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 Sonate au clair de lune ; Noa

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Yûki
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Feuille de personnage
random: ici petit poney

MessageSujet: Re: Sonate au clair de lune ; Noa   Dim 30 Juil - 2:45

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a confiance. Un sentiment controversé, un ressenti dangereux. Sœur de la trahison, elle est bien trop fragile pour s'y fier, bien trop éphémère pour y croire. C'est un cadeau que l'on offre, qui peut demeurer des années sur une étagère, entretenue comme la nouvelle merveille du monde et, du jour au lendemain, exploser en milliers de fragments. On aura beau en récolter le plus possible, il en manquera toujours un : la dernière pièce du puzzle de l'unité. Parce qu'une confiance brisée ne redevient jamais intacte. Il demeurera toujours ce défaut sur la poterie, cette tâche sur la peinture, cet éclat sur la roche. Et rien, même le temps, n'est capable d'y faire quoi que ce soit. Au mieux, cela diminuera. Il ne faut en espérer davantage. La confiance, c'est une parcelle de notre cœur que nous léguons à des personnes que nous estimons en être digne. Des personnes qui sauront la garder au creux de leur main et la maintenir au chaud quoi qu'il advienne. Les négligents n'auront aucun scrupule à la lâcher, à la laisser se briser au sol. Ainsi, il ne faut pas la confier à n'importe qui. Il ne faut pas la laisser entre les mains des premiers venus, des menteurs, des faux. Pour préserver notre cœur des oublieux, il vaut mieux ne le confier à personne. Et ne pas prendre le moindre risque.

C'est le choix qu'a fait Noa, il y a déjà quelques années en arrière, alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon. La laideur du monde lui a sauté aux yeux alors qu'il venait tout juste de les ouvrir sur l'inconnu, sur autrui. Ces mentalités fermées, modelées dans un moule universel, lui ont données la nausée. Ces automates réglés comme des pendules, bons qu'à suivre le programme imposé par on-ne-sait quel plaisantin, lui ont fait comprendre la nécessité de se détacher du lot, d'être unique. Noa a refusé ce lavage de cerveau qui ont fait des créatures puissantes qu'ils étaient autrefois de pâles copies des humains, tout aussi imparfaites et idiotes. S'il doit vivre comme un sauvage à l'écart de la civilisation et des diktat, et bien soit. Le Noctali ne regrette pas son choix, se complait dans cette vie qu'il a choisi et dans laquelle il s’épanouit. Mais aux yeux des autres, il est un paria, un garçon un peu dérangé, en décalage avec son temps, prisonnier d'un passé qui n'existe plus. Comment attribuer une once de confiance à des gens qui se moquent en le pointant du doigt ? C'est tout simplement impossible. Parce que personne ne comprend ses motivations. Personne ne comprend sa détresse.

Personne sauf Rhapsodie. Rhapsodie qui a su percer sa bulle dès le premier soir de leur rencontre. Rhapsodie qui a su pénétrer dans ce jardin secret. Il a fait sauter le verrou d'un revers de la main, il a poussé la grille du portail d'un doigt. Noa le déteste pour cela. Il le déteste pour avoir retrouvé son chemin dans le labyrinthe de son esprit torturé. Il le déteste pour être venu chercher lui-même cette parcelle de cœur, cette confiance que jamais personne auparavant n'a pu ne serait-ce qu'effleurer. Noa a eu du mal à s'en persuader, mais il doit bien se rendre à l'évidence : s'il laisse son double vaqué dans sa forêt, s'il l'emmène là-haut, c'est simplement parce qu'il a confiance en lui. Il sait qu'il peut lui confier tout, lui montrer n'importe quoi, parce qu'il ne le trahira pas. Quand bien même Rhapsodie dissimule encore de nombreux secrets, quand bien même Noa ne sait pas tout de lui, il a la certitude que son double est un peu comme lui. Une personne qui refuse de suivre l'exemple de la société, qui désire piloter lui-même le vaisseau de sa vie, qui ne veut pas se plier aux exigences d'un monde bâti sur le devoir êtreet pas l'envie d'être.

Mais Rhapsodie ne s'est pas contenté de se procurer la confiance de Noa. Il lui a également cédé la sienne. En acquiesçant, il lui a laissé une parcelle de son cœur entre les doigts. Oui, il a confiance. Oui, il se fie à lui, et à lui seulement, pour venir à bout de cette épreuve. Alors l'adolescent honore cette foi en guidant son ami de son mieux. Il ne peut pas le laisser mourir, après tout. Une prise après l'autre, en prenant son temps, en parlant calmement mais rudement – on ne se refait pas – Noa le dirige à droite, à gauche, un peu plus haut, un peu plus bas, lui dégotant les prises les plus solides, les plus sûres. Sa petite pique semble avoir fait l'effet d'une douche froide, Rhapsodie est plus réactif, plus assuré – bien qu'il demeure inconfiant, hésitant, tremblant. Mais il ne s'arrête pas. Il a comprit qu'au moindre arrêt, il serait perdu. On remonte facilement à cheval la première fois. Mais l'échec qui nous broie l'estomac nous empêche de recommencer ensuite. Alors il faut continuer, serrer les cuisses et rester en selle. Alors il faut continuer, se hisser sur les rochers et atteindre le sommet. C'est l'unique ingrédient dans la recette de la réussite. Foncer sans hésiter. Se contenter d'avancer sans réfléchir. Écouter notre guide, lui faire aveuglément confiance.

Le sommet. Noa sent l'herbe trempée caresser le bout de ses doigts alors qu'il se hisse sur la terre ferme, précédent un Rhapsodie sûrement traumatisé. Il en ricane entre ses dents tandis qu'il se redresse, admirant le manteau de neige qui recouvre les alentours. S'il préfère cet endroit au printemps, il ne peut nier la beauté de l'hiver. La neige crisse sous ses pieds nus alors qu'il se dirige vers le cours d'eau qui, heureusement, n'a pas gelé. Quelques roseaux ploient sous le poids de leur couverture blanchâtre tandis que les galets en sont presque entièrement recouvert. Sans le couvert des arbres, la moindre parcelle d'herbe est recouverte de neige fraîche. Les rayons du soleil la rend aveuglante, lumineuse. Noa en vient à plisser les yeux. Malgré le froid mordant, le seul fait d'apercevoir le soleil à travers les nuages lui procure une certaine sensation de chaleur. L'astre incandescent a déjà commencé son déclin, se dirigeant lentement dans vers son lit par delà les mers et les autres continents du monde. Bientôt la lune viendra prendre sa place dans le ciel, parfaitement ronde, telle une sphère dessinée au compas. Noa ressent son arrivée imminente dans toutes les fibres de son corps, aussi impatient qu'un fidèle à l'approche de son Dieu.  

▬ Rassure-moi, y’a un autre chemin pour redesc-
C'est en entendant Rhapsodie, secoué d'un éternuement sonore, que le Noctali chromatique décide de revenir sur ses pas pour le rejoindre. Ah, ça n'a pas mit bien longtemps. C'était un miracle qu'il ait tenu jusque là sans tomber malade. L'adolescent en esquisse un petit sourire mauvais. Bien fait, songe-t-il tandis qu'il s'étire de tout son long, les bras levés vers le ciel. C'est alors qu'un picotement traverse sa main gauche, rappelant à son bon souvenir l'entaille qui barre sa paume. Ce n'est pas profond, mais ça saigne un petit peu. Il en bougonne : c'est bien sa veine. Lâchant un long soupir de lassitude, il se penche vers le sol pour y prélever une poignée de neige. Bien qu'elle soit craquante sous ses pieds, ce n'est que de la poudreuse qui s'échappe aussitôt de ses doigts. Il lui faut les plonger un peu plus profond dans cet océan blanc pour en attraper une poignée bien plus compact. Aussitôt, il vient la déposer contre son entaille, frémissant lorsque le froid mordant vient chatouiller sa chair à vif. La chaleur des picotements se calme aussitôt, remplacée par la fraîcheur de la neige. Ce n'est pas franchement plus agréable, mais Noa a connu bien pire. Ce n'est pas une blessure bénigne qui aura raison de lui. Ce n'est que lorsque le blanc de la neige se mut en rouge qu'il la laisse tomber, créant une tâche vermeille sur cette toile immaculée.  

▬ Et si je te dis que non ? fanfaronne-t-il en examinant sa blessure. Tu serais bien baisé.
Bien évidemment qu'il y a un autre moyen de descendre. Néanmoins, bien que plus sûr, il est surtout plus long. Il faut redescendre toute la colline en pente douce, qui échoue dans les profondeurs de la forêt, au plus près de la mer. A un rythme régulier, il faut bien compter une journée de marche pour la descendre et rejoindre la clairière où Noa a élu domicile. Cela fait un petit bout de route, mais c'est ça ou redescendre par la paroi. Il n'y a pas d'autres solutions. Bien évidemment, l'adolescent connaît par cœur le chemin à travers les bois qui recouvre le flanc de la colline et sait comment regagner son chez-lui bien qu'il ne l'emprunte plus depuis bien longtemps. Une fois suffisamment à l'aise en grimpant la paroi, il a apprit à la redescendre. Ce fut bien sûr plus ardu, étant donné qu'il ne possédait pas le même visuel sur les prises et le positionnement de ses jambes. Mais à force d'entraînement, d'habitude, descendre est devenu aussi simple que grimper. Cependant, il doute que Rhapsodie veuille tenter l'expérience. Après son ascension difficile, Noa ne préfère même pas le confronter à la descente. De toute façon, à son humble avis, son ami ne s'approchera pas du précipice avant d'être complètement remit de ses émotions.

Son examen terminé, Noa jette un regard vers Rhapsodie. Ce dernier est encore allongé dans la neige, tel un petit renard souffrant. Lui qui fanfaronnait il n'y a pas longtemps encore doit regretter de s'être moqué dès à présent. Quand bien même l'adolescent est enrhumé, il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que son double ne le soit aussi. Et s'il demeure ainsi allongé dans la neige, il ne va pas arranger son cas. D'autant plus que s'ils ne se pressent pas, ils vont finir par rater le spectacle qui les attend un peu plus loin, par delà la forêt qui débute à quelques pas de leur position. Pourtant, Noa ne résiste pas à la tentation de l'emmerder encore un peu. Avec son pied, il vient pousser Rhapsodie pour le faire rouler dans la neige, à plat ventre. Il se souvient alors des anges qu'il créait dans la neige, petit. Sa mère l'habillait chaudement pour qu'il puisse de rouler dans la poudreuse et laisser dans la neige des silhouettes de sa petite personne. Il lui suffisait de se laisser tomber au sol et d'agiter les bras ainsi que les jambes afin de dessiner un ange à la robe large et aux manches tombantes. Noa se retient d'ailleurs in extremis d'en faire un ici, à côté de Rhapsodie, histoire de redevenir enfant l'espace de quelques minutes. Mais il s'abstient, se contentant de donner de légers coups de pied dans le postérieur offert de son ami. 

▬ Allez, bouge-toi. On a encore un peu de chemin et la nuit va tomber avant qu'on ait le temps de dire ouf.
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Yûki
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MessageSujet: Re: Sonate au clair de lune ; Noa   Dim 30 Juil - 2:46

Le froid mord mes doigts enfoncés dans la poudreuse légère, lèche ma joue, ma tempe ; je frissonne. je ferme les yeux un instant. Les meurtrissures douloureuses de la roche sur mes mains s’apaisent dans la neige, qui m’anesthésie, m’engourdit. J’pourrais tout aussi bien crever ici — ce serait juste m’endormir, plonger dans un sommeil qui serait simplement un peu plus long que tous les autres. Pour toujours et à jamais. Maigre compensation, oublier pour le prix de n’plus rien pouvoir faire de mes quinze ans. Paraît qu’c’est le plus bel âge — l’adolescence, frivole, ingrate, affamée de liberté, avide de briser les limites, les règles, l’adolescence faite de conneries —, alors ce serait con. Ce serait triste, peut-être ? Mes paupières papillonnent et, sous mes yeux, rien d’autre que de l’herbe qui ploie sous le poids des cristaux blancs. Je les chasse, et les brins pâles se redressent fièrement au milieu de tous les autres, encore camouflés sous leur manteau, fin mais déjà trop lourd à porter. J’suis con, putain, de raisonner comme ça. Ce n’est que de l’herbe et un peu  de neige ; mais c’est la vie, le monde, cette parcelle d’univers qui m’attire et me plaît, celle qui me correspond. Est-ce que ça pardonne les idioties pensées, et celles déblatérées ? Allez savoir. 

« Et si je te dis que non ? Tu serais bien baisé. » Instant d’hésitation, le temps de décrocher du fil rouge de mon esprit pour me raccrocher à celui de ses mots, le temps de comprendre, de réaliser. Puis, celui de grogner, la bouche à moitié enfoncée sous mon écharpe. J’sais même pas trop ce que je dis, je m’agace pour la forme, le grommelle parce que c’est l’habitude, ma nature, ma façon d’être — celle qui énerve parce qu’elle déplaît, mais je m’en fous. J’crois que mes mots ressemblent à un « va te faire foutre », mais c’était peut-être « va te faire voir » en y réfléchissant. L’un ou l’autre, de toute façon, c’est vulgaire. L’un ou l’autre, de toute façon, maman aurait fait les gros yeux, elle aurait gueulé — et c’aurait été encore plus drôle de continuer, parce qu’elle sait de toute façon qu’elle ne pourra jamais m’arrêter, jamais m’emprisonner. J’suis pas vraiment de ces gamins sages qui se tiennent aux punitions pour ne pas les voir doubler, tripler, plus encore selon les caprices des parents — c’est amusant, dit comme ça, puisqu’eux condamnent ceux de leurs enfants.
Si maman savait que j’ai risqué ma vie, elle hurlerait. 
Si papa savait que Noa m’a sauvé la vie, il en ferait volontiers son deuxième — troisième ? — fils.
Simple question de reconnaissance.

La neige craque dans mon dos, sous les pas de Noa sans doute, je ne bouge pas pour autant. Je rechigne à retirer mes mains de la neige, alors que toute douleur semble envolée au profit du froid. Je ne l’aime pas, celui-là — parce qu’il me rend malade sitôt que j’esquisse le moindre pas à l’extérieur — et pourtant, à l’instant précis, j’sais que je pourrais y passer le restant du jour et de la nuit. Ne plus bouger, demeurer ici, m’abandonner au vide. Cela dit, mes probabilités de survie s’en verraient certainement réduites. 
Tout à coup, mon équilibre est compromis ; je bascule, face contre la neige qui s’attarde dans mes cheveux, et dont les flocons me tombent devant les yeux lorsque je secoue la tête pour les chasser de mon crâne. « Hmpf, Noa ! » J’aurais peut-être dû me retourner ? Il me donne des coups, légers — juste désagréables, quelque peu humiliants — et je roule de nouveau sur le côté pour m’écarter — éloigner mon cher postérieur — de lui et me redresser en maugréant, pendant qu’il m’incite à le faire. La nuit va tomber, qu’il dit. J’lève les yeux en direction du ciel, et mes oreilles s’agitent sur mon crâne. La nuit va tomber et, avec elle, la lune va monter. Pleine, ronde, brillante comme jamais — dominer le ciel, le monde, infime face à elle. Détail, poussière — mon corps entier ressent sa présence, les heures qui défilent, l’obscurité qui approche. Mon existence — la nôtre. « Je te suis » je souffle, simplement, en esquissant un pas dans sa direction.

Mes yeux glissent, faillent, dérapent — du blanc, du blanc ;
tout à coup, du rouge — 
éclats de carmin sur l’albâtre. 

Je recule — réflexe — et je cherche du regard l’origine du débris vermeil — animal blessé au pire, hallucination au mieux. Rien, rien ; juste cet andrinople passé, comme dilué, qui se teinte d’un vague rosé plus que d’un rouge pur. Mon attention se pose sur Noa, se détourne ; je manque reculer de nouveau mais me retiens. Un pas en avant, un demi en arrière, je trépigne, je hume l’air pour deviner d’où coule — coulait ? — le sang. Le relent métallique est plus fort du côté de ce double étrange — de ce sauveur sarcastique. J’serre les dents, j’grimace. Eh merde. Y’a cinq minutes, on grimpait sur un mur escarpé, les prises tranchantes entre nos mains. « T’es… blessé ? » Ma voix est plus basse que je ne le pensais, que je ne l’espérais. Mal assurée, le ton un peu plus aigu qu’à la normale — c’te peur immonde au fond d’la gorge, au creux du bide. 

J’aime pas c’te sensation, j’me sens con, faible un peu. 
Terrifié par un rien, un peu de sang — on en a des litres à perdre, pourtant.

Quelques gouttes, et aucune trace de douleur sur son visage.
Ou bien, il l’a effacée, il fait le fier ?
Il est habitué, peut-être ? Il vit dehors.

Je secoue la tête, je détourne le regard, la gorge nouée.
J’fais pitié, un peu, pas vrai ?
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