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 Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa

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Yûki
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random: ici petit poney

MessageSujet: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:12

« Ne t'éloigne pas trop, et tâche de rentrer dormir, tout de même ! » qu'elle m'a sommé. « Et couvre-toi un peu, bon sang ! » qu'elle m'a conseillé. « M'man, t'en fais pas, il fait beau. » que je lui ai répondu, persuadé d'avoir raison. Il m'a fallu moins de deux heures pour regretter. Tout s'est assombri, et j'ai perdu la trace de l'astre au profit d'un trop-plein de nuages. Plus aucune étoile tout là-haut, plus rien pour éclairer la forêt, plus rien pour me guider ; je savais rentrer, mais je n'en avais pas envie. Je n'étais que déçu, déçu de ne pas pouvoir aimer cette nuit comme j'aimais toutes les autres, parce qu'elle n'était pas aussi belle que celles illuminées des cieux sublimes. Je n'aime pas les nuages quand ils gâchent les rares moments auxquels je peux ne pas penser. Ne pas penser à tout ce qui bouillonne là-dedans, dans ma caboche, dans mon bide, ne pas penser à tout ce qui me tire en pleurs et hoquets de mes rares heures de sommeil. Je n'aime pas être livré en pâture à mes démons, à mes loups intérieurs ; ceux sur qui personne n'osera tirer parce qu'ils portent mes traits, paraît-il. Quelles belles foutaises que je lisais dans les livres de maman. 

La pluie s'est mise à tomber sur Cimetronelle, et même l'épais feuillage des arbres au dessus de moi n'a pas suffit à me protéger des gouttes glaciales. Il fait bon, presque chaud ; mais ce qui tombait du ciel ne l'était pas. C'était froid. Et moi, qui suis en simple débardeur près du corps, sans veste à portée de main, j'ai pourtant refusé de rentrer. Je suis bien, dehors, seul avec moi-même. Je ne veux pas retourner au couvert pourtant chaleureux de la maisonnette de bois qui m'a vu naître et grandir. Là-bas, je suis confronté, sans cesse, au silence, au tabou, au mensonge. C'est faire semblant, marcher droit, tête levée et taire les choses qui font mal. Dans la plénitude de ma chambre, je suis confronté à un passé qu'il m'est impossible de changer ; je pense trop. Alors, mes nuits, qui devraient être paisibles à quinze ans, deviennent terreurs, crises de larmes et souffle manqué. Dans la forêt, je ne pense pas, pas autant du moins. 

J'y trouve un calme qui n'existe nulle part ailleurs. Cette nature, ces arbres, ces branches qui craquent, ces petites bêtes qui courent les sous-bois, c'est chez moi. C'est là où je me sens le mieux, entier, moi-même. La nuit d'autant plus, même si je les crains un peu désormais. Tous ces bruits qui ne sont pas ceux que je connais à ce coin de verdure m'inquiètent, forcent tous mes sens en alerte. Je crains de lesvoir arriver, ces types qui m'ont privé de ma sœur, ces types qui, sans doute, ont aussi privé Belt de son frère, et puis m'ont, indirectement, privé de Belt. Ces types m'ont tout arraché ; je ne veux pas qu'ils m'arrachent à ma forêt. Un jour, je partirai, pour la retrouver. Mais j'y reviendrai, avec elle, et nous retrouverons notre vie d'antan. J'y crois, je l'espère. C'est ce fil rouge qui guide mon existence, depuis ce soir où je ne me suis pas retourné quand je l'aurais dû. Cette erreur, je suis seul à pouvoir la réparer. Qui me suivrait, de toute façon ? Personne n'est suffisamment con pour risquer sa peau, rien que pour les beaux yeux d'une gamine de treize ans. Sauf toi, Rhap.

Je soupire, et lève les yeux vers la branche d'un arbre. Malgré l'obscurité environnante, je devine l'écorce luisante, humide, glissante. L'air apporte une odeur de pluie —il y aura une prochaine averse d'ici peu. Instinctivement, mes yeux cherchent des prises sûres afin d'escalader le tronc de l'arbre. Un instant plus tard, je m'élance pour atteindre la branche tant désirée et, en tout juste quelques secondes, je la sens sous mes jambes. Trempée. L'eau glaciale traverse mon jean, foutu bien évidemment. Maman me criera dessus, quand elle verra l'état de mes vêtements. Ce ne sont pas les premiers que je fous en l'air. Mais ce n'est jamais une bonne chose pour des fringues neuves de courir les bois une nuit pluvieuse. Je n'y peux rien, elle non plus. Elle ne saura, de toute façon, pas me garder captif. Elle sait combien j'aime mes escapades sauvage, et combien, s'il fallait m'en priver, je ne saurais pas être heureux —un bien grand mot.

Je m'adosse au tronc, installé confortablement sur la branche, tête renversée en arrière. Partout, j'entends les gouttes rescapées qui tombent de leur refuge pour s'en aller éclater contre le sol déjà inondé. J'aime ce son, c'est apaisant. La fatigue me tombe dessus, comme une massue, aussi vite que le froid est arrivé lui aussi. Immobile à présent, inactif, je frissonne. Je crois m'assoupir, au bout d'un moment. Et puis d'un coup, j'éternue comme un con, j'ouvre les yeux en reniflant. Il y a mes dents qui claquent, et mes mains qui tremblent. A l'avenir, j'écouterai les conseils de maman ; je vais être malade, elle va encore me gronder et puis prendre soin de moi, comme elle le fait toujours. Je serai séquestré à la maison, jusqu'à ce qu'elle me juge elle-même rétabli et apte à retourner crapahuter dehors. Avec elle, ça peut prendre longtemps. C'est un enfer. J'éternue à nouveau. Putain, ce que j'ai l'air con, à être frileux comme une fillette.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:12

[size=33]I[/size]
l était tard – la nuit était tombée depuis longtemps – lorsque Noa se glissa enfin hors de la petite maisonnette perchée dans les arbres où il avait grandit. Sa mère l'avait suivi tandis que son père s'occupait de la vaisselle. Même si cela faisait des années maintenant que l'adolescent avait déserté la maison pour vivre dans la forêt, il était toujours difficile pour Mizu de laisser son enfant partir. Elle caressait toujours l'espoir - lorsqu'il venait leur rendre visite - qu'il revienne finalement sur sa décision et décide de revenir vivre avec elle, avec eux, à la maison. Comme quand il était enfant, lorsqu'il n'était qu'un petit Evoli insouciant qui s'accrochait à sa jupe pour ne pas tomber et qui épiait le monde de ses grands yeux curieux. Ils ne brillaient plus du même éclat, dès à présent. Sans qu'elle n'ait véritablement le temps de s'en rendre compte, Noa était devenu un grand garçon qui décidait lui-même de la vie qu'il désirait mener. 

Il avait conscience que sa mère était malheureuse, même si elle ne le disait pas – elle taisait toujours ses sentiments les plus douloureux. Mizu ne voulait pas le voir s'éloigner d'elle comme l'avait fait son premier enfant. Le départ de Liam lui avait fait énormément de mal, Noa l'avait entendu pleurer très souvent. Son aîné était à peine majeur qu'il désertait la maison et s'en allait sur un autre continent, se contentant d'une petite lettre griffonné à la hâte pour certifier son arrivée à Unys. Et depuis, plus rien, pas même un appel téléphonique ou un simple texto, sa dernière missive sonnait presque comme des adieux d'ailleurs. Grand bien lui fasse, à cet imbécile, Noa ne le regrettait pas le moins du monde. Il n'a jamais entretenu quoi que ce soit de positif avec son aîné et son absence ne lui faisait ni chaud ni froid.

Cependant, maintenant que Liam n'était plus là, Mizu n'avait plus qu'un enfant à choyer et chouchouter. Elle aurait sans doute préféré que son cadet soit plus présent, plus compréhensif de sa douleur. Mais Noa n'était pas comme ça. Noa était égoïste. Egocentrique. Son petit bonheur personnel passait avant tout le reste. Il ne voulait pas s'enchaîner au foyer familial pour soulager le cœur souffrant de sa mère. Les enfants ne peuvent demeurer toute leur vie auprès de leurs parents. Arrive forcément le moment où l'oisillon doit quitter le nid pour poursuivre son chemin seul et selon ses principes. Noa s'était peut-être extirpé trop vite, trop jeune, trop tôt du cocon familial mais c'était ainsi, et il ne regrettait pas son choix. Ce monde, trop humain, n'était pas pour lui. Il l'étouffait, l'opprimait, l'asphyxiait. S'il y demeurait, il le tuerait à petit feu.

Alors, cette fois-ci encore, il resta insensible au regard suppliant de celle qui l'avait mit au monde et disparu dans la nuit comme une ombre insaisissable, fugitive, fugace. Courrant sans se retourner au milieu de la ville endormie, Noa se hâta de retrouver le couvert des arbres, le toit feuillu de sa véritable maison. Là, au milieu de la végétation, entre les fougères et l'humus, il avait le sentiment d'être à sa place, de faire parti du décor, d'appartenir à ce monde que ses ancêtres avaient désertés. Ses épaules se détendirent, ses muscles se relâchèrent, son regard s'apaisa. Des frissons lui chatouillaient la colonne vertébrale tandis que ses pieds nus caressaient la terre humides et l'herbe fraîches. Débarassé de ses vêtements qui le maintenait prisonnier, Noa se glissait entre les arbres silencieusement, furtivement, rejoignant calmement la petite cabane où il vivait.

La soirée était chaude, trop même. L'atmosphère lourde et les nuages gris promettaient une nuit pluvieuse. L'air portait avec lui l'odeur caractéristique de la pluie et les premières gouttes ne tardèrent pas à se manifester. Même s'il vivait dehors qu'importe la saison et la météo, Noa n'appréciait pas vraiment la pluie. De ce fait, il se hâta de se réfugier dans sa cabane, admirant tout de même le paysage depuis la large ouverture. La porte était tombée depuis très longtemps mais l'adolescent ne ressentait pas le besoin de la remplacer. Après tout, il n'y avait que lui ici, au milieu de nulle part, dans ce coin reculé de la forêt. Pas de voisin enquiquinant, pas de vis-à-vis gênant. Personne pour se plaindre de ses habitudes de vie ou du bruit qu'il pouvait faire. Personne. La solitude demeurait son unique compagne.

Il aurait pu s'assoupir, bercé par la mélodie de la pluie clapotant sur les feuilles, le bois et l'herbe, mais celle-ci prit fin avant qu'il ne succombe au sommeil. L'adolescent se redressa alors, réveillant petit à petit chacun de ses muscles ankylosés par son inactivité. L'air était chargé de fragrences délicieuses et même si la lune était absente ce soir-là, retenue par les nuages gris, Noa avait le sentiment qu'il s'agissait-là d'une très belle nuit. Il se glissa hors de sa cabane, insensible à la chatouille de l'herbe trempées sous ses pieds nus. Après une telle averse, impossible de dégoter la moindre proie. Les petits animaux peuplant les bois n'appréciaient pas plus la pluie que lui et s'étaient certainement dissimulés ça et là. Heureusement que le Noctali avait dîné chez ses parents, sinon il aurait connu une nouvelle nuit de jeun. La chasse étant donc annulée pour cette fois-ci, Noa comptait en profiter pour se promener simplement, tranquillement, comme il en prenait rarement le temps. 

Ainsi, l'adolescent se retrouva à déambuler entre les hauts arbres, glissant dans l'obscurité ambiante telle une ombre. Les anneaux cerclant ses oreilles et sa queue brillaient faiblement, malheureux de ne point cotoyer la lune. Noa n'avait pas besoin de source de lumière pour avancer. Son type Ténèbres et son expérience personnelle suffisaient à le guider dans la nuit comme s'il était en plein jour. Il ne pouvait pas se perdre, dans sa forêt. Ni même se blesser. Car il en faisait parti intégrante. Elle ne lui voulait pas de mal. Il était son enfant. Son hôte. Son protecteur et son protégé à la fois. Même dans les ténèbres, l'adolescent savait qu'il ne craignait rien, qu'il était en sécurité. Alors il progressait, aveuglément, confiant, profitant de sa forêt comme il en avait rarement l'occasion, prenant le temps de l'admirer alors que les branches et les feuilles ruisselaient encore d'eau de pluie glaciale.

Si le vent lui portait jusqu'à maintenant l'odeur caractéristique de l'humus et de la terre trempée, un parfum inconnu vint lui chatouiller les narines. Ni une ni deux, il s'immobilisa, humant l'air frais, à la recherche de cet arôme inconnu et étranger. Il semblait composé de plusieurs odeurs différentes. La pluie, la ville, la forêt, l'écorce … Le deuxième fumet est celui qui l'alerta. Il y avait un intrus. Quelqu'un provenant de la ville. Chose étrange, étant donné que la plupart des gens évitaient de venir ici de nuit, surtout lorsqu'il pleuvait. Pourtant, cette odeur ne lui était pas totalement étrangère. Il avait du mal à se souvenir pourquoi, mais il était certain qu'il la connaissait. Mais ce n'était pas le moment d'y réfléchir : il devait se débarrasser de cet étranger sur le champ. Il suivit alors l'effluve, pressé de mettre la main sur ce malandrin et de le mettre hors d'état de nuire. Personne ne violait le sol de sa forêt impunément.

C'est alors qu'il l'aperçu. Allongé sur une branche épaisse comme s'il se croyait chez lui. Noa gronda. Pour qui se prenait-il, celui-là ? Ni une ni deux, il grimpa comme un Capumain dans l'arbre voisin, histoire de pouvoir mieux l'observer. Son visage lui disait vaguement quelque chose, tout comme son odeur, mais ses souvenirs refusaient de se manifester. Sûrement l'avait-il simplement croisé en ville, un jour, en rendant visite à ses parents. L'intrus semblait assoupi, comme si dormir au beau milieu de la forêt n'était pas quelque chose qui l'effrayait. Soudain, il éternua, faisant sursauter l'hybride Noctali. L'étranger se réveillait et semblait trembler de froid. Quel crétin, s'il était si fragile, que faisait-il trempé dans les bois par une nuit pluvieuse ? A le voir, il ne semblait pas avoir le profil du gaillard taillé pour la vie à la dure. Il était freluquet et pas très grand. Sûrement était-il même encore dans l'adolescence.

Cependant, Noa n'épargnait personne, que ce soit les plus jeunes ou les plus âgés. Cet inconnu s'était infiltré délibérément sur son territoire et y piquait un somme comme s'il était chez lui. Il ne pouvait pas laisser ce crime impuni. Ainsi, l'adolescent matérialisa une attaque Ball'Ombre dans le creux de sa main. Son attaque n'était pas encore au point mais il la contrôlait beaucoup mieux qu'auparavant. Quand elle atteignit la taille d'une boule de bowling, l'hybride surgit du feuillage et lança sa sphère d'énergie sombre en direction de l’intrus dans un cri de rage. Personne ne souillait impunément sa forêt. Personne ne s'y installait sans en payer les conséquences. Tout le monde le savait. Ce n'était pas une nouveauté. Noa hantait ces lieux comme un démon en furie depuis suffisamment d'années, maintenant. Et cet étranger allait vite comprendre pourquoi il n'était pas conseillé de venir par ici ...
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Yûki
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:13

Il fait moins froid. Je crois ? Ou bien mon corps s'est simplement habitué. Je suis incapable de le dire. J'ai l'impression que le ciel est encore lourd de nuages, lourd d'une pluie qui ne tardera à pas à tomber, une nouvelle fois. J'appréhende légèrement, mais le mal est déjà fait. Si je dois être malade, à présent, plus rien ne m'en sauvera. Je n'aurai bientôt plus que mes heures cloîtrés à la maison en pull et grosses chaussettes sous les conseils —pardon, les ordres— de maman, pour me repentir de ne l'avoir pas écoutée lorsqu'elle a voulu que j'emporte une veste avec moi. Je devrais être habitué pourtant : elle ne se trompe jamais. Les mères ont ce talent paraît-il, une sorte de sixième sens un peu flippant qui me fait me demander si elles sont vraiment des êtres normaux. Elles en savent trop, elles prédissent l'avenir et comprennent aussitôt lorsque l'on ment ou que l'on cache quelque chose. Elles ont le flair, ou un radar caché je ne sais trop où. Elles savent la vérité avant même que l'on ouvre la bouche. C'est flippant. Maman savait qu'il pleuvrait, elle me prévient à chaque fois. Je l'écoute rarement. Je ne l'ai pas écoutée cette fois-ci. Grand bien —mal ?— m'en fasse. Un jour, peut-être, je retiendrai la leçon.

Je m'agite légèrement sur la branche, ma position devenue inconfortable et presque douloureuse. C'est toujours trempé —pauvres fringues foutues— et désagréable. Pour autant, je n'ai pas envie de descendre. Alors, je m'étire, je bouge, je ramène une jambe contre moi, la relâche, essaie de me caler autrement. Mais rien n'y fait, je ne suis pas aussi bien que d'habitude. Et quelque chose m'inquiète. Un mauvais pressentiment ? Quelque chose du même acabit. J'ai la sensation d'être épié. Pourtant, en observant les environs, je ne distingue rien d'inhabituel. Ce sont les mêmes arbres, les mêmes buissons, le même tapis de feuilles qui recouvre le sol. Je soupire. Ils ont peut-être raison, ceux qui disent que je suis parano sur les bords. Je ferme à nouveau les yeux, abandonnant soudainement l'idée de trouver une position plus confortable que celle-ci. Mais toujours aucune envie de regagner la terre ferme. Soudain, un bruit. Faible, étouffé, mais qui n'est pas l'un des bruits habituels de la forêt. « Hm ? » Je suis sur mes gardes, et j'observe le sol, partout, dans toutes les directions. Pendant un instant, j'ai l'impression d'être à nouveau cette nuit-là ; cette nuit où j'ai évolué, dans ces circonstances que j'aurais voulu éviter. Je déglutis. J'ai peur.

Mais il n'y a rien. Rien au sol, en tout cas. Et je crois presque avoir rêvé, jusqu'à ce que j'entende un bruit plus fort, celui des feuilles qui s'agitent sous un poids inhabituels, et celui d'un cri. Je relève la tête vivement, juste assez pour apercevoir une sphère obscure qui m'arrive dessus, à toute vitesse. J'essaie d'esquiver. J'y parviens, je sens à peine son souffle près de moi, avant qu'elle n'explose juste derrière. Oh, oui, j'y parviens. Mais pas tout à fait comme je l'aurais voulu. Je me sens glisser, contre l'écorce détrempée de la branche. Je me sens glisser et, malgré tous mes efforts, pris au dépourvu, je ne parviens pas à m'accrocher à une quelconque prise. Je sens mes doigts qui dérapent, et j'avise à peine la distance qui me sépare du sol avant de le heurter. Violemment. Mon souffle est coupé sur l'instant, et je tousse, plié en deux sur un nid de feuilles pleines d'eau. Ça fait mal. Mais moins qu'avant ; j'ai eu le temps, pendant mon enfance, de connaître des chutes, parfois bien plus douloureuses encore que celles-ci. Mon corps, pourtant fragile, a fini par s'y habituer. Il n'empêche qu'il m'est difficile de respirer, et que la sensation fait naître un nœud d'angoisse dans ma poitrine. J'essaie de l'étouffer, mais c'est moi qui étouffe. 

Respire. J'inspire. J'expire. Et puis, je roule sur le côté pour me redresser légèrement. Accroupi, les cheveux dégoulinant, je me tiens les côtes. J'offre sans doute une vision des plus pitoyables à celui qui m'a attaqué —un Pokémon, en tout cas, à en croire cette sphère qui n'avait rien de faisable par l'humain. Lentement, j'agite la tête, un sourire que je devine amer accroché aux lèvres. Si j'étais mal réveillé et engourdi par le froid, cette fois-ci, tous mes sens sont en alertes, et mes muscles, même douloureux, sont tendus et prêts à encaisser un nouvel assaut. Cette fois, les yeux en l'air, j'essaie de repérer mon assaillant. Je n'ai besoin que de quelques secondes, pour distinguer une silhouette, là-haut au dessus de moi. Je déglutis, m'efforce de ne pas reculer. Je ne vois pas suffisamment, avec cet amoncellement de branches et de feuillages. Mais le peux que j'aperçois me suffit. J'hésite à riposter. J'ai peur ? Je ne sais plus vraiment. « Hmpf... Sors de là ! » je lance à la cantonade, d'une voix rauque. Précautionneusement, je me redresse, peu rassuré à l'idée d'être au sol quand l'autre ne l'est pas. Je m'éloigne de l'arbre où il se trouve, dans l'espoir que m'atteindre sera plus compliqué pour lui s'il se décide à s'en prendre de nouveau à moi. Dans l'un de mes mouvements, je crois distinguer un faible éclat de bleu. Qu'est-ce ? « M'oblige pas à riposter... » ... enfoiré, je me suis retenu d'ajouter. Ne pas provoquer celui qui est en position de supériorité. Jamais. C'est dangereux.
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:13

[size=36]L[/size]
a sphère avait quitté sa main pour fuser droit en direction de l'intrus. Noa n'en revenait presque pas. Il avait réussi à contrôler son attaque, la matérialisation tout comme la trajectoire. Il avait le sentiment que ce n'était pas encore tout à fait parfait, mais c'était un pas de géant vers la maîtrise totale. Fier de lui, il faillit presque en oublier l'étranger. Ni une ni deux, il disparu de nouveau dans les feuillages, se dissimulant aux milieux des feuilles noires. Ce n'était pas là une preuve de lâcheté, loin de là. Mais Noa avait toujours agit ainsi : dissimuler dans les arbres, en hauteur. Il avait une meilleure vue sur son adversaire et sa cachette lui permettait de réfléchir sans être repéré. Il avait également conscience qu'il n'était pas une montagne de muscles et que le corps à corps ne lui convenait guère. Il devait attaquer à distance tout en restant à couvert. Il avait l'avantage du terrain, alors autant l'utiliser à bon escient.

Ainsi dissimulé, Noa balaya les environs du regard. L'intrus n'était plus sur la branche. L'hybride ne tarda cependant pas à le repérer. Il est au sol mais l'attaque Ball'Ombre ne semble pas l'avoir touché. Juste déstabilisé au point de le déloger de la branche. L'adolescent l'observa en silence tandis qu'il se redressait, se tenant les côtes. Il semblait bien faible, ce gars-là. Déjà il semblait avoir chopé un rhume et, en plus de ça, sa chute de l'arbre ne l'avait pas épargné. Pourtant, cette branche n'était pas si haute que ça. Néanmoins, Noa avait la certitude que ce type n'était pas un néophyte, qu'il était d'ailleurs davantage un habitué de la forêt – malgré tout ce qui en prouvait le contraire. Il ne saurait vraiment l'expliquer, mais il avait cette étrange sensation. Et ça le rendait bien curieux …

Se faufilant doucement hors du feuillage, il glissa le long de la branche humide pour se caler contre le tronc. Il était plus facile de l'observer dans cette position. L'intrus s'était finalement relevé et se dressait au milieu des arbres, semblant chercher son agresseur du regard. Ce dernier ne bougea pas d'un iota, même quand ses yeux se braquèrent finalement dans sa direction, lui sommant de se montrer. Noa retint un petit rire. Les anneaux cerclant ses oreilles brillèrent très légèrement tandis qu'un nuage gris s'éloignait de la lune, lui permettant de se dévoiler quelques instants avant d'être de nouveau dissimulée. Se montrer ? Pourquoi faire ? Pas qu'il avait grand chose à craindre mais il était bien, là haut perché. Ou alors n'appréciait-il pas de se sentir si vulnérable ?

Furtivement, Noa bondit sur la branche où, quelques instants auparavant, l'inconnu était allongé. Ce dernier ne pouvait pas encore le voir totalement, mais il s'était tout de même rapproché. L'adolescent était un peu moins en hauteur, même s'il restait en position de supériorité vis-à-vis de l'intrus. Il ne semblait d'ailleurs ne pas connaître Noa. Pourtant, tout ceux qui venaient ici savaient qui habitant les bois en bordure de la ville. Les villageois de Cimetronelle prenaient soin d'avertir les touristes, histoire qu'ils ne se fassent pas attaquer sauvagement lors d'une simple balade en forêt. Noa n'occupait pas toute la superficie des bois, mais il fallait éviter ce qu'il avait proclamé être son territoire. Il laissait des marquages très visibles sous la forme de larges griffures sur les troncs, histoire de signaler son périmètre. Mais certains n'y faisait pas attention …

… Certains comme celui-là, sûrement. Il avait voulu se balader dans la forêt sans se rendre compte qu'il avait franchit une limite, une frontière invisible. Mais Noa n'avait que faire, que ce soit une entrée délibérée ou non. Du moment que l'on foulait son territoire, il fallait s'attendre à ce qu'il vous tombe dessus comme une faucheuse. On avait déjà essayé de l'endormir, par le passé, en lui disant que ce n'était qu'une erreur, qu'on ne recommencerait pas. Mais ce n'était que des mensonges, des paroles en l'air. Les gens n'ont pas de parole, leur bouche ne sait vomir que tromperies et bobards. Noa ne tenait plus à tomber dans le panneau. Tout le monde logeait à la même enseigne, désormais. Erreur ou non, le châtiment était le même. Il appartenait aux autres de fuir sans se poser de question ou se confronter au maître des lieux.

▬ Riposter ? Désolé mais tu ne m'as pas l'air bien costaud, dans ton genre.
La voix de Noa, sarcastique, résonna dans la forêt silencieuse. Ce n'était que de la provocation pure, puisqu'il se doutait bien que son vis-à-vis n'était pas aussi faible qu'il en avait l'air. S'il se sentait capable de riposter malgré la démonstration de force de son assaillant, il devait avoir plus d'un tour dans son sac. S'adossant contre le tronc dans une pose nonchalante, Noa secoua ses oreilles hybrides afin d'en déloger les gouttes de pluie s'y étant accumulées. Il se laissa glisser le dos contre l'écorce jusqu'à s'asseoir sur la branche, avant de se laisser aller en avant, s'y allongeant comme si rien n'était. L'intrus n'était pas loin de lui, à quelques mètres à peine. L'adolescent Noctali se rapprochait peu à peu, comme une bête traquant sa proie, prenant son temps avant d'attaquer. Noa prenait des risques en s'approchant autant, mais il avait les moyens de se débarrasser efficacement de ses assaillants en cas d'attaque. Ses muscles bandés étaient près à riposter à tout instant.

▬ Si tu tiens tant à me voir … Viens donc me chercher. Mais fais attention en grimpant Je ne voudrais pas que tu glisses et tombes à nouveau …
Le tout accompagné d'un sourire suffisant aux lèvres, comme si ce petit jeu l'amusait beaucoup. 
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:13

Rien. Aucune réaction de la part de l'autre, perché là-haut. Je retiens un grognement, pas vraiment vexé, mais agacé de n'avoir pas le droit à plus de considération. Et puis, bordel, depuis quand on s'en prend à un inconnu en pleine forêt ? Je grince des dents, passablement irrité. Comme pour ne plus trop y songer, et dans l'espoir de me détendre un peu, je passe une main dans mes cheveux. Et je renifle. J'ai vraiment chopé un rhume ; charmant. Je l'aurais cherché, après tout. Je sursaute au bruissement soudain que j'entends au dessus de moi ; il n'est plus là-bas. Je lève la tête, et je suis pris d'un mouvement de recul en m'apercevant qu'il a simplement rejoint cette branche de laquelle je viens de tomber. Je fronce le nez et, lentement, je contourne ladite branche, sans jamais lâcher des yeux cette silhouette qui se détache faiblement du tronc bien sombre. Mes yeux ont beau être habitués à l'obscurité, apercevoir l'éclat de la lune à nouveau ne me ferait pas de mal. L'astre nocturne me manque, quoiqu'on en dise, et je ne sais pas apprécier véritablement une nuit si elle n'est pas là, au dessus de ma tête. Je la devine derrière les épais nuages, mais rien de plus. Ils ne disparaîtront pas, même pour mon bon plaisir. 

« Riposter ? Désolé mais tu ne m'as pas l'air bien costaud, dans ton genre. » Un sifflement s'échappe d'entre mes dents. Je le sais bien. Et, pourtant, ce n'est pas faute d'aimer la forêt plus que je n'aime le reste du monde, et de la parcourir en long et en large depuis des années sans que rien ne change. Toujours aussi faible, Rhap. Ça fait bien rire mon père. Je retiens un ricanement amer. Mon regard se pose un peu plus loin, là où je ne distingue plus rien du tout. Je frissonne. Encore. Moi qui pensais que le froid m'avait foutu la paix, il revient au grand galop, l'instant d'adrénaline passé. L'espace d'une seconde, je suis tenté d'user d'Onde Folie, qui ne me demande pas de l'approcher ; ce serait le faire taire et puis m'en aller sans même attendre qu'il ne reprenne ses esprits. Ce serait lâche. Mais ça me ressemble.Pourtant, je ne le fais pas. De toute façon, il s'agite à nouveau, avant que je n'ai pu me décider. Je relève les yeux, il paraît soudainement beaucoup plus proche, allongé sur la branche et son regard fixé sur moi. Je ne m'écarte pas, cette fois. Je le distingue peu, mais, rien qu'à deviner ses traits fins et le ton de sa voix, je suis prêt à parier qu'il n'est pas beaucoup plus vieux que moi ; pas majeur en tout cas. Je ne crois pas. 

Je me détourne légèrement, dans l'optique de m'en aller et de le planter là, mais sa voix s'élève à nouveau, et je me fige. « Si tu tiens tant à me voir… Viens donc me chercher. Mais fais attention en grimpant Je ne voudrais pas que tu glisses et tombes à nouveau… » Je lui lance un regard, par dessus mon épaule. J'esquisse un sourire forcé, narquois. Il me provoque. Je suis tenté d'y répondre, mais peut-être que je ne devrais pas. Oh, non, il n'est jamais conseillé de réagir face à ceux qui vous cherchent des noises. C'est en agissant de la sorte que l'on s'attire les ennuis. Mais qui a dit que j'étais sage, prudent et raisonnable ? Surtout pas moi. Du coin de l’œil, j'avise l'arbre, les branches. J'y suis déjà grimpé un peu plus tôt mais, cette fois, je voudrais monter plus haut. Au dessus de lui. Les prises devraient être simples ; peut-être glissantes, mais ce ne sera pas une première. « Avec une telle invitation, je ne peux pas refuser... » je rétorque, avec ce même sarcasme qui perce dans sa voix à lui. L'instant d'après, je m'élance pour escalader l'arbre, avec une agilité qui me surprend moi-même. Sans doute cette fierté qui m'empêche de paraître trop hésitant ou trop maladroit. Je ne veux pas lui offrir une nouvelle raison de rire de moi. 

Rapidement, je suis à peu près à la même hauteur que je l'étais avant, mais de l'autre côté du tronc. Une légère impulsion, et je suis sur une autre branche, plus proche de l'inconnu, très légèrement au dessus. De là, je le vois. Plutôt fier de n'avoir, cette fois, pas glissé, jamais dérapé, j'affiche un sourire satisfait. « Alors ? » je minaude, en m'installant sur la branche. D'ici, je peux l'observer un peu plus en détails. Ses oreilles... Non ? Je cligne des yeux, pris au dépourvu. C'était ça, l'éclat bleu ? Je me retiens de la moindre réflexion ; mon regard ne m'en laisse pas le temps, aventureux comme il est. Il a découvert la peau dénudée de l'adolescent en face de moi. Je sens le feu qui me monte aux joues, et je me détourne de cette vue, bien heureux que l'obscurité qui nous entoure ne lui permette sans doute pas de deviner mes rougeurs soudaines. Depuis quand on se balade nu en pleine nature ?Et putain, ce qu'il fait froid. De toute façon, mon haut est foutu, détrempé. Il ne sert plus à rien. Alors, je le fais passer par dessus ma tête pour le retirer, le roule en boule, et le jette à la figure de mon assaillant. Je n'ai pas plus froid, même comme ça. Preuve qu'il ne m'était plus d'aucune utilisé, mouillé comme il l'était. « T'attaques souvent les promeneurs, sale gosse ? » Et c'est toi qui dis ça, Rhap... Je tique. Je reste sur mes gardes. Sait-on jamais, s'il essaie de me faire tomber à nouveau.
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:13

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a langue est l'arme plus redoutable qui soit. Les mots blessent plus que les coups. La douleur physique s'amenuise avec le temps. La souffrance morale perdure, demeure, s'éternise. Parfois même, elle peut évoluer, devenir plus insupportable encore, plus douloureuse. Il n'existe pas de remède à ce genre de blessure. Le seul médecin, c'est nous-même. Nous sommes les seuls à pouvoir venir à bout de nos propres contusions internes. On a beau dire que la présence d'une épaule réconfortante sur laquelle s'appuyer et d'une oreille consolatrice à laquelle se confier sont des aides précieuses à la guérison, ça ne reste pas moins que de simples assistances qui, à elles seules, ne viennent pas à bout de la douleur. Nous seul en sommes capable. A nous d'être fort pour la surmonter et l'éradiquer.

Noa avait très rapidement comprit que les verbes valaient mieux que les poings. Il avait apprit à les manier avec suffisamment d'intelligence pour les adapter à n'importe quelle situation. L'adolescent ne cherchait évidemment pas à causer une blessure morale conséquente à autrui. Il s'était arrêté au stade de la provocation, lorsque les mots piquent mais n'écorchent pas. Il ne voulait pas terrasser ses adversaires. Juste leur faire comprendre qu'ils n'étaient pas les bienvenues ici. Évidemment, Noa se montrait moins clément avec les récidivistes. Vous me direz sûrement « pourquoi ne tente-t-il pas de discuter avec les intrus, plutôt que les attaquer ? »

La réponse est simple. Il ne veut pas prendre le risque d'être lui-même blessé. Il a déjà tenté par le passé, d'user de la langue et non des poings. Mais qui donc écoute un adolescent ? Pire, qui écoute un adolescent ayant décidé que la forêt lui appartenait lors de son retour à la vie sauvage ? Aux yeux de la plupart des gens, Noa n'a aucune crédibilité, ce n'est qu'un gamin un peu bizarre qui s'adonne à de drôles d'activités et dont les parents ne devaient pas être bien fiers. Rares sont les personnes qui essaient de le comprendre. Le sont encore plus ceux qui le comprennent. De ce fait, le jeune Noctali avait essuyé des défaites douloureuses par le passé. Il avait alors comprit que s'il voulait être prit au sérieux, il n'avait pas drôle choix. Il devait attaquer.

Autrefois, peut-être aurait-il essayé de discuter avec cet intrus avant de l'attaquer. Peut-être. Mais le passé reste dans le passé, Noa ne compte pas changer. Ni prendre le risque d'être blessé de nouveau. Qu'importe ce que l'autre faisait ici, qu'il soit chargé de bonnes ou de mauvaises intentions. Le châtiment restait le même. Et contrairement à la plupart des autres, ce gaillard-là n'avait pas fuit. Ni suite à l'attaque Ball'Ombre, ni suite aux provocations. Encore mieux, il y répondait, s'élançant contre l'arbre afin d'y grimper avec l'habileté d'un Capumain. Noa se redressa légèrement lorsqu'il arriva à sa hauteur, puis se releva totalement quand il se hissa sur une branche légèrement plus haute que celle sur laquelle il s'est lui-même assit. Il exhibe un sourire fier, comme s'il n'était au préalable pas sûr de sa réussite.

Un petit sourire tord les lèvres de Noa. Ses impressions se justifiaient : il s'agissait bien là d'un habitué de ce genre d'activité. De sa hauteur, l'inconnu semble observer, dévisager son agresseur. Ce dernier le laisse faire mais reste sur ses gardes, prêt à encaisser ou riposter à la moindre attaque. Mais tout ce qui vient dans sa direction, c'est un t shirt roulé en boule qu'il évite facilement, l'observant tandis qu'il atterrit au milieu des feuilles trempées, au sol. Un grondement vibre dans sa gorge tandis qu'il lance un regard lourd d'avertissements à l'étranger. S'il commence à jouer avec ses nerfs, il ne rentrera pas chez sa mère en un seul morceau, foi de Noa. D'autant plus que son seuil de tolérance n'était pas le plus grand qui soit …

▬ T'attaques souvent les promeneurs, sale gosse ?
▬ Seulement ceux qui sont assez cons pour venir ici.
Les yeux bleus océan de Noa observent avec assistance cette jambe qui pendouille dans le vide, juste sous son nez. Tentatrice, presque aguicheuse. Une idée lui traverse l'esprit. Il a envie de le faire descendre de son trône, à ce petit prince des bois. Il semble ignorer qui règne ici, alors il doit le lui montrer. Histoire qu'il ne reparte pas totalement con de leur entrevue. Alors l'adolescent se redresse, s'approche de cette jambe qui hésite presque à mordre, pendant un court instant. Mais il se retient, il ne tient pas à avoir le goût du sang dans sa bouche, ce soir. De toute façon, Noa ne veut pas le blesser physiquement. Juste mettre un petit coup dans son orgueil. Car cet étranger semble y tenir. C'est ce qui l'avait poussé à grimper jusqu'ici. Son ego n'accepte pas d'être traîné dans la boue d'une telle manière.

Ni une ni deux, les doigts de Noa s'agrippent au mollet de l'intrus. Et aussitôt, le tire vers le bas, afin de le déloger de sa branche et le renvoyer à sa véritable place : c'est-à-dire au sol. A ses pieds. En dessous de lui. Néanmoins … tout ne se passa pas comme prévu. Oui, il parvint à le tirer, à le faire glisser de son perchoir mais il n'avait pas prévu qu'il serait emporter dans la chute. L'écorce trempée sous ses pieds ne l'épargna pas. Et malgré ses tentatives pour se raccrocher, il finit sa course de la même manière que l'étranger : droit dans un buisson … d'épineux. Pestant, gigotant comme un fou furieux pour se défaire des ronces l'emprisonnant jalousement, Noa s'en extirpa finalement avec difficulté, le corps éraflé ça et là par les épines cruelles et barbares. Sa peau le brûlait et le démangeait à la fois. Certaines échardes s'étaient même mêlées aux poils de ses oreilles et de sa queue de Noctali.

▬ Fait chier, putain ! Ça pique cette merde ! C'est ta faute ça, espèce de crétin sans cervelle ! T'as rien à foutre ici, alors dégage avant que je ne te réduise en charpie !
La colère brûlait d'un feu ardent dans ses pupilles dilatées tandis que la rage lui retournait le ventre. Noa s'était montré patient, jusque là. Mais la limite avait été franchit. Si l'étranger ne prenait pas vite la poudre d'escampette, le maître des lieux ne donnait pas cher de sa peau ...  
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:14

Je suis fier de ma petite victoire. C'est idiot, puéril, juste mon orgueil que je ne voulais pas voir plus écorché qu'il ne l'a déjà été lorsque je suis tombé de l'arbre. C'était ridicule, je crois, et je me devais au moins de réparer cette petite casse. Je crois que c'est réussi. Sur ses lèvres aussi, un sourire se dessine, mais ce n'est pas le même que moi, et ça n'est pas non plus un geste des plus sympathiques, des plus avenants. Je fais plutôt face à un rictus à la limite du méprisant mais, cette fois, je ne m'en préoccupe pas. Enfin, j'essaie. J'essaie, mais ce type m'irrite. Il sait les mots qui font mal à un garçon, à un adolescent un peu trop fier qui déteste avoir tort. Pourquoi ? Parce qu'il est pareil, peut-être ? Allez savoir. Je ne me défais pas de mon sourire, même si j'en viens à me désintéresser de lui. Il y a le goût de mon succès sur la langue, et je crois que je m'y habitue tellement vite que je ne songe même pas au fait que lui, mon agresseur, est toujours là, et qu'il n'en a sans doute pas fini avec moi. Enfin, j'y songe, mais je n'accorde pas de crédit à l'hypothèse qu'il puisse véritablement recommencer. La pulsion première s'en est allée, n'est-ce pas ?Oh, bon sang, ce que j'ai été stupide. Il m'insulte.

Il m'insulte, indirectement, et je fais le choix de ne pas relever. Je lui adresse simplement un regard en coin, l'espace d'un instant. Juste con ? Peu mieux faire. Je hausse les épaules, et puis me laisse aller à fermer les yeux. Je prends un peu trop d'assurance, sans doute, mais c'est comme pour le narguer, le narguer qu'il soit, cette fois-ci, en position d'infériorité. De peu. Mais il l'est. C'est symbolique, cette maigre distance qui me place au dessus de lui. C'est tellement rien, mais c'est aussi tellement énorme à la fois. Ça le dérange ? Je ne sais même pas. Mais je crois que si ça n'avait pas été le cas, je ne sentirais pas soudainement un poids sur ma jambe, qui me fait basculer de cette branche sur laquelle j'étais si bien. Je glisse. J'ai comme un sentiment de déjà vu. Rien qu'à me sentir partir sur le côté, mon corps se prépare à encaisser une nouvelle rencontre avec le sol. La chute est brève, mais l'atterrissage est douloureux. Je sens un millier de petites aiguilles qui me transpercent la peau, viennent se loger sur chaque surface laissée à découvert. « Aïe ! » Ça venait du cœur. Et je regrette largement d'avoir retiré mon haut, qui m'aurait sans doute épargné la douleur de quelques épines dans le dos. 

Je les devine qui s'agrippent à moi quand je m'extirpe difficilement du buisson assassin, non sans y laisser quelques grognements agacés et douloureux. Au moins, je ne suis pas tombé seul. Tel est pris qui croyait prendre, comme on dit. Bien fait, je ne peux m'empêcher de penser, en voyant l'autre qui a subit le même sort. Lui, nu, ne disposant d'aucune couche de vêtements susceptible de le protéger un minimum. Mes jambes, au moins, paraissent avoir peu souffert —ou elles sont juste habituées à flirter avec les ronces des sous-bois. Je ne peux m'empêcher de frotter mon bras le plus atteint, comme si ça pouvait atténuer un peu cette horrible sensation de démangeaisons. Mais rien n'y fait —c'est même pire encore. Assis au sol, rendu insensible au froid du sol gorgé d'eau grâce à la douleur de la chute, j'entends soudainement la voix pleine de rage de l'autre qui s'élève. Je lève les yeux dans un sursaut, totalement surpris. « Fait chier, putain ! Ça pique cette merde ! C'est ta faute ça, espèce de crétin sans cervelle ! T'as rien à foutre ici, alors dégage avant que je ne te réduise en charpie ! » J'aurais presque pu oublier son existence, s'il ne m'adressait pas la parole d'un air si... si agressif. Comme si, d'un instant à l'autre, il comptait bel et bien mettre sa menace à exécution, et m'arracher la gorge. 

Pourtant, je ne fais même pas mine de vouloir m'en aller. Je ne lui donnerai pas ce qu'il veut. Je me relève lentement, tâchant de ne plus martyriser mon bras déjà griffé de pars en pars. Mais je ne m'éloigne toujours pas. Il va me tuer. Il pourrait bien essayer. Il en serait capable ? Il n'a pas la dégaine de l'assassin. Juste du gamin frustré pour je ne sais trop quelle raison. Un peu comme moi ? « Non. Je pars si j'veux. » Je secoue la tête. « C'est toi qui as voulu m'faire tomber ; la roue tourne et t'as ramassé aussi. » J'esquisse un sourire des plus narquois. Et puis, soudain, je fais un pas vers lui, et je tends la main vers ses oreilles qui scintillent faiblement. Je m'arrête, recule. M'arracher la main, ça, aucun doute qu'il en serait capable. Je penche la tête, et mon regard descend à nouveau... sans que je n'y prenne garde. Putain. Je le remonte illico à son visage, comme si de rien n'était. Mais j'ai à nouveau les joues brûlantes. Trouve un truc pas trop con à dire, Rhap. « Ce bleu... Alors non seulement tu m'emmerdes, mais en plus tu t'permets de me ressembler. Tu m'les brises sévère, sérieux, j'pensais pas qu'un Noctali pouvait être aussi chiant.» Bravo Rhap. Bravo. J'aurais dû retenir la leçon mais, pourtant, je stagne dans la provocation. Il a joué dans cette cour, et j'y reste même s'il a changé de front. Tant pis si je dois y perdre un bout. Et puis je souris. Parce que ça passe mieux, comme ça. Surtout quand il s'agit d'un sourire moqueur. Bien sûr.
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:14

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i Noa était connu pour quelque chose, ce n'était certainement pas pour sa patience. Et pour cause : il n'en avait aucune. Il suffisait d'une simple braise pour enflammer la forêt. Et lorsque le feu est déclaré, l'éteindre n'est pas chose aisée. S'il y avait bien une personne au monde capable de lui remettre rapidement les idées en place, c'était bien sa mère. Il suffisait d'une bonne douche froide pour rendre à son fils ses idées claires. Et dans le sens littéral du terme – Mizu étant une Aquali, il ne faut pas l'oublier. Les mots sont inutiles pour le calmer. Ce que vous dites rentre par une oreille et ressort par une autre, il n'en a cure. Les gestes ne sont pas conseillés non plus, il serait capable de riposter plus violemment encore. Alors la seule solution qu'elle avait trouvé, c'était un bon jet d'eau en pleine figure. C'était radicale. Lorsque l'on brûle de colère, il faut nous arroser. Raisonnement logique, non ?

Néanmoins, Mizu n'était pas toujours là pour mettre un terme aux ardeurs de son fils cadet. Rhapsodie devait donc se débrouiller tout seul. Pestant, geignant, marmonnant, Noa arrachait avec précaution les épines accrochées à ses poils. Ses éraflures le brûlait, il saignait légèrement ça et là. Le sang le coulait pas – les plaies n'étaient que bénignes et pas assez profondes pour ça – mais se manifestait au milieu de quelques griffures. Ça le démangerait, affreusement, mais il prenait sur lui pour ne pas se gratter. Ça ne ferait qu'empirer s'il le faisait. Alors Noa préférait s'occuper des épines entremêlées à ses poils, grimaçant lorsqu'il tirait trop fort dessus, jusqu'à s'en arracher de toutes petites touffes sombres. Il avait l'impression d'en être envahi, que jamais il ne parviendrait à s'en débarrasser.

Pour peu, il en aurait oublié l'étranger. Les menaces lancées à son égard n'avaient pas suffit à le faire fuir. Il cherche vraiment la merde celui-là, pensa-t-il tandis que l'autre refusait clairement de débarrasser de plancher. Pire que ça, il se moquait de son infortune. Tel est prit qui croyait prendre, comme on dit. Noa n'était pas vraiment fier de lui mais il ne devait sa chute qu'au poids conséquent de l'intrus. Et à l'écorce mouillée. Voilà bien longtemps qu'il n'était pas tombé d'un arbre – et pourtant, il passait davantage de temps perché sur leurs branches qu'au sol. Il n'avait rien d'un Pokémon Insecte, Vol ou Plante et pourtant, Noa appréciait la sensation de hauteur, l'impression d'être au dessus du monde. La vue est plus vaste, plus belle de là-haut. Le monde est différent.

Lorsqu'il aperçu la main de l'intrus qui s'approchait de lui, il poussa un grognement menaçant. Ses anneaux scintillèrent faiblement, assez pour voir les joues rougies de l'étranger. Noa ne saurait dire pourquoi il rougissait – le froid peut-être ? - mais ce n'était pas comme si ça l'intéressait. Si cette main s'approchait davantage, il la mettrait en pièces aussitôt. L'autre semblait étrangement attiré par ses attributs Pokémon. Ce n'était pas la première fois qu'ils piquaient l'intérêt des curieux. La couleur particulière des anneaux cerclant ses oreilles et sa queue était la preuve irréfutable que le rare gène chromatique lui avait été légué par l'un de ses parents. Sa mère, en l’occurrence, qui n'était non pas bleue comme les autres Aquali, mais rose.

▬ Ce bleu... Alors non seulement tu m'emmerdes, mais en plus tu t'permets de me ressembler. Tu m'les brises sévère, sérieux, j'pensais pas qu'un Noctali pouvait être aussi chiant.
▬ Tu t'es regardé avant de parler ? Ca m'fait pitié que quelqu'un de mon espèce soit aussi faiblard. Une petite pluie suffit à te rendre malade. Pathétique.
Malgré tout, Noa était très surprit. Il ne pensait pas tomber sur un camarade Noctali – et chromatique ! - un jour. Il savait que cette espèce n'était pas la plus rare qui soit - son père en est un, son oncle également – mais les conditions d'évolutions n'étaient pas les plus bégignes. D'après ce que lui avait dit son père, le sujet devait être exposé suffisamment longtemps aux rayons de la lune pour évoluer en Noctali. Cela devait donc également être le cas de cet étranger. Ce qui expliquait sa présence au milieu des bois en pleine nuit. Mais ce n'était pas une raison suffisante pour que Noa lui pardonne son intrusion sur ses terres. Si l'autre voulait se promener en forêt, qu'il le fasse. Mais pas sur son territoire. Il y avait bien assez de bois aux alentours de Cimetronelle pour qu'il aille pioncer ailleurs qu'ici.

Lorsqu'il délogea finalement la dernière épine de ses poils, il poussa un petit soupir de soulagement. Les sensations de brûlure et de démangeaisons s'étaient amenuisées, mais il ne dirait pas non à une petite trempette dans un point d'eau qui coin pour y mettre fin. Heureusement que son organisme s'était habitué à la vie rude qu'il avait décidé de mener, sinon il n'aurait pas fait long feu dans cette forêt. Voilà bien longtemps qu'il ne s'était pas enrhumé. Pourtant, cela semblait être monnaie courante chez son vis-à-vis. Ne passait-il pas suffisamment de temps dehors ou était-il simplement trop faible ? En tout cas, il ne tiendrait pas longtemps s'il décidait, un jour, de vivre comme Noa. Il y passerait dès le premier hiver, aucun doute là-dessous. Si une petite pluie d'automne l'enrhumait, une gelée d'hiver le tuerait.

▬ Ton odeur m'est familière, mais je sais pas pourquoi. T'es de la ville, pas de doute, mais ce n'est pas que ça. Mais c'la première fois que je croise un gars comme moi.
Lentement, Noa se mit à tourner autour de l'étranger, tel un prédateur épiant sa proie. Il ne dévoilait pas ses attributs, malheureusement. L'adolescent aurait voulu les voir, vérifier qu'ils étaient bien semblables, qu'ils étaient du même bleus, qu'ils brillaient tout autant. Maintenant qu'il y faisait plus attention, il devait avouer que la ressemblance était frappante. Mis à part le fait qu'il soit un peu plus gringalet que lui, l'étranger arborait la même chevelure sombre, les mêmes yeux saphirs. C'était assez déstabilisant, comme s'il se regardait dans un miroir.

▬ Je vais t'apprendre quelque chose que tu sembles ignorer. Ici, c'est chez moi. Mon territoire. Et je ne tolère pas qu'on y pénètre et qu'on s'y installe comme tu l'as fait. Quelque chose à dire pour ta défense ? Même si je m'en fous un peu, en vérité, de tes excuses bidons.
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:14

Il n'attaque pas. Il pourrait, comme je ne lui obéis pas —ce n'est pas dans mes habitudes de courber l'échine. Mais il ne le fait pas. J'ai sans doute bien fait de retirer ma main, cependant ; je n'aurais pas donné cher de sa survie si je l'avais laissée entre ses griffes —façon de parler, quoiqu'il me donne bel et bien l'image d'un chat hargneux. Je me tiens à carreaux ; ou presque, et il n'attaque pas. Mais il rétorque à mes provocations, pour sûr. « Tu t'es regardé avant de parler ? Ca m'fait pitié que quelqu'un de mon espèce soit aussi faiblard. Une petite pluie suffit à te rendre malade. Pathétique. » Je grimace légèrement. Comme si j'avais choisi. Pour autant, je ne lui réponds pas. Je hausse vaguement les épaules, contrarié, vexé aussi, peut-être. Mais il n'a pas tort. Je ne sais pas d'où lui vient cette résistance au froid, il n'a même pas l'air atteint alors qu'il se fait déjà mordant. L'hiver sera pire encore. Il sera au chaud chez lui, hein ? Une part de moi en doute. Et je me sens pitoyable, d'être un Noctali aussi faiblard qu'il le dit. Maman n'aime pas que je sorte quand il fait froid, quand il pleut ; ce n'est pas pour rien. C'est bête. Mais qu'importe combien de temps je reste dehors, mon système immunitaire me fait la gueule. Rien à foutre que j'essaie de m'endurcir, il se braque au moindre coup de vent, et c'est foutu pour ma gorge et mes sinus. C'est foutu pour ma liberté, aussi, si je m'avise de renifler, de tousser une seule fois devant ma mère. L'Enfer.

Je passe une main dans mes cheveux, et j'y sens des épines, faites prisonnières dans ma tignasse. L'une d'elles me griffe le doigt, mais j'arrive à la retirer l'instant d'après. il y en a quelques unes qui tombent, je les sens glisser contre mon dos pour venir s'échouer au sol. Il en reste, sans doute. Mais il me faudra un peigne et de la patience pour réussir à m'en débarrasser —et je n'ai véritablement aucun des deux à l'instant précis. A nouveau, la voix de mon interlocuteur s'élève. « Ton odeur m'est familière, mais je sais pas pourquoi. T'es de la ville, pas de doute, mais ce n'est pas que ça. Mais c'la première fois que je croise un gars comme moi. » Je penche la tête. Familière ? Je fronce les sourcils. Est-ce qu'il me dit quelque chose ? Je ne sais pas. Peut-être. Mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. C'est peut-être sans importance, au fond. « C'est la première fois aussi. J'pensais pas qu'il y en avait un autre, à Cimetronelle. J'aimais bien être le seul Noctali aux anneaux bleus du coin. » Pour autant, je ne sais pas si ça me déplaît vraiment, qu'il y ait un deuxième représentant des chromatiques dans le coin. Peut-être que j'aurais voulu un camarade un peu moins... agressif dans son genre. Mais c'est mieux que rien je suppose, même s'il demeure bien peu avenant à mon égard.

Il me tourne autour, tout d'un coup, et je ne prends même pas la peine de le suivre du regard. Je lève la tête vers le ciel, il y a de gros nuages sombres qui s'amoncellent. La pluie que je sentais venir ne va sans doute pas tarder à s'abattre, et je crains que le temps qui se réchauffe et s'alourdit ne soit le signe d'un orage qui vient peu à peu vers nous. J'aime l'orage. Mais maman va criser que je ne sois pas à la maison s'il arrive. J'esquisse un sourire en coin ; sourire qui disparaît quand l'autre parle. « Je vais t'apprendre quelque chose que tu sembles ignorer. Ici, c'est chez moi. Mon territoire. Et je ne tolère pas qu'on y pénètre et qu'on s'y installe comme tu l'as fait. Quelque chose à dire pour ta défense ? Même si je m'en fous un peu, en vérité, de tes excuses bidons. » Je cligne des yeux. « ... Hein ? » Et puis, ça atteint le neurone chargé du traitement des informations, et je secoue la tête. « Rien à dire. Juste que j'n'en avais aucune foutue idée. C'est pas commun, de se faire agresser par quelqu'un, comme ça, en forêt, tu sais... » Je hausse les épaules. « Je surveille jamais le coin où je vais, de toute façon. » Je soupire, et m'écarte pour venir m'appuyer contre l'arbre dont nous sommes tombés, évitant soigneusement notre ami buisson-qui-pique. L'écorce est froide. J'avais presque oublié que j'ai balancé mon haut à la tronche du mec. Et je l'ai raté, en plus. Dommage.

Je le regarde en coin, une moue soucieuse au visage. Et puis, je me décide à faire ce à quoi j'aurais peut-être dû penser dés le début. Je les dévoile. Mes deux oreilles sombres, cerclées d'anneaux bleus, vestiges d'une époque que je n'ai pas connue. En les agitant au dessus de ma tête —sensation à laquelle je ne suis pas habitué— je parviens à distinguer la lueur ternie. La lune n'est pas là pour les faire luire comme lorsqu'elle est découverte. J'en suis presque triste, au fond. Mais ce n'est pas grave. « Voilà... Tu les montres tout le temps, toi ? » Distraitement, je m'approche pour venir récupérer mon haut abandonné sur le sol, et je l'essore un peu. Pour autant, je ne le remets pas ; je commence tout juste à m'habituer à ne plus avoir cette fringue détrempée sur moi. Et ce n'est pas désagréable, que de ne plus avoir cette chose collante qui ne ressemble plus vraiment à un t-shirt étant donné son état. Je le garde à la main, et j'adresse un regard à celui d'en face. Je ne sais toujours pas comment il s'appelle. Il me faut un temps, avant d'oser le lui demander. J'ai presque l'impression que la moindre question va me coûter la peau et quelques touffes de poils —avec mes oreilles, maintenant, j'en ai quelques unes à perdre. « Si ça peut t'aider à te souvenir si l'on s'est déjà croisés, j'm'appelle Rhapsodie. Et toi ? » Je n'ai pas éprouvé le besoin de lui mentir. Je ne pense pas que ce soit un mec dans son genre qui me mettra en danger. Oh, non, lui n'est qu'un sauvage qui se plaît dans sa forêt, il faut croire. C'est chez lui, il a dit.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa   Dim 30 Juil - 2:15

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'air porte l'odeur de pluie. Pas celle qui est déjà tombée. Celle qui arrive. Des nuages gris s'amoncellent dans le ciel déjà bien trop sombre. La lune ne sera pas au rendez-vous ce soir, elle est retenue prisonnière par les cumulo-nimbus et leur clique d'amis. Les premières gouttes ne tarderons pas à se manifester. Une preuve irréfutable de l'automne s'installant petit à petit sur Cimetronelle et Hoenn tout entier. Les feuilles prennent des teintes rouges, jaunes et oranges. Le vent devient frais et porte des odeurs de terre mouillée. Les nuits sont font plus froides. Les jours raccourcissent. Les petits animaux de la forêt commencent à faire leurs réserves pour leur hibernation. Et surtout, il pleut. Du soir au matin, du matin au soir. Le sol devient spongieux, l'écorce glissante. Les fleurs se fânent. Les arbres se dénudent. La nature se déshabille, range ses robes et se prépare doucement à l'hiver.

Noa ne veut pas trop s'attarder. Il doit rentrer avant la pluie. Il ne tient pas à revenir tremper à sa cabane. Il a beau avoir des défenses immunitaires d'acier, il n'est pas invincible pour autant. Néanmoins, l'adolescent ne peut pas s'en aller et laisser le crime de cet inconnu impuni. Et même s'il prétend ne rien savoir de cette histoire de territoire et tout ce qu'elle incombe, Noa n'est pas décidé à le laisser s'enfuir aussi facilement. Certes, ce n'est pas courant de rencontrer quelqu'un qui nous ressemble tant, et il serait tenté de le questionner sur sa nature, mais il ne doit pas céder à sa curiosité. Sa forêt passe avant tout, avec ses questionnements et ses envies personnelles. En choisissant d'y habiter, il avait scellé un pacte avec elle : elle devenait sa priorité. Ce qu'il devait protéger, envers et contre tout. Des ennemis comme des amis.

Et le fait que l'intrus semble prendre tout ça à la légère l'énerve. Qu'il ne veuille – ou puisse – pas comprendre, tant pis pour lui. Mais au moins qu'il saisisse l'importance qu'a tout cela aux yeux de Noa. Ce dernier suit son double des yeux tandis qu'il va s'adosser contre l'arbre. Ils se dévisagent en chiens de faïences, silencieux, tendus. C'est alors que fusent de la chevelure sombre de l'étranger deux oreilles noires cerclées d'anneaux bleus clairs. Il les agite au dessus de sa tête, elles brillent faiblement. La lune ne peut les admirer. Elles semblent s'en attristées, comme celles de Noa. La vision est troublante. Ces paires d'oreilles se ressemblent. Trop. Beaucoup trop. Noa a l'impression que, s'il bouge son oreille droite, celle de son double bougera également. Comme dans le reflet d'un miroir..

▬ Voilà... Tu les montres tout le temps, toi ?
Noa ne répond pas, se contentant de le suivre du regard tandis que l'autre va récupérer son t shirt, jusque-là gisant sur un tapis de feuilles jaunies. Il l’essore, le débarrassant du mieux qu'il peut de l'eau accumulée par le tissu. Inutile, le vêtement est foutu. Même Noa en est conscient. Pourtant, les habits et lui, ça fait deux. Il n'apprécie pas la sensation d'un vêtement, aussi léger soit-il, contre sa peau. Il a l'impression d'étouffer, d'être prisonnier. Les vêtements sont, d'après les autres, une seconde peau. Pour Noa, s'en est une troisième. Car son apparence humanoïde, son corps, est déjà une deuxième peau pour lui. Un costume qu'il ne peut retirer. Un apparat greffé à sa véritable nature pour ressembler aux autres, entrer dans un moule. Arceus a voulu façonner les Pokémon à l'image des êtres humains afin de les mettre sur un pied d'égalité. Créer une homogénéité. 

Et pour quoi, au final ? Rien. Les hommes sont aussi fous, voir plus encore. Ils n'ont aucun scrupules, ni aucune pitié, même vis-à-vis d'êtres qui leur ressemblent. Les hommes sont déjà des loups pour les hommes. Ils s'entretuent alors qu'ils sont pareils, semblables. Façonnés dans le même argile. Qu'importe à quel point un hybride peut ressembler à un homme. Ils seront toujours considérés comme inférieurs. Parce que les êtres humains aiment se sentir supérieurs. Avoir du pouvoir entre les mains. Se dire qu'ils valent mieux que n'importe quel être vivant peuplant cette terre. Siéger sur un trône, le monde à leur pied. L'homme se croit intelligent, se considère comme l'être suprême. Mais il n'est rien de moins qu'un morceau de chair, de sang et d'os, qui vit, qui meurt. Comme tout le monde.

▬ Si ça peut t'aider à te souvenir si l'on s'est déjà croisés, j'm'appelle Rhapsodie. Et toi ?
▬ Noa. Ton prénom me dis quelque chose. C'est pas commun. C'est même grave bizarre.
On en croise pas à chaque pâté de maison, des Rhapsodie. Ses parents ont joués au Motus à sa naissance pour inventer un truc pareil ou quoi ? On a pas idée de donner un tel nom si compliqué à son gosse. Pour le coup, Noa remerciait ses parents. Trois lettres. N. O. A. Pourquoi s'enquiquiner avec une farandole de lettres ? Bref, là n'est pas le sujet. Noa est sûr de connaître ce prénom. Il ne lui ai pas inconnu. Mais il a beau se creuser la cervelle à la pelleteuse, ça ne lui revient pas. Il n'a jamais été très bon pour se souvenir parfaitement des gens, de toute façon. Sa mémoire est du genre plutôt sélective. Il a de vagues souvenirs d'une époque très lointaine, lorsqu'il fréquentait encore les bancs de l'école. Mais il était jeune, très jeune. Entre huit et neuf ans. Un camarade d'école, sûrement. L'établissement scolaire de Cimetronelle n'est pas immense, les enfants n'étaient nombreux dans les classes. Et pourtant, impossible de se souvenir si tel ou tel camarade d'autrefois était ou pas Rhapsodie.

Une goutte de pluie s'abat brutalement sur le nez de Noa, qui sursaute de surprise. Aussitôt, il lève les yeux vers le ciel. Il se remet à pleuvoir. Ca commence doucement, mais les nuages promettent qu'elle gagnera rapidement en intensité. L'adolescent jure entre ses dents serrées. Il doit se hâter et rejoindre son abris avant de finir trempé comme une souche. Cependant, il ne peut pas laisser Rhapsodie s'en tirer en si bon compte. Alors ni une ni deux, il lui saisit brutalement le poignet et s'élance dans la forêt, le tirant derrière lui, sourd à ses complaintes. Sa cabane n'est pas si loin, il suffit de remonter la côte à quelques centaine de mètres de leur lieu de rencontre pour y parvenir. La pluie commence déjà à se faire plus forte, les dernières feuillent restantes sur les arbres ne parviennent déjà plus à les protéger. Ils doivent se hâter. Noa accélère, resserrant sa prise sur le poignet de son clone. Ils n'ont pas de temps à perdre.

La côte apparaît, Noa s'élance. La terre et les feuilles glissent sous ses pieds mais il tient bon. Le poids de Rhapsodie ne lui facilite pas la tâche mais il refuse de le lâcher. Il ne peut pas le laisser s'enfuir. Il lance un regard vers les arbres. Normalement, il y grimpe pour faciliter l'ascension. Mais il ne pourra pas évoluer sur les branches tout en tenant Rhapsodie. Noa doit se débrouiller, faire face à la nature. La forêt n'est pas son ennemie, il peut y arriver. La pluie redouble alors qu'ils atteignent le sommet de la côte, mais les voilà déjà trempés. Noa en frissonne, le froid mordant sa peau. Il ne reste que quelques mètres avant de se mettre à l’abri. Il hâte le pas, s'élance, court – sans, à aucun moment, desserrer sa prise sur le poignet de son prisonnier. Enfin, la cabane est là. Noa s'y enfonce aussitôt, tirant Rhapsodie à sa suite. Dans sa hâte, il trébuche et s'étale sur son lit. Il sent aussitôt le poids de son double sur son dos … 
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Cette nuit où les étoiles m'ont guidé jusqu'à toi ; Noa
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