tu connaissais trop bien ce genre de combat. Tu avais l’avantage. Ton autre main vint encercler son cou. Pas pour l’étrangler, tu n’avais pas la force nécessaire pour cela, seulement pour blesser. Tes griffes rentraient dans la chair, à la recherche de cette veine fragile à peine protégée par un peu de peau. Il n’aurait pas une mort propre et sans douleur. Il aurait put. Une simple balle tirée par un sbire, et le voila partit. Mais ce sbire, tu l’avais momentanément oublié, prit dans ce combat et dans la volonté d’exécuter les ordres de ton maître. Tes yeux brillaient, ta queue s’agitait violemment dans ton dos, ta corne s’élevait sinistrement sur le côté de ton crâne alors que tu griffais sa gorge. Le sang coulait et lui criait encore tant qu’il le pouvait. C’était un carnage. Mais tu étais ce que tu étais. Une bête.

Tu ne le relâchas que lorsque tu fus assurer qu’il était bien partit. Tu te redressais, apercevant un instant ton reflet dans un miroir. Ta chemise blanche avait prise la couleur rouge comme nouvelle couleur d’apparat. La paume et les doigts de ta main qui l’avait maintenu au sol avaient subit le même sort que ta hanche. Non, c’était pire, et répugnant à regarder. Noir là où la peau avait brulée, rouge vif là où la chair était tombée. Les médecins auraient du boulot, et tu ne pourrais probablement pas l’utiliser pendant un petit moment, le temps que tout cela se reforme. Tu ne savais pas encore si c’était une mauvaise chose ou une très mauvaise chose. Tu ne ressentais pas encore la douleur, toujours trop anesthésié par le frisson et l’excitation. Tu ressortis de la pièce, avec une certaine prudence, laissant l’emprunte de tes pieds ensanglanté sur le parquet.

Un coup de feu attira ton attention, te faisant relever brutalement la tête alors qu’il était suivit de plusieurs cris et d’autres coups de feu. Quatre ? A moins que ce ne soit six ? Tu ne savais pas compter. Tu te précipitais immédiatement dans leur direction à la suite du sbire qui était resté près de la pièce jusqu’à la fin de ton massacre. Tu remontais le couloir en courant, entrait dans une pièce quelconque par une porte quelconque, bien plus intrigué par ce qui avait put s’y passer. Et tu te figeais brutalement.

Oh. Ce ne fut certainement pas le nombre étrangement élevé de sbires dans cette pièce –un salon ? ça y ressemblait tiens- qui te faisait tiquer. Ce ne fut pas d’avantage la présence d’un cadavre étendu non loin de là et dont le sang formait doucement une marre autour. Non, tout ça, tu t’en fichais bien. Ton regard s’était arrêté et figé sur ton maître, sur le sang qui tâchait le haut de sa chemise et qui dans sa disposition ne pouvait pas appartenir à quelqu’un d’autre. Tu restais immobile un instant avant de te précipiter vers lui. « Maître ! » Un instant plus tard, tu étais à ses côtés comme si tu ne l’avais jamais quitté. Sauf que si tu ne l’avais réellement jamais quitté, une telle chose n’aurait jamais eut lieu, tu t’en serais assuré. Tout autre sentiment en a été remplacé par la culpabilité dans ton âme, et elle se lit aisément sur ton visage alors que tu t’en veux terriblement, incapable de quitter des yeux l’endroit que tu supposes être l’emplacement de la blessure.

La culpabilité te rongeait, alors que tu tentais de trouver quelque chose à faire ou à dire. Oh, ce n’est pas la première fois que ton maître est blessé. C’est impossible que ce soit le cas alors qu’il était le chef de Chronos, mais tu t’en voulais. Tu aurais dû être là et le protéger. Mais si tu avais fait ça, l’autre ne serait peut-être pas mort. Oui, mais ton maître ne serait pas non plus blessé. Tu te sentais stupidement perdu alors que tu le regardais avec culpabilité et supplication. « Je suis désolé maître, si j’étais resté avec vous ça ne serait pas arrivé… » Tu baissais la tête, acte de soumission comme celui d’être indigne de le regarder un instant de plus. Ta queue bien que toujours sortie ne s’agitait plus, et si tu avais possédé des oreilles animales, nul doute qu’elles seraient tout aussi basses.
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