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 Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral

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Yûki
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:27

Je l’écoute, d’une oreille bien plus attentive que je ne l’aurais imaginé. J’esquisse un léger sourire ; lui aussi a l’air d’être l’un de ces cas qui foirent un peu tout et savent s’afficher quand il le faut le moins. Et puis, il me parle de ce que c’est, que de partir. J’entends, je comprends, quand bien même je ne le regarde pas. Il y a une phrase, deux même, qui m’arrêtent net, me coupent le souffle, me frappent de plein fouet. « Quand t'es paumé, ça t'aide à te retrouver. Et puis, t'es libre. » Je déglutis. Me retrouver. Être libre. Je baisse la tête. Libre. N’est-ce pas là tout ce que je veux, tout ce que je cherche, tout ce dont j’ai besoin, depuis qu’il m’a laissé, depuis qu’elle a disparu ? Je crois que si. 

Et pourtant, partir… Partir c’est flippant. Partir, c’est quitter tout ce que l’on connaît, nos bases, nos repères. Notre famille. Nos amis, aussi. Mais je ne sais pas si je peux vraiment songer au fait que j’en ai. Noa, peut-être. Peut-on appeler ami un clone qui a voulu vous faire la peau et puis vous a laissé dormir avec lui, à défaut de vous abandonner sous une pluie battante ? Peut-être. Alors, partir… Je ne sais pas. Mais possible que ce soit moins flippant, lorsque l’on n’est pas seul. « Être libre... » Ce n’était qu’un souffle, tellement bas que je ne suis pas certain qu’il ait pu le saisir. Peu importe.

« Cela te va bien. D'être un Noctali, je veux dire. Tu ressembles à la nuit que tu incarnes. C'est un peu comme si tu avais été façonné par le silence et le calme tombant du crépuscule. » Je ne parviens pas à réprimer le sourire qui s’imprime sur mes traits. Pour sûr, j’aime ce que je suis. J’ai toujours aimé être un Noctali. Et puis, Soliste disait la même chose. Je sens mon coeur qui se serre, et j’essaie de ne pas laisser la tristesse, ni la douleur, s’installer dans mon regard. « Et, j'aime la nuit aussi. » J’incline la tête. « Un jour, on regardera les étoiles ensemble. » Je me fige. Pourquoi j’ai dit ça ? C’est comme… si je lui promettais de le revoir. Ça m’a échappé. « Enfin, c’est pas que…! Fin… bref. Pardon. » Je ne sais même pas pourquoi je m’excuse vraiment.

Je l’observe qui vise en direction de la poubelle, lance ; la canette manque l’objectif, et de loin. Il faut croire que même moi, je suis plus doué que lui. Un tout petit peu, du moins. Son commentaire, empli d’une auto-dérision qui me plaît, m’arrache un léger rire. « J’avoue, t’aurais l’air un peu ridicule. N’empêche, j’suis sûr que certains rataient leurs captures à cause de ça, même si on n’en parle jamais. » Ça a quelque chose de marrant, d’imaginer ces dresseurs maladroits louper les Pokémons qu’ils voulaient par manque d’adresse. Il n’empêche, jamais je n’aurais cru savoir rire de quoique ce soit qui puisse avoir trait à la capture, à cette… chose dont mon père désire me tenir éloigné depuis toujours. Mais le type en face de moi n’a rien de mauvais, je crois. C’est peut-être ça, qui me rend si… confiant ? Je ne sais pas exactement. Je ne sais pas grand chose, au fond, en vérité.

En trottinant, je m’en vais récupérer mon sac, et je le remonte sur mon épaule, avant de me tourner vers Nithral, qui a poursuivi. « Oui, je voyage avec un pokémon. Il s'appelle Daeren, il se repose à l'auberge pour le moment, on a fait un long voyage il faut dire. C'est un peu dommage, il t'apprécierait beaucoup je suis sûr, il adore rencontrer de nouvelles personnes en plus. » Peut-être… que je le rencontrerai, un jour. S’ils repassent par Hoenn. Un jour… Un jour. « Daeren ? Ça fait combien de temps ? » « Ça fait un an qu'on est ensemble presque et avant, j-... » Plus rien. le silence. J’hésite à lui demander de poursuivre, je me retiens en fronçant les sourcils. Dans son regard, quelque chose vient de changer. Quelque chose ne va pas. Alors, je me tais, et j’enfonce mes mains dans mes poches, le regard baissé sur mes chaussures. L’une des rares paires encore en bon état, l’une des rares à ne pas avoir subi les escapades en forêt et les dommages qu’elles causent. 

Et c’est là que Nithral reprend la parole, change de sujet, répond à ma question. Il parle de ce pacte, de ce qu’il ressent au travers du lien. Je n’ose pas le regarder, je me contente d’écouter le son de sa voix. Il y a quelque chose, encore. Mais c’est différent. Indescriptible. Je ne sais pas vraiment ce qu’est cette nuance qu’il y a dans son ton, mais ça donne de la force à ses mots. C’est bizarre. Je ne bouge pas, sinon ma main gauche qui s’acharne sur les bords du prospectus. Je le sens qui se déchire sous mes doigts. Tant pis. Pour ce que je comptais en faire…

Le frisson qui me parcourt est irrépressible. Je n’avais jamais vu le pacte autrement que comme une façon d’enchaîner les hybrides, un peu plus subtilement qu’une laisse autour du cou ou que de menottes aux poignets. Mon père me l’a toujours clairement sous-entendu. Et j’y croyais. Pourtant, aujourd’hui, j’apprends qu’il s’agit peut-être d’autre chose, plus grand, plus fort. C’est perturbant de voir ses convictions secouées. Il ment peut-être ? Je ne parviens même pas à croire à mes soupçons, qui se dissipent aussi vite qu’ils apparaissent dans ma tête. Un mouvement sur le côté, et je relève la tête vers Nithral.

Il a la main tendue vers moi, et au creux de celle-ci repose une sphère, que je n’ai jamais vu autrement qu’en dessins et photographies dans mes livres d’école, il y a quelques années. Je ne peux retenir mon léger mouvement de recul, face à cet objet que j’ai trop longtemps tenu en horreur. Elle est toute ronde, toute lisse, luisante. Elle n’a pas cette couleur rougeoyante habituelle. Elle est colorée de mauve. Je ne me souviens pas de la signification. Je sais que le jaune témoigne d’une mésentente entre le dresseur et le Pokémon, de conflits et de pire, aussi, parfois. Mais ce mauve, non… Je ne me souviens pas. Je secoue la tête, et puis je me surprends à tendre la main à mon tour. Elle tremble, et ça me surprend un peu. A croire que cette ball va me mordre. Riez, mais je crois que c’est presque ce à quoi je pense vraiment. 

Et puis, je la touche. J’ai un léger sursaut, mais rien de plus. Elle ne me mord pas, ça ne brûle pas, ça ne me fait rien. C’est un objet comme un autre au fond, ni plus terrible, ni plus gentil. Un objet. Symbolique, certes, mais pas moins inanimé. P’pa me tuerait. Mais aujourd’hui, je m’en fous. 

Je n’ose pas me saisir de la ball, me contente de l’effleurer légèrement, comme si je craignais de l’abîmer. Possible que ce soit le cas, d’ailleurs. C’est étrange. Nithral continue, et je frissonne en levant les yeux vers lui. « Ouais, tout l’monde pense pas d’la même façon. Genre, les enfoirés qui s’prennent pour des dieux à Unys. » Je ricane, amer. Et puis je réalise. Je me tais. Ma main retombe, et s’en va se saisir du papier froissé et déchiré par endroit dans ma poche. Changer de sujet. « Non mais t’y crois, toi, qu’on veuille inscrire un musicien débutant à un tremplin ? C’te prof est cinglée, y’a tellement mieux que moi dans c’t’école. » C’est moisi, comme revirement. C’est passer du Galifeu au Ponyta. Mais j’ai un peu paniqué. Comme si ces sales types pouvaient m’entendre. J’ai flippé. Alors c’est pas grave.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:28

Surprise. Nithral écarquille un peu les yeux. Regarder les étoiles ensemble... L'autre dit ça comme si c'était une évidence, comme si un jour, ils pourraient vraiment le faire. Comme s'ils étaient destinés à se revoir de toutes manières, que ce n'était pas juste une rencontre de passage qu'on oubliait sitôt le prochain croisement de rue passé. Regarder les étoiles ensemble. Oui, ça sonne bien comme idée. Un sourire se dessine sur les lèvres du dresseur à cette sorte de promesse enfantine, maladroite, mais qu'il devine sincère. Il hoche un peu la tête, clignant lentement des yeux.

 J'adorerais admirer les étoiles avec toi, oui. 

Il est différent en bien des choses des nombreux pokémons que Nithral a pu rencontrer, en presque trois ans sur les routes. La plupart étaient indifférents à son existence, certains le fuyaient et considéraient sa maigre silhouette avec un mélange de méfiance et de dédain. D'autres étaient amicales, d'autres ont marqués son existence – Dorothy. Kayla. Daeren. Et puis certains l'ont trompé, lui ont fait du mal ou ont même essayé de le tuer. Il pense à cet Abo, cette chose horrible qu'il a fait dans cette forêt. Il pense à Eden, qui s'est joué de lui pour l'emmener jusqu'entre les griffes de Chronos, mais pour qui il ne peut s'empêcher d'avoir pitié et de vouloir l'aider. Un jour peut-être, il pourrait sauvé Eden – c'est faux, il le sait. C'est illusoire, Nithral. Il ne pouvait pas sauver tout le monde après tout. Il ne pouvait déjà pas se sauver lui-même. Mais cela ne l'empêchait pas de s'accrocher à cette idée.

Flynn était... autre chose. Il lui donne envie de sourire et de rire, comme lorsqu'il fait sa remarque sur ses talents de lanceur de cannette. Il avait eu peur, au début. Normal. Mais il n'avait pas fuit, ne l'avait pas regardé avec de la colère ou de la haine, alors qu'il serait en droit d'en vouloir aux humains. Ils ne se connaissaient pas après tout – pourtant, Nithral avait l'impression que c'était comme s'ils avaient toujours été ensemble. Comme si ce jour était de simples retrouvailles et qu'ils étaient obligés de se rencontrer. Le dresseur ne parvenait trop à mettre un mot dessus, à comprendre. C'était comme avec Kayla, comme avec Daeren. C'était une évidence – mais ça ne finirait pas comme avec Kayla, plus jamais.

Penser à feu sa Reptincel le bloque et il ne parvient à en faire part à Flynn lorsque ce dernier lui demande qui est la créature accompagnant sa route. Toujours. Peu importe à quel point il aimait le Lugia qui marchait à ses côtés aujourd'hui, peu importe si d'autres rejoignaient sa famille – pas son équipe ; sa famille. Sa meute. Kayla demeurait la première. Ils avaient grandit côte à côte en arpentant ces routes pour la première fois, ils avaient livré leurs premiers combats, connus la faim, la pauvreté et l'envie de tout envoyer balader pour rentrer à la maison se blottir sous des couvertures chaudes. Ils n'avaient pas renoncés, ensemble. Kayla avait laissé son empreinte à vie sur lui. Mais Nithral avait récemment comprit que ce n'était pas l'oublier ou lui manquer de respect que de continuer d'avancer et de se lier à d'autres. 

C'est pour cela et aussi parce qu'il lui inspire ce quelque chose que Nithral n'arrive pas à nommer, qu'il tend la ball à Flynn. Il essaie de lui expliquer le pacte, mais comment définir l’indéfinissable ? Le Noctali tremble, hésite et finalement, frôle la ball. Nithral a envie de sourire, mais il se retient. Il a l'impression de se voir, la première fois qu'il a tenu la pokéball de Kayla, juste avant qu'ils ne fassent le pacte. Malgré la théorie et même la démonstration à l'Ecole des Dresseurs, sur le moment il avait tout oublié et avait manqué de tourner de l’œil quand il s'était entaillé l'épiderme pour faire couler un peu de son sang dans la ball, le liquide rouge et épais se mêlant à celui de Kayla quand ils avaient lié leurs mains pour presser leur plaie l'une contre l'autre.

Unys. Nithral frissonne, la peur et les souvenirs désagréables rampant le long de son dos comme un serpent. Il range la pokéball à sa ceinture – ils ne me le prendront jamais. Il serre les poings et enfonce ses ongles dans sa paume pour se calmer. 

— Ouais. Je les connais. Mais eux, ils ne sont même plus humains j'en ai peur.

Il crache ses mots, comme un défi. Comme pour dire à Oswald qu'il n'était pas effrayé par lui – faux. Qu'il pourrait lui faire face de nouveau – s'il te plait, ne viens plus, laisses moi en paix. Que si jamais ils touchaient encore à Daeren, il n'hésiterait pas – cette fois, je vous tue. Nithral ferme les yeux, inspire. La colère se dissipe, la peur aussi. Ne reste que le calme, Flynn devant lui. 

Quand il rouvre les yeux, le Noctali a balayé le sujet précédent comme s'il n'existait pas et il lui en est reconnaissant. Nithral sourit.

— T'es musicien alors, tu joues de quel instrument ? C'est cool. À part le triangle, j'ai jamais réussi à faire quoique ce soit de correct, aha. 

Son regard remonte la ruelle. Il ne sait pas depuis combien de temps ils sont là, à discuter. Mais ça lui importe peu à vrai dire. Nithral se tourne de nouveau vers Flynn. Quelque chose lui chatouille les lèvres et il doit demander. Alors il ose.

— Si t'as les compétences ou pas, je sais pas je t'ai jamais entendu jouer après tout. Mais... si t'as pas envie de faire ce concours auquel ta “cinglée de prof” t'as inscrit... le fait pas. Toi, qu'est-ce que tu voudrais faire ?

Il ne parle pas seulement en terme de musique. Mais il se doute que Flynn a comprit le sous-entendu. 
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:28

Ses mots tournent en boucle dans ma tête, encore et encore. « J'adorerais admirer les étoiles avec toi, oui. » Je ne comprends pas. Pourquoi ? Il ne me connaît pas, il ne sait même pas mon vrai nom, il… Pourquoi ? C’est qu’il y a dans ses yeux tant que choses qui me poussent à lui faire confiance, que je ne sais pas m’y soustraire. Il est humain, et pourtant je n’ai pas peur. Je hais la folie des hommes, leurs pulsions destructrices, leur égoïsme, leur cruauté, je hais ce qu’ils sont, et pourtant je ne méprise pas ce qu’est Nithral. Parce qu’il y a… quelque chose. Comme un secret, un non-dit, un non-su. Une confidence silencieuse, des mots qui n’ont pas besoin d’êtres prononcées pour être entendues, pour être comprises

Je suis du regard sa main qui remet à sa ceinture celle Pokéball que j’ai à peine osé effleurer, sans trop savoir ce qui m’a effrayé, autre que les sermons de mon père et ma répulsion pour les hommes. Autre que ce dont on m’a persuadé pour m’éloigner de ce pacte étrange, dont il paraît impossible de converser en des termes justes. On a entretenu mon mépris, mon dégoût, ma répulsion sans borne, on a sagement dressé ma rancoeur pour m’écarter de cette prison que l’on me décrivait. Et maintenant… Et maintenant il y a Nithral et son discours, différent des autres. Peut-être parce qu’il est un dresseur, peut-être parce qu’il a déjà pactisé, peut-être parce qu’il y a au fond de son regard une trop grande douleur mêlée à une douceur sans borne, et à une tendresse fascinante lorsqu’il parle de ce Daeren et de ses aventures. De sa liberté. Je l’écoute, alors que je ne devrais pas ; je l’écoute alors que je devrais le fuir. Mais je ne le fais pas.

Ses doigts se serrent dans le vide, et je devine les ongles qui s’enfoncent dans les paumes de ses mains, pour m’être trop souvent entamé à étouffer la colère jusqu’à m’en faire mal. Serrer les poings, c’est saisir la rage, la souffrance à la gorge, et lutter, lutter contre elles et contre leur force dévorante, les rendre suffocantes, croire un instant que l’on peut gagner. Mais le combat est long, épuisant, douloureux surtout ; on est toujours les premiers à lâcher, à baisser les bras. Terrifiées, elles s’enfuient, s’en vont rien qu’un temps, se tapissent dans l’ombre. Et puis, un jour, elles reviennent, bave à la gueule, monstrueuses et avides de nous faire tomber. Rien qu’une fois de plus. Gagne-t-on jamais face à elles ? C’est souffrir ou mourir, pleurer ou crever.

« Ouais. Je les connais. Mais eux, ils ne sont même plus humains j'en ai peur. » Je n’ose pas croiser son regard, encore moins répondre. Je fuis, une énième fois, je change de sujet, je nous offre l’occasion de ne pas tout à fait nous briser encore sur les éclats de nos souvenirs. Il y a des choses qui valent mieux dans le silence, dans le secret, des choses que l’on doit taire si l’on tient à rester debout. Alors, pour ne pas m’écrouler, je me raccroche à ce petit bout de papier coloré, déjà déchiqueté par endroits, là où mes doigts se sont acharnés à le réduire en charpie, là où je l’ai trop froissé pour qu’il tienne le coup encore longtemps. Mais les lettres dansent toujours devant mes yeux, comme pour m’inciter à céder à leur appel. Je ne suis pas certain de vouloir. 

Et puis, tout à coup, sa voix. Je relève les yeux vers lui, comme si je revenais de loin. Et ça n’est pas tellement faux. « T'es musicien alors, tu joues de quel instrument ? C'est cool. À part le triangle, j'ai jamais réussi à faire quoique ce soit de correct, aha.» J’esquisse un léger sourire : moi non plus, je ne savais rien faire de mes dix doigts, jusqu’à l’an passé. Jusqu’à ce que maman décrète qu’il fallait que je sorte, mais pas en forêt non : en ville, là où se passe la vraie vie comme elle dit. Que je vois du monde, que je me fasse de nouveaux amis, que je retrouve les anciens que j’ai lâchement abandonnés, quand Belt est mort, puis quand Soliste a disparu

Sans même que je ne m’en rendre compte, mes mains se sont mises à trembler sur le prospectus. « Piano... » C’est juste un murmure. Et puis, je m’éclaircis la gorge, et je recommence. « Ouais, je suis pianiste. » Amateur et à mes heures perdues, quatre par semaine, cinq ou six lorsque les tremplins et autres concours approchent. Prodige en devenir, d’après Primrose, qui aime à me vanter auprès de mes parents. N’importe quoi.

Je renifle, et j’achève de froisser le feuillet entre mes doigts. « Si t'as les compétences ou pas, je sais pas je t'ai jamais entendu jouer après tout. Mais... si t'as pas envie de faire ce concours auquel ta “cinglée de prof” t'as inscrit... le fait pas. » Si c’était si simple. La boulette de papier colorée roule dans ma main, je la saisis plus fermement, et je lance en direction de la poubelle. Cette fois-ci, le projectile rentre sans faire d’histoire. Je n’éprouve pas la moindre fierté enfantine, pourtant. « Toi, qu'est-ce que tu voudrais faire ? » Je me fige et, lentement, je me retourne vers Nithral. Ce que je voudrais faire ?

Mes doigts s’accrochent à l’anse de mon sac à dos, la crochètent légèrement sans même que j’y fasse attention. Je les ai entendus, ces mots camouflés, cette question voilée par une banalité, en suite directe à notre conversation. Et je ne sais pas. Je ne sais pas. Mes yeux se perdent sur les cicatrices qui barrent mes mains ; toutes les cicatrices de ces fois où j’ai étouffé le mal, frappé la haine, vengé ma propre douleur. Vestiges de toutes ces fois où j’ai cru en avoir fini, de toutes ces fois où je me suis finalement relevé. Combien de temps encore ?

Je lève la tête vers le ciel, bleu au dessus de nous, entre les gouttières des bâtisses qui nous entourent. « Partir, fuir, respirer... être libre. Même si ça m'fait peur. Recommencer. Changer les choses. Ouais, changer les choses, ça m’paraît pas mal. Mais c’est pas possible ça, hein ? » Je ferme les yeux, et je sens la brise fraîche qui s’engouffre dans la rue, agite mes cheveux, caresse mon visage. « J’voudrais être capable de choisir, pour une fois. J’veux dire… Prendre la bonne décision, pas regretter. Puis pas faire de mal. J’en ai assez d’blesser les gens. » En rouvrant les yeux, je ricane doucement, mais c’est sans joie. Comme toujours, je ne réponds qu’à demi-mots. « Et éviter d’me blesser moi-même, par la même occasion. »

J’incline la tête, je l’observe entre les mèches de mes cheveux qui balaient mon front, mes tempes, me cachent un peu la vue de temps à autres. Je brûle de lui retourner la question, de le mettre au défi de répondre. Oserai-je ? Une seconde de plus s’ajoute au compte des autres, et j’ose. « Et toi, alors ? Qu’est-ce que tu voudrais ? »
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:28

Il est beau, son sourire. Un peu triste, un peu mélancolique, comme une chanson vieillit, mais beau tout de même. Il lui rappelle un peu le sien à vrai dire et Nithral ne peut s'empêcher de penser que c'est quand même fou. Ce que le hasard peut faire, comme mettre sur son chemin Flynn, cet être si particulier qui fait écho en son cœur d'une étrange façon. Daeren dirait que c'est là la volonté d'Arceus. Selon lui, tout passe par ce père divin qu'il adule comme le ferait un enfant. Il a envie de le croire lui aussi, de se dire que c'est bien ce Créateur qui les aide en plaçant de nouveaux éléments sur leur chemin. Mais une part de lui s'y refuse. Sa vie est décidé par lui seul, par ses actes et les rencontres qu'il fait et non via la volonté d'une créature toute puissante. Et si jamais c'était bien le cas... alors Nithral ne pardonnerait jamais à Arceus. Il ne lui pardonnerait pas la mort de Kayla. Il ne lui pardonnerait pas d'avoir laissé ces individus blesser Daeren – son propre fils. 

Et il ne lui pardonnerait pas non plus d'avoir rendu le sourire de Flynn aussi triste.

Flynn, qui est pianiste apparemment. Le dresseur sourit un peu. Il essaie de se représenter le Noctali, assis sur le tabouret, ses doigts survolant élégamment les touches. Dans sa vision maladroite, il jouerait des airs comme Au Clair de la Lune. Ça doit sans doute être beau. Mais ça n'apporte pas plus de joie que cela au jeune musicien semble-t-il. Sans doute avait commencé à pratiquer car poussé par l'école ou bien ses parents peut-être, n'ayant guère son mot à dire. Si ça leur faisait plaisir, après tout. Nithral pouvait imaginer ce que c'était, pour l'avoir vu. Pour sa chance à lui, ses parents l'avaient toujours laissé faire à sa guise, ne lui imposant pas d'activités. Ils avaient été compréhensifs, avec un bon à rien de garnement comme lui. Il n'avait réalisé que récemment combien il avait eu de la chance en fait. Son enfance avait été paisible et ses parents avaient su équilibrer leur amour et leur protection avec le juste dosage. Contrairement à beaucoup d'autres.

Sa question le remue, il le voit bien. Nithral se sent un peu mal de ce qu'il provoque chez Flynn. Il est un chamboulement. C'est étrange de se dire qu'il fait cet effet à son tour, après que d'autres l'eut été pour sa propre personne. Il retient son souffle en écoutant les désirs du Noctali, qui font douloureusement écho aux siens. Être libre... c'était si simple et si compliqué à la fois. Nithral ferme les yeux quelque secondes. 

— Si quelque chose s'est mal passé, si quelque chose s'est cassé... tu n'y peux rien. Tu ne peux pas revenir en arrière et l'empêcher. Mais tu peux le réparer. Si tu as perdu une chose précieuse, tu ne peux pas empêcher sa disparition. Mais tu peux encore la retrouver. Tu peux toujours changer les choses.

Un sourire. Triste. Une pensée. Kayla

— Et si vraiment c'est impossible, si c'est quelque chose d'absolument définitif... alors tu peux au moins aller de l'avant, alléger ton fardeau. Faire ce qu'il faut pour aller mieux. 

Sa gorge est un peu nouée. Nouée par les sanglots qui enserrent son cœur depuis qu'elle n'est plus là, depuis trop longtemps. Par ceux qu'il a versé, mais dont la source ne s'est pour autant tarit, lorsqu'il a vu couler le sang de Daeren et la rage destructrice s'emparer du cœur du Lugia qu'on a crut pouvoir dominer – Oswald avait cependant omit un détail. On ne contrôle pas un dieu. On ne commande pas à la nuit après tout.

La dernière question chatouille encore son esprit. Ce qu'il veut... il n'en est plus bien sûr à vrai dire. Avec les récents événements, Nithral à conscience, même si c'est effrayant et qu'il est encore un peu dans le déni de cette réalité sanglante, que le temps de l'innocence est fini. Daeren et lui sont des cibles. Ils ne peuvent plus juste voyager tranquillement, aller de lieu en lieu et flâner le long des chemins comme avant. Désormais, ils devront rester constamment conscients que Chronos peut les retrouver et leur faire du mal. 

 Moi... Je veux juste protéger les personnes auxquelles je tiens. J'ai pas de rêve de grandeur ou quoi. Je veux juste continuer ma route, accueillir avec nous ceux qui en ont besoin. Être libre et changer les choses pour le mieux, comme toi. 

Sa voix faiblit, il baisse la tête. Il hésite, ne sait pas s'il doit oser. Mais s'il ne le dit pas, il a le sentiment qu'il le regrettera toute sa vie. Alors, dans un murmure, Nithral ose. 

 Si tu as envies... tu peux venir aussi. 

Et il réaliste en prononçant ces mots, qu'il en vraiment envie. Parce qu'il sent qu'e lui a besoin de Flynn, c'est juste qu'il ne le savait pas encore. 
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:29

L’air qui s’engouffre maintenant jusqu’à nous, ce vent qui m’apparaissait presque tiède, devient glacial dés qu’il touche ma peau désormais. Je ne sais pas trop à quoi c’est dû ; tout est dans la tête il paraît. Peut-être que les choses ont l’air un peu plus ternes, malgré les murs pastels des allées. Il n’y a que quand mon regard se pose sur Nithral que le monde retrouve un peu de couleurs, c’est soudain et c’en est rendu plus étrange encore. Ça m’effraie presque, en vérité. Comme si, bien trop vite, il était devenu un peu trop important pour moi, comme s’il avait changé les choses et provoqué un déclic. Parce qu’une part de lui me ressemble, je crois. Et ça fait presque mal, de le regarder, ça blesse autant que ça rassure, et j’ai du mal à détacher mon regard de lui, tout autant que j’en crève de ne pas en être capable. Comme si, d’un coup, si je m’éloignais, si je le soustrayais à ma vue, j’allais tomber et perdre ma route. Une fois encore. Il est là, et c’est comme une accalmie.

Il ferme les yeux, à son tour, et ça n’est qu’à présent que j’arrive à poser mon regard ailleurs que sur lui ; ailleurs, sur les briques peintes de si jolies couleurs. Soliste les adorait, non ? Mon coeur se serre, douloureusement. Toujours la même rengaine, toujours le même refrain. Que vaut le monde si l’on perd notre centre de gravité, que vaut la vie si l’on n’a plus de mains à qui la confier ? Tout en revient toujours à l’espoir, l’espoir fou de la retrouver, parce que sans elle je ne suis plus rien. L’espoir, cette chose étrange qui guide les âmes les plus égarées, même celles qui affirment ne plus y croire. Il n’y a que les damnés et condamnés pour ne croire en rien. Je déglutis, difficilement. Et lui, alors, il ne croyait donc plus en rien, quand il avait le néant dans les yeux et la mort dans le coeur ?

« Si quelque chose s'est mal passé, si quelque chose s'est cassé... tu n'y peux rien. Tu ne peux pas revenir en arrière et l'empêcher. Mais tu peux le réparer. Si tu as perdu une chose précieuse, tu ne peux pas empêcher sa disparition. Mais tu peux encore la retrouver. Tu peux toujours changer les choses. » Mon attention se reporte sur lui, aussitôt, et mes poings se serrent. Toujours ? Je ne sais pas si j’y crois, à ce toujours, aux lendemains promis et à toutes ces choses qui m’échappent, qui me paraissent inaccessibles parce qu’elles m’ont été à chaque fois refusées. J’ai perdu mon tout, alors il n’y a plus que des jours orphelins de leur mère Éternité, désormais. Alors, non, non, je n’y crois pas, je n’y crois plus. « Et si vraiment c'est impossible, si c'est quelque chose d'absolument définitif... alors tu peux au moins aller de l'avant, alléger ton fardeau. Faire ce qu'il faut pour aller mieux. » Comme avec Belt, sans doute. Le temps passe, et ça fait un peu moins mal maintenant. Il me manque, mais ça n’est plus ce couteau qui ne cessait de tourner et retourner dans la plaie béante et suintante et douloureuse. Ça cicatrise, et ça fait moins mal si l’on n’appuie pas dessus. « Je la retrouverai. » Juste un souffle, comme un aveu ; je la retrouverai, quoiqu’il m’en coûte. S’il me faut ne tenir plus qu’une seule promesse dans ma vie, je veux que ce soit celle-ci, et aucune autre. Je la retrouverai.

Je les entends, les larmes de sa voix ; celles qui ne couleront pas et se feront plus amères encore. Celles qui font souvent trembler la mienne, aussi. Je les connais un peu trop, ces larmes retenues qui, plus ou essaie de les oublier, plus elles se font présentes, insistantes, désireuses de s’évader. Je les connais, le sel qui brûle les yeux, le noeud qui prend à la gorge et ne lâche plus, le souffle qui devient plus difficile. Je ne la connais que trop, cette sensation d’être fragile à pouvoir s’en briser au moindre choc, faible à pouvoir s’effondrer la seconde qui suit la moindre pensée un peu plus noire que les précédentes. Je la connais un peu trop, cette envie si immonde que l’on ne veut pas y céder. Jamais.

J’ai survécu, on m’a accordé la liberté, à condition d’intérêts. Alors, non, ce gouffre qui voudrait se saisir de moi, je crois que je n’y céderai pas. Je ne crois pas en toujours, mais je crois en la force de jamais. Et je sais que jamais, tant qu’elle sera là, quelque part dans le monde, occupée à m’attendre, je ne pourrai tomber. Parce qu’au bout du chemin, il y a toujours la lumière, n’est-ce pas ? « Moi... Je veux juste protéger les personnes auxquelles je tiens. »  J’aurais voulu, moi aussi. Oh, si tu savais combien j’aurais voulu en être capable. « J'ai pas de rêve de grandeur ou quoi. Je veux juste continuer ma route, accueillir avec nous ceux qui en ont besoin. Être libre et changer les choses pour le mieux, comme toi. » Changer les choses. C’est peut-être possible, puisqu’il l’a dit ? Si rien n’est jamais figé, alors, tout peut encore changer ? Vraiment ?

D’un geste, je replace encore mon sac sur mon épaule. Il menace de glisser à chaque fois et, même quand il ne le fait pas, c’est un simple réflexe. Une seconde pour reprendre contenance, aussi. Une seconde avant les mots de trop. « Si tu as envies... tu peux venir aussi. » Je ne comprends pas ; pas tout de suite. Il faut que je croise son regard et m’y perde, un long moment, avant que les mots ne prennent sens dans mon esprit, se changent en quelque chose de plus clair, de plus compréhensible. Instinctivement, je fais un pas en arrière.

« T’es en train de me proposer de… nouer un lien, là ? » J’ai entendu ma voix grimper d’un octave ou deux et se briser, sans trop comprendre pourquoi. Je recule encore, légèrement, sans être capable de savoir ce qui m’effraie tant. C’est que… c’est si… soudain, inattendu, et c’est un humain malgré tout, et je n’ai que quinze ans, et il y a mes parents, et ma forêt, et mon enfance, et Noa. « C’est… je... » Mes doigts agrippent plus fort l’anse de mon sac, et je secoue la tête. Je ne peux pas.

Je serre les dents ; que disais-je ? Prendre des décisions, partir, être libre ? Je ne suis qu’un lâche, au fond. Je baisse les yeux, me prends tout à coup de fascination pour les dalles du sol, jonchées de çà, de là de pétales de fleurs qui ont cédé face à la saison froide qui s’installe. Je suis pris d’une envie de fuir, encore, parce que je suis incapable d’être aussi sûr de moi que je le voudrais, aussi franc, aussi déterminé. Il a osé, lui, au moins, il a osé me demander ce à quoi je n’aurai jamais songé par moi-même. Et maintenant, que suis-je censé faire ? « Je… Je suis désolé mais, je ne... » Inspire, expire. Je relève les yeux. Je sais. « Je serai à Mérouville, dans un mois, jour pour jour, pour le tremplin de ma cinglée de prof. Quinze heures, devant l’hôtel de ville. » Je déglutis, avec peine, et je recule encore. « Si tu y es… si tu veux toujours de moi… Je… Je déciderai, à ce moment-là. Mais pas avant, je… J'peux pas. » Mes pas en arrière me font heurter la marche du palier sur lequel nous étions assis, un peu plus tôt, et je m’arrête. Pas un seul instant, je ne l’ai lâché du regard.

« Je dois rentrer… Mes parents vont s’inquiéter. » Pas vraiment, en vérité, parce qu’ils étaient habitués à ce que je ne rentre pas toujours, à ce que je passe tout juste déposer mon sac avant de partir vagabonder dans les bois de Cimetronelle. Avant de partir le retrouver. Je ne sais pas quelle heure il est, mais je me doute que le prochain bus ne tardera pas. Je ne suis pas certain de le prendre, pas cette fois. Marcher, respirer, réfléchir, pour ne plus être pris de court. Savoir ce que je veux, enfin. Dis-lui, me souffle une petite voix. Dis-lui, avant de t’en aller. Je ferme les yeux, le temps d’une profonde inspiration. Et puis, je replonge dans son regard. Cette fois, ma voix ne tremble plus autant. Apprends à lui faire confiance dés aujourd’hui, Rhapsodie, tu ne sais pas de quoi demain sera fait. « Hey, Nith… Nity ? J'm'appelle Rhapsodie. » J’esquisse un sourire. Fugace, mais un peu trop sincère. « Flynn c’est… Pour me protéger, il paraît. Mais mon vrai prénom, c’est Rhapsodie. » Rhapsodie. Nithral. Nithral et Rhapsodie. Nithral, Daeren et Rhapsodie ; ça sonne plutôt bien, tu ne crois pas ?
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:29

Stupeur. Oui c'est bien normal. Nithral se mords déjà les lèvres, craignant de l'avoir effrayé, d'avoir dit les mots de trop. Il ne veut pas le voir fuir, disparaître et ne jamais plus revenir. Il ne veut pas se dire que c'est la dernière fois qu'il croise sa route. Cette idée lui serre la poitrine et ça le compresse à l'intérieur et il a l'impression qu'il a du mal à respirer. Mais ce n'est qu'une illusion, il respire tout à fait correctement. Peut-être juste un peu trop rapidement, mais c'est parce qu'il s'énerve tout seul uniquement. Il n'es pas lié à Flynn – pas encore ? Il ne peut pas ressentir ses émotions ni partager ce genre de choses avec lui. Mais quelque chose en lui, lui dit qu'il n'a pas eu totalement tord. Ce jeune garçon cherchait un échappatoire, un moyen de se trouver et d'être libéré. Nithral lui apportait une solution potentielle. Il ne forcerait rien. Et même si c'était triste, il respecterait sa décision si l'autre répondait non. 

Il avait grandit avec l'idée que tous les humains se valaient, qu'ils étaient tous mauvais – c'est peut-être vrai d'ailleurs, se dit le dresseur. Il repense à la forêt, au Abo et au couteau et la facilité avec laquelle la lame s'enfonce dans la chaire et laisser s'échapper la vie tout en insufflant la souffrance. Nithral à la gorge nouée, il essaie de déglutir, mais c'est sec et un peu douloureux, il n'a plus de salive. Il se dit qu'il faudrait qu'il prévienne Flynn. Venir avec lui c'est peut-être pas une si bonne idée. C'est même l'inverse. Il a tué un pokémon. Il a laissé mourir sa starter, sa meilleure amie. Il ne vaut pas mieux que les autres. Mais il n'y arrive pas. L'autre dit qu'il est désolé et Nithral hoche la tête. Il comprends. C'est mieux ainsi sans doute. Flynn était plus en sécurité ici, avec sa famille, plutôt que sur les routes avec un dresseur et...

Et quoi ? Les informations défilent dans son esprit. Mérouville. Dans un mois. Quinze devant l'hôtel de ville. Pour quoi faire ? Nithral comprends alors. Ce n'est pas un 'non'. C'est un 'peut-être'. C'est une promesse. Quinze heure, Mérouville, dans un mois. Oui. Oui, il peut le faire ça. Il hoche un peu la tête, remarque son mouvement en arrière, mais ne dit rien, ne le retient pas. Flynn doit rentrer. Évidement. Lui aussi. Il doit encore faire les courses et puis Daeren est peut-être réveillé désormais, il allait s'inquiéter de ne pas le trouver. Ta vois croasse, enraillée par ces émotions auxquelles tu ne trouves pas nom. 

 D'accord. Dans un mois... Dans un mois, je serai là … 

Oui, il y serait. Et peut-être que Flynn ne viendra pas, peut-être que le 'peut-être' deviendra un 'non', mais qu'importe. Il serait là tout de même. Il le regarde, attendant de le voir partir. Mais quelque chose semble retenir l'hybride, un non-dit qui demeure toujours entre eux. Un sourire. 

Rhapsodie. C'est joli. À son tour, Nithral sourit. Avec cet air doux qu'il avait quand il regardait le Lugia ou bien sa sœur. Ce sourire destiné à sa famille

 A bientôt alors, Rhapsodie. 

Faire demi-tour est difficile. Il n'a pas envie de partir, mais il le faut. Alors un pas après l'autre il avance. Il repart vers l'hôtel, refaisant le trajet à l'envers. Il pense à Flynn – non, Rhapsodie. Il pense à Mérouville et se dit qu'un mois c'es terriblement long et court à la fois et il a peur un peu. Kayla, dis moi ce que je dois faire ? Mais Kayla n'est plus là et quand il glisse sa main dans sa poche cette froide réalité le rattrape à nouveau. Elle est comme une cicatrice qui continue de le démanger. Il essaie de l'oublier. La plupart du temps, il y arrive. Mais des fois, son souvenir se rappelle à lui et il ne peut s'empêcher de sentir la plaie pourtant fermée depuis longtemps l'irriter et réclamer son attention. Mais, il a Daeren, qui est un baume apaisant qui l'aide à calmer ses démangeaisons de l'âme. Et peut-être y aura-t-il aussi Rhapsodie.

Ce n'est qu'arrivé devant la porte de la chambre qu'il loue avec Daeren, que Nithral réalise qu'il a oublié les courses. 
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MessageSujet: Re: Depuis qu'il fait toujours nuit sur lui ; Nithral   Dim 30 Juil - 2:29

Il sera là. Il sera là. C’est tout ce qu’il dit, de sa voix rendue plus rauque, par quelque chose que je ne sais pas lire en lui. C’est tout ce dont j’ai besoin, aussi, pour m’assurer que moi aussi, j’y serai. Même s’il faut que je dise non ce jour-là, même s’il faut que je dise oui, peut-être, que je prenne une décision qui, je l’imagine, changera ma vie entière. J’y serai. Un oui, un non ; ça se jouera à peu, sans doute. Un seul mot, et le monde peut se renverser. Mon monde peut se retourner, ma vieprendre une direction que je n’envisageais même pas, jusqu’à… jusqu’à croiser son regard, différent de ceux de ces types, de ces monstres. Oui, c’est différent ; alors, peut-être que ça changera la donne. Que ça changera les choses, comme je l’espère tant.

Il sourit, et ça n’a pour effet que d’étirer un peu plus mes lèvres, comme un réflexe que je ne peux réprimer. « A bientôt alors, Rhapsodie. » Je frissonne tout entier. Parce que ça sonne comme une promesse ; c’est un bientôt, pas un jamais. Ces jamais qui ponctuent un peu trop mes jours me lassent, mais cette fois-ci c’est comme un au revoir, en un peu différent. Parce que ça n’est pas aléatoire, pas lancé au vent. Dans un mois. Il sera là, il paraît. C’est un à bientôt. Il y sera forcément.

Toujours à reculons, je monte sur la marche contre laquelle j’ai buté, et, de mon piédestal improvisé, je l’observe qui se détourne. Un instant, et parce que je le vois de dos, j’ai l’impression de revoir Belt, de voir ce qu’il serait devenu si la vie ne l’avait pas fauché. Je lève les yeux en direction du ciel, les ferme un instant. Et si t’étais là, qu’est-ce que tu me dirais ? Il n’y a que le silence, rompu par le vent qui siffle sous les tôles, qui daigne répondre à ma question muette. Je n’aurai jamais les mots pour dire combien tu me manques. Jamais les mots pour dire l’absence ; ceux, aussi, pour dire la douleur. Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas, qui ne s’expriment pas. Ce sont les maux du coeur, ceux de l’âme, ceux qui blessent toujours un peu, que l’on n’oublie jamais vraiment. C’est le fardeau des survivants.

Je tourne les talons, à mon tour ; je saute au bas de la marche, et je m’éloigne. Je m’en vais, sans un regard en arrière, mais toutes mes pensées dirigées vers celui qui s’en est allé dans mon dos. Celui qui reviendra, parce qu’il l’a dit. Il l’a promis, d’une certaine façon. Dans un mois. C’est long, un mois.

Une sonnerie stridente m’arrache à mes pensées, en un sursaut. Il me faut de longues secondes avant de comprendre qu’elle vient des tréfonds de mon sac. Dans un soupir las, je tire l’appareil bruyant de la poche avant, et je décroche sans même songer à vérifier l’appelant —il n’y a que ma mère pour connaître mon numéro, je crois. « Ouais ? … Non, j’ai pas bougé de Lavandia… Ouais, j’peux, pas d’souci. » Un instant d’hésitation, un sourire. « Ouais, désolé. J’suis resté à traîner. » Quelques mots encore, je raccroche et je range l’objet du délit. Et puis, lentement, mais avec la sensation que le sang pulse plus vivement dans mes veines qu’avant, je bifurque en direction des commerces ; mal m’en prendra d’avoir dévié de ma trajectoire.

Mais c’est que je suis resté à traîner. Je suis resté à traîner à cause de lui, à flâner, à rêver. Rêver plus haut, rêver plus grand, rêver plus fort.
Pour un instant, rêver encore.
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